‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 64 sur 122 · I-*s deux journaux qui avaient publié le compte rendu fu · texte numérisé non relu

I-*s deux journaux qui avaient publié le compte rendu fu

.tent saisis le jour même et déférés aux tribunaux, h la requête

dt* ministère public : i" pour avoir, contrairement aux loi»,

(publié un prétendu compte rendu d'une séance secrète;

•ï* pour l'avoir falsifié en mettant dans la bouche d'un ministre

' lii discours qu'il n'avait pas tenu, lieux jugements correc-

bonneis condamnèrent aux peines les plus sévères, édictées

par la loi, les deux journaux délinquants; et ces peines ne

j 'tirent mitigées que dans le dernier jugement rendu à la fin

^ l'année, à une époque où cette affaire n'avait plus aucun

^ '■ On anun dans le lemp* que cru eumple rendu sviil 6lé écrit pir Tr 'Stienn*, wllalwraliiur de l'anrienno Minrrtr el memiih' de [a chambre dei

370 sEssiû!! Dh: 1823. — guekhe d'espagbb.

iotért't géaéral. N'importe, la calomnie coDtimia à circulei et on la trouve toujours vivante un peu plus tard. U demem convenu, pour les esprits prévenus, que M. de Villèle n*avc pris le parti de conseulir à rintervention en Espagne que [k rimpulsioii et sous la pression di la Sainte- Alliance '.

On a souvent demandé pourquoi M. de ViUèle^ qui avait! main pleine de documents qui eussent réduit les orateurs A la gauche au silence en leur appi-enant ce que nous savoDâ aujourdhui, uc Touvrit pas à la tribune. Cela tient sans doute à plusieurs raisons quil sufiira d'indiquer. A cette époque, c'était une doctrine constante que le Hoi avait le droit souverain de conclure les alliances et les traités, et un ministère de droite aurait cru concéder quelque chose de ki prérogative royale en soumettant au contrôle direct et immédiat de Topposition Lusage que le Ekû ifeuait de faire de ce droit à Yérooe.

1. Celle opinion fi injunte in(lîpn.iil M. dft ViH^U, et nom tmntMU êtê Notes polilii|uei» une déuionélralioii |Mtiit«i*e jusqu'à ré\';drnt*e il*^ la btf* •etédeA interprétations diri}.MV#«*onlreIui à ce 8iijel.Noici cciCt» (léiunn«lraiioii:

a 1** D'abonI, il résulte de loiitrs \v* |mVe« diploniatfiiiiefl . dit-il, qu'il «i^ de toute rauM^elé que li'» (Souverains cut^stnl la p'Mifée dr fon'er !« Frascti diri{i:er >>e8 annrs vers l'blspafrnt*. J'aurais duncdîl une Tausselé en piî'>eiK<<l* M. de Chateaubriand et de M. de Monlmorenov, qui |»ouvaient et detiifnlii démentir -,

a 2" Dans la première di8eus>ioii puMIqu** qui eut lieu sur Wn afTairrs <!'£*' pagne , aprèit cille du roniilé «ecret , disrusMon violente et TurieuM dont h dlêeoiire de M. Manuel est un Irnioi^rnape, paj> un uiâtevr iniporlaat, nlX.* U B<Minlonna>e, antagonUte personnel du préMilent du ronseil, ni U çfoff^ Foy, le plus pr^nonré, le plus éclairé des opposants de la (lauche, ni lufui de ci»ux Tui attaquèrent a\ec qu«»lque tab ni W prfjiident du conseil. necTurifl IMUvoir s'aruier a%ec quelque succès du sens torturé qu'on a?ail \oulu dvsx* à ces expressions dans le coniilr* secret. S'ils relusèrenl dVmplovcr celte ar^ décisi\e en leur faveur^ c'est évidcmnienl parce que la eonsetcncefrèuénkA la cliandire eût fait explosion contre roral<>ur qui eût ainsi dénaturé des pirsl*' trop réct'ninieni dites jiour être oubliées. Bien dans leurs disi-ours, rien tlsB* les réponses du président du conseil, n*a trait h rct Incident.

« 3" \a' président ilu conseil aurait dit la chose la plus contralie i 1*^'^ U politique* qu'il avait suivie dans ceMc question. aur.iil coiuiui.'* U Ua\t^ |>Im frrossièra, la plus opposée à eel esprit a>isé qu'on lui recooiiail; of ^ liouimu n*est | as intelligent toute sa \ie et ^tlIpid4> un jour. •

OÉBATS SCB l'adresse : LA COSTHE-OI'POSITHJN BE lilliHTE. 37!

En outre le cabinet des Tuileries svait tm inli^rilt évidenl h laisser croire k l'Anglelerrc, sur la neutrnlité de laquelle il ne comptait pas d'une manière absolue, que k's grandrs puissnmes routinentales était^nt assez engagées dans la question d'Espagne pour se mettre en travers d'une inter\'enlion anglaise, et à ne pas mécontenter celles-ci en rejetant de trop haut leur concours éveutuel dont on pourrait avoir besoin si J'Angleterre entrait dans la lutte. Les orateurs de l'opposition, çuand ils montent à la Iribune, sont toujours à Taise, parce qu'ils n'ont à songer qu'au succès d'opinion de leurs attaques; mais le gouvernement est obligé de tenir compte des calculs et des iutérôts de la poliriqtie. KnEin, la gauche occu- P«it trop peu de place dans la chambre, à cette époque, pour Vc le président du conseil acceptât avec eUe «ne discussion 9*iî pouvait Pamener à dire des choses de nature h compro- **>eitpe ce» intérêts. Telle est, ce nous semble, l'explication *■ plus plausible de la réserve que garda en cette circon- Wiitice M. de Villèle, fort d'ailleurs dn témoignage de M **>necienee, et assez dédaigneuï à l'endroit d'une accusation devenue un des lieux communs de l'opposition libérale.

Cette opposition n'était pas la seule, je l'ai dit, arec l*qtiplli' le ministre eût à compter; la contre-opposition de ^foile allait livrer à M. de Villèle de véritables assaut». Le pMjTememeHl représentatif, avec ses immenses nvanlages, **> utile contrôle, les yeux du pays toujours oitverts, ses "filles toujours aterlies par la tribune, a ses inconvénients tt»tiinie Ions les gottvevnemenls. Les ambition» sont smexci- ***« par un régime où le pouvoir est en quelque êorte an con- "onn, oîi les talents de la tribune, qiri ne sont pas tottfourg "^s capacité» gouvernementales, et l'art de bien dire, qiri " ^ pas înévilablemeut Tari de bien conduire, peuvent aspï- '^''4 tout; «es ambitions cherchent des terrains d'attaque, '^Oftoc les asaiégeauts d'mie place cljerchent des positûms

372 SE5SI05 DE IS^. — GCEftlE D*BSPAG!rS.

qui la commandent, elles grossissent les griefs, en inveotei au besoin et substituent des tournois de paroles aux lutte d'idées. On a tu que la droite, pendant sa longue guerre cùDtn M. Decazes, afait contracté ce que j'appellerai les mauvaises habitudes d*une opposition à outrance ; elle les avait coDsenrées sous le fécond ministère Richelieu, à tel point que M. de Villêle dut se séparer d>lle dans plusieurs votes, et qu'il arriva au pouvoir à la suite d'un mouvement que depds plusieurs mois il ne dirigeait plus. 11 en résultait que sa position était difficile devant les chefs de ce mouvement, )IM. deb Bourdonnaye et de Lalot, qui avaient toujours servi la passioo rovaliste. Sans doute M. de Chateaubriand avait offert uneipédient, c'était de satisfaire l'ambition des deux chefs de l'extrême droite par de grandes positions; mais cet expédient même avait des inconvénients qui empêchèrent M. de Villèlede l'accepter. Il croyait qu'il y avait danger pour le gouvernemeot royal à se confiner trop exclusivement dans la droite, qui nëiait pas le pays, mais une opinion dans le pays; il avait voulu, on s'en souvient, retenir MM. Roy et de Serre, au moment de ta retraite du précédent cabinet, pour que le centre droit fût représenté dans le cabinet nouveau. Après l'échec de celte teûtative, il s'efforçait au moins de se maintenir sur un terrain où il lui fut possible de marcher avec les hommes du centre droit, et il comprenait que le pouvoir s'éloignerait de cette nuance de tout l'espace dont il se rapprocherait des chefs de l'extrême droite, MM. de Lalot et de la Bourdonnaye. 11 faudrait donc, dans ce cas, achever de glisser sur la pente pour avoir une majorité, et après avoir été Thomme de la raison de la droite devenir lliomme de sa passion. Ce fut le wiù motif qui l'empêcha de donner suite à la négociation conseillée par M. de Chateaubriand. Le président du conseil s'était eSi)f^ de satisfaire l'extrême droite sur les points où cela était pos* sible, sans engager la politique générale dans des voies où il

BtB&TV Mn L'aNESSB : U CONTBE-Or POSITION HE nROITE. 373

ne croyait pas devoir la faire entrer. Ainsi plusieurs préfets destitués par M. Decazes après l'ordonaauce du 5 septembre, MM. d'ArbaudJnuqiies, le marquii^ de Villeneuvf, de Moiitureux, Açdré d'Arbelles, de Cal>ière, le marquis de Marniéiv, de Guer, de Pujségur et de Floirac, venaient d'être rappelés dans l'administration; MM. Forbin des Issards, Berlin de Vaui, amis particulier de M. de Chateaubriand, étaient entrés au conseil d'Etat remanié de mauière à donuer une majorilé à lu (lroit«. A i'tnstructioD publique, placée sous la direction de •M. Frayssinous, évêque d'Hermopolis, sécurilé donnée au\ bommes religieux, on avait vu M. Clausel de Cousergiies rem- J»Iacer au conseil royal M. de Sacy. Ces concessions ne suffi- '^ent point à satisfaire les chefs de la contre-opposition, et [«s montèrent ila tribune, non plus pour reprocher à M. de ^iHèle de ne pas vouloir faire la guerre à l'Espagne, mais P*'»UT l'accuser de n'avoir pas voulu assez tflt, de ne pa» vou- ^loir assez ardemment cette guerre, et pour se donner devant M passion royaliste le mérite de Tavoir voulue avant lui et plus ^eluj.

IM. de la Bourdonnaye accusa le ministère de n'avoir montra aucune vue élevée, d'avoir manqué à la fois de prévoyance et d'énergie contre la révolution espagnole, de n'avoir pas pX"ôté sur-le-champ main forte à la Régence d'Urgel, el de ne pas marcher de concert avec les puissances continentales ; et . il eut soin d'ajouter que ce reproche était adressé à la partie ***/luente du cabinet, pour qu'on ne se méprit pas sur sou intention de faire peser sur M. de Villèle la responsabilité de ce î**"on avait fait et de ce qu'on avait omis de faire. M de Lalot '"*■ plus vif encore : il reprocha violemment à M. de Villèle "^ article du Journal des Débals, dans lequel une partie de ^ chambre, rextrême droite, était accusée de soulever une S'^^erre de fanatisme, « parce qu'il convenait au ministre, sous ®^ "yeux duquel cet article avait été écrit, de oégocier îi

314 SESSION DE 1823. — GUERRE D*ESPA0HB.

Madrid âvec ceux qu'il appelait aujourd'hui les chefs de J révolte, et de laisser saos protection deux intérétts sacrés : h foi et h malheur. »

M. de Villèle répondit avec beaucoup de modération qu*aii moment où Ton reprochait au ministère d'avoir négocié tfec le gouvernement des cortès, il n'y avait pa4 autre chm à faire; en voulant précipiter une action pour laquelle oi n'était point prêt, on aurait mis en péril les jours de Ferdinand et compromis le succès d'une entreprise qui demaudaii à être faite à son heure et conduite avec maturité. Quant ai reproche de ne pas agir de concert avec les puissances continentales, il répondit, et cette observation aurait dû faire tomber les commentaires malveillants de la gauche, que la France, particulièrement intéressée à rétablir l'ordre dans une contrée avec laquelle nous avons une alliance naturelle, devait décliner la^ coopération des autres puissances, afin de confiner sa liberté d'action et de n'engager dans aucune complicatioD l'intérêt qui nous déterminait à intervenir.

Après ce débat, tous les amendements, ceux de la gauche, qui avaient un caractère injurieux pour le gouvernement rojal, comme celui du centre gauche présenté par M. Diivergierde Hauranne , qui s'était borné à proposer de faire dire à U chambre « qu elle ne renonçait pas à tout espoir du maintien ^ de la paix, objet de tous les vœux et la source des prospériléi de la France, » et celui de M. Liiiné, qui, au nom du centre droit, avait exprimé le môme vœu en en atténuiuit IVipre^ sion, furent successivement écartés. La otiambre vota , à I* majorité de 202 voix contre 93, l'adresse rédigée par M. Ilj'd* de Meuville, et qui contenait la phrase suivante :

tt Di'stinii' par laProviiltMico à fermer rahimo des irvoliilioiis, Votn* MaJ4*sté a tniit tenté pour ^'arantir ses p«Miples et siiiner l'Espa?-'^ ellfî-niùnie des suites funest«'s tit» la n'Iiellion (ie quelques s»»l<iats [«r* jures. Lue UM^uglo ulistiiiation a repoussé les ix^usiil^ du clief del^^

DÉBATS am l'a

IllE riKS r

pt^ biuiHe (trs Briurhops , rt pniTviiiis-nrius voir saiis uJarmes \eK diiordcs qui d^chirout un pajs voisin et buub Jivrer *u> dangers dont nous menacent les calaïuîUjs qui l'aDligi^iit? Sire, nous sommes Franfjjs; «ucuns sacrifices ne cnûlprunt à vus peupks pour (iL-fi'u dit la digaitr de witre couromie, rhomifflir rt 1a sûrelp de la France; c'cSl S juHu lie auiunirir de loue nos efTurts à in frénùreufv tâche d'cbmlTer l'tniircliie \iout ne l'onqui'rir ijue la paix , de rendre la liberté à un mi (le \otre sang, d'assnrer le repus de l'EIspagne pour affermir «liH de ta Framw, et A- ■(lt■K^Te^ flu jfin^ de l'oppression un peuple qu BMu aida à liri«er at» ferti , <rt qui ne peut recevoir d'instibitioiK lonfunucs è. ses tcmii et fk ses tuteurs que de son légitime soiiverûn. ;Vuln,' armée courageuse et fidèle , c*lle qui sut repoussi'r les lâches bBimiatioits de ht révolte , s'élance avec ardeur smis l'elendard des lit. à (* «atx de \mn Mi^sté, elle ne prend et jrarderfi les smies que pour nuintenir l'ordre social et préserver de tout principe cunUgieu d dûsurganisateur uotro pays et nos institutions. »

I r^ paragraphe d'un royalisme arck'nt , en montrant Tndhé- ■siou de la majorité de la rliBnihre des députés à une guêtre Sentie uéc«88aire, n'en excluait pas moins la pensée expri- ÎOwc par la gauche, qu'on pût ec sen'ir d'une victoire rem- Sfurtée sur )ts corlès espagnoles pour toucher h la charte ;frMfaise, puisqu'elle présentait la gueiTe comme un moyen "^protéger l'inviolabîlité de nos institutions.

Le débat n'avait pas été moins vif à la chambre des pairs, *û il s'ouvrit en pi'écédant la discussion de hi chambre des <i*piiléa, et il avait suivi à peu prés les mfraes péripéties. Ci: lut M, de Bavante qui préseuLa l'smendement sur lequel (•«mt porter la discussion. Cet amendement, «oiiçu en des twmes généraux dont le vague avait quelque chose de rassu- *«>l pour lee esprits timides, se bornait, comme celui de *(■ Ikivergier de Ilauranne, h. insister sur les nvantafçes de la paix, les nmut de In guerre, les efforts qu'il convenait de faire -pour préserver la première et prévenir la seconde. C'était une *wila^ve des pairs qui marchaient avec M. Decazes, et l'amen- ^wient avait été concerté dans une réunion chee le duc de

37C Bsssioii M 1823. — eoEHaE DKsrACSS.

Choiseul, h laquelle aaeistaieat MM. de TaneTrand, Mole et dr Broglie. Les CHnlioalisU-s demeurèrent ea dehors de ce concert; ils De voulaient pas mécoalenter le Roi en prenant ' une attitude d'opposition contre un acte qui appnrtenaît à ^ prérogative, et ils n'avaient pas l'intention de rompre avec le ministère. Comme on pouvait s'y attendre, les discours allèrent plus loin que l'amendement. M. de Baranle rappela que, le 4 juin précédenl, le Roi. dans le discours de la couronne^ s'était plaint de ce qu'on avait dénaUiré les intentions de si~k-n gouV''rnenieDt eu attribuant un caractère belliqueux A «3e simples mesures sanitaires, et il demanda par quels évétr^^'Cnients avait été motivé un changement aussi radical dan^ %.« politique de la France. Il ne pouvait pas admettre qu'on s'^«^ puydt sur un prétendu droit d'intenention dans k-saflasKr^ intérieures d'un peuple, préteste impie, s'écria-*-il, atte^M tatoire au principe sacré de l'indépendance nationale.

Le comte Daru alla plus loin. Pour défendre la conslitulici^ des cortès, il remonta à l'époque où l'Espagne organisî-e n^" publicaiucment, en l'absence de Ferdinand, luttait contre 1^ conquête française, et il rappela qu'à celte époque on n'aper"^ cevait pas encore les défauts de la comlitution de 1812, si — • gnalés depuis avec tant d'amertume. Craignait-on ta conta— ^" gion de cette révolution de ce côté-ci des Pyréuéesï 11 * suffirait, pour la prévenir, d'exécuter loyalement la charte * française. A cet argmnent, bien léger dans la bouche d'un * contemporain de la révolution, bien hardi dans la bouche d'un ancien serviteur de l'Empire, le comte Daru ajoutait un ^ dilemme sur la guerre : ou nous la ferions avec le concours ^ des absolutistes espagnols, et alors nous aurions la respousa-^ — bilité des réactions qui ensanglanteraient l'Espagne, ou, âi^nous ne trouvions pas d'auxiliaires dans la Péninsule, il fau — drait nous résigner, détermination douloureuse , h ouvrira un passage sur noire lerriLoire aux troupes étrangère

DftSATS SUI l'aDBBSSB A LA CBAHBIIE DfES tUIS.

M. [rani, cet espril pratique, cèdaît-il h l'illu^on d'optique OMnmuDe à tous les hommes de l'Empln-, qui jiigeaieiil l'Espagne de 1823 avec leurs souvenirs de l'Espague de 18(2? U discours de M. Daru, rréquemmt'nt iulerrompii par les murmures des membres de l'assemblée, qui trouvaient dans ses paroles une atteinte portée à la prérogative du Hoi, souveraine daus les questions de paix et de guerre, se terminait aussi par uue protestation conu-e l'inlerventioD.

Pour donner plus d'autorité à celte protestation, le eonUe Oaru se pla^'a sur uu terraiu situé à l'oppustte du terrain choisi parle général Foy à la chambre des députés. Il demanda si la guerre que l'un allait faire était sponUuiéc, pro- [ voquée ou conseillée , puis avec cet esprit initié aux uffaires, "jui donne moins à la théorie, il reconnut que, dans les rares *Jcfccrumeiits du congrès de Vérone récemment publiés, il était ^Hwssible d'apercevoir la trace d'une provocation ou d'un coQseil de la part du congrès :

«^ Nous voyons au cunUaire, ajouta-t-it, dans le |».'til nunibiv de •"•^ctunienlâ publiés sur cet objet, (|ue les puissanci.'s n-unifs au congrès ***s Vérone s'en sont remises à la France pour la suite et la conclusion ^^9 alfoires il'Espafçne ; qu'elles se sunl reposées de la solution d'une *l^«slian qui las intiTessait toutes sur la puissance qui avait dans cette t^acstion l'intérêt le plus immédiat. Ainsi, suit cnmnie la plus iiité- '^Ssfe, soit comme libre apparrmment dans ses résolutions, la Fi'ance *^ trouve l'arliitre de la paii et de la guerre. ■

Le comte Dam coDchiait en essayant d'établir que la siliia- ^îon de l'Espagne n'autorisait point la France à faire cette guerre. On a vu, par le tableau que nous avons tracé de la sidation de l'Espagne, combien cette thèse se trouvait dé- *Bentie par les faits. Ce qu'il importe donc de faire remar- ^luer, c'est le caractère contradictoire des reproches adressés au gouvernement royal, tout h la fois accusé de faire la guerre ■parce qu'il y était contraint par l'Europe, qui le menaçait d'agir

intîmie ^*

378 SESSION DE 1823. — GUEtRE D'ES?A6NB.

sur le Rhin s'il n'agissait pas sur les Pyrénées, et de faire la gueiTe par je ne sais quelle inexplicable fantaisie, quanrf l'Europe réunie à Vérone lui laissait la liberté absolue de résoudre le problème comme il l'entendrait. Toutes les accusations paraissaient de mise, même celles qui s'entre-détniisaient.

M. de Villèle répondit à l'autetir et aux défenseurs de ramendement que ce n'était pas au moment où le Roi annonçait aux chambres et au pays « qu'il s'affligeait d'avoir vu disparaître l'espoir de maintenir la paix, » qu'on pouvait avec quelque raison et môme sans manquer aux lois des couwnances et du respect , insister auprès du prince pour quH évitât la guerre. Ce serait pour la chambre des pairs assumer une grave responsabilité que d'émettre ainsi un vœu en contradiction avec les mesures que le Roi avait déclarées néces^ saîres. Il était vrai de dire que la politique du gouvernement avait changé depuis le dernier discours de la couronne; mai» ce changement de politique avait été commandé par de graves modifications survenues dans la situation; il suffirait de rappeler les journées de juillet 1823, qui avaient placé le Rw d'Espagne dans une position si déplorable et si périlleuse. Cependant, même aprè< les évrnc^monts de Madrid, le goiiver^ nement français avait fait des efforts réitérés et sincères pour mainteriir la paix, k la durée de laquelle il s'était montré ài^ posé à tout sacrifier, tout, excepté Thonn^uir et la sécurité J<? la France, (les sacrifieras était»nt demeurés inutiles, et I* France, plus particulièrement menacée par la révolution d'un pays si voisin des frontières, avait du prendre son parti.

Au fond de tous ces débats, il y avait une question ^

bon sens; on ne pouvait din» sérieusement, surtout dt-pu*^ les journées de juillet à Madrid, qiR* Ferdinand VII, a^^ie^<* dans son palais par l(*s miliciens qui avaient attaque ** dispersé sa garde, eût conservé sa liberté. Le Roi, ohïi?^

DËUATS SIH L'AlinBSïF. A LA CnAMFlRE DES PAIRS. SVi

par ¥«s vainqueurs d'aller chercher son mimâtt're aux préiùl«s, parmi sesemiemis déclarés, ce Roi à qui l'on dictait foutfs sey paroles et à qui l'on imposait tous sea ncl^s par d^^ maaifesta lions menaçantes, n'était plus qu'un instrun>^?iit ineile dans les mnins de la révolution. On ne pouvait im ^me alléguer que cette révolution fill nationale en Espagne, oar-sque, malgré les moyens de terreur employés par la !a.«?tion dominante à Madrid, plus de la moitié des provinces couvrait de guérillas. Quant au droit que la France avait l^i-utervenic d^ns des nlFaires qui la touchaient de si près, c^*e question, à peine elBeurée dans la discussion d'adresse, A^nrftit être reprise et traitée Ji fond dans la discussion provoi^viée par la demande des subsides de guerre ; elle se réduisait au fond à celle-ci : quand une nation ne croit plus pouvoir S^antir diplomatiquement sa scturlté menacée par les désordres d'un pays voisin, a-t-elle le droit de la défendre par l'épée?

Après les discours de MM. de Barante et Daru , du càté de 'opposition, et les réponses de M. de Villéle au nom du gouveroement, la chambre haute se trouva suflisamment éclairée pour demander et voter la cliMure , sans consentir à en- •«ndre le prince de TallejTand et le comte Mole inscrits pour [Huier; .'i peine laissa-t-elle >1. de Ségur développer un soussiOt^dement ', reproduction abrégée de la proposiliuu de M. de ilaranle, comme à l'autre chAmbre le soua-aniende- ■ueui ie U. Laine avait été une seconde édition mitigée de celui ^ M. Duvergicrde Ilauranne. L'amendement de M. de ''^'"aiite et le sous-amendement de M. de Ségur, combattus ™ quelques paroles par M- de Chateaubriand, qui fil obser- ^^ «Jue la malveillance pouvait les présenter comme im blâme

'• Voici le ieiU Je cet amendiinenl : o Noua louinieB «Murii» que le plus . ' '^éeir lie lolre ciuur iwlïrnBi »i:rail il'i!pai(îln;r i ïolrp iH'uplv Ii.'e cJ»uiilét

■{80 SESSION DE 1833. — Gl'EBBE U*E.s|-AGHE.

indirecl des mesuras annoncées par le discuurâ du In'ine, furent rejeté^ piir 90 voix contre 53 , et l'adresse tui ndopléï pîir 97 voix contre 28, Elle avait été rédigée par le duc Ae. Lévis, dans le sens d'un respect absolu pour la prérogative royale et pour l'usage que Louis XVIII en ratsait. La phraw relative aux affaires d'Espagne était ainsi conçue :

■ Il appartenait au Roi de d<^libéTer wul sur la grande question ite guerre et de paix ; il a exerci; cette haute fonctiun avec toute la matante que demandent des eireimstanccs aussi graves... Pour nous, etttains de votre amour pour tus peuples, qui, si la guerre est inêvilaMe, vous la fera resserrer dans le centre le plus étroit; confiants dans niU* prudence, qui ne laissera érhappcr aucune uccasiun de cimclure uu' paix honorable , nous recevons avec respect cette importante coinmunication. n

Ainsi les deux chambres répondaient au discours tiu trùilt* et aux communications sur l'Espagne par une adresse sympathique : la chambre des pairs avec une déféreoce respectueuse, la chambre des députes avec une chaleureuse approbation; seulement on avait cru remarquer que, dans le premier de ces deux corps, les pairs qui marchaient avec le duc de Richelieu avaient apporté des votes favorables au gouvernement sans intervenir dans le débat. M. Pasquier s'élût' contenté de demander, dés le début, la rectification d'une phrase qui semblait restreindre à l'administratioD présidée par M. de Villèle un éloge non moins mérité par l'adminislralion précédente, et il avait obtenu cette rectification sans aucune difficulté '. H y avait là une menace : la droite, qui avait

I. Le projet d'idreue contenait celte phraw ; • TkndU que la •éeurili a'ùccroii, lorsi[u'on voit It Jiisitce réprimer ai ec fiicrglc in lentatitu doDt l'impunllé augmenttralt k la faii l'aiidnte Et lu numlire. > M. Pa»qiikr 111 oblei'ver que '■ ntnt la prik^ilenlA adminUlralion, 1m jugements ilu jur; avtiflnl ButsI élé rendus avec cantcience et honneur et qu'il ne convenait paa de biM iu< dépens du \nt*é l'éloge du prêtent. • Il propou de dire : t Tandia qi i^cuj'ilé a'eil accrut, depuli qu'on a ru... ■ Celle modlOeatlon rut ai

HM. PE TALlEïBAHn ET MOI.É n'BLIENT LEL'H OPINION, 381

absorbé en grande partie le centre droit, était maltresse à la chambre des députés ; le cenlic droit demeurait en force à la chambre de? pairs; le jour on il voiidrnit se porter du ciité àti QURDces dont se composait l'opposilioa, il leur donnerait Inmitjunlé.

HM. de Talleyrand et Mole, qui n'avaient pas pu faire enl*iidre leur opinion dans le courant de la niiscussion d'adresse, la (iiL'Dt imprimer. On il vu que le prince de Talleyrnud, depuis qu'il était sorti du pouvoir, avait été le candidat-né de Umles les combinaisons nouvelles qui lui paraissaient devoir offrir des chances à son retour, l'ennemi systématique de tous les ministères qui se fermaient devant lui. Il profita, dans Cette occasion, pour corobnltre avec plus d'autorité le goutememcnl, de la rumeur accréditée qui lui attribuait, un peu légèrement, le mérite d'avoir dissuadé Napoléon d'enlrepreodre l'expédition d'Espagne', et du rôle qu'il avait joué, an 18(4, lorsque, apercevant le premier que la restauration de la maison de Bom'bon devait sortir de la situation, il poussa i lu roue d'une solution nécessaire ; c'était presque en protec-

I. M. Tbieri, iluii rUiitoirt di rEmpire, cliapule ce uiérlle à H. de lallc;nod ; g Dn avait id . i dil'il en eipnisnt tes trois plan* entra leequcle hésila hpctméc de NapolAon lonqu'il Alt au moment de [imndi'B un parif pour l'Ea- Wpic. tM. de Talleyrand, pour recouvrer In fiiieur Impériale, mirer dani ••"Id Itt Idée* de Napoléon ; ae Wre son eonlident sacrsl, non tnrerl.imleur MIUlil ; et niainlenaal, U prudrnee conlrelialanctint clin tiil le goAI dr NUpï, il liéallail el chercliall dans le sefund projet un terme nioji'ii ijul' Ml<l'g«;ord le rourllBsn ul t'Iiomine d'Ëlal. .. C'eal ee i\iii etpllqna comment "'^Tallejrand, aprts avoir plnaqu'aueun autre flatté Je penc lia ni de Napoléon ' ■'■^ngierr dam tea alTulm d'KBpogne, a loiilenu députa iju'il n'avait pai ili ''••Il lie ee i|iit a été Tait A celte épaque. Il «vati tta\ eoitouragé Kapoléon 1 <ii>n^p l'élal dejchOBCsdans la Péninsule, ce qui rriidall presque inévllilile le Uli6iu>ment du Bourbons : ce fail e*l prouvé par de« daciimenls sut lien llquei j Wià la lérlté. lei dépMes dnna iHsquelle^ M. de Tall'',vranU rend eomple le iBi n/gwlalioni rtbc M. Vtqulerdo prnuienl qu'il préréralt nn mariage ■•K Ferdinand vl r acquisition des provinces de l'Eore au parU plua d'cliif 'o '«uvencuent dea Buurlioni. C'est en t' appuyant aur aelle équivoque que V<UTallejranddltBit qu'il n'avait pu approuvé l'en Ire prlie eon Ire l'Espagne.

382 SESSION DB 1^â3. — (iL'BHHB D'ESPAQJfE.

t£ur de la royauté fraoçaise qu'il parlait, et en même t«ii)[K commeun oracle politique quiauraitsauvé Napoléon si Napoléon avait voulu être sauvé, et qui entreprenait de sauver Louis IVUl et la France.

Voici ses paroles :

« llj u aiijuuril'h ut seize uns qu'ap|>eli' partwhii qui goun entait atonk mnndc à lui dire imin avis sur une lutte cngagiîe avei: le peuple es]utgnot, j'eus le niallieur de lui déplaire en lui dêvuilant l'avenir, tn loi nivelant tous les dangers qui allaient naître en Toulc d'une a^^TMiinii non moins injuste que téméraire. La disgrâce fut le prit de ma ù' crritê. Étrange destinée que celle qui me ramène, après ce luni; cspur de temps, à renouveler auprès du souverain légitime les mf mes uffurte, k« mêmes conseils... It ne s'agit point des inléréts de la royauté, Il s'agit des mléréls d'un paiii , lidelc à ses lîeillai baînt», à ms fktts prétentions, et qui aspire uiuins ù préserver q[u'à recunt^uérir. C'«il «ne revanehe qu'on vent prendre sur les hauteurs des tHrénées... Se flatte-t-on que le seenl de eetle nouvelle croisade soit un myslèm poof tes peuples? Non, measieurs, l'Ëî'pifne conqHtsealalibCTlr, YEsfifltt sans privik'fi[es, donne un Bpei;taele intokératrle puur l'urgudl. Il nefiiA pas le souffrir ; il faut Taire en Espagne ce qu'on n'a pas pu faire eo France, la contre-révolution... Il m'appartient à moi, qui respecte I» France , qa'i suis dévoua au Roi et à tonte sa famille ; Il moi, qiR û pris une si grande part aux événements de la double Bestauratiiilt , qui pnr mes efforts, et, j'use le dire, par mes succiïs, ai mis niagluîrC dans ce ren'itneltement d'alliance entre la France et la maiwin de^ Bourbons, d'empieher, aalant qu'il est en moi, qnc Tonvrage de Ik JDstiee et de la sagesse ne soil comprc»niis par des passions foU» et téméraires, o

Ainsi SR vengertit le primée de Talleyrand de la longue retraite où il avait cté laissé depuis 18IS. L'opinion qu'il pt>bliait ainsi ne pouvait empêcher l'intei-ventiou en Espagne, 'i

Il n'en aiafl |hi> nrofn* poius* XjipoISnr S reffe mlr»prl»e, unsiid I» hnminM la plan dfgnn H< ronllnnce. IH» qne l'arrhlrhatirellf (jnubse^rèr. aiirjl«M von'o IVn f\olgnrr, it sprd* l'j avnlr poii#B*, la préMrence donnée 1 la filai wwtHso *■« Imi» *f*ithiug pnsîtblmr n'eil pm m» mtnm nlahle <la Hfp^m n n^onwihllili'. • fTliicm, Iliuoitc du Canmlal il Jr IKinpirr, Isd

VIOLENCES DE U. LiNHINfi ET DES CHAMBRER AltOLAlSES. 383

ie ïi^avait, mus elle tin aggravait les difficiiltéâ. Sou reuuoi d'auguru politique, l'auloriLé presque prophétique qu'oa atiribu^xL à âtrs jiigemeotsâtir rtâpagae, k grand iMe qu'il av;ut joué à rucigiae de h Uestauraliou, et qu'il rappelait avec ime baLktjeur qui cbuqua la lierté royale de Louis Wlll, doaoèieui UQ iTeteutissement plus éclatant à sou opiuiuD. Elle devint uue »mf»« pour les partis contriûres ii l'eutreprise qu'allait teuter te ^otiveriiemeiit royal, et servit, avec les rumeurs qu'on répa»ida!t s-iir les disposilions de l'armée, sur la distribution àt lellres de marque ti des navires destinés à la coiiriie, à ef- (n'yii- les t-npitaux , à l'aire baisser les t'ouds, Uaiiaaer le prix lie» assurances maritimes, et à répandre une sorte de panique P^cioi U-i iiilévtis, qui ^out de leur nature timides et Liciles à pt^udre la peur; tncouvéuieuts presque iuévUabletf dans les gouverDemeiiL* libres.

Car une culiieîdence qui ajoutait à ri!'brantemeut de^ espcils, la i^essiou du pariemeut d'Angleterre s'ouvrit en même t&tnps que la sesbiou de nr>s chambres, et les discours de l'upposition et même des orateurs de la majorité de l'autre côté du dèlroil répùodaieut comme uu écho sympathique aux harangues de notre opposition. Le 4 tévrier 1823 , le comte Stanhupe et le marquis de Limsdo«n ouvrireLt le feu dans ^ chambre des Liurds, tandis que M)l. Clùkle, Wildman, ' orcke et Itroughaui acciiblaii'ul le gouverueraeut français de '^Urs intectives aux Communes. Le mimst^re anglais luî- **^me fut entraîné dans ce mouvement.

I<ecabinetbritanniqueavaitucpueilliavec un mécontentement **'ipqué la communication du discours de La couronne , que ' *î*MDtt: de Marcellus, notre ehiirgé d'affaires à Londres pen- *»t rinU-rim de l'ambassade, avait été autorisé à lui faire, ****îlqueâ heures avant qu'il tût prononcé à Paris. M. Canuing, l^i en sa qnaUté de ministre des affaires étrangères revul ■te coomuiuicatiou, commenta, avec cette vivacité nerveuse

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