POSITION DU MINISTÈRE A LA FIN DE LA SESSION
ser les nouvelles. M. de Corbière, qui appartenait aux anciens parlements par les précédents de sa vie et les tendances de son esprit, ayant imprudemment réveillé la question des maximes gallicanes, en adressant une circulaire aux évêques pour les inviter à lui faire parvenir l'adhésion des directeurs et professeurs de séminaires aux quatre propositions de 1682, conformément à d'anciens édits tombés en désuétude sous Tancienne monarchie et à la loi du 8 avril 1802, Tarchevéque de Toulouse, M. de Clermont-Tonnerre, adressa à plusieurs de ses collègues une lettre où il refusait à l'autorité civile « le droit de fixer aux évoques ce qu'ils avaient à prescrire pour renseignement de leur séminaire. » Jusque-là l'évêque était dans son droit et dans son devoir épiscopal. Mais il ajoutait avec la morgue d'un grand seigneur, plutôt qu'avec la gravité d'un évéque* a que la mesure ministérielle était inconvenante^inutile, impolitique et de plus ridicule, et qu'elle ne pouvait être que l'œuvre d'un esprit brouillon. y> La lettre de l'archevêque de Toulouse, publiée dans la Quotidienne d'abord sans le nom de son auteur, qui ne fut que plus tard déclaré, amena un procès dans lequel le prélat demanda en vain à intervenir, et qui se termina par un résultat ridicule, la condamnation de M. Michaud, éditeur responsable, à 30 francs d'amende ; c'était là la peine dérisoire qu'avait réclamée le ministère public, le gouvernement ayant compris qu'il ne pouvait demander plus en mettant hors de cause l'auteur de la lettre, qu'il y aurait eu un plus grave inconvénient encore à faire asseoir sur le banc des prévenus. Pour achever de faire toucher du doigt les embarras de la situation et l'inextricable confusion d'idées qui se heurtaient dans la société française, et au milieu desquelles le ministère avait à frayer sa route, il faut ajouter que, quelques jours après ce procès, M. Bourdeau, député du centre droit, rallié au gouvernement et procureur général à Besançon, montant à la
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tribune pour répondre à M. de Berthier, qui avait développé le programme de la chambre r^rwmie à laquelle^ disait-il, il appartenait d'appliquer les idées de la chambre inirtmva6/e, jetait ces paroles à l'assemblée :
<( Par une coïncidence remarquable, l'orateur à qui je réponds, réclamait pour le clergé une indépendance qu'il n'a cess^'? d'avoir depuis la Restauration, et, le jour môme où cette réclamation était faite, un journal contenait la lettre d'un archevêque qui prouve jusqu'à quel point cette indépendance s'est élevée. Que conclure de tout cela? C'est qu'on veut tout l'ancien régime avec les jésuites de plus et les liberti's gallicanes de moins. »
Si Ton vient en outre à se rappeler la situation de la presse dans laquelle le gouvernement était à la fois battu eo brèche par les deux principaux journaux de la droite, les Débats et la Quotidienne^ tandis qu'il était assailli par la presse de gauche, le Constitutionnel et le Courrier français ^ par MM. de Chateaubriand, Michaud et Benjamin Constant, on ne s^étonnera pas de Taffaiblissement du ministère. Tiraillé entre des exigences contraires, en butte à des impulsions opposées, poussé par les uns, retenu par les autres, accusé par la magistrature de trop faire pour l'esprit religieux, et, par une portion du parti religieux, de ne pas assez faire pour TÉglise, par Textréme droite tie ne marcher ni assez vite ni assez résolument dans les idées monarchiques, par la gauche, le centre gauche et même une partie du centre droit, de s'être précipité la tête baissée dans cette voie qui menait à l'ancien régime, devenu le point de mire des attaques de ceux qui aspiraient à gouverner comme de ceux qui aspiraient à renverser le gouvernement, souvent en minorité à la chambre des pairs et obligé de conquérir laborieusement sa majorité à la chambre élective, en attirant à lui des voix des différents groupes de la droite, il était la cible sur laquelle venaient se réunir les coups partis de tous les points de Thorizon.