‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 70 sur 122 · Ce sont les expressions du discours de M. Uoyer-CoUard · texte numérisé non relu

Ce sont les expressions du discours de M. Uoyer-CoUard

RESULTATS DU VOTE CONTRE M. MANUEL. -iil

avait donc joué le jeu de ses adversaires, car elle avait provoqué, par la passion qu'elle avait montrée, la passion contraire. KUc avait mis dans Tombrc le grand succès de tribune de M. de Chateaubnand en faisant naître un incident fâcheux et inutile, qui, pendant six jours, avait si vivement occupé l'opinion publique que la question d'Espagne elle-même avait été oubliée. Elle avait donné un aliment aux agitations de la rue, fourni à l'opposition un motif de crier à l'illégalité; vile Tavait aidée à casser les vitres du Palais-Bourbon, ce qui avait permis aux orateurs de la gauche de parler aux passions

révolutionnaires par les croisées. En échange de tout cela, qn avait-elle obtenu? L'exclusion de M. Manuel pour une

i?fssion, au moment où sa parole, si désagréable qu'elle fût a fa droite, ne pouvait plus être un danger ni un obstacle pour fc gouvernement royal, sur de la majorité; exclusion qui /fusait grandir M. Manuel et rapetissait la majorité qui sembUiît avoir peur d'un homme auquel il aurait mieux valu répondre que de l'éloigner.

•le n'ai pas encore tout dit. Cet incident, outre l'ébranlement qti^ il donna à l'opinion, Timpression défavorable qu'il fit en l'Va.nce, et même en Angleterre comme ou va le voir, outre '^' firi'ief qu'il fuurnit à l'opposition qui s'empara de tous les J^'tai/s de cette affaire et les exploita pendant quelques seraaines*, eut le grave inconvénient de mettre ù Tordre du

^ * Î1 y eut au tliéâlrc et (Liiis \cn pelit^ journaux uno foule d*aIIu8ions ovi-

J^'tteni îtalslcs par le public qui aime à faire de l'oppoiiflion au pouvoir. Le

"'Of^ publia sur le Manuel de l'homme dit bon toiiy publié clici Audin, quai

* '^upiislln*, n*> 25, un arliele r.'digé par M. Cauciiois-Lemaire, oii, sous

j *'^^X!e de louer le ii\re, il porlait aux nues le dt^pulé que la cbambre venait

'''a|)per d'une pcin!3 disciplinaire : a Je ne sais, disait-il, de quels termes

*^rvir pour exprimer d'une manière conxenablc la haute estime que je

J^^'*^**«e pour le J/am»/ dont je vais parler. Les qualités les plus heureuses se

"^is»4}cnl pour en faire Tobjet de l'admiration générale. Le stvie n'est pas soa

mérite; si on le considère sous le ropporl t\pograpbique, quel carac-

*^ -' C'est du romain (terme d*imprimerip). El ^ajuxiificaiion! Est-il quelque

442 SESSION DE 1833. — GrERHE d'espagre.

jour uiie des plus reduutabliiî questions qui ptii^etit être tées, celle de savoir jusqu'où doit allei' et où doit s't l'obéissance passive de la force nriai-e. La question l'alais-Bourbon miîme et résolue dans le sens de la désobéis^ sanee par un sergeot de la garde nationale, fui reprise au dehors et traitée pendant plusieurs jours. Tandis que des colonels de la garde nationale puljliaient dans le Mo7iiteur des ordres du jour pour noter de blâme la conduite du sergent Mercier, le général La Fayette développait dans ime lettre rendue publique la doctrine opposée; des gardes natîonam adhéraient à ses conclusions, et M. Benjamin Constant, donl la plume était toujours prête à traiter les thèmes d'opposition, demandait ce qu'il adviendrait dans le cas où le président A' la chambre donnerait Tordre d'arrêter un ministre. On prévoyait l'imprévu, on supposait l'invraisemblable, presque l'impossible pour troubler les esprits, et anûver à cette conclusion banale qu'il n'y a pas de règle sans exception, cl qull n'est pas permis do tourner les forces légales contre la loi elle-mOme. Principe incontestable dans la théorie, dont il faut se souvenir à l'heure où une crise sociale l'exige, qu'il ne faut pas trop souvent rappeler, parce que les

e, dont 'l^' ùge, ■^B'^l^l s pasâni^^l

le lie plu« beau e1 du plus aalisTalMiit ? Le Uanurl dotil j'MiIrcUcui In It^**' ■t dit Miroir est Koonil en grandes pfn»éi'(, cii maximes ultltâ. Eo «»*tï IquPs-iinca : Il esl ilércnilu |mr la poliliwtG d'Inleirumpre penonnei *" len.rrjlnillo*-

1 que!'

is l'oi(iiiii»n, «TillaiwW^ u ijuorllï''- " I. Li (• Itel*»"

Tout riirtk-l>-, i]d1 m furcnr et qu'on g'nrrecha ilam 1er raféa, élail écrll »"*' ee Ion. En m^ine temps, on tiorlall daua le mandiLleriul, en «e (ilifaiil tré rnnlmsdrenlon de rjiiairc Nii'rri, ou plulAl qnalre

Celait une allusion nu tiom de U. Pnli^Bsnl-Qualrcni^re, colonel de I* 4* i>f*** lia), dans un ordre du jour, ainlt UMiiué rinillBci|jline du «rgonl McrclW. *"* IhMtrn du VaudeviUr, dans une piàcn Inlilulée Is. LoHltrne «mttlt, un p^*"" KHinagB hl^allanl ù «'emparer de Ja LauieTae-TaVisman, dei Tolt iln pirto»"" ■■ trièreiil : Empoigue^la, el il j tul un lonnorre d'applaudlMemenli. * "^ t7fi«o,>B pur h Ihcâtrc, par T. Uuicl. Deuxième série, la Ammu'i"'**'' '

rUOTESTATlUN Vlt^LICNTC L»L LA GAICHL. 443

en abusent, dons les temps troublés, pour violer les lois soub prétexte de les défendre.

Le tort du ministère fut de ne pas avoir prévu les inconvénients de tout genre que la majorité rencontrerait dans la voie où elle s'engageait, et de ne pas s'être résolûmeiit mis à la traverse dès le début. Sans doute, il y avait quelque chose de spécieux dans le motif d'abstention que M. de Yillèle avait fait valoir : la nature de la question qui se rattachait exclusivement à la police de rassemblée. On peut ajouter que le ministère craignait de se commettre avec la passion royaliste ardemment enflammée, et de donner ainsi l'avantage à M. de la Bourdonnaye, qui s'en rendait l'interprète. Mais le métier d'un ministère, dans un pays de libre discussion, est de réî^oudre les difficultés inévitables et de prévenir les difficultés (lui peuvent être évitées. L'intérêt d'un ministère est de ne iaisser à personne la direction de la majorité qu'il lui appartient de conduire, car cette influence qu'il laisse s'établir peut se tourner contre lui. C'est ce qui arrivait dans cette occasion. AfAJ. de la Bourdonnaye et de Lalot, les chefs de la contre- *>Pposition royaliste, avaient eu pendant plusieurs jours la "^*oite presque tout entière derrière eux ; ils avaient développé cbez elle la passion politique avec laquelle le ministère avait ^*y à eu à compter. Enfin, il nous reste à exposer un der- ^^v résultat également fâcheux pour l'union de la majorité î^^ la présence de la gauche maintenait dans une certaine Mesure, pour le ministère qui avait besoin de cette union, et P^^ conséquent pour le gouvernement tout entier.

Lo. gauche, après le vote qui excluait M. Manuel, prit, dans *^^ réunion tenue chez iL Gévaudan, la résolution de pro- ^^stor et de s'abstenir en masse, jusqu'à la fin de la session, ®^ ^ccepUint ainsi la situation faite à M. Manuel: désespérant ^ ^Xcrcerune action sur le scrutin, elle comptait ainsi produire ^*^ grand effet d'opinion, Uvrer, dans l'intérieur de la cham-

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