AFFAIRE DE LA QUOTIDIENNE
fut accueillie par la curiosité et te sympathie publiques. M. Michaud, pour assurer la publication du numéro, avait passé la nuit dans le bureau du journal, entouré de ses collaborateurs. A une heure du matin, M. Simon s'y présenta accompagné du commissaire de police, et exigea la remise du matériel d'administration en sa qualité de chargé de pouvoirs de la majorité des actionnaires. M. Michaud déclara qu'il ne céderait qu'à la force. Alors M. Henri Simon sortit pour requérir l'intervention de la force armée, et cette œuvre de fraudes et de ruses se terminant , grâce aux subalternes qui poussent toujours les choses à l'extrême, par une violence odieuse, on vit le respectable fondateur de la Quotidienne^ qui pouvait avoir le droit strict contre lui, mais qui avait l'équité en sa faveur, violemment expulsé du journal qu'il avait dirigé avec honneur et courage pendant tant d'années. Ce fut la fin des eptrepripes de la caisse d'amortissement des journaux contre l'indépendance de la presse. Il y eut d'abord une explosion d'indignation dans les feuilles restées indépendantes. Le Journal des Débats surtout en prit occasion pour rendre à M. Michaud le témoignage donné par celui-ci à M. de Chateaubriand, sortant du ministère, et il s'étonna de celte agression nocturne, entreprise pour chasser un écrivain royaliste du journal où il avait défendu, avec autant de courage que de talent, la cause de la monarchie. Les choses n'en restèrent pas là. Une ordonnance de référé avait, il est vrai, maintenu M. Simon en possession du journal; mais, le 25 juin, l'appel que porta devant la cour royale, présidée par M. Séguier, M. Michaud, assisté de M. Laurentie, qui avait quitté son inspection pour venir appuyer son ami de sa présence et de son témoignage, amena des débats publics qui jetèrent de tristes clartés sur cette ténébreuse affaire. Ce fut M. Berryer qui plaida pour M. Michaud; il avait presque la qualité de témoin en même temps que celle d'avocat. Il témoi-
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