‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 73 sur 122 · SESSION DE 1823. — GUERRE D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

SESSION DE 1823. — GUERRE D'ESPAGNE

qu'il prononça à l'occasion de la seconde loi, celle qui O] nisait les vétérans, ne parvint pas à affaiblir la gravité de cr^ motirs ; ce discours était surtout un discours de tactique dos(i-«3< à diviser de plus en plus les deux fractions de la droite, ^:rn donnant à croire à la plus ardente que le ministère ne voulff«Jl pas réellement la guerre , et que les préparatifs uv'm ni qu'un simulacre à l'aide duquel le gouvernement s'effon;atît de maintenir la majorité à sa suite pendant la session. Ce joti d'esprit dont M. Mole , avec son expérience des affaires, ne pouvait guère t*tre la dupe , et qui se trouvait démenti par l'étendue et l'activité des préparatifs qui frappaient tous les yeux, plut aux adversaires systématiques du gouvernement comme une pierre d'achoppement de plus jetée dans son che- | min, mais sans convaincre personne. Les deux lois présentées furent votées à une grande majorité à la chambre haute comme à la chambre élective ; cette majorité fut à la chambre haute de 112 voix contre 66.

L'acquiescement des deux chambres obtenu, il restait encore deux questions à vider, celle de l'opposition de lAugleterre et celle de la fidélité de l'armée que les révolutionnaires des deux cotéb des PjTénées cherchaient à détourner de son devoir par des pratiques secrètes. Ces deux problème résolus, on n'aurait plus di^vant soi que les difficultés naturelles de l'expédition, qui étaient encore considérables.

d'aiilrc mois, contre la llbor!^ cspagnolr, «t nne meture de wige, deirtf**"* [irorondc poliliqup. Vus raiftons pour subjuguer TEspagne aonl m^oifl P'"' l'urUfs i|ui! iiu Je aéraient Ici uùlrci |»our subjuguer lirUnde, m Tlrlaixlr «f fali«alt pas d.'jj\ partie de l'Anglelerrc. Il y â an bras de mer entre l'AngW'* *'t l'Irlanile, niai« rien ne sépare la France d« TEspagne. Un iniui>4r« irêi^ qui regarde une carie d Ki^(Migne, qui voit les facilités infinies qo'U > s P^ «ît'I»aniutT daii8 ce ro\auuic une année étrangère coopérant arec le» Ki|>«f"* foiilre la France, un ministre français serait indigne de sa place si, tojsb1<« danger, il ne saidirinail pas l'occasion de le détourner. » Voir celte IcH'* " ertenw louie I'^ du Congrtt de Vérone, |>age 322.

LA OVESTIOS DlPLOMATIolF, A I.O.MillIN. i'.l

LA 01 ESTÎOX DIPL0MATIQI:E A LONDRES.

Le prince de Polignac ne s'était pas encore rendu à Londres, et c'était le vicomte de Marcellus*, premier secrétaire pendant l'ambassade de M. de Chateaubriand, qui continuait à remplir Tintérim. Le jeune chargé d'affaires tenait, par une correspondance active, M. de Chateaubriand au courant des mouvements dé l'opinion publique en Angleterre et surtout des dispositions du cabinet. L'opinion populaire se prononçait ardemment contre la France, comme il arrive presque toujours de l'autre côté du détroit quand le gouvernement français adopte une politique hardie . Lorsque l'ambassadeur du f o memement des cortès à Paris, le duc de San Lorenzo, eut, îi£>rès le discours de Louis XVIII, quitté la France pour se re ladre à Londres, le Mob détela sa voitui'c et la traîna triomplxalement à l'hôtel de Portland-place^ où cet ambassadeur de?scendit; comme l'hôtel de l'ambassade de France était situé s*-ii*la même place, la populace en prit occasion pour y casser quejques vitres et jeter de la boue sur les murs de l'hôtel "^ité par M. de Marcellus. Dès le lendemain, les autorités "^^nicipales du quartier offrirent à celui-ci de faire à leurs ^'^^îs les réparations ; il répondit avec une dignité vraiment iraaçaise, où perçait une pointe de jactance méridionale, que ^®s 1 OO millions du crédit éventuel destinés à couvrir les frais ^^traordinaires et imprévus lui donneraient bien les moyens ^ remettre quelques can*eaux cassés ; quant à la boue , elle

'•0 vicomte de MareeUu*, OU du député de ce nom, est mort en I8G*2.

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sécherait et tomberait d'elle-môme le jour de l'entrée de Tarmée française à Madrid.

Les dispositions du ministère étaient loin d'être homogènes; ^ M. Canning, quoique élève de Pitt, comme il aimait aie rap — . peler , entrait , on Ta dit , dans la seconde période de sa vii^^ politique où il chercha surtout son point d'appui et sa fore c^ dans la faveur populaire. Slinistre désagréable, subi et n( choisi par George IV qu'il avait personnellement offensé di le procès de la reine Caroline, il trouvait ainsi le moyen s'imposer au Roi qui ne l'aimaîl pas, et à l'aristocratie glaise qui ne l'avait pas adopté. C4'était donc de lui que devaient venir, que venaient les principaux obstacles, soit dans le parlement, soit dans les relations diplomatiques. Il n'avait pas voulu écrire le mot de neutralité dans le discours prononcé par le Roi à l'ouverture du parlement, et, pendant tout le mois de février et la première moitié du mois de mars, il n'omit rien pour donner des inquiétudes à notre cabinet sans lui adresser de menaces directes. C'était un sacrifice qu'il faisait à l'opinion fortement prononcée contre nous. Mais cependant M. de Marcellus ne cessa point d'annoncer à son gouvernement qu'après avoir fait un peu de bruit, l'Angleterre garderait la neutralité ^ Il savait, dès la fin de février, que M. Peel s'était fortement prononcé dans c^ sens, et que la majorité du conseil s'était ralliée à son a\is. Le 4 mars, il rendait compte d'une conversation qu'il avait eue avec lord Westmoreland, qui lui avait dit avec la brusquerie ordinaire de son langage : « C'est à vos ministres à étouffer l'espril jacobin; qu'ils ne se laissent pas assourdir par le bavardage de l'opposition dans vos chambres. Elle se compose du vieux mobilier de l'empire [old impérial furniture)^ que Louis XMII a cru rajeunir en le redorant ; qu'il ne s'y appuie pas, car il

1 . Voir la correspondance diplomatique de M. de Marccllus, publiée par lui en 1853, 80U3 ce litre : Politique de la Restaurât iou, t822-1813.

LA QÏ-'ESTION DIPLOMATIurE A LUNDnKS. .^53

craquerait (// well crack). Remarquez que presque tous les braillards (baivlers), qui veulent maintenant vous empêcher de pacifier TEspagne, étaient de véritables muets du sérail, quand , il y a quinze ans, une agression traîtresse (traitorous) mettait le feu à la Péninsule. Écrivez cela de ma part à M. de Chateaubriand et sans y rien changer. »

Il était évident que, lorsque de pareils sentiments trouvaient leur expression jusque dans la bouche d'un membre du cabinet anglais, l'Angleterre ne s'opposerait point par la force à notre expédition. Le violent incident qui se termina par l'exclusion temporaire de M. Manuel modifia pour un moment ces dispositions, que le retentissement du beau discoiurs de M. de Chateaubriand de l'autre côté du détroit avait fortifiées : les membres du ministère et du parlement les plus favorables au gouvernement français furent unanimes à blâmer la conduite tenue par la chambre et même par le ministère dans cette fâcheuse affaire. Chose remarquable, et qui montre l'influence du milieu sur les hommes : tandis que le jeune secrétaire d'ambassade, écrivant dans un pays de gouvernement parlementaire, s'exprimait sur cet incident avec autant de sens que de gravité, M. de Chateaubriand, sous le charme de son dernier succès de tribune et sous le coup de la passion royaliste avec laquelle il ne voulait pas rompre parce qu'elle était une de ses forces , n'attribuait à cette affaire aucune importance et en parlait avec une singulière légèreté*. Mais l'impression produite par cet épisode dura

1. « Votre dernière dépêche officielle, écrivait M. deMarcellus, de Londres, à la date du & mars, me donnait des explications rassurantes sur les troubles qui ont précédé et suiU l'exclusion de N. Manuel; j'ai essayé de les faire comprendre ù plusieurs ministres avec lesquels Je dînais avant-hier chez lord Westnaoreland. Ils blâment comme nous le langage de ctti orateur, mais moins que nous, ils s'en indignent : et si quelques-uns ont pensé qu'une pénalité devait «'appliquer à ces excès de la ^parole, tous ont Jugé que l'exclusion était une peine trop sévère et que le silence imposé suffisait. Ils ont unanimement cou-

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t\'ti\>rir. fi.-'-fii-r il.ir."» !'i.'rn"«rînî«' {larl^'iiiiMilaire. m'a dît 51. Camùni:. ire*l-irll^' f>^ rllfî-fji- lur i.i fifr>-i? 4:1!' Ui|'iello s'appuie «otro «ét*uritê de ioM* !e» j«uiri* ■ié'Ur hiij-i.i!'- <| Il .1 '■!.?•• 1" iiiiiii.-if» rr' ai'iuol, *^n iiiODirant tant de *i'.>li'n'"*' n'.'iriri'iii -'--t-t lli* pa* -i>ii pi:ii de ihir'''; ? ■

A • 4* .'i-.ivi-.*idi-i.i\a'.i<jt.>, )I. de iliiateduliriaiid ne ivpood i|u'a«cc dtf.< i'r* * n II-* d'fi| ni il d>- iMiiiiit;. Il .iit ilaii« «a lettre dii i iiian : « l.'ciïet de m^'' iliMiiiiirn .1 rW- iaiiutii.-«î à Pari*. Il a prévîpilé Manuel et *An parti diw^"'' p4-i-iif ditiil tout II: linjlid*' rit ii'i. u

il iiifitiiMi" •iir 11' iiii'ui': (on dans ^a lollre du 20 iiiar» : • Yoiii aurri *•' U 1.-11 •■!' di' iMi« Itliirraux. lU ci> »oiil bien liuiitetit. Ilf n'ont pa# pu. i P'^" d<* 5I.ifiuil, iitiii-uli-i i{iuh-e >a\u\aid^, i i*oltti-pu Je /a llv^ianniiiùH, ^*- '** IM.

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