SESSION DE 1S
It'EBBfi riESPAGNE.
et celte causticité implacable qui étaient le double ti-ait de son caractère et de son esprit, le paragraphe du discours de la couronne qui présentait l'oclroi d'institutions libérales par Ferdinand, agissant à l'instar de Louis XVIII, comme la seule solution pratique des difficultés sous l'étreinte desquelles se débattait l'Espagne, S'animant au bruit de ses propres paroles, il se prononça avec une grande véhémence contre In théorie de la liberté réclamée par les rois, en venu du droit d'octroyer les institutions politiques. « Un toi librel n s'écri»t-il avec une dérision amère qu'il ne prenait pas la peine de déguiser ; connaissez -vous un roi qui mérite d'ftre libre, dan) le sens implicite du mol? I*eut-îl, doit-il l'être jamais? n Puis, entraînant sou jeune interlocuteur dans une course à n\ d'oiseau à travers l'histoire, il lui montrait les rois d'Angle— terre subissant, depuis la révolution de 1688, les ministry^ qu'ils avaient l'air de choisir. 11 n'exceptait pas George l\^'
lui-même de celte servitude, et trouvait une orgueilleuse salis
faction à rappeler que lui , George Canning , il était ai^^ nombre de ces ministres désagréables que les rois prélen — " dus libres sont obligés d'accepter des mains de la siltiation e^^ du parlement, eu dévorant leurs griefs et leurs rancunes. 1^^ arriva enfin, dans le feu de la discussion, jusqu'à rappeler 1^^ procédé de l'Angleterre envers les rois qui dénient au peupli^^
I . M. lie FKnrcelliii > comigné dans ta Politique île la IteaiournriaH (p. Iï^3 un Inlireaaiinl ricll ilu ■« comermlion aiec M. Caiiiiing : " Lo mlnliin! luî^* avUlemnit ]e discours, dU-lh mail, <[iiiinil 11 linl au paragraiilio qu'il r'ptl^^^ toiU hanl : que Ferdinand l'il lait liOrt ordonner à •« petplet lt4 imiiiaiiBii-^^ qu'iU Ht prvveiit tenir que de lui, el qui, en attBrani leur ripoi, diuiperaiem )i-^* jatitt iiiqaiéliidei de h Fr/inee ; quel ptindpn I l'^ria-l-tl, li^itiiDcnt Is papkr, el qael «h'il... Vont tifgez que FerillOBnil nimplMB o^ Dclroiu seul dei inslUullong par u volonté propre... Eli quoi 1 TonUra-ioapropagfr «glr* eliarle (omme Malionn'l le Coran:'... Cela me pime.,, Igr.oriu tous Jonc que le ilofme de* coniUlulionB éiiian^o du IrÛne n que IcijBlime lirilannlque n'esl que le Lulln àet longuea vicloires rcmporl^i — • par lea iiijizls contre les monarques? Oub]iei-vou« qne lei mis ne iloliri pas donner dea inBlilDllona, mais que lea Imli lu lions doivent donner Jta nili?
MECOKTENTËMEXT Iili l.'ANtLBTlîBBli. 'Jffh
b ÎQslituUûiis dout le peuple » besoin; de i'expulsiou de Jacques II, il conclut à la lùgitîmitê de l'expulsion de FerdinaQd. Dans sa logique révolutJounaire, il alla plus loin. Fraiiclijiiaut d'uu bond tous les iutermédiaires, il jeta d'une voix Iremblante de colère, à M, de Marcellus, cette menace directe, prophétie de la haine biitunuique, douée cette fois de seconde vue: « Écoutez-moi bien, cet exemple peut s'étendre jusqu'à wns, » Alors sa voix devint plus sourde, comme s'il craignait d'ÉTeiUer les échos: «Vous n'ignorez pas, continua-t-U, les teui siu' les yeux de son jeune interlocuteur, qu'il semblait ïouloir fasciner, qu'une déviation du dogme de la légitimité, presque pareille à k nfltre, se médite et couve en France en « moment. Vous savez quels progrès elle fait dans le piirti
d'uae uppoeilion prétendue modérée La tâte à couronner
«tlii
Ici l'indignation qui se remuait depuis quelque temps dans lecœiir du jeune chargé d'affaires éclata. U protesta, au nom ^l'hûonem' français, au nom de l'honneur de la maison de ''•Huton, contre cette insinuation injurieuse, contre cet odieux pwnostic. K La maison de Uourbon, fidèle à l'houneur, s'éw»-t-il eu terminant une fougueuse sortie, que le ministre ^oglais dont la colère était tombée écoulait pensif en se pro- "miaiil à grands pas, ne reconnaît qu'un chef : elle s'est de i*uiiveau réunie après l'orage, et nulle insinuation perfide ne **iirait aujourd'hui la diviser. Eh bien! quand le chef de cette ■""ûsou régnante, que nous n'avons pas, quant à nous, em- Puniéu à l'Allemagne, qui est née sur notre sol, dans nos aillons; quand ces Français, nos rois, qui ont peodant tant de siècles partagé nos gloires, nos revers, chassé l'étraugey de ""^provinces, accru notre territoire et présidé à nos destinées; imad ces Bourbons du haut de leur trCme nous disent qu'un "lU'ton est menacé el l'houneur de la France compromis, h ^ cri tout le pays s'ébranle, l'opinion publique se décide, la
■M. M b BMiMr. ~ t. TI. M
roDËanee renaît, IVnthouâaiiiie de l'armée éclate, el les arpurneùt» du cabinet de Saint-Jamt» n'arrêtent pas phi» ce mouvement national au dedans de ncè frontières que âes aimes ne l'arrêteraient au dehors '. »
Si l'attaque avait éii vive, la riposte ne Tétait pas dmhds. Mais M. Canning, qui avait repris son sang-froid, comprit qu'il l'avait provoquée. Il ne chercha plu: qu'à calmer son jeune interlocutA:ur qu'il appelait « mon cher jeune homme » [mff dear young man) , et il ajouta que, s'il avait pu prévoir ua événement politique de ce genre, il serait le premier à ]e déplorer.— « Un tel changement, ajouta-t-i], ne pournût amener que de grands désastres dans votre pays. Chez vous, avec \03 mœurs telles que votre esprit et votre histoire les font, le pouvoir perdrait ain^i son dernier prestige et le trône toute e& di;/nité. »
Le récit de cette conversation porté à Paris par une dépêche du vicomte de Marcellus et communiqué aux grandes cour^ produisit une vive impression. 11 n'y avait cependant dans cette colère anglaise, à laqueUe M. Canning avait prêté le* allures; de î^on d'U'actère impétueux et irascible, rien qui pAt }*urpreudre. L'Angleterre et le ministre anglais avaient deus iiHitifs piiisi^autâ pour considérer avec regret, avec irritatioDT iiiic interv(;ntion française en Espagne. Elle était pour M. CaO' iiin.L; un échec personnel, à cause de la politique qu'il avait lonjours professée, et die le plaçait, par conséquent, daos une faus&e ])Osition vis-à-vis du parlement et du pays; cU^ <x*it.'iit les hu^ceptibililés séculaires de TAnglcterre, qui • louj(airs craint du voir prédominer rintluence française» àc Taufre cntii des Pyrénées. Celait pour prèvenir ce n^&uM (\KW It; /^ouvcnh'iuenl hritanniipie avait si énerpqueniont h»U' t«*nn ri-ll'oil (!*• rindépenjauie espaj:uole contre Napt»!»'*»'''
1 . Iti Volidtiur tir in UeUauraiUm^ par M. lie Maioellus. C/cil lul-mio»' 1'" \\W. li'i iiarulw que noui reproiluUoM.
KÉCOSTENTEIIENT HE l'aFGLETEBBE. 387
erre ne pouvait doue être impartiale dans cette quesput ce qui favorisait lajicendant de la France dïminuail '. U était facile de prévoir que l'opposition, pour csciler l'esprit public contre leniinisttTe, éclaterait en invectives contre la politique de la France; et que le ministère, pour mettre sa responsabilité à couvert devant le pays, flétrirait cette politique k laquelle il ne croyait pas pouvoir faire obstacle. Aussi, quand lord Lansdowue eut invité lee ministres à s'unir au parlement et au peuple pour exprimer leur indignation contre les détestables principL>« exprimés dans le discours du trône en France, lord Liverpool, premier mini^ti-e, se leva et jeta un blâme public sur Ferdinand, prit la défense des certes espagnoles, déclara que la France n'avait pas un motif honnête pour intervenir dans les affaires intérieures d'Espagne'; et cachant sous une menace son intention déjà arrêtée de garder la neutralité, il ajouta que, si pour le moment l'Angleterre restât neutre, elle n'en était pas moins en état de faire la guerre. Lord EUenborough, qui n'avait pas la responsabilité de l'action, puisqu'il était dans l'opposition, n.'pruchn au ministère de ne pas avoir fait quelque chose do plus : il aurait voulu, disait-il, que le parlement d'AngleteiTe, t^uni au moment du congrès de Vérone, donn&t eti sanction k Une pohtique plus énergique et plus efficace.
Cette manifestation parlementaire prit naturellement une ToTme plus accentuée et plus vioteale dans la discussion des communes, toujours moins modérées que la chambre des loTdg, et où les orateurs se souviennent des meetings popu-
)■ H. Cinning lo du rDrnipilsinenl à M.iloMarrcllus, dini la conTersallon, dont HOU* »n M iléji parla ■■ • Voiu révdllet en nous oiOlsiouveolri d'inlnifiiù, •"écria-t^n, rintaslon de Louis XIV fti Esjiaene , rinulilllé <lo uos efforl» pour ****'Sritrmpu[«»i)lB <l>Milia du Irftne do Madrid. i
■icnl(|iiBlpducde Wdlingtnn Mprimnll une auln opinion dam ~" ■XkémoruiduDi qui lord Fiti-WillUm Somoicriel fut cliarg£ de porter '
■••ai
'*^d pour Taire un dernier cITorl.
rr>?j > :r î>i? — =>.£3ie i*'£>rjie3CE.
l.jLir::i" ... - £•. '.:>: .•.ci:.^--^-'-^: i ytiK-quedes êlecliuus. ^j •■->::i \.:xr. >-■ •.ll^-.'^ V.ÀiL:.?i:- M. Denham, sir Frar^oj" ^-j^i.:".\ :..-■,!:? 1-- ^.11 .i::-s i .i ctai^.«oratie auglai^, s'ê/e- \t::1l: ^-j:.:-?^^-:::-^ . i- i::.^^^ i-.-? appIaudi^^eulents pres-
ç.--: — .:^: i:-.:!' i»: - i-->: !-":.-.•:• '.'.UT luaudîiv l'ioteneiitiao
irii^-L-^z iii:- ^:"^ if jL-» i'I>:..-îïk: t: la qiialilier d'iofàme. M. '^ •' '">'•' i-.'.wiTi, ï:: . -'::^, çv/irrcs <» :f dègcaitaot discours ôur.ii Vr-ÂL,-:.! . Auîl-::-.:rr irr ^.îiirail <iu< daiigiT puur >d <c- -.rv.-, >i^<>.:.j.^ --. LX.;r>. n h>:iueur éviter la guerre. >i-- JiuiT-j- *iii.-i..-h. ...îS-ï:-: i..:Mf Ir î<:>:n.: de cc< coKtl-:? :fi:*'î-'^u^^. >. -,.:i :>: /.V::i--,vrr^. :.-. jvi.vail souffrir cdtc: r':>:u-r\ ':::.- ir .i i-..:::^-: i. L. .•:^ .VI V. MÂi> M. Bruudi.uii qv:, v,i:::::t :au: ù =.;.:::-< :i.luu:-< a r.:A: A:ïd;U5, prenait r--i ■vu:, i :r.i\-.r> Il :•..:::;.> c::"Âi;:^î^i:«: a^.iut d'aiTi\orà 1^*
m:< \:vI-:l:^\?, d- >.> iili-^sLi^ -.: d- ><< ia^fivlhvs. Il piviionci' cvH".!»: ^,< ::^:< ^\:.::.?l-:.:i;:L:-:<d'. V-.n.-ar ruthneyenilemef* of IV/v/iii , c^ :V.: .::::-: ;.. :^ Lv;::il:à lt< tivi? îkiu\rraiu? qi»'
î-t-t-v vi^" U L'.':.i\;:l- 'i un '.'::\ ùii, ^î !•:■< .ivcusa de <o ioutr Kï^' ^tiiKti: d'.' t'.'Uît rr..:i;ivii ..: dt îL-ute lUuniliU'. Il in?ulw ^■.o:>.::tî«.l'... :::■. u". "'r uipc iMir dv Uii-^io qui .i\.dt protcsU* ivut»'*-' ir> -^vii'.< >viui:uiiiu? du pvUdL^ d-." ^Lulrîd, tu rapivlaut, ;i^*-*uuf iaipI.ii.iL'U' îivuù', k< îr.i-:^àu< d-jiiitjtiqius qui avii»'^^^ cii-aii:::.iiitt 1^ 'p-aiiis d'.jozai'^. «jiiau: an rv.-! d»- Kraii.r, aj^^"*au ir piiU i\'': b.'nyiii- dt- riuunixd'.-ri do <«j:î i:iu\i r:i. in*'^^^ dan? i'? iffair-? »rt!-^-au:io, ii >'► ria q;» . >ujti. !..|iu- ..!i« '*'" poiixii- aj"U*- r à .>.u». h'jii-.. lir. i. *t" *..iil l h\ lA-iTi^iç- dr >'.ii ! *■•* irai:'-, rt i[ anin»i:t.a si d'''?rL.ui.>' [*a\v !•. ca? «ù il no u.cxi •■ "*^' drait [' i- .i . ».Ih{.[m r à ].{ •.... îi-,.' v\,u ri-.- qui iVxpuâlait '.
I. l II jijiiiiiai jin^'ai*. luf f ..: j.'.t. ap^irvviait d:;:»i l«r ulM:>.ur» tk< M. 1»^ '^' giijoi : • Ko luuic KK-ca»iMii , M. Urvu^iiaiu l'arail a.ir «biu \idct t|iK ^^
HP,f.O!ITESTEHENT DE L'ABGLETKnnE. 38»
'■ L'Aiigletcri-e est le pays où les hommes d'JUat s'enlendont ' le mieux à s'embusquer derrière les principes, quand ces prin- |l cipes serveut les intérêts anglais, el se montrent plus prèls à ' oublier les principes, ou mfme h les fouler aux pieds, quand t ceux-ci se trouvent placés en travers du chemin d'un intérêt national. Sans doute, il y a toujours quelque chose de sincère dans la passion populaire, qui est violente et aveugle; mais on peut douter que les tribuns qui l'excitaient ici et les politiques qui l'exploitaient la partageassent en rien. M. Peel, qui répondit à M. Brougham, au nom du gouvernement, et qui sans approuver la virulence de son langage, reconnut sans hésiter que l'opposition avait toute raison d'accuser et de condamner i'întcrvenlion française en Espagne, ne craignit pas de dire que «rintenentioa à Napicsétaitcommandée parla nécessité, ^t conséquemment juste puisque l'Autriche agissait pour ga- '■'intîr ses propres filais d'un danger réel, » La politique an- S'^nise, avec ses deux poids et ses deux mesures, est ici mani- •^ste ; l'intervention autrichienne à Naples ne la gi^naiten rien, Fïiltervention française en Espagne l'alarmait pour son in- "ucnce; dès lors l'intervention, juste au delà des Abniz/es, BeTeuail injuste au delà des Pyrénées.
^ette explosion de la colère anglaise après tous les délais **■ tous les ménagements du cabinet des Tuileries, tous les ^'fforts pour prévenir la guerre, montre ce qu'il y avait de judicieux et de prévoyant dans la politique modérée etpru- "^nte qu'il av;iil adoptée. M. de Chateaubriand dans ses dé- P*ïches, M. de Yillèle dans ses conversations avec sir Charles Sluart, purent invoquer ces souvenirs et rappeler qu'il n'avait P*s tenu au gouvernement du Roi qu'une rupture tùl évitée.
"">■> diiri «ont des ar^oicnli forlt, que citer dei nomi e'cal prouver An FniU. '' 'lu'enlBMer dm i^pilhf<lea d'horraiir rt de rfproballon c(t 1» mtait clinse l»" lie démonlrrr qu^dles eoiil bien B|.|)lli|ufea... T»Ht liiimmc i|iii m; cniinl ■*" <'e wHr fM doigls peut jeler rie la lioiic. .
890 SESRI05 DB I8S3. — GGBRRS D'BSPAGTIE.
La modéralioD qu'on avait montrée dans le passé deveaiit ainsi une force daos le présent.
L'cmolion était si \ive en Angleterre, queM. Canningfitune démarche en tiehors de toutes les habitudes des chancelleries. Il i^critil à MosBiEUB, comte d'Artois, une lettre conQdciitiellë pour lui faire connaître l'effc! fAcheus qu'avait produit ilC' l'autre côli du détroit le discours du trône, et surtout le paragraphe où il était dît que l'Espagne ne pouvait tenir si'=libertés que de la main de Ferdinand. Après un préambul rempli d'une respectueuse courtoisie, il poursuivait ainsi :
n Je crains que l'on n'i-tivisagc lru|i Irgcre ment en Kraocc la ^o. " dcur de l'entreprise dans laquelle ou se dispose à entrer. Il nes'apagâi pas seultmeut d'une luUe entre la France et l'Espagne, il s'aj^rit ^ti« recommencer celle lutte de prinripes eiIrOmca qui a déjà di'-soli^ ■« continent pendant un quart de EÎËcle; ni nous , ni nus enfants , ai 9 «.» enfonta de nos enranU, n'en verrous la fin... ATanI le discours de M.i CJinronué , on était divisé d'opinion sur la question de savoir si B' France pouvait ou ne pouvait pus avoir des moUfs réels àcgaem-w^ contre l'Espagne. Mais la déclaration que le motif de la ^errc est «Se Turccr les Espagnols fi recevoir leurs libertés des mains de Ferdînasa*'' avec ectt«! addition eerlainement toute gratuite que c'est de lui &«?••! qu'ils peuvent les tenir, a produit dans ee pays un cITet dontjc n'ai «,''*'ti'^nioiii que deux Tois dans lua vie. n
M. Canniug rappelait ici l'explosion de sentiments hnstil*^^ à la France qui, éclatant dans la Cité, amena en 1803 le r" — nouvellement de la gueiTe contre Napoléon, et l'effervesceiK^*^ dessympathicspubliqucsquisalua, en 1808, l'arrivée àLondr^* des députés espagnols. Selon M. Canning, l'explosion du se»»" timent public avait été aussi forte après ime déclaration d*^ guerre fondée siu- cette assertion, que les nations ne peuTn»»* recevoir leur liberté que de la main d'un Uoi, et quel \{o' t ajoutait-il, que Ferdinand!
M. Canning, après cette déclaration, poursuivait ainsi :
s jjas Jacobin , je preresse les principes df Durkc , m»'''
MÉCOf^TÊNTEMBlIT DE t^ANGLETERRE. 391
B'il fallait choisir entre la doctgnc posée dans le discours de la couronne et celle de la souveraineté du peuple, je devrais reconnaître quii cette dernière est moins éloignée de la constitution anglaise. Si, cunvalncus de la justice de la cause de la Fraiice , nous avions eu une alliance olTensive avec elle contre l'Espagne, cette phrase nous obligerait à la rompre. »
Ainsi le paragraphe que le ministère avait introduit dans le discours du trône, afin de bien marquer que s*il était d'accord avec les trois puissances du Nord, pour ne pas laisser subsister en Espagne une anarchie révolutionnaire, d'ailleurs menaçante pour la sécurité de la France, il désirait néanmoins que la liberté s'acclimatât en Espagne, produisait en Angleterre un soulèvement de l'opinion publique, parce qu'il remuait une question redoutable, celle de la souveraineté. Sur ce point, le gouvernement royal avait donc manqué son but. Il avait luécontenté à la fois les absolutistes espagnols qui protestaient contre l'idée de Timportalion en Espagne d'une charte analogue à la charte française * , et, sans parler des révolutionnaires espagnols , les libéraux anglais et français qui se soulevaient contre l'idée que les libertés ne pussent émaner que de la main du Roi, et, comme le disait M. Canning, d'un roi ^1 que Ferdinand. C'était là le nœud de l'inextricable difficulté que rencontrait la politique française en Espagne. On ne pouvait faire aucun fonds sur les intentions et la parole de Ferdinand qui avait manqué de parole à tout le monde, et l'on '^uait fort de relever ce qu'il y a de pis au monde, après ^^e anarchie révolutionnaire, im absolutisme inintelligent, '^'^st pour cela qu'il eut mieux valu se borner à invoquer le ^oit incontestable qu'avait la France de ne pas supporter à ^^ portes im foyer permanent de contagion révolutionnaire,
^ • Le général royaliste O'Donnel écrivit dans un Journal, pendant le cours ^ Qioii de Janvier, une lettre ûix il se plaignait des intrigues ourdies à Madrid '^'' M. le comte de Lagarde,pour obliger le roi d'Espague à admettre la charte, ^Uà-dlre à avaler la ciguë au liêu de Vartenic,
Î)EMAM>E D'un CRtDIT ÉVENTUEL. 3»3
^Donnel, de celle du Nord-Ouest; BidleskTos, de celle du Bnlre. La guerre a'éudt pas déclarée encore, et déjà l'on raneaît par la pensée les pièces sur l'échiquier des batailles.
. Ln discussion de l'adresse n'avait éti' que la préracc et le
prélude de la grande discussion publique qui devait avoir lieu
pu Sujet de la demande d'un crédit éventuel de 4 millions de
*Mitcs que le gouvernement avait déposée pour être en étal
[^ faire face aus dépenses nécessitées par les armements.
j'G'élnit l'ordre naturel des choses; le Roi avait le droit de
Suent! et de paix; mais, dès qu'il s'agissait d'une dépense, la
Aambre des députés avait le droit d'être consultée. C'est par
» cjue la nation entrait dans la discussion de toutes ses affaires.
ëtal prospère des finances permettait au gouvernement de se
Contenter de ce faible rrédit. Le projel du règlement définitif
du. budget de 1821, soumis en m^me temps aux chambres,
'îrésentaîl un excédant de recettes de 32 millions, affecté et
tt'ansporté au compte de Tesercice courant de 1 823, ainsi qu'un
«cédant de 8 millions appartenant aus exercices antérieurs.
^ président du conseil n'avait pas l'intonlion d'ouvrir immé-
•liaiement l'emprunt qui aurait été réalisé à des conditions
"éfavorables, à cause de la masse des dettes antérieures in-
^'^files au budget pour plus de 100 millions de rentes, et de la
''ûisse des fonds pubUcs déterminée par les appréhensions que
"S Commentaires d'une presse hostile rendaient plus vives '.
394 SESSION DB 1823. — OUEHBK D'bSPAGSË.
ii eut donc recours à une négocialion avec tes bauqniers, en appuyant celte négociation sur une émissiou de bons du tri-fnr, moyennant laquelle il demandait qu'on mit à sa disposition une ressource mensuelle de 15 à 20 millions par mois qui lui permît de fournir aux frais de la guerre. Les banquiers de Paris auxquels il proposa cette affaii'e réclamèrent d'abord du temps pour réfléchir, et vinrent le lendemain l'avertir qu'ib n'avaient pu s'entendre et qu'il leur était impossible d'acceptar sa proposition. Alors le chef de la maison Rothschild offrit i M. de Yillèle de prendre l'opération dans les termes mèmts où elle avait été proposée aux maisons de banque de Paris, et en ne mettant aucune limite ni pour la somme à fournir, ni pour la durée de l'engagement, qui n'aurait d'autre terme qu» celui de l'espédilion '. M. de Villêle accepta ces offres, et le traité fut signé le 8 mars 1823.
Le ministère avaitaffermi le terrain financier sous ses pleife; mais le prcsideut du conseil ne pouvait se dissimuler, surtout
ûépejttet de ISia> (9iuU H. de Villila, ilini mu exfoii, impoieut robligiUw de prévoir la Uimlnulion que pourraient ijjrouvBr les [iremlèrca, el de penrtoir A riugnicnlaltoD que recevrani iDfvItaMcmenl len KCundo, Il <>>l lmpMiUil< lis pr^TOir ttea eiictltudD le« beiolM exlraordlnaire», puisqu'il* défiemlail i* dténauieuli, el 11 leraU cunlrsire à l'iiilMl du pup de publltT h. l'inuKt \t démit dea armemenH àuhqueli le gouvarnùment devra ne Mirer ; non» »«"• done pEDtâ que, dam do Icllet elreon«laiic«i, nolredetoir élvll do nooi bom" k demander aut cliaoïtirci ud crédit Mipplémenlaire de 100 iiiillitins, ioai '■ mlnlilre du* flnancei ne fera uiiagi: que puur catliralro aux besoUu eilriordlnalret. Une crétlltin de 4 mllIluM dit^ renia, aJouUa aux 10 mllltoat d'Mciâdanl que rou« aiei lur lei hudgela pr&édenU, complétera, ptnir 1819,'" ]iio>eiti de ■Bliarulre aux bcaotna cilrnnrdlnnlrca de cet »erclci-. Quatil •* budget de I8Î4, Il préienleun e icêd» ni Je recel Ira pria umé tur le» d(|i«»» de 31 œlltlona bti,000 franca. En réiumanl 11 poBillou Unandâre, onlrM» dfji 13 million» ï imputer »ur 1m 100 mllllona demandés en erédii» wppj*'
menlalrei Aprie avoir Taft loua not cfTorla pour éviter la favm, i'"
eiagéron* pi« Ica eontéqucnces fitcheute*. SI elle a lieu, la Fnnee doit "" doule épruuter quelque ralcuUtacnient dans ait niarclie par suile dei dmO' «lance* acluelles, mnla elle ne reculera pas. el ses déjiuléB peuvent, Je n""' parlBger avec nous celte coiiflance, o [MoHUcur du 18Ï3.| 1. rornctde M. de Vlilile.
DIFFICDLTftS DE LA rOSITIOS POm LE MlNISTiilE.
«■es la vivacité dos débats ài- l'adresse, que la position de tdmimstratioii était affaiblie dans la droite depuis la reti-aile rcce de M. Mathieu de Montmorency. 11 avait cherché, ou l'a I, h rapprocher les esprits en proposant au Uoi !a nomination I M. de ChaleauLriand, comme ministre des affaires élran- 1res: il persista dans le m^me ordre d'idéos quand il fallut lunoir au remplacement df M. de Chateaubriand b. l'ambasde de France à Londres, et tomba d'accord avec ce dernier irla convenance de proposer au Uoi le prince de Polïgnac. Le prince de Polignac ctail l'ami du duc de Montmorency I il appartenait à la même niiaiicc politique et religieuse que ik\& chambre des Pairs. Tous «es lions étaient avec la droite Idente et il était aimé et estimé du comte d'Artois ; il avait tl hautes relations en Angleterre, où il avait résidé lonfiÇlemps l où il avait laissé de bons souvenirs. C'était un homme de Pandes manières, de parfaite loyauté, d'bonneur, de dévouefcnt au Uoi, d'attachement à ses devoirs, et très-capable de ^vstnter à Londres, où il avait vécu longtemps, son souvejîti et son pays. Il était partisan déclaré de la guerre, et Ijuit jtale discours du trône n'avait pas tranché !a question dans (Sons, il s'était tenu à l'écart; mais quand, apivs ce discours, h de Chateaubriand lui avait renouvelé l'offre de l'ambassade p Londi"!;», il u'avait pas hésité à l'accepter '.
'!< le prince de Potlgnoe nplIqUG alnil tiii-uième commi^nl eut Iteu aa iioiiiltkt.j Hnidoqiiiiiio Joufi tMiaicnl Ji^oiilën depuia que H. de Cl i uteauli ri niid Mlprliponeulun ilu porlereuillc ilet alblreB i^lrangèret, Minxiuejcriiaie aW ISlMlsr de ton atiiienienl ou poucolr. Ma poilllan vU-^-iis de MoNsiEitn liil ÎMl-ïtre (TAindre, quoique A lort cependanl. que Je ma JelaiM ilana l'appo- Pl.ie r«faa de lui un meii>a|i:e amical [lar lequel tl m'en^DgealL b pa^aer un Ri «ut afTairei élranflèrea. Je ma rendu k eeUo Invilallan. Il m'eipaan ilo Wna Im mollh puiiuiijU i]ui l'avaient Turci! cfaucepler la «iificeialan de ' d* Henlmorenry. Il me parla de l'tnlrcvuf qu'il aiait eue avec le Uoi ii ce W et d« la neeeialU dans laquelle II a'élall Iroui j de céder aui prièret et '■'wunt flui ord^c«dll monarque. Puli, cliangeanido converaallon , II m'an- ^qu«Mn inleullon élall de me proposer au Ro! |iour le remplacer 1 l'unis de Londre*. et mo demanda >l J'acceplcrafa rel emploi. Jo (lia que lea
396 SESSION DE 1823. — GHEHRE d'ëSPAGHE.
Il était d'autaut plus urgent pour M. de, Villéle de ft'i'tilii;: le ministère du cftté de la droite, qu'il y avait du côté de la cour une influence puissante, qui comineuçait à s'exercer, sinon contre lui, tiu moins dans un sens qui n'était pas Inujours favorable à ses idées.
J'ai d«jà eu l'occasion de parler de la tendance du roL Louis XVin à accepter l'ascendant d'un favori, et d'expliijiifir celte tendance chez un prince valéliidinaire, qui avait bcsciiu., pour trouver un peu de niuuvemenl dans son repos forei» d'une correspondance active et d'un commerce d'^spriCde tous les jours. MM. d'Avaray, de Itlacas, Deca7e8, aviiicn*toitr à tour obtenu la faveur du Hoi, et par un concours de tirconstances que j'ai plus hatit expliqué, madame du Cuyia..» femme de cour qui avait conservé la tradition de l'ancienne conversation française, les avait, on l'a vu, remplacée, E1L*3 avilit aidé, j'ai dû le dire, h l'avéncmont de la droite, Pt qittind on étudie de près les affaii'es. on rencontiv toujours., ficût*
ilFi regrFtii <iuv jVproiiviils ili' U «orlli? du mliiisifre i\t mon ninl inKint le i(w Hnlliieii ne m'emiiCclieraient jniijnU d'i^Iru su wnire du Hol, dfs i)"^ <*** Ta.\\i\vf servira» pouMfpnl lu! Clr« ulilrs; mata que je ne poovnli me ràftiuHtc, enreUe (iirccinnlanHiikaccepierM [irotiuailion.pulMiuD laiioItlIqueUuinliildif* n'ëlnll pn> la mïme que la mIeniiK, et qu'en U louif nsiil aiiprii du ciliinal il* Sulnl-Jauici. JemelroufnraUcn conlradivHon acocmMpropreaopiiilonttlim celles de mes nmji. H. do Clialfnubriand Miillqiia que J'i'lafs dantr^rrrur. i)H ■n polUique s'arcordnit en tout aiec lu mfuntie . et que aou* pr.ii j'en aiirili b preuve. — u Vous voulei 1» giicrro , me dll-il, cli liicnl }< la »eu» aii»l. — M Cela uo ao peut giiire, rrprii-Jc, eur aulmuient loUJparl deU. tie MoiiIm- 1 r«ncy qui h voulait aussi Dtanl voua uc terait plus quti lo résultai d'un* It- « trigue. — Toul r,e peul encore se illre, réponitll M. de Clialcnutirl.md, *IM> « an fall. Si la punrre est déclarée i TËtpagiic, accepterei-TOuarnmlianadt 'i «Fr.mce à Londres?» Je répondis que j'ncrepterali, Je rendis complenHoiiSiin de eelte eonversalton. Il apprativl mon lanpigG.
• Peu de semaines apr^a, la IS Janvier ISJ3 , eut Heu la ijance rojalsfA't dileoun du Roi trLinclia ta question, A peitiedlnil-elle lermilide, qu'avant uta* que Je (ïiaso aorti de la salle oii elle s'était tenue, je rrjua de H. de Clut<M* liriand les mois tulvanla Périls par Inl au erajon : <■ Eli bien I éles-voui MO- Idnt milnlcnanL ? p Peu de temps aprùi parut ma nomination nltlilellc. • [Bf*" meiii iiiedil, eommunlqué par H. le duc de Polif^nao.)
DIKFICCLTES 1)E LA
es grands moiiiles, de petits loiiikgL's qui trouvent leur force impulsion dans les faibleâ^es inhérentes h la nature huaine. (.luand la société qui avait des liens avec madame du t^lavitBoriinllueucegrandii'dejourenjour.ilyeutnatufeUe- Ent autour d'elle un certain nombre de personnes qui sontn'Bl à mettre à protit cette influence, dans l'intérêt de leurs 6«s ou de leur ambition. Ur les rapports d'amitié les plus iciens et les plus étroits de madame du Cayla étaient avec i le duc de Dotideauville et avec son fils, M. Sosthènes de la tchcfoucaiild ' , et ce dernier aspirait dès lors à être ministre t l'iotériem'. Celte fantaisie de grand seigneur et d'homme à IccèsluifitcommenceruneguerresourdecontreM.deCorbicre, l'il signalait et qu'il faisait signaler par madame du Cayla ^mu un minisU'e de l'intérieur détestable, qu'il fallait remlaccr auprès de AI. de Villbie par un homme u â la forte pe, au bras de fer, qui ne se laiss/lt arrêter par aucun obiule, étonner par aucune difCcitlté, et qui eAt l'habitude de ^UEsir dans toutes ses entreprises. » M. de la Rochefoucauld, ni croyait réaliser ce type, ne parvint pas à inspirer kM. de Iffièle la confiance qu'il avait en lui-même. Le président du ftnseit continua à préférer et à soutenir SI. de Corbière, h KHlipagnou de ses luttes parlementaires, qui conservait sur
' 1. U. SosUièDi» lia Uttodii:fuuc.iuliJ,Ui:veuii duciIâDouileauiille. a publia, ImIh deralen IcmpiUeuvie. dulfiIrnoinriquieoQticnncnlenlrciulreïilocu- WMt ucoiTe»poni1ari>.-e sveemulamii du CUi^lael ]i^« rfponucsdn cclle-ei. 11 ■ pilttireila main ù l'hisloiro r|ul n'apoint àfloler le iecTUt des correspondance» Pnictillère*, Diait qui doil Unir compte de lout les dociimenli pablt^». Un P"a ilani ces tcUirs dei puroles (|ui prourenl i|ue M. de la IlaclieroDi'auld P*<nll l'enlrrenicnl de ta pertonnalild Jusqu'à croUe qu'il poiivail fiupfrar ngmbragn i H. dv Villéle : « Au fond de mon lime , éerltnil-ll , Il est «vl- ■W pour moi que M. de Villùle cruint mon lulloeme dan» la cdcimII, . Puis [*claHi madame du Cuyla les paroles qu'elle ilevail dire an Roi pour favoriser PHHc de son correspondant au pouioir : • Ne pourrlei-TOUS pas dire an Roi :
j^ ilcomlo est inouï. Il r>iut en convenir, Ul le* nojeiu qu'il liivenle pour lu ■*ehuMQld, 1. VIII, p. 13U.)
e qu'il diScoi Roi. » [Mémo
398 sssiiiON HE 1823. — GUERBE d'espagnb.
les députationB de l'Ouo^t eon ancien asceadaat; mois U dm dès lovs prévoir qu'il y auririt une influence qui chercherail, par un travail secret, à dîmiuuer son crédit auprès du lloi. lleureusemeut Louiê XVIIl avait pouv le jugement et la capacité du président du conseil une haute eBtîme qui lutla conln les influences occultes. Il avait d'ailleurs l'excellente habitude . de pratiquer loyalement les devoirs d'un roi cooslitutionnel, qui ne doit jamais livrer sous main le ministre qu'il soulîeDl oslensiblement. N'importe 1 Un pourra dire que ce sont \kit grandes misères. (.Kù le nie? Partout où il y a de^ honunn il y a des misères, et les ministres des démocraties n'évitml pas plus que les ministres des monarchies ce qu'on pourrait appeler les humiliations de la grandeiu' et les serviludc» de la puissance.
Il était utile d'expliquer la situation du ministère, avnnlilB raconter le grand débat qui s'éleva sur la demande d'un rrédilde iOO millions. Il n'avait rien iiJippréhcnderdelagaucb», dans la chambre des députés , où elle était tombée en minorité, mais il avait à lui répondre devant l'opinion extérieure; il avait à maintenir dans cette chambre l'union de la droîl'i qui était maîtresse; à diminuer, autant que possible, •« nombre des dissidents disposés h luareheT sous le drapeM séparé de MM. de la Bourdonnaye et de Lalot, et, pour atteindre ce but, l'union de ^LM. de ViUèle et de CbaleaubriaHd éliil plus que jamais nécessaire. II avait en môme temps àmÉoî' gcr, chose diFiicile et cependant indispensable, le centre drntr qui était en force à la chambre des pairs, où il pouvait, ptf son rapprochement avec le centre gauche et la gauche, t)i£t la majorité à M. de Villèle, comme il l'avait Ôtée nago*" à M. Decazcs par son rapprochement avec la droite. EoÛtt le miuistéie avait h se prémunir contre les inlhienccs il* cour, qui travaillaient dans l'ombre h lui créer des emburrt* pour l'obliger à compter avec elles.
DEBATS SUR tB CHËDIT. — MANIFESTE DE LA OALTCIIE. 309
' M. de M»rtignac avait été chargé du rapport sur le crédit de 100 millions par la commission h laquelle co projet de loi |wail été renvoyé. Ksprit Facile et lucide, homuio d'affaires et Ik tribune, M. dcMarlignac avait du crédit li la chambre; il Uaisait il la majorité par ses précéd<-iitâ ruyulistce dans les fient-Jours. M. de Villèle e&timuil son tjdentd'orateur, son canclère modéré, et son esprit judicieux, qui savait dans [Aaqufi question dire tout ce qu'il fallait dire, cl s'arrôtei', un tact bien rare, à la limite précise marquée par l'intériît la cause qu'il défendait ; il le destinait à accompagner M. le te d'Augoidéme en Espagne comme commissaire civil. Ce fut le 2t février 1S23 que M. de Martignac monta h. la ibune pour lire son rapport ; la foule était immense , les iprils agiléâ. Plus le moment critique d'imc décision déEilive sur la question de paix et de guerre ttpprocbait, plu6 'opposition redoublait d'efibrts pour ameuter l'opinioD, effoiyerle Bol et le ministère. Le matin même du jour où M. de Harlignac devait parler, le Constitutionnel publia un article coticerté dans une réunion de pairs et de députés réunis autour du prince de Talleyrnnd, que son opinion, publiée par A Voie de la presse contre la guerre d'Espagne, avait remis u crédit auprès du parti libéral disposé à accueillir comme tUyea politique tout ce qui faisait obstacle au gouvernement ^ la Restauration. La rédaction de cet ai'ticle, qui alTectait la ™itie d'un manifeste, avait été confiée par la réunion à M. de ^•iTandy. 11 avait pour objet d'établh- que u la guen-c d'Esmettait ta Restauration aux prises avec les principes et ■"^me les conditions de son existence. » C'était le déve- 'pement de la pensée émise dans le discours du prince de TiUeyrand. On reprcaentiût que tous les hommes qui , en "U, avaient pris l'initifitive du rélablissemcnt du gouverne- "•Wll royal, Sni. Dalberg, Louis, Dessoles, de Jaucourt, de "^t, coffline U. de Talleyrand, étaient opposés à la guerre
SESSIOK Di; 1823. — llUElll
d'Espagne. Un ajoutait que l'AugleUjrre, qui avait concouru au retour des Bourbons , n'était pas moins conlraire â la peosée d'une iolervenLioii fiauçaiee au delà des Pyrénées,
L'argumentation était loin d'être péremptoire. On auraïl pu répondre que c'était une rivalité d'influence et une ami»liou de pouvoir , Fort différeules de ramour de la liberté qui rapprochait dans une coalition contre le ministère de droile les persounages dont les noms viennent d'être rappelés, C'Ébut en outre une étrange chose que de préteudie obliger le gouvernement royal à recevoir le mot d'ordre de sa politique du cabinet de Saint-James dont les intérêts sont si différents des uôti-es, et de lui interdire même une guen'e utile, nécessaire contre le gouvernement des cortès espagnoles, parce que k iiïtour des Buurboiiâ avait été le signal et la coadidon du rétitblissement de la paix générale en Europe. Mais l'opposition n'était pas dil'ticile pour ce qui ilallait sa passion potitique. L'article conceité produisit une vive impression, et l'ou peut croire que M. de Marlignac, en montant à la tribtUQi éprouva le besoin de dissiper l'effet produit par ce
Ui'S le début, le rapporteur rappela, eu effet, que la gm n'était pas une éventualité incertaine et éloignée, nécessité prochaine et inévitable. Tous les rapports dipluma tiques entre ta France et l'Espagne avaient cessé ; cent railla Français étaient prêts à marcher. Des deux côtés des Pyrénées les préparatifs militaires se faisaient avec une activité. Après avoir rappelé à ceux qui l'oubliaient la des choses et l'imminence de la guerre, M. de Martî poursuivi en ces termes :
CI C'est dans cette sitiiatiuu i(ue lu gouvi'incmeiit du Hui vi mande des sccuurs Buppli'<mei)laites, et, votre cumtnission m'a cl • de viius le dL'cInrei' ; aucuji ât: sm membres n'a pcnsù qu'il fût p (le ripoiisaer une sctnblulile «lemande. Personne ne conteste qu'il ;^ucrri: nifme Juste nu auit un malheur, et que lu sei:ours qu'un vous