‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 19 sur 122 · BUDGET DE 1822. — VIOLENCE DES DÉBATS · texte numérisé non relu

BUDGET DE 1822. — VIOLENCE DES DÉBATS

890 millions de recettes. Nous attendrons donc le budget de Tannée de 1 823 pour commencer à caractériser son administration financière. Citons cependant les paroles qu'il prononça ▼ers la fin de la discussion de la loi de finances de 1822, et dans lesquelles on sent vibrer le cœur d'un honnête homme et d'un bon Français:

tf Vous devez être persuadés, messieurs, que je travaillerai, tant que je le pourrai, à diminuer les frais de rentrée des impôts. Vous vûus rappelez que mon prédécesseur les a lui-même diminués de 1 million 400,000 fr. Je viens d'y ajouter une nouvelle économie. Je ne crois pas que, pour l'instant, il soit possible de faire plus; notre honneur personnel, et c'est pour cela que nous sommes ministres, ne nous impose-t-il pas le devoir d'obtenir, dans l'intérêt de notre pays, tout ce qui peut se concilier, d'un côté, avec la régularité du service, et de l'autre avec l'intérêt des personnes qui traitent avec nous, car, en définitif, on ne doit pas regarder seulement l'intérêt de ceux pour qni l'on traite. (Vive adhésion.)

o Le trésor est rentré vers Iç mois de mars dans la jouissance de la presque totalité des impôts directs de 1821. Les frais de poursuite en 1821 ne se sont élevés qu'à 4 pour 100 '. n

Dans Tétat des esprits, il était impossible que la discussion du budget ne devint pas Toccasion de nouvelles luttes politiques. La session se poursuivait, en effet, au milieu de l'explosion des conspirations. Les progrès menaçants de la révolution espagnole; en surexcitant en France les passions hostiles à la dynastie, donnaient plus d'intensité encore à ce mouvement. Ce serait une tâche ingrate et stérile que de relever une à une les séances où MM. Benjamin Constant, Foy, Manuel, et les esprits les plus violents de la gauche accusèrent la droite et le ministère qui en était sorti, de travailler à la destruction de la Charte, de conspirer contre les ly^ertés publiques, de dilapider les finances, d'humilier la France devant l'étranger, et où les orateurs les plus ardents de la droite

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