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e duc dr ModIoio-
CONGRÈS DE VÈBONB.
celle d'Alexandre. 11 préféra la forme d'une Ictlre ronlldf tielle, parce qu'il pensa que ce serait celle qui lui permettrait d'entrer dan? les détfùls les plus intimes. Quand il eut terminé cette lettre, il voulut la lire au conseil pour éU-e sur qu'il n'y avait aucun malentendu entre lui et ses collègues, quoique ce ne fCit pas son usage quand il avait pris leur ans sur le sens général à donner à une dépêche '. Quelque chose de plus, quand il eut l'approbation de ses collègues, il voulut obtenir celle du Koi, et il lui demanda la permission de lui lire sa dépêche, ce qu'il ne faisait jamais pour les lettres que le Roi ne devait pas signer.
La santé de Louis XVIII continuait à décliner; il souffrait de la goutte depuis deux jours et l'affaissement qui annonçait la décadence de ses forces physiques était plus sensible qu'i l'ordinaire. Pendant la lecture de la dépêche, le Roi s'endormit un moment. Le duc Mathieu de Montmorency, assez embarrassé, s'arrêta, attendit, puis haussant la voix pour le réveiller, il lui fit entendre toute sa lettre. Louis XVIII l'approuva. Alors le ministre l'envoya immédiatement à Yérone par un courrier; il obtint des ambassadeurs d'Autriche et de Russie , dont les instructions portaient de presser notre décision, et l'envoi à Madiid des notes concertées, que tout serait différé jusqu'au retour du courrier.
Il arriva ce qu'il était facile de prévoir. Dans sa lettre confidentielle du 3 décembre, M. de Montmorency insistait sur l'intérêt politique de la France, qui, appelée à faire la guerre si la rupture des rapports diplomatiques amenait une rupture plus complète, devait peser plus mûrement encore celte démarche que les autres puissances , et surtout ne la faire qu'avec opportunité *.
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M. de Metleroich se plaçait, pour refuser le délai demandé, sur le terrain de l'intériîL politique du congrès, qui ne pouvait se dissoudre sans avoir pris contre la révolution espagnole une mesure efficace. Sa lettre était caressante et pleine de prévenances pour le duc Mathieu de Montmorency, qu'il réliciinît de son nouveau titre, mais il refusail, d'une manière absolue, de dêrérer au désir du roi Louis XVIII, et le minislre parlait, non-seulemcnl au nom de l'empereur, son maître, mais au nom de l'empereur de Itiis&ie et du roi de Prusse. Il avait évidemment ici l'avanlnge sur M. de Montmorency, qui, comme plénipotentiaire français et membre du congrès, avait cousenti à la démarche commune, qu'il cherchait maintenant à suspendre comme ministre des affaires étrangères de France. On a toujours mauvaise grâce à discuter rétroactivement une mesure que l'on a approuvée. Voici l'argument du prince de Uettenùch dégagé des paraphrases de la diplomatie :
a Kou9 n'avunit cess^ Uc regarder comme la chance la plus di^plorrtile pour l'Europe entière, la dissolution du eringri'S, sans que les puiwaaces eussent pris un parli ostensible dans l'affaire d'Espagne. Ce poinl de Tue ayant été suivi par les cabinets réunis à Vi-Fonu, la questkiD a dû être réduite au clioix du mode de leur action. De justes éguds il la différente des poïtitiuns ont conduit les puissances à s'arrtt«r à des déterminations fixes et & des déterminations conditionnelles.
Driié ic(. que dani beaucoup d'oplnlnni auxquelles ott JuU «Ituclier de la nitur, Il remise dei nulei, el leur luMe prorhulne, le rappel drt uiuliatuioin, detalunt Immédls lente ni entraîner li guerre que nana >oiniil''9 nfiprUs t «Wnitaur Kult. CeUe lérliMiie cotiaéquence que le Hoi n'h#dil« pat i «raepinriitillge cependanl t peter roùreinent ta démarelie qui la fera miilri-, cl qui **( d'une iinporUncc lilrn plus grava pour lui que pour loule aulrr |iu[i>ean<ie. 'MU n'atei paru trappe de retle considiralion , ei l'emperiiur AltiaiUre a Wgritno léraolgncr qu"il en senlallla force... Le Roi penie que. «i i|uelque« i^i d'fprouves el d'exumeu dea combinaliani qui varienl d'un mnuienl i ''■Bln en Etpa^M devaient iiiBurer le bucf^b . le^ puluaiiee* alU^a ne ruraient W probablemcDl dlDli^ull'ï de let accorder au d^slr d'^carler pluH ndreiuent '" mtnx qui menwenl de ce cfll*. ■ [Lrlfrt roufidfniielle <lii due Umhàtu de ^"ximorencii au prince de KrlIrrHich, cilée hi e.rleiisn dana le Ifo/i de décembre » Pari,. — Ma relraîte.) iDocummli iaidilt.)
COSGRis DE VÉRONB.
Lï'labli!>si:uu'iit tt'un casus faJerU entre la France et les trois grandes cours coiilim^ilaks, ainsi que le rappel des niissiuns de ces ilernîèrcs, a éiè rtmg<^ dans la première de ces deui classes. Des cnnsidératiuiiB fortes et simples ont n'servé & la France une latitude discr>-tionn«iw
sur lo rappel de 6on ambassadeur de Madrid Vous nous dcmandet
que la déteruiinaliun du mu ment précis de l'cipédîti on des instructions l'i nos missions fi ÏHadrid soit rangùc dans les questions discri'tiunnatres. C'i?st cette question que nous avons élè appelés à examiner rt nous n'avons pas hésité à enregistra- la décision coniine préjugée par la loi la plus forte, celle de la nécessité, par la dissolution du congris et par l'impossibilité qu'elle ne filt pas suiTic par quelque démonstration positive au sujet des afTaires d'Espagne. »
M. de Montmorency se trouvait placé par celle réponse dans une situation dirficile entre H. de Villèle auquel il donnait raison à Paris , par la lettre qu'il venMl d'adresser à Vérone, et le prince de Mettemich auquel il avait drnin* raison à Vérone, en consentant à l'envoi simultané des notes. Le prince de Hetternich rernsaît de le dé^ger, et M. de Villèle persistait plus que jamais et avec plus de raison que jamais , M. de Montmorency venait de le reconnatlre, dans son opinion. Le président du conseil avait écrit l'ii eSet, À 1« date du 5 décembre 1822, à M. de Chateaubriand, demeure à Vérone , que, depuis que la dispersion de l'arniée de la Foi avait permis à Mina d'établir son arméf sur dos frontières, l'onvoi des notes ferait éclaf^r la guerre avant huit jours. U laissait voir qu'il attachait tant d'importance à crtïe question, que, si son avis n'était pas suivi, U sortirait du ministère '.
1. On trouve celle leUre ioiwrUnla de u. de Villèle (Lint le l«VBlimMdl CoHgtii de Vtrone, par H. Jk Qiileauliriaria , page l(i<. Eo t«ici quelqpa pa*uge> : g U {«willon ot rl.angie par la dUpertiou de l'arui^i: de la FiA M l'dlabUcenienl sur ihh rronlltrea de l'armée de Hloa, ce qui lui qoe l'«n«i des noies, le di^pirl il» anbatsadeur* de Madrid e1 le coBnenecaNnl en \m^
tlllléa ne Cail qu'an Mal et m^m* Bilt ancompM dam huit Joare ta nale
Il unRap«r de la manière la plu« faTOrable k la réfldaDce des liWnai eiipagnulit , il rojipDsiiinii Jva journaui rrao;ala, au Irteoiptte de« llbéraHl de
RÈPOSSE DE H. DE HETTERNICH. 3f!)
Il ue faut plus dés loi-s chercher conuDent el pourquui le litige qui étiiil au fond des chut-cË vînt se poser au conseil ; îl titait impossible qu'il eu fiU atilremect.
Les jours qiii s'écoulèrent entre le départ du courrier de M. de MoDtraoreticy et l'arrivée de la répoDse de Vérone furent remplis d'une attente ûévreuse.
Lkh cunseils se succédaient sans qu'on pût s'arrêter à aufuue résolutiou. Les minislros titaieut dans la position fâcheuse de persoBocs liées iulimemeut qui entrevoient la nécessité prochaine d'une lutte orageuse ou de pénibles dissea- Ueaealf, et qui éprouvent une sorte de bien-être à saisir tous lesprétexk's de retirder un niomeut qu'elles craignent loul en J'afpelaiit. Chaque jour un calculait, de minute eu minute, le retour du courrier. M. de Montmorency, dans son loyal désir d'une cuncilialion désirable , mais qui n'était guère poss3>le avec la divergence des vues, nlli plu^eurs fois chercher M. de Viilèle au ministère des finances pour tâcher de se mettre d'accord avec lui sur les questions d'hommes, en lui dounant et eu lui demandant de franches explications. M. de YUIèl« lui parut accueillir ces avances avec une froide réserve. 11 revenait toujours à la question poUtique, sur laquelle le conseil était au moment de se diviser, et, après des explications échangées, chacun des deux ministres demeurait sur son
ttxw 1rs p>T*->' '''■ l*"* ctnilre le )'Ut ifii'on te jmpome.,. Aa cnnlrilrp , il Ici •lliéi taulalenl ronwnllr i ce t[\K 11 meaurc de rcllrer lenri imliiaHdeure d'E*p«gne fit malte, pour le moiiirnt da l'eiécultan , à Is décfalon de la Fàinïaa, k Pirii . de leurs anilnsfadcurs el de noire ministre dea alTalrei tlrwifr^M. iMius rotitlradHoni i'E'paenc i»rU crainte d« ertlc meflre etnoas emmnriiMii au moimint oppnrlun... tfii'on le pénètre H«n de la canvkifon lue Mai MHBDKi plus loléreMéi que perunne à la dealruelion de la r4Tolulion d'IJ»!»!."" - qu'on *e rsp|tell? qae iioui n'avon» recnlédenntaiiFune destona^- ^•raott qu'amùne la >olon1<t lïsnehe de cette deutninlon... Je n'ai plu» qu'an ■•14 4|aalar. VoM rae dliiel daoa «oiro leUro <pie œux dont l'opinion ne tcralt t<u talvie dans une ifîalre bii»! praTE ne pourraient □lllement la dlrfp» : Je lufi ton) A rail do tolrr ■> t/. , ri j'ai d^Ji prouT^ que Je «avait me
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320 CONGRÈS DE VÉROHE.
terrain. C'étail là ce qui rendait l'entente impossible : bon chercher l'accord sur les accessoires quand on est divisé sur le principal ? La situation troublée et inquiète du conseil commençait à ti-anspirer au dehors. Il se l'aisait un partage dans la presse de droite. Les Débats, qui marchaient a\ec M. de Chateaubriand, se montrèrent peu favorables à M. de Montmorency, qui affirme, dans son récit, qu'ils refusèrent d'insérer quelques phrases bienveillantes sur son retour de Vérone, envoyées par un d^ ses amis. L&GazeUede Fratwe, au contraire, semblait le poussera une rupture avec M, de Villèle, qui se plaint de la violence que voulait lui faire la Gazette et des manœuvres employées par les Débats pour le signaler à l'opinion de droite comme l'adversaire ii outrance de la guerre.
Ce journal publia, le 8 décembre 1822, un article conçu dans un tel sens, qu'on pouvait y voir le parti pris par le gouvernement de ne pas intervenir en Espagne, quoi qu'il diit arriver, et comme cet article fut reproduit parle Monileitr du y du môme mois, k l'insu de M. de Villèle, qui attribua cette insertion à une manœuvre et à une intrigue dirigée contre lui, cette opinion se répandit aussitôt dans le public ',
I . a L'article perfide de Heiiia , dit M. <le Villèle ànna se« noleg poluiqae», me m rniikidJrir comme l'Iiointna de la pali à tout pHi. k Puis II sjoiitc diiH une autre gin^'o: « Le famautartidiidtKi Vibali, reproduit daii» le Mimiitar, Dl un clfel déjilurable. Le président du «tUMll éUll occupa en ce moment & Itchir de réparer Mtis i^ecliodre une sciMion danalecniitell, en raiiaiilrigeleTli soie conipro niellante de H. de Munlmnrenir;. Le dlwenUmeiit au (rujel de relie nal« fui bienlAl connu dn pultllr ; 11 n'y avKlt qu'un pua i Tiilro pour que ce dbienliuienl Tilt envenimé el oiplollé par ceux qui étaient inlâr«u£« i ce qu'il y eût nn cliangemenl dana lee haulee r^ittonsdu pouvoir. Le Journal In Débeii, par ta poiillion de ramillarité el de rontldcnce i, l'égard dei rangs aupérieura de* royalietei. élsil le plu> en poalllon de devenir l'inalrunivnl de cei manvurrei. L'ln«erllon de «on article remarquitilu dans le Moniteur fut un coup de parti. Le président du eonseil pssea pour en avoir été l'inspirateur. Cependant 11 ne connut l'arllrle qtl'en mËiue Icmps que le public. <
Voici le» pauagee les plus taillnnls de cet nrticlc :
n Lea libi:rau\ révolutionnaires veulent la guerre , la déelrenl , l'appellent.
RETDOit tiË M. DE ciiatbai;brian[). 3âl
qui avaient intérêt à ce qu'il y eût des changements dans les haules Régions du pouvoir l'eiploitèrent.
Les choses en étaient là lorsque M. de Chateaubriand, précédant de vingt-quatre heures le courrier qui rapportait la réponse de M. de Metternich, arriva h Pans. Sa première visite fut uatureilement pour M. de Montmorency, qui était son ministre. Après avoir causé quelque temps avec lui, M. de Montmorency lui demanda s'il lui conviendrait de venir rendre compte, au prochain conseil, de la situation où il avait laissé les hommes et les choses à Vérone. M. de Villèlt; consulté conseQtit volontiers à rinlroduction de M. de Chaleaubrinud, çii laissa peu d'espoir au président du conseil sur la li-neur de la dépêche attendue.
Le samedi, 21 décembre, le duc Mathieu de Montmorency reçut la réponse du prince de Metternich, qui concluait en le prévenant que les ministres accrédités par les trois grandes cours à paris recevraient Tordre formel de faire partir les trois
parce ijii'etle eniraïncrall. du moins iU l'cupèrenl, le gou* erncmenl du Roi Uini In pin* enieli Binbsrrui pirce qu'elle néee»allernll une iJi^penso vtlraonlitaln lie 100 milKoni \>ai «n ; p*rre qu'i'n larisunl \te aource» de la rlihcue pdtISque elle tuirall le <m^<I)I. qui peut heuI foumirïnne pareille il^penie; \Êia qu'elle t*nH nuUre de* obiIaeleB à noire navigaiion eommBrrlale : qu'enhi tlle outrlrail une lirie de iliances qu'aucune piiiisancc liumaiiiu ne peut nlcntrr d'avanee et parmi lesquelles 11 ; a mille posillillll^a d'^iénemenU Tu-
Mtloila IJgillmilA et faiorablBi aux bouleTenemanlt
• La Franre », dll-on, lo droll de faire ceaser en Esiiajjne un fiai de dioie* <!«< lient la France elle-même dîna un danger ronlinnel.
■ Nous n'avoni p» besoin d'examiner kl les liuiltei et lei eonriillona de Milrali en Iul-m£(ne. Vont Furons lurloul voir que 1 exercice de cv droit eat liltiidun>^tle , bien chaneeut dant la tiluation particulière de la Fraure vie.&-vls <h l'Eiptgne.
'... Le danger continuel réaullant de la lituallon de l'I^epagne peut ne (■• fmet »VM! Vilkl actuel des choies. Il faut enrore que iiux qui aurnieiil ''■"oj* le gouTPrneraent exislonl j puuent subtlliucr un nuire gouïorreinenl <t"i iHiua garanliue eunire la dinlcullé. Aucune puissancu liuniuinc ue jiourni ^ (»in Hni une ocvupatlon mililalre |irolongée. Ur une orcupatlon militaire ("Plongée tera raiire deadangcn plut redoulablca que les piemliir^. »
It Journal en fonclul : i Uu'U (aul laisser à i'tïpajjue le temps du téD^cIdr, <"" M recueillir. .
HUI. de la Hntiui. - I. M. il
notes pour Madrid après un délai de trois jours. MM. de Caraman et de la Ferronays écrivaient au ministre des afTaires étrangères dans le même sens, et ne lui laissaient pas ignorer qu'on avait cru apercevoir dans sa dernière démarche a le signe d*un retour à l'ancien esprit de tergiversation, dont les personnes les moins bien disposées pour la France avaient voulu se prévaloir dans l'esprit de l'empereur Alexandre *. » Quand M. de Yillèle eut lu la réponse du prince de Mettemich, qui lui avait été communiquée par le duc Mathieu de Montmorency, il la lui renvoya, en ajoutant, dans un billet, qu'il était temps, pour elle comme pour les autres , que la France prit un parti.