‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 6 sur 122 · CONSPIRATIONS : EXPLICATION DE LEUB NON-SUCCÈS · texte numérisé non relu

CONSPIRATIONS : EXPLICATION DE LEUB NON-SUCCÈS

passa, un détachemeDt de rccolc qui se replia à sa \ue, et un certain nombre de gardes nationaux sous le commandement du maire de la \iUe, M. de Montpassant, royaliste résolu, qui se montra décidé à lui disputer le passage les armes à la main. Le général Iterlon espérait-il que sa présence suffirait pour provoquer un mouvement dans la ville, et attendait-il ce mouvement? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il commença à parlementer avec le maire, et que la conférence ayant duré deux hem*es, sans qu'aucun mouvement éclatât, et la petite troupe qui défendait la ville s'étant au contraire sensiblement accrue, le général Berton crut devoir se borner à demander une trêve de deux hernies, pour avoii* le temps de s'éloigner avec les siens. Sa première idée avait été de retourner à Thouars; mais, ayant appris que les portes de cette petite ville murée lui seraient fermées, il licencia lui-même sa tioupe, et recommença sa vie errante, précaire et poursuivie de refuge en refuge : c'était encore une échau£Eourée.

Il est difficile, lorsqu'on voit ces tentatives réitérées échouer successivement, toutes avec le même résultat, de ne pas penser qu'il y avait quelque obstacle radical au succès de l'entreprise, obstacle qui se retrouvait partout. Selon toutes les vraisemblances, cet obstacle venait du renouvellement de l'armée ; de 1813 à 1822, presque tous les anciens soldats de lempire avaient disparu de ses rangs. Le noyau des conspirateurs ne se formait donc que d'un état-major, et la partie se nouait entre un certain nombre d'anciens officiers de l'empire, mécontents du nouveau régime et aspirant à faire revivre le passé, et de sous-officiers qui, avides d'avancement, dévoraient des yeux l'avenir. Le colonelPailhcs, qui devait prendre le commandement du naouvement de Béfort, appartenait à la première catégorie, comme le colonel Fabvier désigné pour diriger rinsurrection s'il était arrivé à temps. Le général Berton était un officier brillant, mais il s'était montré de tout temps

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partisan enthousiaste de l'empire, et il avait publié eu J818 ua Précis /lislori^iie et critifjne de la campagne de 1815, dans lequel il s'cffurçait d'exonérer Napoléon de toutes les fautes commises pendant la botaille de Waterloo et de les fnire peser sur ses lieutenants, thème ancien, ou le voit, et brillamment brodé depuis. 11 était à la même époque un des rédacteurs de la Minerve, et tout ce qui sortait de î plume portait l'empreinte d'un libémlisme violent et d'une ^ opposition eiallée ; son impétuosité naturelle le jetait dans^ les aventures. Il avait été rayé des contrôles de l'a pour la part qu'il avait eue dans la société des Amis t la presse; il avait écrit des Considéralions sur la poUce,'\ précédées d'une letlrc injurieuse adressée l\ M. Meunier,' aloi-s directeur général de cette administration. Partout'^'l loujoure, le gouvernemeni royal l'avait rencontré dans uoej opposition à outrance; vers les derniers mois de 1820, mandat d'amener avait élé lancé contre lui, et il n'araHf échappé à une arrestation que par la fuite. Taron était uni] homme du même cai-actère et dç la même trempe. La chute* de l'empire avait arrêté son avancement et il l'avait vue avec un profond regret, comme il avait salué avec enthousiasme le retour de l'Uc d'Elbe. Il était impliqué dans la conspiration du 19 août 1820, et il n'échappa à une condamnation que parce qu'il n'avait contre lui que le témoignage du lieutenantcolonel Deleslang, qui l'accusait d'avoir cherché à l'embaucher dans le complot.

Nous allons retrouver l'antre élément des conspiratious de celle époque dans l'affaire de la Rochelle. On a vu comment le sergent Bories fut affilié à la charbonnerie pendant que le 43' de ligne, auquel il appartenait, était en garnison à Paris, et comment il avait formé une vente militaire dans ce régiment en affiliant à la société plusieui-s sous-ofiiciers ses camarades, au nombre desquels il faut nommer Pommier, Goubin et

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