RÉSOLUTIONS FINALES
merait la substance dans une note. La question du protocole fut ensuite traitée, et l'on arrêta qu'il n'y aurait pas de protocole général sur les négociations et conférences relatives aux affaires d'Espagne, que les pièces éehangées entre les ministres ou présentées auj; conférences seraient regardées tomme de simples communications de cabinet h cabinet, et qu'îJ en serait de même pour la note confidentielle annoncée par le 'duc de Wellington. Ct-tte décision avait surtout pour objet d'empêcher que les pièces écliangées confîdentïeQeraent, dans les conférences auxquelles le duc de Wellington n'avait ■ pas assisté, fussent communiquées au parlement d'Angleterre. Kn effet, lorsque M. Canning communiqua au parlement les actes du congrès de Vérone, il ne crut pas pouvoir étendre celte mesure aux pièces qui avalent été échangées dans les conférences intimes auxquelles le duc de Wellington n'avait pas assisté, et dont il n'avait eu connaissance que par la courtoisie de ses collègues.
lorsque ce dernier protocole fut signé, M. de Montmorency regarda sa mission h Vérone comme tenninéc, et se disposa à partir. L'affaire la plus importante pour la France, celle d'Espagne, était réglée. Quant aux autres affaires, il eut quelques entretiens avec les souverains ou leurs plénipotentiaires sur les questions qu'il laissait derrière lui ; mais il en confia la solution à ses collaborateurs, qui les avaient examinées avec lui dans des conversations approfondies. La première qui devait attirer l'attention du conprès était celle de l'abolition de la traite des nègres, pour laquelle l'Angleterre commençait à montrer cet intérêt passionné que, dans ce pays plein de contrastes, l'opinion publique impose quelquefois, pour une grande question de morale et d'humanité, à un gouvernement froid et calculateur qui y mêle presque toujours un point de vue politique. M. de Montmorency, malgré la candeur de sa belle ftme, était en garde contre la philanthropie du gouvernement
te
[ ces so
298 COKGRfcs DE VÉBOSB.
anglais, qu'il savait u'ètre jamais complètement désintérest*;^ En Fmnce, le gotiYemement avait fait adopter uue loi contre la traite des noirs, et il la faisait consciencieusement exécuter; mais il n'y avait pas à s'étonner qu'on ne réussit ] d'un seul coup à mettre un terme à la plus lucrative des càt trebandes. Quant à accepter le moyen que proposait l'A gleterre comme un remède héroïque, c'est-à-dire le droit â visite exercé sur nos vaisseaux par la marine anglaise , tié fallait pas y songer ; l'honneur français se révoltait et prote tait, et sa protestation trouvait un écho dans le noble cœur de M. de Montmorency :
a Je dis au duc de Wellington, ajuute-l-il dans l'Écrit d<-jà soiirent citû : Je n'ai pas muins d'horreur que vous contre la Iraîtt.' et contre tes barbaries qu'elle entraîne. Hais si votre gouvernement ni> rcnt que la cessation ou la diminution du mal, s'il veut nous aider À le combattre par do nouvelles précautions législatives, ce que voua avez de mieux à faire, après nous avoir avertis en secret, c'est de garder le silence et de ne rien prétendre nous imposer. Mais il fallait avant tout Taire retentir dans le congru des paroles solennelles et déposer im long mémoire qui allât grossir les communications faites dans le palais de Westminster et y soulever des applaudissements unanimes. J'obtins seulement du duc de Wellington qu'il retrancbilt de ce mémoire quelques phrases semblant inculper , à tort , l'exactitude du gouvernement français à faire exécuter la loi existante. Du reste , je laissai derrière moi un avocat capable de répondre avec éloquence au duc de Wellingloii quand la question viendrait devant le congres; je priai U. de Chateaubriand de réfuter les ai^uments du plénipotentiaire anglais, tâche ft laquelle il était naturelleinent préparé par son nmbassade de Londres, pendant laquelle il avait reçu souvent des communications analogues. »
La question qui devait venir apr^-s celle-là devant le congrès était la question des affaires italiennes; à cette occasion, le congrès devait recevoir dans son sein plusieurs nouveaux plénipotentiaires, qui, dès le commencement du mois de novembre, avaient passé b. Vérone avec leurs souverains. Parmi ces souverains figurait le roi de Nnpics, aïeul delà duchesse de
DERNIÈRES nÉMARCBEa DE M. DB MONTMOBËKCÏ.
Berry et père de la duchesse d'Orféaiis. Ce prince, à peu près étranger aux affaires, se borna à faire au vicomte de Monlmorency dea questions au sujet des Bourbons de Fmnce, au sujet du duc de Bordeaux surtout, sur la jeune tête duquel reposaient les espéranoes rie tous reux de sa race. Ce fut avec le prince de Ruffo, principal ministre de Ferdinand, que M. de Montmorency traita les affaires. C'était un personnage spirituel, maïs qui avait plutôt l'esprit des salons que celui de la politique. Homme de plaisir et de socîéié, vieil habitué des cours, surtout de celle de Vienue, où il avait ril'sidé pendant de longues années comme ambassadeur, ce n'était qu'à rej^ret et pour complaire au prince de Metternich, que, l'année précédente, il avait consenti à retourner à Nnples, afln d'occuper le premier poste dans le nouveau ministère que son maître venait de former. Le prince de Ruffo était malheureusement peu propre h suppléer ce qui manqviaît à Ferdinand. Il transportait l'amour italien du feir niente dans la politique ; causeur agréable, mélomane enthousiaste, tout pri^t îi abandonner um; séance du congrès pour la représentation d'un opéra de Itossioi, frileux comme un méridional, il regardait comme une question dxi premier ordre celle du chauffage de son hôtel, et se montrait beaucoup plus indifférent sur les questions de gouvernement. Cependant M. de Montmorency s'entendit assez bien avec lui sur les affaires d'Italie. Il est vrai qu'il n'eut pas à approfondir la question principale, celle de l'évacuation du royaume de Naptes par l'armée d'occupation autrichienne. Il connaissait par un homme plus gi'ave et plus compétent que le prince de Ruffo, par M. de Serre, notre ambassadeur h Naples, dont nous trouvons la figure pâle et maladive dans le congrès, parce qu'il avait été autorisé à suivre à Vérone le souverain auprès duquel il était accrédité, la triste impossibilité où se trouvait ce prince de se passer corapléteuicnt de ce fâchetu appui. M. de Serre voyait en noir la situation du royaume des Deux-Siciles,
Du reste ses rapports avec M. de Montmorency furent gênés et assez froids. 11 désapprouvait ^inter^'entioIl du congrès dans les troubles d'Espagne, et s'il n'exprimait pas son opinion assez hautement pour gêner le chef des plénipotentiaires français, il ne la cachait pas. M. de Montmorency, voyant qu'il serait imprudent de demander l'évacuation complète du royaume de Naples par les troupes autrichiennes, exhorta le prince de Ruffo à tâcher de In restreindre; or, comme en restreignant l'occupation étrangère on en diminuait les frais qui écrasaient les finances du royaume, il le trouva très-disposé à insister dans ce sens avec une fermeté que lui imposait le sentiment de ce qu'il y avait d'intolérable dans ce fardeau. Ce qui n'était pas immédiatement possible devait bientôt devenir nécessaire , et M. de Montmorency, prévoyant et voulant hAlerle moment d'une évacuation complète quirendraitTItalie à elle-même , conseilla l'emploi des troupes auxiliaires et proposa les bons offices de la France poiu- obtenir des régiments suisses.
M. de Montmorency fut plus heureux avec le Piémont. Il trouva le comte de Latour, premier ministre de Charles-Félix ', et le Roi lui-m^me très-disposés à réclamer l'évacuatioD du royaume par les troupes autrichiennes, comme c'était le vœu de la France. Le comte de Latour désirait aussi le rappel du priuce de Carignan, et il n'avait pas cessé de faire valoir les droits que sa conduite postérieure lui donnait au pardon du Boi. Mais les préventions de celui-ci subsistaient toujours. Quand M. de Montmorency lui parla du prince, Charles-Félii répondit qu'il avait encore besoin de temps et d'un mûr examen pour rendre ses bonnes grâces à son neveu. « Je demande tous les jours à Dieu, njouta-t-il, la gi'àce d'être con*fl
BETOUn DE H. DE HOftTHDHENCï 1
■vaincu de la sincérité de la conversion religieuse et politique du prince dont vous me rendez témoigoag'e. n
Avant de quitter Vérooe, le vicomte de Montmorency pria l'empereur de Russie d'être l'intercesseur du prince de Curigoan auprès du roi de Piémont, et il apprît bientôt que, consentant, pour la première fois, à rétablir des rapports de famille avec son neveu, Charles-Félix avait répondu à la lettre par laquelle celui-ci lui avait notifié la naissance de son Gis'.
Le 22 novembre 1822, le vicomte de Montmorency quittait Vérone. A Milan, où il séjourna un jour, il se croisa avec M. Oinrard, qui venait traiter k Vérone ta question de l'empruol de la régence d'Urgel; le 1" décembre, il arriva à Paris.
ElCrOLR OE U. DE UONIM'
RltLLE. - opposmoN 50IES CONCERTÉES.
Vérone passe ici sur le second plan. La grande affaire y est terminée, les autres questions sont préparées, et l'on peut prévoir comment elles tourneront. Nu cédons pas au prestige du génie qui, dans un livrw célèbre', fait, pour ainsi dire, commencer le congrès à l'époque où il était à peu près fini, et, se sentant né pour les grands rôles, n'occupe guère la poslérilé que de ce qu'il a fait à Vérone, en se posant comme le seul qui ait voulu la guerre et comme celui qui a entraîné
Ce princo, né en noTetnbre 18ÎÏ, élall le aecoDiJ frère de VkLor-
I, qui devall régner lur l'ilalle.
LtCongriide Yirone, par ClialcaubrUnd.
302 CONGRis DE VÉAOKE.
M. de MontmoreDcy, M. de Villête à la faire, et les puîssaiu réunies à Vérone à la tolérer'.
C'est à Paris qu'est désormais transféré le principal thé^ des affaires ; il importe doDc d'exposer le point où en é hommeii et les choses ati moment de l'arrivée de notre p mîer plénipotentiaire.
Il y avait d'abord une épreuve à traverser : M. de i rency avait naturellement joué le principal rôle au Congi il revenait avec la conviction sincère d'avoir agi pour le et d'avoir bien mérité du Roi et du pays. Or, du premier plan il passait sur le second dans le ministère, puisque M. de Vîllèle était président du conseil. Il a lui-môme analysé les dispositions de son esprit dans un récit tracé immédiatemenl après son relour;Iais5ons-Uii la parole, nous aurons à exposer ensuite les disposilions de M. de Villèle. Voici quelles étaient les réQeiions de M, de Montmorency dans la dernière étape du voyage qui le ramenait à Paris :
(1 J'éprouvais, dit-il, un sentiment de salisfaction. J'avais placé la France dans une attitude digne , honorable vis-à-vis lie ses alliés, ajant reçu d'eux des marques de haute confiance, pouvant Icurea témoigner une réciproque, sans sacrilier sa juste indépendance puur la décision mtmc , et l'époque et les mojens d'exécution du la grande
1, OaDB VEcrii mr le congrti de V *ln«l : u l.oraqae, dans unu drrulâre Alœiaodro de continuer ks bonli'x 1 no lui étsif ni connoa dqiuls laniilenj|j8 , el il ni'lalerromiiit d'une nisnièrc leeei — Je rûpcnJisnfflinmliiejnenl. — J'en élé iwul'jlre molnghien pour lui qu'il t prËlé k un mo.ven eur lequel II conipla aiec moi. Ma<9 c'est que j'aisit eolendu (DUS el peut-Cira roua lupplunler. • [Di
Ce mofen «ur lequel l'cai|)ereur Alei; avait conipt'! , c'élail le a^jnup de pi' ninli^uo de Tolaloy, iiee laquelle M. i Alexandre, itui avait pour elle une liaule Il l'arrangea de manlire i Ëlre seul arec
ronc, H. do MontmoreDu; s'exprime
uiJiericH , Je demandai il l'empereur pl^nipolenllairea realanla, donl deoi
'n particulier â M. de Clialeaubriind, brui-que : n Èies-ious content de loi ï . ia\i bien aiae, reprit t'empcreui'. J'ai ic t'espérait. Je ne me euii pas lieaucoup .11 pour avoir dn rapports plus direeli
jire qu'il venait ici pour rivallter avec
■iirnmfi inédili.]
ndre croyait que H. de CliateauLrland
■leurs semaines que Ht A Vérone 1*
t M™° de Chateaubriand «taienl lié*.
islioie, tint U voirpluaieuri iolai mal»
elle.
tlTItiS ENTHB HH. BE HONTHOBERCÏ ET BE ÏILLKLE.
CBlrcpriiii:. J'apportais uiui-mêiUL- le proUjcole signe que j'aniiun^ais par inea prêuédi-otes dépêches, et les projets de nutes à adressera Hadrid. i'avais ilc la sécurité pour l'avenir, tout en redoutant quelques dttcr^nces de vues. Mes résolutions pour ce qui m'i-latl personnel claieut srrËlées. Je m'interdisais tuut retour d'amour- propre sur cett« présidence que je prenais puur un fait accompli. J'avais la confiance que le Roi et mes collègues ne seraient pas insensibles aux importantes considérations que je leur présenterais. Vis-à-vis du président, je comptais employer de la condescendance, des égards, et de la traacbisc en m'expliquant sur tous les points débattus , écarter les nuages qu'on avait pu vouloir élever entre nous, et surtout lui prouver une vive répugnance à me mettre sur un pied de rlvatiti^ xne lui. Si ensuite il m était démonlré qu'il était împossilile de nous etrieudre sur la marche générale à suivre ou sur quelque grand parti à prendre, mon projet était de donner nettement ma démission et de ne pas me jeter dans ropi)risilion contre le niinisti'Te. n
Rien ne saurait i-emplacer ces conûdences intimes d'un Duble cœur; on voit ii:i dans celte âme comme dans ces eaux pures et trauspareutes qui ne dissimuleDL rien au regard. Mais pour qui sait lire dans le cœur humain, il y avait, à cùlé des généreuses déterminations du vicomte Mathieu de Montmorency, de sa résolution d'accepter la présidence de M. de Viiièlfl comme un fait accompli, de lui montrer de la coudescendance, et de lui témoigner la répugnance qu'il éprouverait à se mettre sur nn pied de rivalité avec lui, un vif sentiment du grand rbh joué par le pléuipotentiaire français au congrès de Vérone, et un parti pris de maintenir les engagements personnels qu'il avait souscrits relativement à l'envoi simultané des notes à Madrid et au retrait immédiat des ambassadeurs dans le cas où l'on n'obtiendrait pas les satisfactions réclamées. Or c'était précisément sur ce point qu'il y avait en un litige entre le ministre des affaires étrangères et le président du conseil. Celui-ci n'avait jamais cessé de répéter dans sa correspondance qu'il fallait que la France demeurât maîtresse de fixer le moment 011 elle romprait avec l'Espagne, elle motif de celte rupture, aliji qu elle ne s'engageât pas daus une guerre contre
COHGBKS DE VEBOSE.
les révolutionnaires espagnols avaul son heure, et qu'il clair pour tout le monde, pour elle surtout, qu'elle agissait sa propre initiative et qu'elle n'était ni poussée ni entrait par les puissances étrangères.
On trouve une expression ti'ès-nette de celte politique M. de Villèle dans les dernières lettres qu'il a écrites à M. Montmorency pendant le séjour de celui-ci à Vérone. Di Time datée du 1 8 novembre 1 B'22, il raconte un entr qu'il a eu avec M. Stuard, ambassadeur d'Angleterre h l'aris^ venu chez le président du conseil pour hii communiquer une conversation de sir William A'Comt à Madrid avec le ministre San-Miguel. Celui-ci, supposant ou feignant de supposer que les puissances alliées agiraient en Espagne sous le prétexte des dangers du Roi et de la famille royale et dans l'intention de faii'e réformer la cûnstitution de 1812, avait déclaré à sir William A'Coiut que l'Espagne était trop royaliste pour q\i'on pfit avoir jamais rien à redouter au premier point de vue: quant à la constitution, elle était le seul terrain de ralliement de l'immense majorité des Espagnols contre le retour détesté du pouvoir absolu, de telle façon que plutôt que de loucher à cette constitution, ils accepteraient la guerre.
detesle^^ laiseo^l
n J'ai répondu à M. Stuard, continue H. de Villèle, et c'cslje le cn>iE, le terrain sur lequel devraient se iiluuer ks puissances allives vis-à-ris de l'Espagne , que Je ui'inquii'tais assez peu de rechercher les combinaisons de la couslitution des corlca et les mujens de l'ami^liurer, parce que ji' ne savais pas si cet eiamnn ne me mËneraît pas à reconnaître que , dans cette constitution , il n'; a rien qui mérite ce nom ; que la seule chose que j'examinais, parce qu'elle m'intéressait assez pour que persiinne ne m'en contcsti\t le droit, c'est que le 7 juillet di- cette année, il avait été prouvé que les troupes au service du Hoî, les serviteurs dévoués au Roi, les populations dévouées au Roi, avaient fait la tentative d'améliorer sa situatiun ; qu'il en était résulté une crise telle que les ministres étrangers avaient été entraînés à Taire une note diplomatique pour préserver les jours du Roi et ceux de la fomillo royale; que depuis, dans toutes les provinces d'Espagne, mCme les
IITIGE E^TBE HH. DE MONTMOBENCÏ ET IIE vrLLÈLE. 303
|ilus i^ui^tifÉs dit nus frunlitres, les insurrections, ks proMTÎpUon» dea Itommes di^vouês au Roi ut à la ro;aul« coDimen^ aient; qu'il eiittait en Espagne des mutîra de troulili^s el d'agitatii<n; que lu guerre cinle était tcllenicnt le résultai de celte situation, que si la Francp, ifu'on avait oiè aciniser de la provoquer, cessait seulement pendant six semaines d'em|>fcher les secours d'ar^eal, d'arcncs el de uiuuitions de traverser la frontière, plus de la moitié di* l'b$pagtiL- tombe* rsit au pouvoir des royalistes espag:nols; qu'enfin, punr garantir notre propre territoire , nous avions été obligés de Tormer un curps d'occupKtion ; que d'après un état de choses aussi intulérabli' |iour nous et pour les puissances alliées, je croyais de leur droit et du notre de demander au gouvernement espagnol de prendre les moyens de le faire cesser, et, s'U uc le pouvait pas, de chercher et de pri'ndre par nousmtmei la voie Ja plus sûre pour nous mettre à. l'abri des dangirs auxiiuels nous exposait leur siluation actuelle. »
M. de Vîllèle, on le voit, appuyait le droit d'ititervcution de la France, non sur une prétention d'ingérence dans les ulîaires d'Espagne, mais sur la nécessité où elle se trouvait de pourïoir k sa séciuilé personnelle menacée, et aussi wir un devoir dtioimeur qui obligeait le chef de la maison rfe Bourbon de ne pas supporter qu'un prince de sa race (ùl vink-utè dans sa personne ou insulté dans sa dignité. Il ne croyait pas l'inlerïention désirable, parce qu'il regardait les difficultés au delà , du succès de l'inlervention, et c'est sur ce point qu'il dilférail I d'opinion avec M. de Montmorency et M. de ("hateaubriand; mais il prévoyait qu'elle deviendrait inévitable et il s'y préparait. Seulement il voulait n'engager cette guerre que dans les conditions où elle pouvait être acceptée piu- l'opinion publique en France. C'est ainsi que, peu de joui-s après, sir Charles Stuart étant venu avec une dépêche du duc de Wellington qui assurait qu'on faisait des folies au congrès et que l'on était entré dans une voie qui conduirait à de grands malheurs, et ayant ajouté qu'il y avait une chose vraiment incompréheoeible à son avis, c'est que la France piovoquùt une intervention dont tout le poids retomberait sur elle, et qu'elle CûusenUt h envoyer une note rédigée dans des termes qui
HUl. de la Rulaur. — T. VI. 30
le. i^rH^H
J06 CONGil^ D£ VÉIIOME.
rendaieut une nipturt- inûvilable, M. de ViUiJo nid h l'exactitude des appréciations tju duc de Wellington
a Tai dénienti toul à Tait les dispositinns hoslilca de la note, i à M. (le Montmoreiicj, par l'assurance que vous donnez dans min derniire di-pCcbe qu*CÛe ne sera cnvoy<!e qu'aprts avoir été appmuti^c parle Roi. J'ai protesté, et du Tond de rame, car j'en suis rurtement pénétré, du désir de conserver la paix; mais j'ai aussi tttrtntiCBt annoncé que ce n'était que de l'Espagne clle-mâme que pouvaient *enîrles mojens de la conserver; qu'il ne s'agissait lA ni de rérahition ni de contre-révolution , mais d'un (ait patent, d'un pajs en insnr- ■rection, d'un Bourlion sur le trûrn? non-seulement sans ponvoir maïs encore en dan^'er, des fmntii^res dont la surette était rompmmise par des armées opposées ; que tout nous imposait la nécessité de fldrc cesser un tel ctal de dioses; que si on le pouvait sans la guerre, nous seriims triip heureux, qu'aucun sacrifice ue nous coûterait pour cela, pourvu qu'il fut d'accord avec notre dignité , notre siîreté et celle de l'Espagne. «
Voilà ce qu'écrivait M. de Villèle le 20 uuvt-iubre 182i à M. de Montmopeucy'. Cet esprit essentiellemeii! prulique voulait qu'aux jeiii de la France tomme nui sieus, la guecre fût amenée par la force des choses el qu'elle s'imposdt ^ I honiif ur du Hi>i et à l'intéi'èt du payit. Il recommandait ii M. de Montmorency de ne ricu négliger pour mettre l'AngleteiTe dans son tort d'une rnaniùre évidente. Toutes les démarclios, toutes les notes deviiieiit éti'e calculées puur altt'indre ce but, 11 réservait hautenK'nt la clause de l'approbaliou du lloi, pour la note proposée par M. de Moutmoreucy, et avertissait ainiii ce dernier que, si cette note n'était pas conforoie à la politique dQ gouvernement., elle ne serait pas envoyée. Or M. de Montmorency revenait^ Paris avec le reoneespoirdi- faire approuver la BOte concertée avec les pléuipotentiaires européens, tt en faisant une question de dignité per.uonnelle et d'hooneiu- diplomatique, de l'envoi simultané de cette note avec cciWs des
I. Utlm *• M, lie Villïlt i M. Ae MoKlnoreni-y. {Dociwirni, JnMUfi,)
H. DE VILLÈLE ENVOIE A LÛSIlBES U«E SOTE ÉSEBGIOLE, 307
autres puissances. Le litige entie le présideol du conseil el le pléiiipotentinire français était eu germe dans cette silualicm et s'annonçait avaat qu'ils se fussent revus. Il n'y avait là rien qui pût surprendi-e. M. de Montmorency, prenant ses résolutioDS et exerçant son action dans latmosphêre du congrès, subissait le mouvement général qui, par une sorte de point d'honneur diplomatique, y entraînait les esprits, elil s'ulTorçait de contribuer à l'action commune ; M. de Villële, demeuré à la télé du Cunseil en France, sentait battre sous sa main le pouls de l'opinion publique, el l'oreille ouverte aus murmures des iatéréls, il prenait les mobiles de ses résolutions et de sa conduite dans un autre ordre de considérai ions. C'e&t ainsi qu'à écrivaità cette époque à notre plénipotentiaire cette lettre qui ne le trouva plus à Vérone :
■ J'espfn; que ceci ne vous arrivera pas trnp lard : ce seront des docaments qui pourront vous aider à ralre la note duni vous fites charge et qui est ai diD1cil« à taire. Les bniils de gue^^! ont été assex mal accueillis par les pupulatioDs industrielles et cniiuiicrçantm, c'est lowt siiaiile. Mois les effets s'en sont suivis. La soie et les i^loiïes ont baissé de tS p, 100 à Ljon ; les assurances maritimes ont monté à des pm foes. Les rhambres île cumoierce , les nonseils de manuracturc, (mit W remue et hit des adresses. Ces considérations ne doivent pas nous dominer, mais elles doivent 61re connues de ceux qui unt & prendre une si grande décision. »
Au moment même on cette dépêche partait, le cibinet des Tuileries prouvait, par une démarche énergique et hardie, que ICB considérations auxquelles il attachait une juste importance ne le dominaient pas cependant. Les cortés, dans leur séance aecrële du 1 5 novembre 1822, ayant acquiescé h lu demande du ministère espagnol réclamant l'autorisalion de conclure un traité de commerce avec l'Angleterre, M. de Villclc ût immédiatement piu-tir une note pour Londres que le chargé d'^bires de France fut invité à remettre à M. Canning'.
1. Voici le ledeile celle noie: > Le «jumien*, cliargé U'affulre» Je France,
:Z-- '-. -— .ZJZ-- - 1 1.- tz - ^ iiir r:.^ -=. m. ;niilé
-- - - . : -^ !.. — T*: — I^^.-.: :■ "r- ■ :- It-V-IU- Olïf,
rfr; : ■- - - •■.• : «-^ :3 r"a. ^- --nuii— ? «▼«
^^'-'P"*"- ^"L - ' " s- ■". ■ :. —■ Tir- "' •• "«■ — !r.— *»• 00
.#^i»" lirTïv ■ ;• , — 1- .; *■!, -f: T"^. - . ar*x-:..r - j^ rih?^ ■■•^■iM» Cf 3*iMj-r : -j^ • - .,.- I- : L :^ E=- .iii,2-r^ ^r.r::-:- - :--^»iiif- iîl Iio. d'tt- <api#- r s. - .- -- — -z^z. i: -**:- — -.
t ^i *.. — ■}- ^: : .-. . tli .^.t II t? a; .- V - .ijx;^' it ai -iinrS» df
1.--..,.. -, . , ~^.^ ^ — ,^ i . ^^ ^ II- L-^V ■ • "ii!— - i .-•Il riCT »Bà
• i»aii- 1- .. -. — "-i:.- j: — CT- 1*-^ ••.. :».•: — ^-^ j-- ' Aii^iricTT
)Mr\tr~ i 11." •- -
• -^ 1'" ' • . ■ lii-l( rïili us s-- -TîTr!^ • -MI*: riu I; il» Hlilàiom: ftrt •^ "■'•■■ 'i i..-?^î l.~.i*.:.î.ir>irî . -ï f^j"»? ru- i— " i irMUnitr ir;&)e»
gif* I- i'..i'. •■:,.■: T ..i^-.^.î. i. (i.ini'v'. 1»; Uitr*^i*l .Iflll OfiMf SUT I rUt
Kiii- ii'^ ••.;... .. :i -:i].:i,. u-. i^L.-.n ^^Uf.- i- h -njniif^ ^s-.hxrnrù. Le ftfi'- -ni-ij..': ;;■■... i .--hl •*- r:.Ti:i .: imit i v -.iiiiuiii-. . -s nè.u:i>:r» de
;mi"» :i •••I- -.-':- i»î i.<n4i£rrif -um i»-">.imi imnifcxif of u Fruirf ûn" '-î«i V .- -r •:;».iL i.-i:r Z»* Mil niJ:. **. T «I" :'"i'"nif!i ^ fitiirmi» wn
iWl.iitl î :■•• lli'- j -r^ :. .1"» 10.* A ?inti'li •• •■ J.U' i-* 'Tiill^'iilMflDmf
OL .«t îi.ii— .1 i.-T'r- il i.-i'i'î :• ■ ftmîu un n . i niiiHUiBuiti*!,: mniirét bt -f- «i • • i . •• .i.....r^ iii,.i j- . u-un iUiisf u .•-••i.uiiiuii tti» rtiiiBcer, *'il
SITL'ATION AU IIETOUB DE M. DE MONTMORBKCT. 309
nuage. Il y a un momeol décisif dans les afluires où les volontés et les détennmations des puigsauceg engagées en sens inverse dans une question sont mises à l'épreuve, M. de Villèle n'avait ni devancé ni laissé échapper ce moment. Il avait accepté l'idée d'une guerre immédiate contre l'Espagne, dùt-il rencontrer derrière elle l' Angleterre , el dans la dernière dépêche qu'il adressa à Vérone à M. de Muntmorency, qu'elle n'y trouva plus, il envisageait hardiment cette hypothèse, el, prévoyant qu'on ne pourrait compter d'une manière certaine ni sur l'Autriche qui avait noué peut-tMre une entente secrète avec l'Angleterre , ni sur la Prusse ennemie nator^e de ta France, il esquissait le plan dune triple alliance eo&e la France, la Russie et les États-linis'.
M. Canning fit répondre à M. de Villèle que l'intention du cabinet de Saint-James était de ne signer aucun traité avec le gouveruemeOt espagnol. Le nuage était percé , il devenait
t . J'emprunte eu di!lail« rurleut à la dépêche de U. de Villèle, diUe du 14 norcmlire el qui cil au iiomLro de voIIcï c|iie M. de Monlmorciicjr do re;al qn'aprta ion rclour h l'irit. Le président ila coDuril aiall fcti[ uu iilénlpotMlialn» Tran^fs qu'on ne votnpiall lur son d£|>u-I de Vérone que pour le mois dediceuibre, etc'éMIlpourc«lac|u'ileonllnutll i lui adreiaer des déptclm dam cette ville : > Alava el les aulrcs Ëipagnoli infi^Ddés ii l'Angtelerre, dl«ait-ll, te •ont Mniideti mniuocB eld«i lenleura du cougrïs pour amener le t:ouTernfnieiil à McrlOcr l'iulérëi de «on commerce el la coDiervalion de lea colonies ■ l'eapatr d'une alltanee avec l'Anglelerre. U ne «'agit plu» maiiilenanl que d'fprouver fl l'Anglelerre reol lârleuaenjenl s'engager dana !a voie d'une alliance aTBc
l'Eipigne qui la niellrail en guerrs uvcc ta Buuie el avec noue Dam re
ou, Je ne balancerai pa^ h conseiller i Ii BueiIg de déclarer la guerre h la Tunioie... Il Ml h craindre que d'autel gravée dédeione ne Iroiivassenl l'Autriche el la Pruiee plut Froidea que la Itiiseie , cl peul-Slre eel-ce «ur >ei li«ltom aïc* l'Aulrlchc que l'Angleterre aurait complé pour te livrer à celle direction marhlaTéllqne. Dam le eae où nooe éprouverions de ce cAlé une di(ketlonavouiSeoudi.'Buiséotousle noni'de neulralllé, Je ne Juperaie pu moins lodiapeosable de nous lier aussi élroUement que poesilile avec U RuHie, de leoter défaire entrer dans noire alliance les fjal«-Unls qal ne teulenl pas plu* que QOQBderenvahisiHiaient des colonies espagnoles par rAnglelerre. La Ruuie en Orient, nous dans' la P£ninsnle, el nos inuriiiea unies ï ci'lle dee Ëlala- Unis opérant duoii les mera d'Aniérlr|ue, nous SDUlicndrions avec avantage la lune & laquelle on nom aurait forcés. ■
haiÉ
310 CONGBÈS DE VËHONE.
clair que la malveillance de l'Angleterre n'allait pas jusqu'k accepter la guerre pour défendre la révolulioa de l'auM I côté des Pyrénées.
TeUes étaient donc les dispositions diu)!? lesquelles M. de Monlmorency IrouTait M. de ViUèle eu arrivant à Paris : prêt il faire la guerre si elle devenait nécessaire et, dans ce ca», ne reculant pas devant la pensée de la faire ménoe à l'Angleterre, il venait de le prouver ; mais convaincu qu'il f^kot attendre que cette nécessité îùt bien démontrée. Du reste, la position du cabinet dans la Chambre des députés était devenue plus forte que jamais. Si dans la dernière élection du cinquième il n'avait pu éviter la réélectioa du général La Fayette et de M, Manuel, il était parvenu h écarter M. BeaJKiDÎn Constant. Sur les 52 députés élus par les collèges d'arrondissement, l'opposition n'avait pu faire passer que sepi de ses candidats ; elle n'en avait obtenu que huit en tout sur l'ensemble des 82 élections des roltéges de déparlements et d'arrondissements, C'était une victoire complète qui donnait au gouvernement une g;rande force à l'iutérieur. Le Hoi et son conseil ressentaient vivement ce succès. Malgré ces avantages, l'esprit de perturbation, qui s'était manifesté par tant de conspirations dans le cours de l'année 1 822 qui approchait de son terme , n'abdiquait point , et il fallut dissoudiB la Faculté de médecine de Paris à cause des scènes de violences et de scandales qui marquèrent l'ouverture des cours. Plus que jamais l'opposition révolutionnaire, vaincue sui' le terrain légal , se réfugiait dans les hasardeuse entreprises de la révolte ; seulement c'était surtout au dehors et dans le triomphe de la révolution espagnole qu'elle plaçait son espoir.
Au moment où. M. de Montmorency arrivait à Parie, la régence d'Urgel dont M. Ouvrard, on l'a vii, était allé négocier la reconnaissance à Vérone, eu se faisant fort de réaliser
SITTATIOS AC BETOIR HE M. IIE VCNTHOBGNCT. 311
un empniilt considérable pour elle, éprouvait des ^hecs siicressifs, qiri équivalaient k un désastre. Mina , après avoir battu plusieurs chefs royalistes sur nos frontif^res et notamment lebaroQ d'Erolles, à l'entrée dfs gorges, du cûlé de Titlona, s'était emparé de Puycerda. Urgel aïnit été incendié, l'évéque de celte ville élatt à Dax. Les corps mis en déroute BTuent été obligés de se réfugier sur le territoire français avec une multitude de femmes, d'enfants, de prêtres, de moines fugitifs. C'élJiit une débicle. Le baron d'Erolles luimËme et la régence tout entière avaient cherché, au commencement de décembre, un asile à Toulouse, où le Trappiste élMl arrivé de son cAtè. L'insurrection royaliste ne pouvait plus mettre en ligne des forces régulières, elle était réduite i opérer par des guérillas qui , Ji l'aide de la rapidité et de li prestesse de leurs mouvements, échappaient aux corps des coDStilutionneLs qui lenaient partout la campagne. Ainsi disparaissait du jen la carte que M. Ouvrard était allé faire valoir KQ congrès. Elle disparaissait au moment même oiï M. de Heltermch et plusieurs plénipotentiaires accueillaient l'idée de reconnaître la régence et de s'en servir pour résoudre le problème de la question espagnole'. M. Otrvrard, un de ces empiriques dout le métier est de battre monnaie pour toutes
H. de Oiilciubrland
avail lul-m
tme»t
uiiilll , mi
nioint e
n partie, celte
Id^e
comme a
n iwul le
olr dans a
ne d«
et aipM,
9 «ïMIfl
à Jtroae, I
OTBiubre
B21, et qu
1 ajmérfe
dîna M
n Conqrih
de Vé.
«, tome!"
pige
lt7; Ce
t daiia »ll
d<(]>èch«
u'il «mellnll le fi
pulier
ïia « <Io faire
prendre U eoe^rde eipagnalo & noe lOldals, de marcher aeuicment juaqu'i ttbra ■! de now j u-rïltr, de roamlr de> arnKw et de Targenl lut Eipagnola Uitm*. de le* Uluer t«rnilner eui-mtmes 1i querelle en noua tanleMaal da In appuyer dune rvrlalnes posilioni pour leur aaaiirer U vklaire ; de déclarer f>e DM» ne toullona ni noua m^ler en ((uol qne ce noil de U pollllc(iiti laltftiwn d« l'E*psg*e, ni l'ocruper , ni Inl faire ftytT lea Irtit d« la gnem, • Koui aurions eu alnal la rfs^xinsablllté et les rliarpi^a de la guerre, Baua en «Toir la direction ni l'honnrur. Kmii aurions agf eomme dus inetramenla pu- ■ilh, 1 IsRotde de la régence d'Crgel, dont l'armée nbl ttt eipcndanl ï notrt •olde, el noua aurloiu rouriii aoa Iroujjej, noire argent, ï unu polilliue qui potnralt Sire contraire t la n5tre.
3lâ CONGRÈS DE VÈnOKE.
les aifaires cL de trouver des ressources pour toutes les dttQ cultes, affectiiît h Vérone !a conËaiice pour lûcher d'en doi ner à ceux qui n'eu avaient plus :
B C'est Ouvrard qui vous porte ma lettre , écrivait M. de Ch&tcaubriand à U. do Villélc à la date du 28 n.jTemiire ; lui et ses plans ont beaucoup plu ici. 11 vaut la peine d'être écouti^. Le duc de Wellington part apr^sKJernain ; le congrès se meurt; s'il était mort avant de nailrc. il noua aurait lires d'un grand embarras.
u Ouvrard reste, et envoie un courricrdont je profite pour vous Taire passer i^ette lettre. Son plan plaît au prince de Metternit-h, qui hait les révolutions et qui croit y voir un moyen de tuer celle d'Ëspaîn>e. l* comte de Nesselrode trouve de son coté dans le plan d'Ouvrard de l'argent pour mener l'affaire. Ouvrard ne demande rien et se contente de dire : n Recounaissez la régence et je me charge de tont- Mon emprunt a déjà porté un coup sensible aux emprunts des corlcs, et l'Angleterre sent si bien le danger de mon plan, qu'elle est Turieuse. > En effet, le duc de Wellington jette ici feu et flamme, et Genti a conseillé à Ouvrard de ne pas se présenter chez le duc. Ouvrard va attendre qu'il soit parti et je ne serais pas étonné qu'il parvint h faire adopter quelques-unes de ses idées au prince de Mcitcmieh et à l'empereur Alexandre. Ouvrard dit qu'il se contenterait de la reconnaissance de la régence par la seule Russie pour aceomplir son plan. Peu lui importe que la régence soit battue et en fuite; avec son argent, il saura bien la ressusciter. Quant à nous, il est bien évident que nous ne pouvons reconnaître la régence que si nous déclarons la guerre. Si nous ne la déclaronspas, Ouvrard, agissant en France, nous gênera. Il répond : n Qu'à cela ne tienne. J'agirai de Bruxelles ou même d'Angleterre. » Tout cela est peul-ètre chimérique; mais, comme le disait hier le prince de Hetternich, ce n'est pas Ouvrard qui est fabuleux, ce sont les temps où nous vivons. •>
Selon l'observation de M. de Chateaubriand en terminant sa lettre , tout cela était chimérique. Ce n'était pas au moment où la régence de la Seu d'Urgel était obligée de se réfugier sur le territoire français qu'elle pouvait d'avenir l'inslrument de la solution en Espagne. Le conseil du Uoi allait chercher cette solution ailleurs.
M. de Montmorency, en entrant à Paris, avait trouvé!
H. DE MOSTMOBEHCV MOMMÉ DIX. 313
l'hâttl de& alTaires étrangères M. de Villèle,qin. averti de S08 arrivée, avait prévenu sa visite, et les deux miniâtres s'étaient embrassés cordialement'. Le Roi le reçut h merveille, le remit aii leudemaJn pour déposer sur son bureau les pièces diplomatiques dont il était porteur, ne lui parla que de sa satisfaction et de la preuve qu'il voulait lui en donner en lui conréranl le titre de duc '. Louis XVlll récompensait ainsi, avec rassentiment de son conseil , tes services que M. de Montmorency avait rendus, en amenant, à Vérone, trois puissances sur q uaire à signer la convention par laquelle eUes s'engageaient à apporter leur concours à la France, dans le cas où celle-ci , venant à faire la guerre à l'Espagne, croirait utile de le requérir. Le cabinet des Tuileries avait pensé que cette entente des trois grandes puissances continentales avec la France, cette promesse d'un concours européen dans le cas où elle le demanderait, seraitune force salutaire qui arrêterait le mauvais vouloir de l'Angleterre et l'empocherait de se traduire en action. Lorsque M. de Montmorency lut à ses collègues le protocole final de la convention qui avait fermé les opérations du congrès de Vérone , cet acte reçut de nouveau l'approbation unanime de ses collègues, qui fut confirmée pm- le suffrage du Uoi. -Mais il y avait une seconde question, sur laquelle les membres du conseil furent loin d'être aussi unanimes, ce fut celle des notes que les trois