tléellûe M. de Villèle
i. Rédil de M. de Honlmorency.
3. U noie lue pir M. de Vlll^le au ronsei Dibait dinstan riuniiJrD du 17 Janvier 1633 M. de Lagnrd?.
Tul iiuljlii<i. jiir \eJouiaalÉ( te fui celle qui fol entojfs
Bor. 337
noie, sans que ie goiivernpmfint prit d'engagements ullirieurs et saos qu'il joignit à sa dépêche des ordres plus précis pour notre ambassadeur. M. deVillèle, après avoir parlé, renrerma tous ses papiers et la note même qu'il venait deliro dans son portefeuille; il ne laissa qu'un seul pli dt-vaiitlui, c'était sa démission écrite d'avance'. Le Roi, après avoir écouté avec une attention calme et soutenue la discussion, prit la parole pour la résumer et pour déclarer le parti qu'il adoptait. Louis XVIII excellait dans ces sortes de résumés, où toutes les opinions sont mises en relief, et sa parole, claire, noble, élégante et sobro ne laissa dans l'ombre aucun des arguments produits à l'appui des deux avis. M. de Montmorency et M. deVillèle, quelque opposés qu'ils fussent, s'accordent à recomialtre lu justesse et la précision de son langage dans cette occasion*. Après ce résumé raisonné, il ne tarda pas à conclure, et il conclut en adoptant l'avis de .M. de Villéle. Parmi les motifs qu'il doonade sa détermination, figuraient eu première ligne la différence de position qui existait entre la France et les autrespuissances, la parenté du chef (fe la maison de Bourbon avec Ferdinand, ses devoirs parti- <^(Jliers envers lui, la diguîté de sa couronne, l'indépendance
I. Ca tiit eat relslj dans le récit de H. de Uonlmannc} , al ron trouve ce toi mil dam le récit Oe U. de Vlllèle : • U démiaiion de H. de Vill^le était **'' un porlefenlllp, pendant toule la dlscuRsion. M. dn Vlllèle (rouvall la iû- ^'* de la France et la digniié du Roi comprouilee» par l'enioi des nolci temr**lita dea quatre puigaancet el le relrsil slumllané dea ambassadeurs ; U, de ^*>lilniDreiiEy troiiTalt «on honneur el «a d-'licaleue camprointa >i le Roi ne ^*tal[ pas lea eagagementi pria par aon plénlpotenlfaire i Vérone, quoique ces ^**Bage[acnteii'euiienl élé que condlllonnelii. » [Rteit de M. de VUltle.)
3. I Le Rai , dit H. de Muntmorency , aprte avoir écoula loua les diocDun ^ Ud air calme el allentif, prit la parole, et acer cette pureti^ de langage qui '^1 eal ramllière, atec autant de pr^cliion que de Cacilllé , réauma et Gompars ^ moyens prélelitjs k l'appui îles Ueui avli, •
• Le Roi, dil de aon cAlé M. ds VIIIÈle. prit la parole i aon tour apr^i avoir **itetidu l'opiuiun uioilvée de toua aei mlnlitres , Il tralla la question aoua ^ui lei rapporii avec une grande supériorité de aonr. • (DiKUmtnli inidiu.) Bill. d« U Bnliur. — T. Tt. 33
.338 COKGBÉS DE VÉHONB.
de sa politique, l'intérêt de sou royaimae.Voic les (lemièi paroles du Koi', telles que M. de Villèle nous les a coneervées :
n Li's autri^a soiivcrairia ii'oiil |ias comme ijuus un |j(iiiiI ilc conUct par kiirs fruiitiùres avoc l'Espagne. Ils pciivpnt sans dumnia^c cl sans manquer aux devoirs qui me sont imposes pcrsonndl entent abandonaer l'Espagne et son Roi h la révoluttiin et à l'inDuencc esrlusive de i'AfigIctorre. Quant à mui, je ne puis rumpre mL-a relations avec ce pays et retirer mon ambassadeur d'auprès de mon neveu, que le jour où cent mille Français passeront la rrontiére ponr venir en aide h l'un et il l'autre. »
Le Roi, après avoir répété qu'il se décidait pour l'avis de M. de ViUèlti et L'euvoi de sia note, ajouta, 6D attachant ^ti, regards sur M. de Montmorency, qui ouvrait la bouche pour deniander k dire entendu : « Le conseil est levé; » et il duoaa le signal de la retraite '.
Ainsi fut décidée cette -grave aSaire qui divisait le eonseil des ministres et tenait l'e^priti public en suspens.
C'est uu duc Matliieu lui-même que je laisserai raconteriez motifs de son honorable retraite et la manière digne et âèec duDt il quitta lus affaires , en apphquaot loyalement reUc grande loi du gouvernement représentatif, qui veut qu'un miuistre sorte du pouvoir avec ses idées.
" Le Roi ft peine entré dans son inti^ricur, dit-il, nous étions debiiul el n.ius n'avions pas encore ouvert les portes eitérieures du yrami cabinet, ({uaad M. de VUlèle nous dit: « Uessieurs, je sens la grate re»p<jnsat)iliu.' que le Aoi m'impose par la granJo décision qu'il vint de prendre. Je crois qu'il est nécessaire de nous voir. » — i'cxpnaiMi Je mèrae désir. Nous sortîmea silencieusement et nous nous donndRi«s immédiate ment le rendez-vous accontnmé au ministère de la miâtna du Roi. J'y étais rendu un quart d'heure après. Un certain emb*r«« refait parmi des hommes habitués h des rapports plus agréables. L* président du conseil rehrt de nouveau sa note. On s'empressa de si- .gnaler avec éloge les changements qu'il j avait apportés ct-qui pou-
l.'HiVil do U. lie Moatuarcnc}.
DÉMISSIOK DB M. I>E MOSTMORESCÏ. h39
Taient adoucir pour nus amours-propreg If sacrifice que leur Imposait la .suuiiuBsion diiTériinti.' au triomphe il'un collée voilé saus ies tirdres supt'rieurs du Roi. Je laissai parler les autres; puis, coiumen- Çant par Faire la part de ce qui devait distinguer leur position de la ' «liennt:, j'vn vins à ce qui m'était persoimel. Je fis sentir simplement qu'ils Ric r«iiÂiaient la Justice de ne paâ me croire capable de me déterminer par un mlai^rahle dépit de vanité parce qu'une rédaction plus heureuse était préférée à la mienne. Il s'agissait d'une proposition 'eesentieUement difTérente d<; celle que J'avais conseillée, quoique ptos r«it muniB déguisée dans les teriws. Cette téaulution cuneacnie par .rasseniiomut rojal devait Être, le Jour même , expliquée , soutenue, pn^-si;ntée snus la meilleure face dans les dépêches aux cours alliées ut il 'Madrid. Or je ne savais point parler et agir dans un autre sens que ceTui de ma convietion. Je me reprocherais d'ftrc encore influi-Dcé par .ceUi»<i quand je défendrais faiblement l'opinion d'un autre. EnQu , Je n'avais jamais vu d'application plus directe d'un des principes reconnu» de notre gouvernement représentatif. J'étais donc décidé k |irîer le flm d'accepter na démission.
■ U s'cleva paimi mes eollàgues comme un or! de réuatance et de Bupplicalion pour me détourner de ce parti. Ils s'appuyaient sur des considéraliiins bien capaldw de m'éliranler, car elles étaiimt tirées de TinWrCt du Roi, di' celui de la eause ruyaliste et du malhetir de voir n fTomptcmunt se diviser lo (trauiicr ministère .af^arteuanl tuut entier inolre noulcui'. Mon parti lituit pris, et si j'en avais eu tiesoiii, M. de WHe m'aurait fourni un motif de plus pour m'y confirmer. Il avait |ilHé le dernier, cl, tout en exprimant des regrets de inim projet de iiVnte et le désir que j'y rrnunçasse. il ^viiit<ajuuté que ci: qui lui BuU d'aiuinl imposé silence et ce qui lui ùtait le droit de mettre plus d'niNStance envers mui, c'est .qu'il avouait avoir eu la rai^nic Intention de Be retirer si mon avis prévalait, d
Le duc Mdlhieu de Montmoiviicy avait wuson de persister ^ns son projet de retrnite. !1 grandissait ainsi dans i'estiine ^e ^Europe et de la Fraace, fit il dégageait son pays ep inirao- ^t sa fortime ministérielle à sa fidélité à un engagement Per&oQuel. M. de ViH^le de son cWé agissait avec son bon sens •*dinaire en n'nffecUint pHS uii «fcisir qui ne pouvait pas être ■*nc«fe, ceki de voir M. de Montmorency conserver !e>por- ^fetiilie îles affaires étrangères. Au point auquel était arrivé '"iur couûil sur la qttestion citérieure, l'auteote nécessaire
340 CONGRÈS DE YÉR05E.
dans un ministère ne pouyait plus exister entre eux ; M. de Montmorency aurait été toujours le point de mire de ceux qd, dans l'extrême droite, trayaillaient à renyerser M. de VîDèie, et cette situation ne pouyait être acceptée ni par la loyauté da premir^r ni par la prudence politique du second. Pour se dérober aux instances de ses collègues, M. de Montmorency, dont le parti était irréyocablement pris, consentit à réfléchir jusqu'au soir, et conyint ayec M. de Villèle qu*ii lui ferait connaître sa réponse définitiye ayant sept heures, pour que le président du conseil pût, dès le jour même, prendre les ordres du Roi.
M. de Montmorency écri\it en rentrant sa lettre de démission f't se rendit à l'hôtel de Lu>Ties, où il dînait en famille. Quoiqu'il n'eût pas mis les personnes intimes qui se trouyaient ^ W avec lui dans le secret de toutes les circonstances de l'affaire qui arrivait à son dénoûment, il comprit, par quelques mots prononcés sur sa position yis-à-vis de M. de Villèle, que l'acte auquel il venait de se résoudre était attendu et qu'on n'aurait pas compris qu'il se conduisit autrement. De l'hôtel de Luynes même, il écrivit au président du conseil un billet très-court pour lui annoncer qu'il porterait sa démission au Roi vers les huit heures du soir. Admis dans le cabinet royal 9 il exposa non sans émotion au Roi, déjà ayerti par M. A^ Villèle, les motifs qui déterminaient sa conduite, et il insista d'une manière particulière sur les raisons de délicatesse qtû lui faisaient craindre de mal défendre, et dans ses dépêches et par ses paroles, une opinion difTérente de la sienne. En l'écoutant, le Roi laissa paraître une émotion contre laquelle 1^ duc Mathieu de Montmorency se défendait ayec peine, et s'exprima dans les termes les plus obligeants pour le ministre d^ affaires étrangères, mais sans montrer la moindre hésitation à recevoir la démission écrite que celui-ci lui présenta. M. àe Montmorency ajouta qu'il était résolu à tenir toujours à ^