‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 76 sur 122 · SESSION DE 1823. — GUERRE D*ESP.\GNE · texte numérisé non relu

SESSION DE 1823. — GUERRE D*ESP.\GNE

se battre en Espagne pour la cause des moines et de Tinquisition. Enfin Déranger, dont les couplets avaient ce tour vif et cet accent belliqueux qui parle aux imaginations militaires comme aux imaginations populaires, lançait, sous le titre de Nouvel Ordre dujour^une chanson dont chaque couplet unissait par un refrain qui n'avait ri^n d'équivoque : Braves soldatSy demi-tour!

Tandis que Ton poussait ainsi nos soldats à la défection, il y avait des conciliabules des députés de la gauche, où Ton discutait, où Ton préparait les chances d'un mouvement analogue à celui de Cadix en 1820. Ceux mêmes des membres de la gauche qui jusque-là s'étaient tenus en dehors des conspirations * prenaient part à ces conciliabules ; l'espoir qu'on avait conçu d'un soulèvement militaire avait été un desmolife de la retraite de la gauche après l'exclusion temporaire prononcée contre M. Manuel ; elle avait cru aggraver la crise el précipiter le dénoûment.

Le gouvernement, qui ne s'était jamais dissimulé la nature et l'étendue des périls que provoquait TinU^Tention en K^pagne, n'en continuait pas moins résolument ses préparalife. La police civile et la police militaire avaient Tœil ouvert; le^ chefs de corps écartaient les officiers et les sous-officiei*s don t l'attitude avait quelque chose d'équivoque. On était dans <'(?tte attente fiévreuse qui précède les événements décisifs; lo ministère comprenait qu'il jouait une grande partie, tl que tous les ennemis de la Restauration n'étaient pas en face d'elle. Les rapports que lui faisaient les chefs de corps l'avertissaient que Tesprit des troupes était très-travaillé, rt qu'il y avait des inquiétudes à concevoir pour le début de la campagne. On a su depuis, on put soupçonner alors, que des ouvertures avaient été faites à quelques-uns des généraux

1. llhioire du (fouvenienieni padcmciUaire^ par M. Duvcrgler de Hauranne, lonic VU, page 345.

PLAN DE CAMPAGM:. /i6I

jvestis de commandemenU, et qu'elles n'avaient pas été iv- »oussées par tous *. Il faut garder le souvenir de ces faits, qui erviront à expliquer un grave incident que j*aurai tout à lieure à raconter. A la fin de la première quinzaine de mars, îs fonds baissaient par suite des bruits alarmants qui couaient à Paris; on parlait de la désertion de nos troupes, de 'entrée de Mina sur notre territoire, de la dissolution de la Aambre, d'un changement de ministère, d'un projet de dictature *. et ces bruits, tout faux qu'ils fussent, témoignaient ih la préoccupation des esprits.

Pendant la première quinzaine de mars, les mouvements de troupes n'avaient pas discontinué. Bayonne, où les appartements du duc d'Angoulôme étaient préparés à révéché, ■teài sans cesse traversé par des corps en marche vers la fronère, et le camp de la brigade du général Yalin était établi à

cîme du Bouquet, sur la limite extrême qui sépare la France ' TEspagne. Toulouse, Perpignan, étaient les deux autres litres militaires. Le plan de la campagne étaitarrôté. Le corps

Hfimaudé directement par le duc d'Angouléme devait entrer ^ Espagne par Bayonne, et se porter jusqu'à TÈbre par la ^vite de Madrid. Le 12 mars 1823, le général (iuilleminot -ait arrivé à Bayonne avec un grand nombre-d' officiers; il Vait déjà trouvé 16,000 hommes campés sur les bords de la 'idassoa; on achevait les préparatifs nécessaires pour jeter ^Hpont de barques sur ce cours d'eau. Le corps du maréchal ïoncey devait entrer en Espagne car la Catalo^^ne. Le troisième corps d'armée, commandé parle général Molitor, devait -titrer par Saint-Jean-de-Pied-de-Porl et par Jaca, se porter Sur Sarragosse, suivre le cours de TÈbre pour seconder le

I. M. Duvergicr (le Ilauraniie rappelle ec fail dans l'Histoire du ffonvcr- 'iement pariementaire, tome VU, page 347.

?. Carnet de M. de Villèle. Los fonds puldies, 5 p. 100. qui étaient ù 82 à la lin de février, étaient le 0 naars à 77.

102 5L>f:v^ M I8î3. — ûrERftE D'£SPAG!CE.

. '>î7? d»j nïi!v-?b'il Moncey. faine appréhender aux forcesquc .;^iui-:i .iuriït à oôiiih»attre d'ttre tciumées, et sVmparer awf lui de II îi^Tie dr IT.hre dans la partie orientale. Si les populition? f.ilsiient b->n accueil aux Français, eeu\-ci passeraient rKbrr. td reffi-iiLuil devant eux tous les corps ennemis, de în:tni^r" i JL-siir-r n*y oommunioatîons avec la Francr. el V i\K d.Vneonl-^me atti-indrait le plus rapidement possible Madrid. Iat corps d'.irmtr».' commandé par le général Molitor, aprèsa\oir forcé rami«:e ennemie de Catalogne ou de se renfermer dans les places furies, uu de se retirer dans le Sud, se porterait «or Valence et les provinces méridionales de l'Espagne, en laissant au corps du maréchal Moncey le soin de faire le siège de* places fortes de la Catalogne. Pendant ce temps, un desc«ifp du duc d'Angouleme se dirigerait sur Séville et au besoin >ur Cadix; on avait, en effet, appris que le J8 mars Ferdinand, après avoir résisté quelques jours à la pression à^ Cortès et congédié même son ministère, s'était soumis encorr une fois, en présence de Tattitude menaçante des révoluliminaires qui demandaient sa déchéance, et avait consenti à n?prendre ses ministres et à sui>Te l'assemblée h Séville, où Ar William A'Court, ambassadeur d'Angleterre, devait am>mpatfiier 1«! Roi ; ov on ne doutait pas qu'elle le conduisit l>i«'ntôt à Cadix; t't, comme la délivrance du Roi était r«»bjet «Ifl» t-ampagin», on prévoyait qu'il faudrait suivre la révolution i'spat!nole dans cette dernière étape.

Cette démarche des cortès, qui se retiraient on entnln:jnt h* Roi et s'avouaient ainsi vaincus avant d'avoir combaltUt tlonnait hou espoir au cabinet des Tuileries, elle désarn»iq"' ré;jnait à Madrid, depuis que l'expédition était décidée, a«P* moulait rncore celte cunliance.

La révolution espagnole ne semblait pas, en effet, devoir tenir pl^^ fi rnienient devant nos armes que la ri'voluliou napolitaine n'a\ait tenu devant les armes de l'Autriche. <■«-

c u'angocléme roLB l'armée. 163

p'*ndanl il fallail prévoir toutes les chaiires. Si la résistanc« êlait plus opiuîitre qu'on ne le supposait et l'accueil de la population nioing bienveillant, l'anaée française s'établirait 6iir l'Kbre, eu prenant une forte position, et elle attendrait fles instructions nouvelles.

Il est facile de le romprendiT. dan* ce plan général, on n'avait pas négligé le point d'appui militaire et moral qu'on pouvait trouver dans les guérilla» royalistes; partout cites s'organisaient pour agir eu Fspagne ou pour y entrer. Le haroo d'Eroles, Quesada, le curé Merino, le trappiste Bcssiçre et tous les chefs des bandes relevaient leur drapeau el «^iqiprétaienl à marcher en avant de nos troupes. Il était convenu que nous fournirions aux royalistes espagnols des munitious Gt des armes, it la condition qu'ils observeraient la disàplioe exacte et les ménagements dont nous étions résolus à user envers les populations, et qui pouvaient seuls assurer ie succès de l'expédition.

Le duc d'Angouiéme quitta Paris le 14 mars 1823. Avant ion départ, le conseil avail eu à délibérer ofticiellement sur une demande singulière du roi de Naples réclamant, comme une chose lui appartenant de droit, la régence de l'Espagne ^P*?»danl la captivité de Ferdinand. M, de Villèle reconnut rinspiralion de l'Autriche dans cette prétention si peu motî- •'^ d'un prince qui n'osait pas aller régner choz lui à Naples, Puisqu'il continuait à séjourner dans les lïtats autrichiens, et ï**' demandait à aller régner à Madrid. Leprésidenl du conseil Sentit confirmé daus ses défiances contre cette politique de •* Sainte-Alliance, beau prétexte à l'aide duquel le prince de r'^^Aeniich faisait les affaires de la politique aulrichienne. Le ?^>-» qui partageait cette opinion, se déclara hautement contre ^ ï'^clamalion du roi de Naples, el tout Ip conseil se rangea à ^*- avis. Les fonds nécessaires à la campagne étaient assurés,

^ Villèle avait signé, dès le 3 mars, un traité avec >L de

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GRAVE IKCIDENT : ARRESTATION DE M. DE LOSTENDE. 465

Rayonne, par la diligence, le général Pyat avec plusieurs officiers des anciennes armées impériales ' . Celte diligence portait, en outre, une caisse à l'adresse de M. de Lostende, aide-de-camp du général (luilleminot, chef d'état-major général du prince; cette caisse fut ouverte, elle contenait des cocardes tricolores et des aigles, tout le matériel d'une conspiration militaire. On comprend la vive émotion qu'excita celle saisie dans l'esprit du ministère, qui recevait de tout côté des avis alarmants : « L'idée de ces déserteurs à l'ennemi, dit M. de Villèle, la saisie de cette caisse, la position de celui à qui elle était adressée, autorisaient les soupçons les plus fondés. Nous ne pouvions oublier comment l'armée espagnole de Cadix avait été soulevée. Des troupes encore non organisées, appelées a une campagne plus politique que militaire et obligées, dès le début, à tirer sur des Français, sur d'anciens camarades, placés en première ligne pour les appeler à Tinsurrcclion, pouvaient être entraînées. »

En présence de cette situation critique, le conseil n'hésita pas k proposer au Roi l'arrestation de ^I. de Lostende, etTenvoi |. immédiat du duc de Bellune à l'armée avec des pleins pouvoirs du Roi pour prendre toutes les mesures nécessitées par fes circonstances. Le président du conseil fut chargé d'écrire auducd'Ângoulême, qui était encore à Toulouse et qui, avant ^e se rendre à Bayonne, devait passer en revue l'armée des 'Pyrénées-Orientales, pour lui faire connaître ce pénible inci- ^^*nt et lavertir des mesures prises :

« Dans cet état de choses, disait-il en terminant sa lettre, le conseil * pensé et le Roi a adopté cet avis, (|u'ii \Uait dangereux de laisser la charge de major général au général Guilleminul, sans qu'on ait conçu ^ flioindre soupçon de sa fidélité, mais parce ([u*il est impossible que

'• C'est le carnet, les notes poIUiques et la correspondance de M. de Vdlèie ^^* tiOQs fournissent des détails précieux sur cet incident demeuré Tort obscur '' les contemporains.

Mist. de l4 Rcstaur. — T. VI. 30

466 SESSION DE 18:23. — guerre d'espagne.

l'arrestation de sun aide de camp ne porte un coup funeste à 8apt>6iUoii vis-à-vis de l'armée. Monsieur, que je quitte à l'instant, m'a chargé de vous écrire que c'était ce qu'il convenait de faire. »

Ni le duc d'Angoulême , ni le général Guilleminot auquel le ministre de la guerre avait écrit pour l'avertir de la mesure prise contre M. de Lostende , en l'engageant à mieux surveiller à l'avenir ses officiers, n'acceptèrent paisiblement les mesures prescrites par le gouvernement. On voit naître ici cet antagonisme de l'état -major général et du ministère de la guerre, qui devait être une des difficultés de la campagne. Lorsqu'on se place en dehors poiu* suivre le mouvement des affaires, tout semble facile, et l'on dirait que les choses marchent par les rouages d'un mécanisme si bien monté, qu'on n'est, pour ainsi dire, pas obligé de les loucher. Mais, lorsqu'on a vue dans l'intérieur, on découvre les obstacles sans nombre suscités à chaque pas par le conflit des prétentions rivales, des intérêts et des vanités, et par la difficulté de faire concourir au môme but la diversité des caractères et des volontés.

La réponse du général Guilleminot au ministre de la guerre avait à la fois quelque chose d'indigné et de hautain*. Il se sentait atteint dans son aide de camp et protégé par la confiance et la faveur du prince généralissime. La réponse du duc

1. Voici cello lettre : « Bayonne, 2C mars 18?3. — I/ordre que Votre Kicellencc a donné à l'égard de M. de Lostende, mon aide de camp, m'a profondément affligé. ConUant dan» l'honneur et U loyauté de cet oflReler, son arrestation n'est à mes yeux qu'un premier efTet des manucuTres ^e$ eineaiii du Roi. Son Excellence ne tardera pas elle-même à le reconnaître. C'est eo semant parmi nous le» soupçons qu'ils préludent à leurs eou|»ables entrepriiei* Votre Excellence me conseille, dans mon intérêt, de surveiller les officien (pi m'entourent. Mon intérêt ne fut jamais le véhicule de ma conduite enrenic Roi. Je repousse de pareilles mesures envers ceux que J'ai choisis ; iU sont eomme moi gens d'honneur et dévoués. Si Je m*abiiae, al J*ai à ce poi^t l'iiKi* périence des hommes, il faut te liâter de m'ôter à mes hantot fMicliOBi; ]> ne suis pas fait pour les remplir. »

ml:conte>'temknt nr me h'angoulèmf. AOl

d'An.iirmlrmc était pleiiKi dr roidour et faisait présa^rer un rclal IVichcux >i on privistait à Ini inipusiT pom* major général le duc de BcUuiie , pour lequel il avait conçu une véritable antipathie entretenue par son état-major. Voici cette lettre, écrite à Toulouse, datée du 27 mars 1822 :

« La nomination du duc de Bellune, comme major général, ne m*é-* tonne pas; depuis longtemps il y travaillait. Je ne me permets aucune supposition, mais ma position devient toute difTérente, et, craignant de n'être d'aucune utilité au service du Roi, je désirerais qu'il voulut bien s'occuper de mon remplacement. Je serai le 31 à Bayonnc, je verrai les choses par moi-même, et M le 7 avril je n'avais pas reçu de nouveaux ordres du Roi, il est possible que je fusse obligé de remettre provisoirement le commandement au duc de Bellune. »

Il est facile de comprendre Timpression que produisit cette lettre sur le ministère : M. de Villèlc en particulier en fut désolé. Quel serait l'effet du départ du duc d'Angouléme sur le moral de Tarmée, de la chambre et sur l'opinion publique en France eten Europe, départ coïncidant avec le jour où Ton devait entrer sur le territoire espagnol? Quel début pour une campagne ! On fit agir Monsieur auprès de son fils; et le frère du Roi écrivit au président du conseil pour le rassurer et lui donner Tassurance que ce n'était là qu'un premier mouvement dans lequel le prince ne persisterait pas; il ne songeait même plus à demander son rappel*. Le môme jour où il recevait cette lettre , le président du conseil écrivait au nom du Roi au duc d'Angouléme pour lui prescrire de garder le commandement.

A la lettre officielle qui contenait cet ordre était jointe une lettre particulière de M. de Villèley dans laquelle il s'exprimait ainsi :

« Tout serait perdu, si Votre Altesse Royale persistait à reftiser le

f . Celte letlra Un oooite d'Artois, mentionnéo par le carnet de M. de Villèle, était dat'ic du 31 mars.

468 SESSION DE 1823. — guerre d'Espagne.

commandement de l'armée. L'affaire de M. de Lostende est on ne peut plus malheureuse; mais, comme le disait le Roi il n'y a qu'un instant: Dieu lui-même ne peut empêcher que ce qui est fait soit fait. Dans les circonstances données, on ne pouvait laisser les choses en l'état ; ce qui importe, c'est que le général GuiHeminot conserve Testime de Monseigneur, qu'il reste auprès de lui et qu'il exerce les fonctions temporaires qu'il plaira à Votre Altesse Royale dé lui confier jusqu'à ce que le maréchal de Bellune puisse quitter les fonctions de major général et venir reprendre le ministère de la guerre. »

Ce qui achevait, en effet, de rendre la situation presque inextricable, c'est que, presque immédiatement, dans la prévision de l'explosion d'un complot militaire que tant de circonstances rendaient vraisemblable , on s'était hâté d'insérer au Mojiiteur la nomination du duc de Bellune comme major général, et on l'avait fait partir immédiatement pour Baronne. Il y était arrivé le 30, et dans la soirée il avait été reçu par le duc d'Angouléme, qui, de son côté, venait d'arriver dans cette ville.

Voici en quels termes le duc de Bellune rendait compte à M. de Villèle de sa première entrevue avec le prince' :

a J'ai eu l'honneur de présenter mes hommages à Son Altesse Royale hier soir à 7 heures, et je ne puis dire avoir été bien accueilli. Sans me donner le temps de lui faire mes compliments, Son Altesse Royale me dit : « Monsieur le maréchal, je vous préviens que j'ai écrit « au Roi pour lui demander la révocation de l'ordonnance qui vous (( nomme major général de mon armée, et que, si elle m'est refusée, « je quitterai le commandement qui m'a été confié pour vous le céder. « Je suis bien décidé à ne pas jouer ici le rôle secondaire que l'on « paraît vouloir m'imposcr. Les raisons sur lesquelles on a d'ailleurs « fondé cette récrimination ne sont pour moi qu'un prétexte pour <( éloigner le général Guilleminot, dont je suis très-satisfait. » A cette sortie imprévue, je répondis que j'étais venu d'après les ordres du Roi, sans les avoir provoqués et dans l'intention de contribuer à 1* gloire du prince et au succès de nos opérations, autant qu'il était en moi ; mais que, puisque Son Altesse Royale me voyait avec déplaisir, j'allais attendre les nouvelles dispositions que 4e gouvernement du Roi prendrait à mon égard. »

Le maréchal ajoutait que les dispositions du prince lui avaient paru telles, qu'il n'avait pas cru pouvoir aborder avec lui la question du remplacement du général Guillemiuot. Il donnait ensuite les détails les plus satisfaisants sur l'étal de l'armée; elle paraissait animée des meilleurs sentimeuts; les régiments dont elle se composait avaient une attitude trèsimposante; leur tenue était belle, et le marécbal ne se rappelait pas avoir vu des troupes plus disciplinées. 11 abordait ensuite la question des approvisionnements qui commençait à inquiéter à Paris, à cause des rumeurs répandues sur leur insuffisance, et, tout en se plaignant de ce que ses ordres n'avaient pas été ponctuellement exécutés par le comte Andréossy, il croyait puuvoii' affirmer que les magasins contenaient de quoi alimenter l'armée pendant son séjour sur la ligue qu'elle occupait, et de quoi lui fournir quinze jours de vivres au moment où elle entrerait en Espagne. Le maréchal terminait en se plaignant des procédés du général Digeon, qui avait l'intérim du ministère de la guerre, et ne cachait pas qu'il craignait qu'où ne tramât quelque chose contre lui dans cette administration. Il était évidenl que le contre-coup des dissentiments du ministre avec l'étal-major général se faisait sentir jusqu'à Paris. Le duc de Bellune n'était rassuré, disait^il, que par la bienveillance et l'amitié éprouvée de ses collègues, A la fin de cette lougue lettre , ce glorieux soldat, incapable de se laisser entraîner à un déni de justice par les mécomptes qu'il éprouvait, rendait au général fiuilleminot un loyal témoignage. Voici ses paroles :

« Je ne terminerai pas celle lettic saii» vuus amunn-r que la tniiduile de M. Iii général GuiUeniiiiut Lbt sans rLpiudii., qut I un se luuu des dispositions qu'il a faites jusque prisinl pour assurer le bienêtre de l'armée et la préparer & entrer eu cainjiapne »

L'explosion de la conspiration militant, qu un a\iit eu des

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