‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 90 sur 172 · NOUVELLES NÉGOCIATIONS AVEC LA DROITE · texte numérisé non relu

NOUVELLES NÉGOCIATIONS AVEC LA DROITE

dont les rangs renfermaient des bonapartistes et des révoludennaires ennemis déclai*és des Bourbons, et assez disposes à jeter dans les réunions intimes leur masque constitutionnel, pour apprendre que la situation était moins simple et la solution du problème moins facile qu'il ne Tavait pensé au premier coup d'œil.

Cependant, si la discussion de la loi sur la presse n'aboutit pas à un vote, elle semblait conduire à un rapprochement entre la droite et la gauche qui, annoncé dans des brochures par M. de Chateaubriand et M. Fiévée, devait, s'il se consommait, renverser le ministère. Le duc de Richelieu et M. Laine, effrayés non moins que le Roi de voir la droite voter avec la gauche, résolurent de tenter une réconciUation avec les royalistes. La pierre d'achoppement avait été la loi d'élection, et une partie du ministère commentait à reconnaître qu'elle pouvait avoir des inconvénients, depuis que les élections avaient trompé son attente. Les pourparlers s'engagèrent; mais, quand on vint * à parcourir les divers sujets sur lesquels il fallait s'entendre, la tentative échoua, parce qu'il fut impossible d'arriver à des idées communes sur la loi de recrutement et d'avancement. Les chefs de la droite, opposés en principe au recrutement qu'ils considéraient comme un retour à la conscription, plus opposés encore au titre sur la réserve, regardaient, on Ta dit, le droit qu'avait le Roi de prononcer souverainement sur l'avan, cernent en sa qualité de chef suprême de l'armée, comme la plus précieuse de ses prérogatives, et ils ne voulaient à aucun prix qu'il en fit le sacrifice. Ils faisaient observer que ce droit avait existé pour le gouvernement, non-seulement sous l'ancienne monarchie, mais sous la république et sous l'empire, caria collation des grades par l'élection n'avait duré qu'un moment ♦•l n'avait jamais été générale ; or les circonstances leur paraissaient tout à fait inopportunes pour y renoncer. MM. Deeazes et d« (youvioi) Saint -Cyr aya»t exprimé !# fonMlle intention

de se retirer, si quelque chose était changé à Téconomie de la loi sur le recrutement, il fallut, sous peine d^amener la dissohition du cabinet, rompre à la fin de décembre les négociations ouvertes avec la droite. Nous allons entrer dans la discussion de cette loi, et, en la racontant, nous trouverons Toccasion d'exposer, d'une manière plus précise, les diverse? opinions émises sur cette grave question.

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