L'ANGLETERRE DÉCLARE SA NETTRALITÉ
lus esl assez curieuse.' par le jour qu'elle jette sur les nio]>iles de la politique anglaise, pour que nous en citions ici un fragment :
« Jo connais d'avance, dit M. Cannin^ à notre chargé daflaires, touto la tactique de notre opposition. Elle va me din» : — « Pour((uoi n'avez-vous pas menacé la France de la guerre ? — - Pourquoi ? c'est d'abord qu'il ne faut jamais menacer sans effet; ensuite parce que la France aime naturellement la guerre, et que si cette guerre-ci est impopulaire, c'est uniquement parce que c'est une guerre d'institutions lvoliti(|ues. — Eh bien î nous dira-t-on , pourquoi ne pas déclarer la jruiîrre al«)rs? — Pourquoi? C'est qu'il n'y a là pour nous ni droit ni nécessitt». Le droit, nous ne pouvons le revend iqutT pour nous-mêmes quand nous le dénions à la France. La nécessité y est bien moins encore, car si quelque chose garantit l'Europe d'une conflagration générak^ .c'est la neutralité de l'Angleterre. D'ailleurs, depuis cent ans, a ajoutt; le ministre d'un ton toujours léger, railleur, jamais guerre ne s'est déclarée sur le continent, que l'Angleterre n'ait voulu en prendre sa part, et qu'elle n'y ait perdu d'immenses trésors, témoin sa dette ii»lionale. Il est piquant d'essayer si la neutralité lui réussira aussi mal. Enfin cette guerre est un malheur pour deux nations ; craignons (ju'ellc nty le devienne pour trois. »
La légèreté affectée et la causticité de la forme ne cachent
i<^i qu'à demi le sérieux du fond. Le mot définitif de la poli-
^'<Hie anglaise est prononcé ; la neutralité. L'explication de
«^ett.e politique est donnée : TAngleteiTC ne fera pas la guenv
P^^i^ce que la nécessité n'y est pas ; or l'Angleterre ne fait que
d.es guerres nécessaires à sa sûreté, à sa prospérité ou à sa
ër^^ndeur. Quand une grande nation est convaincue qu'une
gtiorre est nécessaire à sa sûreté, à son honneur, à sa position
^^Tis le monde, elle fait cette guerre, coûte que coûte, sans si'
^^îsser arrêter par le mauvais vouloir et la mauvaise humeur
^ 'Jti voisin; c'était le cas de la France. Q^i^nd une grande
^^tîon voit avec déplaisir une guerre s'allumer entre deux
Py>issances voisines, sans avoir cependant un intérêt assez
'*'^ct, assez pressant engagé dans la question, pour se décider
456 SESSION DE 1823. — guebue d*espaghe.
à jeter Tenjeii sanglant des batailles, elle n'omet aucun des moyens diplomatiques, aucune des démonstrations qui peuvent empêcher ou au moins retarder cette guerre ; mais, comme Tintensité de la volonté se mesure à retendue deliDtérêt, il 'arrive un moment décisif où sa volonté, moins forte, fléchit devant la volonté plus énergique de la puissance qu'elle a tenté d'arrêter : c'était le cas de l'Angleterre,
Jusqu'au dernier jour, M. Canning laissa voir sa mauvaise humeur, et chercha h prendre sa revanche avec notre chargé d'affaires en le poursuivant de ses réflexions tour à tour chagrines, menaçantes et sarcastiques. C'est ainsi qu il lui fit remarquer que les traités qui liaient l'Angleterre avec Ii France étaient de leur nature purement défensifs, comme ceux qui liaient l'Angleterre avec le Portugal; s'il arrivait donc que la famille Bonaparte remontât, par la faute dos Bourhons, :Mir le trùne, la garantie que l'Angleterre avait donnée conlP'Ctt événement se trouvait périmée. Le vicomte de Marcellus, q"»? ces menaces déguisées commençaient à irriter, répondit au ministre anglais avec vivacité que, si rAnglelerrerepreltjnldf nous avoir conservé les Bourbons sur un sol ouvert àtuut»' les infortunes, elle détruisait le bienfait et nous dégaiicait Jf la reconnaissance. — « Nous oublierons, ajouta-t-il avtviiuf vivacité croissante, d'où nos rois sont revenus; et maint^nuit que nous les avons repris à l'étranger, et que nous m^«*"=' avec eu\ des in.-titutiuns, fruit de leur sagesse, noush'snMintitMidrons à nous seuls, et nous défendrons la léj:itinnt*' contre toute C(>ntagion voisine, contre toute conspiration »'^" térieure ri ccintre la malveillance de toutes 1rs oppo?iti«'"* britanniques réunies *. »
Avec quel(|ue lé«.»^itime impatience que le jeune eh;n>'f <' *'' faires de France ertt tMitendu les remarques dési»blii:eant»"'*"''
I. Voir la (li'invlif du :ji) mnrs I8j:j à la pa»rc 1fti>1Kf; ilc VF"'' '' M. de MuiTiUii*, iiililiii<î : VuliiiiiHc tir ta Uestmiration,