‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 62 sur 122 · SESSION DE · texte numérisé non relu

SESSION DE

iUEIIRB D^ESPAGHB.

de défiance. » Le duc de Wellington ajoutait: «h famille qui existent entre le roi de France et le roi d'Espagne el l'inlérCt qu'ils se portent naturellement seront li? suje d'un..' irritalion perpétuelle entre les deux pays, et tAt ou tari il en résultera la guerre ou l'invasion du pays le plus Tiiible. r

Celte Biipriîme tentative de M. Canning et du duc de Wellington , qui reconnaissait implicitement dans son memoran duin les torts du gouvernemenl des cortês, qu'il avait niés ï Vérone, et la légitimité des griefs de 1h France, devait demeurer inutile comme tout le reste, quoique M. de Lagarde. averti par sou gouvernement, se mouU'dt disposé à enii-er en rapport avec lord Fitï-Roy-Sommerset et sir William A' Courtsi les bases du mémorandum étaient acceptées. Elles ne Ifurcnl pas. Le 17 jauvii-r iS23,]e gouvernement frauçaâ avait reçu la réponse du gouvernement espagnol à la note di la France, note, on l'a vu, ne donnant ï^ntisfaction à aucun c ses griefs. 11 prit la résolution de retirer son ambassadeu mais en se réservant de faire connaître la note espagnole jour où il enverrait à M. de Lagarde ses lettres de rappel.

La situation de l'Espagne an moment où tout se prépara ainsi pour la guerre n'était pas sensiblement changée. L*< troupes des constitutifannels conservaient l'avantage qu'ell" avaient obtenu; Mina opérait presque sur notre frontière, il avait miïme eu des violations de notre territuiie; ainsi ax colonne commandée par le frère du colonel Assura avait tr« versé la commune française des Aldudes pour aller surprend) une colonne royaliste dans la commune espagnole de Valc» los. Cependant, malgré les échecs de la Régence, obligés de s retirer sur notre territoire avec une partie de ses forces, I* guérillas royalistes battaient la campagne, sur les derrièr* de ftlina, et elles se préseutèrent le 1 0 janvier, au nombre * trois mille combattants, devant Vittoria, puis devant Sar^ gosse qu'elles sommèrent de se rendre ; un peu plus tard, 4

Ll! COi:VBB!<exE»T FRANÇAIS SE! PnÉPAnE A LA GUERRE. 361

corps royalistes, s'établissiint h Medina-Ci]:li et Almazan,

jelêi'etit rinquiétude dans Madrid. 11 y avait donc deui choses

Également évidentes: les guérillas royalistes laissées à ellcs-

tnèmes ne pouvaient pas délivrer Ferdinand, mais, si la guerre

MaLiit entre nous et les cortè:', nous pouvions faire de ces

guérillas des auxiliaires; cela valait mieux que de leur

eu servir. Dans le premier cas, en effet, nous avions, avec la

responsabilité, lapiiissance et l'iniliative; tandis que dans le

second nous encourions la responsabilité sans avoir ni puis-

sa.npe ni inilialive, responsabilité aggravée par les réactions

presque inévitables dans un paya en proie aux passions poli-

ti<ïues et où les esprits sont naturellement disposés aux vio-

l«^nces.

La résolution de rappeler M. de Lagarde étant prise, il '**lfiit préparer à la fois la session et la guerre. Les réunions ^*is minisires devinrent journalières, la discussion soulevée *^ûOs le conseil à l'occasion du discours du trône porta prin- *^*piilement sur un paragniphe daus lequel il était question **'îtislitutions que Ferdinand, une fois libre, octroierait à son P^ïiple. Les membres du ministère ne se cachaient pas l'incon^y^nient qu'il pouvait y avoir, qu'il y eut, en effet, à pro- *Oqupf un débat sur les principes de souveraineté qu'il est ***Mjours dangereux d'aborder; mais ils crurent céder à des "^^risidéra lions d'un ordre supérieur eu insérant dans le dis- •^^Urs le paragraphe dont il s'agit. C'était, pensaient-ils, une Sï^Oiide entreprise pour le gouvernement du Koi que de s'isoler ***» puissances qui avaient des vues analogues aux siennes sur * 'rupossibililé de laisser subsister la situation anormale de Hlspagne, sans avoir lA mêmes vues sur l'état de choses *ïl*'il fallait y substituer, contraires qu'elles étaient au rétablissement des cortès par Estamentos comme à tout autre insti- **^tÎ0[i de liberté réglée. Hs cherchaient donc un biais qui pût '^îsserà la France la nuance politique qu'elle voulait conser-

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