‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 75 sur 122 · DÉPÊCHES DE M. DE MARCELU'S · texte numérisé non relu

DÉPÊCHES DE M. DE MARCELU'S

M. Canning, il ne se méprenait pas sur le caractère pacifique de la politique du ministère anglais, et persistait à annoncer à son gouvernement que la neutralité serait maintenue.

Ce qui avait contribué à soutenir sa confiance 'pendant les inoment3 difficiles qu'il avait eu à traverser, c'est que la majorité du ministère était loin de marcher dans le sens de X. Canning, et que les hommes les plus considérables de rAnglelerre se plaisaient à prodiguer à M. de Marcellus des lémoignages publics de sympathie. Dans une grande fête qu'il avait donnée le 7 mars, tous les membres du ministère étaient venus, sauf M. Canning, retenu chez lui par la goutte, et qui s'était fait représenter par madame Canning et sa fille, nûss Henriette, « qui, sans s'inquiéter du congrès de Vérone, ^Jansa de tout son cœur, et avec sa grâce ordinaire, avec tout ce qui dansait parmi les représentants des puissances continentales indistinctement*. » Le duc de Wellington et le roi

1. Celle lettre du vicomle de Marcclhis intércâsa et diverUt beaucoup UiiiiXVlII. Le tal)ieau suivant, dans lequel on voit se raviver les couleurs d'un monde depuis longtemps déj.-i eiracé, produira s^ius doute le même elTet sur ^ leclcurs :

« Vou< Tavouerai-Je ? Il m*a paru piquant de recevoir à l'oml)re de ces

i^met luurs, encore tout tachés de la boue populaire, et couime en expiation,

^Tisile de lous les hommes que TAnglelerre a placi^s à sa tt^le, empressas de

** témoigner leur sympathie. L'aristocraiie, gardienne des convenances, a

'^ien^oulu, CD celte occasion, oublier ma jeunesse et rembarras où j'élats de

'^'^voir pour Taire les lionucurd de ma maison que moi-même. Tous les membres

^0 cabinet ont mis à venir ch^rz moi une inleniion toute particulitTc, malgré

'* longueur inusitée de leur séance au (larlement. Le duc de Wellington,

^orU llarrowby, lord Dalhur^t, lord Liverpool , M. l*eel , le chancelier de

"^hiquier, lord Palmersion, et les élats-majors de leurs miniittrrcs, le lord

^*ïfe lui-même que J'avais appelé, puisque l'an passé vous m'en avez donné

^'<^inple, ont honoré longtemps le bal de leur prési>ncc. Nos salons, que tous

'*^^« embellis pour les fêtes de voire retour, resplendissaient de ioilclles em-

Kuniéfg pour la plupart à noire indusirie. On st^ pressait ju^pie sur l'escalier

"" (l^bordait la foule. Vous savez que c'est de bon ton aujourd'hui et que là

^}^ ^c siguo distinclif dn succès. Les beautés à la mode et ces nobles ladles qui,

*^ <|u*un jour a brillé après leurs dix-sept ans, sont Ironorées il Carlton-House

*" Wtcr du roi cl se mettent aussilôt en quête d'un mari, sont venues sans

ï***8nance briller et danser chez un garçon; enfin d'Orsay y traînait à sa

458 SF.--i'JN I*C 1^2:». — .il ERRE d'espagse.

d'Angieterre lui-même , qui tenait, comme il le dit plus tard, à montrer qu'il était du parti de l'ordre contre Tanarrhie, donnèrent au jeune représentant de la France des marquas publiques de considération. Sans doute cela n'emp^kha pas, comme on le \it dans la suite de la session, M. Canningr, mi' nistre désagréable, mais nécessaire, de consenrer à la politique de r Angleterre les allures d^me' neutralité manssade, malveillante, injurieuse même pour la France, contre laquelle il faisait des vœux en plt^in parlement ; mais, dans sa position^ il ne pouvait guère se dispenser d'accorder cette coocesâon de forme à sa popularité et aux exigences de l'opposition. U» France avait la concession de fond : la neutralité de TAngle— terre.

RïSUXION DE I/ARMéE. — IN'Ot' f ÉTUDES SIR SES DISPOSIT10.%S. GRAVE I?rriDEXT. — ENTRÉE EX ESPACEE. — DERNIERS DÊBA DE tA SESSION.

Hestait la dernière et la plus redoutable des questions, cell*' de la fidélité de l'annér qui allait passer la frontière. Rie^-* n'avait été omis depuis deux ans pour l'ébranler. Les effort =* redoublèrent à mesure qu'on approcha du dénoûment. l'*^ noyau d'émigrés français, bonapartistes ou républicains, \tf^ uns compromis dans la Charbonnerie, les autres avides ci*^ saisir l'occasion de renverser les Bourbons, s'était réuni d*^ l'autre côté de la Bidassoa; le colonel Fabvier et le capitaio ^'

suite le cercle admirateur des dandjs qui lui Tait cortège Le Roi m'a c

piitir quelques heures presque fous les gcntilsliommes de sa maison.... Moli, celte Tois silencieux et pait^ible, s*eit promené autour de l'hùtel de l'aiv-^ bassade, à la lueur des ilambeauiL qui en éclairaient le péristyle, b (l^ondr^^ A mars.)

LA KM LE ri.A>«A:>':: A L.V i.. -MiLi.t. 40;»

lutil, liui dtrs couUiniai*e^ An prooi:> luilit.iiic ùo 1820, aient à leur tête. Deux bataillons s*orgauis;iieut eu \ue de >s frontières de Rayonne et de Perpignan pour se présenter nos troupes avec le drapeau tricolore. Dans ini de ces b;i> allons figurait Armand Carrel, destint à conquérir plus tard D grand reopm dans la presse, Gurel en 1 821 sous -lieutenant u29* de ligne, et qui venait de donner s:i démission pour aller lettre son épée au service de la révolution espagnole et cornattre Tannée française dans la légion franco-italienne, forlée sous le drapeau tricolore *. Imagination puissante et cactère fortement trempé, il cherchait une situation de révotion et de guerre qui lui peimit de déployer les facidtés qu'il reconnaissait. On institua un conseil de régence au nom de .poléon II, et ce conseil fit des proclamations datées du €Mnd quartier général des hommes libres^. Ces proclama- »iis, colportées de caserne en caserne à Paris et dans les parlements, et distribuées dans les campements qui corn* ençaient à se former sur la frontière franco-espagnole, quaîaicnt notre intervention d'attentat contre la liberté des -uples; elles niaient la légitimité de Louis XVUI et procla- «"Uent celle de Napoléon II. Les soldats étaient hautement 'Hviés ù déserter le drapeau blanc pour se rallier au draau tricolore, dont les couleurs allaient être déployées sur * Pyrénées. Dans les bivouacs et les casernes, des affiliés ^ sociétés secrètes demandaient aux soldats s'ils iraient

• Carrel, en garnison à Marseille, avait écrit aux corl^s espagnoles une ^ qui traliiasait tes senlimenta. Cette lettre fut portée *au général coni* '^ant le déparlement, baron de Damas. Celui-ci, usant d'une indulgence -**tieUe enrers le jeune oRlcier, lui promit que sa lettre serait comme non ^Ue, et l'engagea à renoncer à ses liaisons politiques. Ce procédé touclia ''^l, sensible aui nobles choses ; mais son parti était pris : à peu de tempi* ^ 11 donna sa démission.

• Voir dans le Congrès de Vérone, de M. de Cliateaubriand, le texte de 'leurs de ces proclamations, tome 1, pages 353 et suivantes.

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