‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 26 sur 122 · LOI DES DOUANES : OPJNIOX DE M. DE VILLÈLE · texte numérisé non relu

LOI DES DOUANES : OPJNIOX DE M. DE VILLÈLE

l'impôt sur le sel 60, ce qui donne la mesure de l'importance de Fun et de l'autre. Adopter l'amendement que je combats serait grever les contribuables français, auxquels il faudrait demander par ailleurs les 5 millions de produits que vous enlèveriez au trésor. »

L'amendement fut rejeté. Le» doctrines économiques de cette époque étaient toutes à la protection , sans distinction d'opinions politiques comme nous avons eu déjà occasion de le dire, et M. Benjamin Constant lui-même qui, pendant la session précédente, avait combattu, au nom de Tintérôt des consommateurs, le principe de la protection dans la loi des blés, voulut faire porter à soixante francs par tête le droit d'entrée sur les bœufs étrangers. Cette contradiction s'explique par sa position particulière : il était député du département de la Sarthe, dont l'une des industries les plus lucratives est l'élève des bestiaux * .

1 . Le ministère ayait proposé d'abord d'élever à 30 fr. par tète de bétafl le droit tor les bcsliaox. étrangers. Sur les renseignemeDU et le.s observalions qui se produisirent dans la commission, il éleva ce droit à 60 fr. Quelques orateurs accusèrent le gouvernomenl d'avoir pris une mesure lio.^lile contre lea naliDiu voisines» M. de Villèle répondit : a Virant sous le gouvernement représentatif, tout ce que nous pouvions faire, c'était de vous appurlor les documents nécessaires pour éclairer >otre décision, afin qirelle approchât le plDS possible des règles de la justice. Une dos raisons qui nous ont convaincus que la protection proposée d'abord par nous n'était pas 8ufll.sante, c'est que dans la seule année 1821 l'importation des bestiaux étrangers a doublé, et que le prix de ces bestiaux, comparé au i>rix des vôtres, fait ressortir le droit de 50 fr. comme nécessaire. Le produit pour lequel nous vous demandons cette protection spéciale est celui que vous avez le plus d'intérêt à protéger. l\ ressortira de la muItrpHcation de vos bestiaux des avantages ini^ontestables. lift féconderont la terre, suppléeront à l'insuilisaoce de ses proJuils, en coa* sommeront l'excédant, amélioreront la nourriture nationale et produiront de Fargent avec lequel on achètera ce vin qu'on veut faire boire à l'étranger. Les mudsmandent q«e le droit deneade à 30 fr., d'avtres qu'il s'élève à 60, 70, et même 100 fr. Nous maintenons le chiffre de 50 fr., attendu qu'il ne faut pas aller au delà de ce qui suffit. »

H; da Laborde et Hu B«iifaDiin Constant firent observer dant la. suite dm dél»at que l'Angleterre^ dont on. avait vanté la prospérité, n'admettait piM rintroduetion de| bestiaux étrangers. (Moniteur du 5 juillet 1822.)

SLITE DE LA SECONDE SESSION. — DÉBATS POLITIQUES A L'OCCASION DU BUDGET. — QUESTION ESPAGNOLE.— CONTRE- COUP DES PROCÈS POLITIQUES A LA TRIBUNE. — BIRTON ET CARON. — VIOLENTES RÉCRIMINATIONS DU GÉNÉRAL FOT. — RÉQUISITOIRE DE M. MANGIN.

Les discussions exclusivement remplies par les intérêts matériels étaient les plus rares, le souffle de la passion politique se levait à chaque instant. La discussion du budget du ministère des affaires étrangères suscita, comme à Tordinaire, un vif débat sur la politique extérieure du gouvernement. MM. Biguon, le général Foy, Benjamin Constant, Manuel, accusèrent cette politique, comme ils Tavaient fait dans la précédente session, d'être inintelligente et sans force, et d'avoir mis la France à la queue des autres nations sm* tous les grands théâtres des affaires, TOrient, la Grèce, les Amériques espagnoles. Ce sont là des thèmes d'opposition sur lesquels il est facile de broder des discours éloquents, où l'on expose tout ce qu'il y aurait à faire sans s'occuper des moyens qui manquent et des obstacles qui arrêtent.

L'Espagne fut naturellement le champ de bataille privilégié de la gauche. Au moment où le débat revint sur le budget des affaires étrangères ', les événements de Madrid que j'ai racontés venaient d'avoir lieu, et Ferdinand, après avoir encouragé l'insurrection de sa garde, avait été contraint de la flétrir et de faire poursuivre les chefs du mouvement. Les journaux de la droite, la Quotidienne et le Drapeau blanc surtout, avaient pris ostensiblement parti pour les insurgés et avaient célébré prématurément leur triomphe, comme le triomphe du

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