MOTIFS DE LA POUTIQUE DE M. DE YILLÂLE
rôaitplus, et Fayait fait remplacer par une armée d'observaion , en manifestant ainsi hautement sa défiance contre la révolution espagnole. Au moment du départ de M. de Montmorency pour Vienne, M. de Yillèle avait insisté pour qu'on précisât dans ses instructions les cas où la France déclarerait la guerre àFEspagne, et pour que notre plénipotentiaire négociât, avec les puissances qui assistaient au congrès, un traité éventuel qui assurât à la France leur concours moral et même leur concours matériel, le jour où elle croirait devoir les demander. Enfin , pendant le congrès de Vérone , par deux fois M. de Villèle avait été au moment de brusquer la gnerre: la première quand, après les journées du mois de juillet 1822, à Madrid, les révolutionnaires espagnols ayant menacé de mettre don Carlos et les Infants, ses frères, en jugement, le président du conseil, frappé de la facilité avec laquelle manœuvraient les bandes royalistes, ouvrit Tuvis de Wre marcher immédiatement 30,000 hommes sur Madrid, proposition repoussée pai* le maréchal duc de Bellune, qui la jugea militairement irréalisable ; la seconde, lorsque le courrier de Madrid apportant la nouvelle d'une demande faite par le ministère aux cortès, afin d'être autorisé à signer un traité de commerce avec l'Angleterre , M. de Villèle expédia immédiatement au chargé d'affaires de France, à Londres, une dépêche qu'il lui prescrivait de lire à M. Canning, en Taverfesant que le cabinet des Tuileries attendait une prompte •^ponse, et que, selon le sens de cette réponse, il aviserait.
Certes ce n'était pas là la conduite d'un homme attaché aveuglément à la pensée d'éviter à tout prix la guerre av<;c TKj^ P^gne, et subordonnant, comme on l'en avait accu»<i au congés, sa politique à celle de l'Angleterre. C'était la politique dun homme qui, sans désirer la guerre, avait prévu qu'il budrait la faire et s'y était préparé, mais en se plaçant dans ^ conditions morales et diplomatiques qui devaient, selon
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lui, la rendre acceptable pour les inlér^ts généraux, hoDOrable pour la fierté nationale, el assurer k la diplomatie , aux armes coRune à la politique du gouYernement royal, les meilleures chances de succès '.
Telles étaient les idées de M. de ViUèle, et il voulait ou demeurer au pouvoir avec ses idées, ou en sortir atec elles. U n'entrait pas dans son esprit, et il avait raison au point de me de sa dignité personnelle comme au point de vue des nécessités èi gouvernement représentatif, qu'un ministre reslAt aux alEaiifS &ans ses opiuioDS. Qu'aurait donc été M. de Vtllèle s'il avait cédé aux obsessions de ses collègues et de ses amis, el s'il avait sacrifié son opinion à sa position? Il n aurait plus étéén' demnient qu'un ministi'e à la suite, remorqué par le pléni-' potentiaire français à Vérone, qui avait obtenu la majorité dans le ronseil, Sur ce point, il était parfaitement d'accord avec le loyal duc de Montmorency, qui avait un sentiment trop élevé de sa dignité et des bienséances diplomatiques pour demeuiV^r au miuislêre des affaires étrangères, si la démarche i laquelle il n'avait pn promettre l'acquiescement du Roi, mais qui avait reçu son approbation personnelle, n'était pasadoptée. Il fallait donc une solution au litige engagé. Deux démissions étaient simultanément préparées; l'une des deux devait être acceptée le jour où le Koi prononcerait; selon qu'il prononcerait, ce serait celle de M. de Montmorency ou celle de M. de ViUèle.
Le président du conseil el le mijiistre des afflaii-es étrangères passèrent les trois jours qui les séparaient de c«lui où le Roi devait prononcer dans une attente pleine de réserve :
« Mrs pensives claicnl protaiidi'inent tristes , dit le duc Hathiou de
Montmorency, dans son nïcil. Il y eut encore, le mardi, un conseil
I , J'ai rfiumé ilani In pages qni prjcèdcnl les consU^nnoni que ]' Iroui^e» en éladiinl les )uplers p«UUqnet de N. de ViUèle.
CONSEIL PBfcSIDÉ PAR Lli riOI,
des ministres chei H. de lAuriston. Le président du conseil dans SCS manières. On s'y occupa uniquement de détails itîon. II n'y eut pas ud niul de dit sur la grande aiTsire qui accupiùt tous intérieurement ut qui allait £tre traitil'e Le lende- ■iln itevunl le Roi. Il m'a suffi de me rappeler, depuis, celte séance pwr ne pas douter que mon unique adversaire vouli\t un triomphe et
UK $^paration Le même jour, Je lis ma ouui' k Hii:isisiiR; je lui
f»» qui se pn^parait et ma ferme résolution. Il parut dirnler de ma préditGon, combattit mes craintes avec sa disptisition naturelle k ne fU miiotr prévoir ce qui lui déplaît, et me dit que nous finirions par ■pu rnlendrc. Je gardai mon opinion. Jo dis il peine quelques mots ft wa plus intimes amis. Après cette nuit solennelle de Nul'I consacrée JDIk souvenirs les plus touchants de notre religion , et où je foulais tauder ûncéremcot h. Dieu que tout fût pour la plus grande gloire *(i«r le plus grand bien de la France, le jour même de Nutl, nous Mis rcunimcs auï Tuileries. »
le Roi, qui présidait le conseil, expédia d'aboi-d les affaires Bnrantes, et résen-a pour la fin la plus împortaDle de toutes. Quand le moment fut venu, il urdonna au ministre des affaires ftwngères de parler le premier :
• Je répétai, continue celui-«i,eeqnc j'avais dit à mes collègues, en le NCrranI dans un cadre plus étroit, muis sans vouloir rien diminuer de Iifcfce de mes expressions ; ma conviction éUit toujours aussi intibie. ^ «ujais remplir un devoir de conscience ; mais, comme je l'ai déjà ■fiifuiS, je n'étais plus soutenu par l'espoir de persuader. Je ne doutais ^ que l'opinion dQ Hoi ne fût arrdtéc irrévocablement. Cependant ItnâHai, et l'un de mes collègues insista, sur la nécessité d'âtre coq- •^Owil avec les paroles dites il Vérone, et avec la démarche faite "V^ de M. de Hetlcrnich. Je lui avais écrit, avec favis du conseil et '^^Ikt les ordres du Roi , que nous ferions partir notre dépêche eu *^ temps que celle des alliés. Je représentai le grand intérêt de *f>r union . tout ce qu'elle nous garantissait dans le présent et nous ^incttail pour l'avenir, le danger de nous isoler et de ne noua apf"^ que sur l'Angleterre, qui d'un moment ii l'autre s'intéresserait ^lit nn autre sens, l'avantage inappri'ciable du rapfjel sioiulloné des ■^nislrcs des quatre grandes cours , et la liberté ijui nous restuil de '*l<naiiit!r le moment de la rupture déUnitive et les chances plus avan- "ttiucs de la guerre si nous la faisions proraplenient. Je rappelai, en ""■«Uni, ma note projette , connue du Roi et des ministres , mais
COnGBES DE VÉHUNB.
ilunt je ne voulais pas donner uiie nwuveUc lecture, si k |>rinci| lui servait de base n'Otait pas adopU'.
H Mes rolli^gueB Turent ^i^iii^reusenient fidèles h leurs opinions, ILll Corliiiire donna des développements très-lumineux à la sicnn'
Ainsi le conseil persistait tout entier dniis l'adhésion qu'il avait douoêe au dii'e de M. de Moutmoreucy. M. deLauri»tOD, ministre de la maisou du Roi, retenu chez lui par ia goutte, avait chargé un de ses collègues d'exprimer son asseutiment à l'opinion générale. Les ministres considéràtînt comme le parti \e moins fAcheux celui qui ne donnait pas aux souverains im prétexte de se retirer de l'alliance éventuelle, promise au fond contre l'Angleterre, le parti qui n'obligeait pas le négociateur de Vérone à sortir du cabinet '. Hestaîl à entendre M. de Villéle. Nous avons déjà exposé ses idées. Il les reproduisit devant le Roi, et M. de Montmorency, dont le témoignage n'a rien de suspect, car il devait écouter sou adversaire avec quelque prévention , reconnaît « qu'il s'exprima avec calme et laconisme. » M. de Villète parut attacher du prix à relire sa rôle, adressée à notre ambassadeur, M. Lagarde, et ses collègues remarquèrent qu'elle avait quelques notables changements et de véritables ami rations '. Elle contenait pour la première fois cette phi-asëj la plus significative de toutes, bien qu'elle n'exprimât pa* un parti formellement arrêté : « Le gouvernement de Sa Majesté ne balancera pus même à vous rappeler de Mj et à chercher des garanties plus efficaces si ses intérêts ei tieis continuaient à être compromis ''. »
Le président du conseil conclut à l'envoi pur e! simple
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