‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 20 sur 122 · SénoBân A iTimi · texte numérisé non relu

SénoBân A iTimi

HiniSTfcRE DE U. DE VtLLÈLE.

accusèrent la gauclu; de travaiUer k la destruction de la dynastie. En vain quelques \oix sages, comme celle de M. Ternaux, rappelaient-elles que pas un royaliste sensé ne croirait possible le maintien du gouvernement après le renversement de la Charte, de même que pas un libéral éclairé ne pouvait s'arrêter sans frémir M'idée des maux qu'entraînerait la chute de la maison régnante. Cet appel au bon sens et à la concorde, cette invitation à sacrifier les animosités personnelles à l'intérêt de la France, qui voulait à la fois conserver la dynastie et obtenir les libertés promises par la Charte, était peu entendu. U y avait, dans les diverses opinions qui se disputaient l'influence dans la chambre, trop de gens déterminés à se halr.i Les uns, sans toujours s'en bien rendre compte, étaiei comme le général Foy et M . de Lalot, séduits par les grai rôles de tribune qui étaient à ce pris, car il fallait répondre aux passions du dehors par les passions du dedans, pour arriver aux succès d'éloquence. Les autres éprouvaient ces haines réciproques, funestes legs de nos longues discordes; ils ne s'apercevaient pas que dans leurs chocs furieux ils écrasaient la liberté politique. Quelques-uns, comme M. Manuel et ceux de ses collègues qui trempaient dans les complots, cherchaient à jeter chaque jour la flamme dans cette atmosphère déjà embrasée, afin d'en faire sortir la foudre qui renverserait la maison de Bourbon, à laquelle ils avaient déclaré une gueire à mort. Les hommes les plus ardents de la'majori! indignés des violences de langage des orateurs de l'oppoi tioD, qiù semblaient prendre k tâche de blesser tous leurs timents, d'insulter tout ce qu'ils respectaient, Unissaient se sentir pris d'une espèce de transport furieux, et enveli paient dans le même anathème tout le parti représenté & tribune par de tels orateurs '.

ialr.^

1, Pour SToirni l'opinion de H. Bei

I idée de U ilolence des dUcourt de la gsiii^tic, il faul itr^ luiiti Conïlaiil daiuladisru9s)oD générale du budgi^l.l

M. LAIHÉ SCn LA POLITIQUE ÉTBA:«iKHi:, 89

(Joe seule de ces discussions politiques du budget eul un intérêt durable, parc« qu'elle amena M. Laiiié îi U tribune, et que ce grand itrateur se ti-ouva autorisé par les points qu'avaient tourbes les divers orateurs de la gauche, à jeter un coup d'œil rétrospectif sur l'ensemble de la politique étrangère de la Rcistaiffation pendant le ministère des centres. Le

dire que ■ In flnincei de la Fraoee sont I& conquïle d'un parli qui l«i «tplelle i Kio gri, dan* une obicariU quo ne diulpe pu uns dlaruuion loujoura lllu- Mire ; a que • lu nomeaui mlnlarrea loal Im liommea d'alTalrei du parll dumlnant -.t que ■ la pnlEcc ait untquemenl occupée k provoquer letcrlmet qu'elle tst detUnée k pr^ienlr ; > qu'tl]> a « un ctergi amiiilaul qui ne pcul Taire un païaani la prolcf Uon do la gendarmerie, et dont iei eienlrua amèni-nl ilri proAinalloDa dan* l«i i^iÉU et dci dragonnailei dam Ici ruei : u que » l'on ne poul parler ■lan* l'snulnle de la Chamlire de politique étrangère, uni que lea niloMIrei tr^oiMenl lur leur* banei ; ii qu'on dirait enfln que • W dlaeouri prononrési b tribune Aviifaiie doltenl Mre crcnaur^ par le> gauvtrnementi étranger» *t que lea mlolalrea «olrnt l« fondra de pouvoirs de la Sainte -Alliance |ioiir np;»eler lea oraleura i la queilion. - M. Renjamin ('«nilinl comparait, en terminaiil, le ndalettri de droite a un rfr en peaux que la pm-iienct enioie aut praplet iiùH$ ta eoUrf, M. de Glrardin appelai! lea lululoanairet dei contrebaivlirrt du cattt. H. Bignon d'Iclaralt que ■ le minlitire pr^^dent avait été ruue, et qu'on Aailgfnjraleraenlconvalnru que celui-ci serait an|i;lai>. > Le g^nérul Ko; reprenait qu'one aeule ehoae ^lall lùre, c'eil qu'il De «erdll pai Trantali. L^ génfni GéranI, nouvollcment eulr* dans In Chambre, dépeignait l'nrinéo ■ rDmmu livrée k l'arfallralre, prlvta \\tt ulTIdore en qui elle aval! conllince. Toteii de devenir «n In*iruDwnt d'oppreHlon contre le pBUjile.» Tout relaiu diiail quelque! jou ri aprta Ici complota do Bétort. de Saumur el de la Rochelle, el pendant que Paria était encore en proie i de> Iroublet périodiquet. M, limite aecuaa le gouvorncDienl d'andr pnipoié un dégrèvement de la contribution foncière, pour ilitnlnuer le nombre dei p«tiu élecleura, cl il déolara qu'il était liupoulble d'attribuer i nn autre ntotlF celle meaurc, quand le gouvernement leinblail aïoir pour but unique de détruire ce quo la raison publique avait élabll, et de n-lvvtr ce qu'elle avait condamné. RuUn, le géni^ral LaToud. ancien olTIdcr dci ttmits Imp^rialea. ayant répondu nu général Sébatlianl qui avait dll que le ' dérouragement éuil dam l'armée, • que l'armAe élatl, au contraire, excellente. niaU que lualhcareu sèment la Juilice, la gr'néroilté, la counance, ne pou- 'alrnt lafllre ï des eaprllt orguellleut, qui ne voulaient reeonnailrr aucun droit 1 la clémence royale, i presque toute la ganelie, turlout Ie> généraux, qui ■i^geaicnt lur sc> bines, enire aulrei lea généraux Gérard , SéboBllani , Demar;av, lui adreaièrenl l« Interpella lions les plus Injurieuses. Lr» journsut ■fllnnèrrnl le lendeoinln que le général Seinelé lu] avait dit : • Vous eira un (tr« lU, c'est mol qui vou« le dU ; • se qui amena une renconiro au pistolet. [Voir le JfaniicHr du mois d'avril 1822.)

90 Ministère de m. de villèle.

ministère de droite était trop récemment entré au pouvoir pour qu'on eût à lui reprocher des actes politiques au dehonr; on ne pouvait raisonner contre lui que par hypothèses, et le vicomte Mathieu de Montmorency, ministre des afiaires étrangères, avait répondu par des généraUtés apologétiques «nx généralités critiques de la gauche. Mais il n'en était pas de même de M. Laine, rancien collègue du duc de Richelieu. La gauche avait dit, par la voix de MM. Benjamin Constant, Foy et Manuel, que le gouvernement royal avait laissé abattre la constitution à Naples et à Turin, qu'il entretenait à la porte de l'Espagne un Coblentz nouveau , « en oubliant quelle place l'ancien Coblentz tenait dans ITûstoire de l'infortuné Louis XVI, » qu'il avait encouru la haine et le mépris de l'Italie parce qu'il s'était montré l'auxiliaire honteux et craintif de la Sainte- AUiancc. En un mot, parcourant tous les théâtres de la politique, la Grèce, l'Amérique, Saint-Domingue, la gauche avait demandé ce que, dans les dernières années, le gouj?ernemcnt avait fait dans Tintérôt de la France et pom* sa dignité. M. Laine réclama la parole dans la séance du 19 mars, et prononça un des plus beaux discours qui aient honoré la tribune française :

« Ce que le ministère a fait depuis cinq ans, s'écria-t-U, je vais vous le dire. Il a essayé, et quelquefois il y a réussi, de réparer de grands malheurs, dus principalement à l'événement dont le jour de demain ramènera le terrible anniversaire. {Sensation géniale,) Le ministère trouva la France occujwn par les armées alliées. Les baïonnettes étrangères entouraient la capitale, l'artillerie était braquée sur le palais de nos rois. Les puissances étrangères manifestaient des ^ prétentions plus qu'hostiles. Ce qui s'est passé depuis dans une assemblée où l'on a la liberté de la parole vous a montré que le projet de réduire la France n'était pas une chimère. Sans doute la PrAOce ne l'aurait pas souiTcrt, et ce n'est pas au.ministère que j'attribue rhoaneur d'avoir empêché l'exécution de oe dessein. Mais il a contribué à élmgner les malheurs qui nous menaçaient. Déjà la carte de la now^^ France était dressée, il m'a été donné de la voir; elle est en possession d'un homme qui, par son crédit, ses vives sollicitations, ses efforts, sa

M. LAIN^ Mia LA POUXIQUE ÉTRANGÈRE. 94

loyauté n'a pas été iautile à Tahandon de ce (uneste desf)cin<. (Vive sensation,) La délivrance du territoire fut le second acte deceministi're, qu'on disait n'avoir rien fait pour la France. Au milieu des agitations de l'Europe, la France a marché à la prospérité, ^n industrie s'est accrue, son commerce s'est étendu; elle a évité la guerre, et, depuis cinq ans, le ministère a contribué à toutes ces choses. »

L'orateur .exposa ensuite la double impossibiliié où s'était trouvé le ministère aux congrès de Laybach et de Troppau, de s'entendre avec les cabinets dont la politique était moins Ubérale que celle de la France, et de s'accorder avec des insurrections militaires qui auraient conduit le gouvernement royal k celte conséquence étrange de déclarer la guerre à l'Europe pour favoriser Tavénement de deux révolutions contre deux royautés amies. Il n'avait donc eu qu'une ligne à suivre, celle d'une neutralité honorable, qui s'était employée à diminuer pour les peuples les résultats fâcheux de mouvements imprudents. M. Laine poursuivit en ces termes :

« C'est après de telles circonstances qu'on se permet de dire tpie tel ministère a été russe, tel autre anj^lais, qu'aucun ne sera français. De quelque part que de telles qualifications snient venues, je dis qu'elles sont injustes, et qu'une bouche française ne devrait jamais les proférer. Il n'y a pas eu en France de ministère russe, il n'y a i)as de ministère anglais. Ni la proximité des craintes, ni la si'ductiou des espt'rances, ni la puissance des souvenirs, rien ne cliaujiîe un aeur né français. Quand un Français est honoré d'un auguste choix, son caracti*re s'élève par cela seul qu'il est ministre; en s'approcliant du Uoi de France, il puise dans son àme royale des sentiments encore plusélevés, et sa vie se consacre sans peine à sa patrie tout entière. »

 ces paroles, une vive adhésion se manifesta sur la plus grande partie des bancs de la chambre. Louis XVIII, tout le

l.Xe duc de Richelieu. Ce passage du discours de M. Laine était une réponse à rafllrmafion tranchante de M. Benjamin Constant, qui avait déclaré qoMl était impossitHe que les puissances étrangères eussent songé à réduire la France. La déclaration de M. Laine : « Il m'a été donné de voir la carte, i> fhPeAAii?onB iMktIoD.

monde le savait, ne séparait pas sa propre dignité de celle! la nation française, et il eût cm descendre, si la France a^aît été diminuée dans restime des nations.

Sans laisser s'alangiiir l'émotion de l'assemblée, M. Laine continua ainsi :

a Quelles que soient vus violences, uialgii; l'insulte des déclamations, malgré le danger des discours qui tendent à dfprimer votre gouvernement et votre pays, je ne dirai pas que vous n'êtes pas Français

Hais, & votre tour, reconnaissez que pour être assis sur ces bancs (lo bancs du minittére), on ne perd rien du noble caractère dont voulez voue parer enclusivement et ilunt nous nous honorons tooi.

L'orateur termina son discours par ces paroles pres( prophétiques, où ce grand serviteur de la royauté, ce grand ami de la liberté politique, semblait prendre h. la fois le deuil des deux plus chères affections de sa vie, menacées par les sions de son temps ;

0 On (tarie sans cesse de la double rcsponsabilîtO des ministres, j a aussi pour les assembles et pour leurs membres une rcspons inévitable. Ce n'est pas par des menaees, des accusations, des S(tp{l qu'elle s'exerce; c'est une responsabilité morale. Vous eoniparaH devant un juge sévère, devant l'histoire. Elle a|)pri'i'ici-a la conduite des hommes qui, tourmentant incessamment l'opIrLiuii, trompant la cri'dulité publique, se plaisent à avilir les gouvernements, tandis que dans l'iutcrét du pays ils devraient les honorer et les seconder. Un honorable membre, nous parlant tout a l'heure de la tribune d'AUièncs. se félicitait de ce que, mieux placée, la nôtre permet de tourner à la fois les regards vers la mer et vers la terre. En suivant sa métipborc, on est tenté d'élever notre tribune assez haut pour contempler les ruines d'Mhf;nes et celles de toute la Grèce, l.c juge im|)artial dont je parlais tout à l'heure, l'histoire, ne dit-il pas que c'est aux excès des disputes, à la haine des sophi.stcs, h l'injustice et m^me h l'ambition de la pai'ole, qu'il Tant imputer les malheurs auxquels ce» régions sont en proie, et que l'on déplorait dans cette séance méijM.* Cherebons du moins une leçon dans ces ruines et apprenons [>ar^ mËler la prudence et la justice h la liberté des débats. »

A ces nobles accents, le centre droit et la droite éclatère

«. LAUIÉ SIH LA POLITIOLE ÉTftANGÈRE. IC}

t-u acdamalions, et les applaudissemeoU suivirent jusqu'il sa place l'oraUiur desceudant de la tribune. Ce n'était pas seulement de la grande éloquence, c'était de la bonne puUtiqiie. La fondation du gouvernement représentatif en France, comme M. Laine l'avait presst'nti, était à ce prix. La haine, qui est ^térill^ comme les Furies antiques, n'enfaute rien, etM. de Donald, diiUâ le cours de cette di-;cussiou, l'avait rappelé avec lieaucoup de sens en répondant à M. Bignou, qui réclamait ime politique plus haute : ces désordres et ces discordes intérieures, que la gauche fomentait, énervaient la France. La première condition de force pour un gouvernement, au dehors, c'est d'être incoiiU-sté , respecté et obéi au dedans. M. Manuel demanda la parole pour tâcher de détruire le bon effet produit par les paroles de M. Laine et de raviver les passions auxquelles l'éloquent orateur du centre avait imposé silence pour tm moment;- mais la chambre, sous le coup de l'impresaon que lui avait laissée le discours de M. Laine, ne voulut plus rien entendre, et ferma la discussion.

Le ministère n'avait pas pris une très-grande part aux débats sur la politique étrangère qui avaient eu lieu à l'occasion du budget; nous avons dit pom'qnoi. Seidement M. de Villèle n'avait laissé échapper aucime occasion de marquer la ligue strictement constitutionnelle que le ministère voulait sui^Te. Un n'a point oublié la lin de non-recevoir qu'il avait opposée «M. de la Bourdonnaye, offrant de conlier des pouvoirs extraardiudîreâ au gouvernement, en raisou de l'incandescence des passions politiques, qui se révélait non-seulement par des violences de tribune, mais par des conspirations dont les foyio^ s'allumaient de tout cAté. Lorsque M.LafOtte accusa le ministère de ne proposer le dégrèvement de la contribu- ^on foncière que pour diminuer le nombre des petits électeurs, -M. de Villèle établit d'une manière catégorique que lii situation des tinaners était bonne, et que le dégrèvement

94 MIIflSTÉRG DB M. DE VILLÈCB.

(le la contribution foncière^ était la conséquence naturelle d un TOte de Tannée précédente. Lorsque les généraux Foy et Sébastian! vinrent affirmer à la tribune Teiistence de cinq ordonnances dûment contresignées en 1820, qui éle* yaient à la dignité de pairs cinq députés assis encore en ce moment sur les bancs de la chambre élective ^ dont ils infirmaient les délibérations par leur présence, M. de ^^Uèle répondit que, si ces ordonnances enstaient, elles étaient frappées d'une nullité radicale. Puis, comme le général Sébastiam insii^tait, en s'étonuant qu'un ministre se crût autorisé à donner un démenti à la parole du Roi, M. de Yillèle répliqua que la parole du Hoi était hors du débat, et que la discussion ne pouvait porter, dans la chambre, que sur le contre-seing du ministre, exclusivement responsable de cet acte, s'il avait eu lieu, comme on 1<^ prétendait.

Il y eut, dans le cours de la discussion du budget, deux débats financiers intéressants, dans lesqtiels le ministre des finances garda la même attitude, et sur lesquels il convient d'entrer dans quelques détails.

Le premier était un véritable incident. Un vol considérable avait eu lieu au trésor sous le cabinet précédent, c'est-àdire pendant que M. Roy était ministre des finances. Le sonscaissier central Mathéo s'était enfui en laissant un déficit de 1,80(),000 francs; son \ol, qui remontait pour une part jusqu'en 18! 4, se décomposait ainsi : une portion de ce vol était îintérieure à la nomination de M. l^iscatory au poste de caissier général en chef; la seconde portion était postérieure à cette nomination. Mathéo avait commencé à voler les deniers publies en dissimulant les envois d'argent qui lui arrivaient; puis, quimd, après une longue impunité, il s'était senti perdu, il

1. Les députés qu'on indiquait coume ayant été l'objet de cette promotion étaient MSI. Deugnol, de Monlcalm, de Mezv, de la BrilTe et le prince de Broglie.

BUDGET DE i93âL -^ YéXL WO âOUfr-«ibIfi0»R MATHÉO. 9&

s'étaUenfiûeiiprenantwieacfflftmecoDflidéj^blB'dans sacaisBe. Matgré de nombEeuaeiir ^vérifications, le vol n'»vait pas été découvert et a'était perpétué sons pluôeurs miDÎstères, parce que le trésior a tou|purs plusieur& millions de fondft en route, et que Mathéo, chargé de les recevoir^ voyait continuellement couler devant sa caisse une sorte de courant, d'argent où il puisait en dissimulant racrivée des fonds ; il avait par là un moyen facile d'opérer les substitutions qui cachaient ses fraudes. M. Roy, après avoir examiné avec sa sollicitude ordinaire cette fâcheuse affaire , reconnut qu'il n'y avait lieu d'adres6er aucun reproche à M. Piscatory, caissier général, et de Tavis conforme de la commission consultative des finances, qui, après une enquête minutieuse, déclara à Tunanimité que « toutes les dispositions du règlement, en ce qui concernait la surveillance du caissier général , ayant été ob* servées, ce comptable n'avait aucune responsabilité à encou* rir, » il exonéra celui-ci de toute poursuite de la part du Trésor, considéra la perte éprouvée comme un sinistre, et taudis que des poursuites judiciaires étaient exercées contre Mathéo, il inscrivit une somme de 1,800,000 francs au budget des dispenses de 1822 pour couvrir le trésor du déficit laissé dans les caisses de l'État * .

La gauche fit beaucoup de bruit au sujet du vol Mathéo. Elle parla du défaut de surveillance du gouvernement, de la dilapidation des fonds du trésor, de l'indulgence étrange du Dainistère pour les comptables, et du coupable oubli où il laissait les intérêts des contribuables. Elle conclut en proposant de rejeter l'allocation de 1,800,000 francs demandée, sauf au ministère à venir présenter, l'amiée suivante , une proposition qui serait débattue. Cette question pré tait aux déclamations contre l'incurie du gouvernement, et elle devait

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