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VIOUNT KAHIFBSTB DB H. DE CUATBAlTBMIASn.
Ufins clandef tines destinéeâ à faire passer les actions du jutrrnal des mains des propriétaires primitifs dans tes mains de propriétaires fictifs, qui n'étaient qM les pn>te-Qums d'une vaste agence, un seul droit étant in(?ontestable, celui du propriétaire fondateur, « M. Michaud serait rétiibli duns la possession et l'eiercice de sa qualité de directeur du journal ta Quotidienne. ■
Les acclamations do l'assistance ànluèrent cet arrât, plus fondé eu équité qu'en droit strict, mais qui répondait au seoliment général; ces acclamations furent si bruyantes qu'on les entendit jusque lians la rue. Le public s'habituait à ref^ardercomme un triomphe pour l'opinion tout échec du ministère. lie soir, M. Michaud, entouré du nombreux cortège df ses amis, alla, comme en triomphe, reprendre possession des boréaux de son journal. L'entreprise de la caisse d'amortissement des journaux avait échoué; il ne restait que l'udirux de Ir lenlative qui rejaillissait sur le ministère, quoique lu président du conseil y fût resté étranger '. A partir de ce moment, la Quotidienne entra dans mie opposition & outrance et systématique, comme le Journal des Débats. Co fut tout le profit que recueillit te gouvernement de la campagne faite par M. de la Rochefoucauld contre l'indépendancu de la presse.
M. de Chateaubriand saisit Tà-propos de cette circonstance pour lancer dans les Débats contre le ministère un violent manifeste, divisé en deux articles, où il était facile de reconnaître la griiFe royale du lion. Il accusait l'administration, dont si récemment encore il avait fait partie, d'être avide de pouvoir, rusée, timide et sans, éclat; il n'y voyait qu'un des-
f. H, Laurenlie, rguo J'kI uluroUBincMil conBUllA lur wlto BlTiIre, Uruilua
1> ICUre i, laquelle j'tl emprunté la |ilu|iarl do cei dâtilla pir nra mulii : ( Ja
, ne pan» plua dans les inl<pel^llan■. et i^ommï j'illkl* Ait Ion parllim de U liberté
4'«ai«<Bn«tiual, cela fut uiIllMinl pour oMllvir ma dcalllullon, qui eut Ueu un
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744 SBSSI05 DE 1824. — mobt de ldcis xYm.
potUme obscur qui prenait reffronterie pour de la force, eo annonçant tout haut son système de corruption ; il flécrissait les hfttels ministériels comme des bazars déshonorés par la mise à Tencan des consciences ; il déplorait la liberté de^ élections violée par de déplorables lettres ; il jetait le mépris à des lois mal conçues, disait-il, et mal préparées par dVjbscur:; commis ; il montrait « ladministration riant, derrière la toile, de la foule imbécile assemblée pour voir des baladins politiques jouant une parade de liberté sur des tréteaux. »
C'était à peine si M. de Chateaubriand avait été plus violent et plus amer contre le ministère Decazes. La contre-opposition de droite, habituée par ses luttes à la Lingue injurieuse de l'opposition, continuait à la parler contre un ministère sorti des rangs des royalistes, sans songer qu'elle démolissait la droite entière de ses propres mains. Elle ne pouvait empêcher en effet que les hommes ilétris par M. de Chateaubriand eussent marché pendant de longues années à la tête du parti, et qu*ils fussent entrés au pouvoir comme les plus capables de leur opinion. S'ils avaient si peu de \aleur morale et politique, que valait donc leur parti? La gauche seule profitait de cette guerre intestine de la droite. Ses accusations intéressées se trouvaient confirmées par les accusations qu'on pouvait croire impartiales, puisquelles étaient articulées par des hommes appartf^nant au parti qui était au pouvoir. Au fond, c'était le gouvernement du Koi confié à un ministère de droite, qu on attaquait et que Ton dénonçait au pays comme hypocrite, blessant le génie de la France, méconnaissant l'esprit de uot institutions, corrupteur, tyrannique, immoral et impuissant. Les indifférents se disaient que, si M. de la Bourdonnaye et ses amis de la contre-opposition de droite arrivaient au pouvoir, ils n'y feraient pas sans doute meilleure figure que M. de Villèle et M. de Corbière, qui auraient beau jeu à leur rendre leui's critiques et leurs injures. Les hommes de gauche englobaient
LE mSISTÈBE l'Ean TOIS SES PBOCàS COXTBK LES JOrUSAliX. 7*3
le gouvei-ncmeut royal et la droilc tout entière dans le la^nw bldine, et les liommes de sens et de prévoyance, qui sont toujours le petit nombre, coinmenvaieut àpenserque la droite, livrée àdes dissensions intestines, à des mnlités d'inûuencu u( de pouvoir, et mal préparée, comme lêtaieut tous les partis en France, à la pratique du gouvernement représentatif, laisserait échapper l'occasion que les élections de 1824 lui avaient donnée en lui assumant une immense majorité, else montrerait aussi incapable de gouvernement que le centre droit et ie centre gauche sous les ministères Uecazes et lUchelieu.
Sans doule le ministère ne manquait poiut de juurnau\ pour répliquer à M. de Chateaubriand, et ces journaux ne manquaient point d'argmnents conti-e lui; lu Gazelle de France répdndait au manifeste de l'nneifu ministre des affaires étrangèree, inséré au Journal dea Débats: a Quoi! TOUS avez vu toutes ces attaques portées à nos institutions, cette oppression du droit électoral, ce système de corruption et d'avilissemeut , cette haine et ce mépris des arts et des lettres, tant de fraudes odieuses, tant do séductions criminelles, la foi publique trompée, la barbarie, et vous, déposisitaire du pouvoir, vous avez prêté à ces Infamies l'autorité de votre nom! » Certes ces récriminations étaient justes, mais elles ne changeaient rieu à la situation, aux divisions de la droite, au discrédit moral qui eu résultait pour le parti tout entier et au profit qu'en tirait la gauche.
Un nouveau danger commençait à se manifester. La dernière loi sur la presse renvoyait aux cours royales lu contiai»sance des délits commis par les journaux. C'était s'exposer h faire entrer la politique dans la justice, car la magistrature devenait l'arbitre entre les journaux elle gouvenicment, et elle pouvait être tentéi; par la popidarité du rôle qui jadis avait séduit les anciens parlemeuts. Déjà, dans le procès de la Quotidiemie, l'arrêt rendu par la cour avait élé l'objet d'une ova-
746 ' SESSION DE 1824. — mort de louis xviii.
tion publique. Un nouveau procès s^engagea au sujet de YArih torque^ ancien journal de gauche, mort faute d'abonnés en 1818, et dont MM. de la Bourdonnaye, Sanlot-Baguenault et Lcmoine-Desmares , trois députés de la contre-opposition de droite, avaient acheté le titre pour le ressusciter en 182i. La question était de savoir si VArisiarque pouvait paraître sans obtenir l'autorisation exigée des nouveaux journaux. Les trois acquéreurs soutenaient, en vertu de la dernière loi, ^a^ firmative, en alléguant que Y Aristargue ^ ayant existé a^aot Tépoque où cette loi avait été promulguée, bénéficiait de ^a^ ticle qui dispensait de Tautorisation les journaux préalablement existants. L'administration soutenait la négative, en^ fondant sur ce qu'une pareille interprétation détruisait eomplélement l'effet de la loi de 1 822. attendu que les titres d^anciens journaux disparus depuis quelques années ne roanquaient pas, et qu'il suffirait d'acheter un ancien titre pour fonder un nouveau journal en éludant la loi. La cause fut po^ tée devant la justice, d'abord devant le tribunal de police rorrectionnelle, ensuite devant la cour royale, qui donna raison aux nouveaux propriétaires de VArisiarque^ en se fondant sur ce que ce journal n'ayant été ni éteint par une déclîU*alion légale, ni supprimé par un arrêt judiciaire, avait consené un droit moral à l'existence, quoique en 1822, époque de la promulgîition de la loi, il eiU cessé de paraître depuis quatre ans. Celto interprétation annulait de fait un article de la loi de 1822. La politique entrait évidemment dans la justice. Le contre-coup de Timpression qu'avaient produitt' dans Topinion les machinations du comité de la caisse d'amortissement de la presse se faisût sentir dans la sphère judiciaire. «^ voyait dans ces machinations l'intention d'amortir la presse indépendantt», et la magistratui^e prenait parti pour la presse, connue la chambre des pairs avait pris parti pour les rentiers. M. d«» Yillèle ne s'y trompa point; on trouve sur son