SESSION DE 18i3. — guerre D'ESPAGNE
motifs sérieux d'appréheuder après la saisie de la caisse des cocardes tricolores, n'ayant pas eu lieu, il devenait évideot qu'il ne restait qu'une chose à faire en présaacc de cette résolution fermement arrêtée du prince, de quitter le commandement si on persistait à lui retirer le général Guilleminot dont la conduite loyale et honorable était reconnue par tout le monde : c était faire revenir le plus tût possible le maréchal, en colorant son apparition à Tarmée par un prétexte qui ne mit pas le public dans la confidence de ces fâcheux débats. Le duc de Bellune, à qui le duc d'Angoulémc avait offert le titre de commandant en second sans attributions spéciales et qui avait refusé cette sinécure peu digue de sa vieille réputation militaire, trouva lui-même ce prétexte. Il anuonra à M. de Villèle, dans une lettre écrite de Baronne, à la date du 4 avril 1823, qu*il était résolu à revenir à Paris, et que pour atténuer, autant que possible, Teffet de ce retour, il verrait toutes les troupes, prendrait des notes sur leurs besoins et les accompagnerait au passage de la Bidassc»a qu'elles devaient franchir le 7 ami. II. parcourrait ainsi toute la ligue jusqu'à Perpignan, verrait également le quatrième corps, ainsi qui» ses approvisionnements de toute espèce. Son voyage se trouverait ainsi motivé et Ton préviendrait les commentaires de la malveillance. Il renouvelait du reste les éloges qu'il avait donnés à l'armée : c'était une des plus belles que la France eût eues depuis longtemps, et elle était animée du m^âlleur esprit. Mais, tout en cherchant à rassurer le gouvernement et peut-être à se rassurer lui-même sm* Tétat des subsistances, il hissait percer, à ce sujet, des craintes, qu'un avenir prochain ne devait que trop conflrmer '. Restait la situation particulière de M. de Lostende pour lequel M. fiuîUeminot,
I. Nous transcrivons texIucUomcnt la pliragc suivante ilc la^letlre da duc de Dellune : « J*ai dans le« mnins et je me réserve de itoumcttre au coiiseil let preuves irréeusaiilcs que raduiini.-lnlioo de« subdistances n'a pos exéeuAé ou
SI. DE LOSTEHDE EST BECOSKV INSOCEHT. 471
encouragé par un premier succès "-l par l'appui du prince, demandait ime mise eu liberté immédiate et ia réintégration dans rétat-mnjor avec un avancement. M. de Vitlèlc réponiSt avec une respectueuse fermeté au prince qui insistait sur ces demandes, qu'il y avait une instruction commencée, qu'elle devait suivre son cours et que la justice pouvnit seule prononcer. Il ne suffisait pas qu'on n'eût trouvé jusqu'à présent dans la conduite de M. de Lostende rien qui motivât cette fatale adresse inscrite sur la caisse pleine de cocardes tricolores ; il fallait qu'on trouvilt l'esplication de ce fait jusque-là inexplicable, il importait à cet officier même que sa justification fût complète. Ce ne ftit qu'environ qiiinze jours plus tard, le 20 a\ril, et alors que la campagne était déjà commencée, que M. de Villèie put annoncer an duc d'Angoulême que M. de Ltfstende, après un arrêt de non-lieu motivé de la manière la pUishonnrablepour lui, parlaitponrallerreprendre son poste aupri'g de son généra], avec re grade qui était à la fois un juste dédommagement et un avancement mérité. Ainsi se lermina cet incident qui avait failli compromettre le début de la campagne, et qui fut pour le gouvernement royal une difficulté de plus avi milieu de tant de difficultés, en aggravant le différend entre le ministre de la guerre et l'état-major général '.
Le duc d'Angoulême, touché de la eonfiajice du Roi , faisait avec le général tîuillemiuot , qui éprouvait le besoin de justifier la faveur dont il jouissait auprès du généralissime, les derniers efFort.« pour entrer immédiatement en campagne,
(lu maioB n'a nécalé qui forl lard Ici ordrea qu'elle > reçut de moi, mu uo]« lie Jain, el que J'ai rauTenI répéléi depuii, de pourvoir lux approWalonntoMnli do l'annie. ■
t. En Mtabre 1833. I« dernier iii»e« qui £lal( retU tar celle téoJlHWiic nflkire Toi illail])^ : ud Jngemetil ilu Irilimial do [loUcc (orreellonnelle condamn> m 'Ifet i dem ans d'eraprlionnement le Vfeni La Mnrine, réruglé m RiipapN , recoBDD canpoble d'anilr parlé i U dilifenre la eilue de eocardn trleolorea et d'avoir écrll sur l'elle laiue TtidreeEc de S. de Loelcnde juMir t>rol£ger un ntrol.
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comme le présideul du conseil ne cessait de l'en prtSBer^ ' Avaut de faire ce pas déci&if, il y avait encore eu deux graves affaires h régler au quartier géDéral.
La régence de la Seu d'Urgel, réfugiée en France, on l'a vu, après les désastres de sou parti, voulait reprendre ses pouvoirs, et elle aspirait manifestement à absorber le dur d'Angouléme et ù exercer la suprûme direction, ce qui aurail réduit Je gouvernement frnnçaîs à un rûle subalterne et dépendant. Ses propositions transmises au prince par son président, l'arebevêque de Tnrragone , se réduisaient à ceci ; U régence ferait une proclamation pour annoncer l'entrée des Français en Espagne; elle nommerait le duc d'Angoulètne généralissime des troupes espagnoles, elle l'acceplerail comme président. Ces propositions inacceptables furent repoui^sées, et le duc d'Angouléme, avec l'autorisation du gouvernemeifl français , annonça à l'ancienne régence qu'elle ne serait pM reconnue, et que l'archevêque de Tarragone serait seul admis dans la nouvelle junte qu'on allait former. Il y avait, cummf arrive presque toujours aux partis vaincus, des divisions et des rivalités d'ambitions parmi lés royalistes espagnols réfugiés en France. Le marquis de Malailodda, d'un cftté, el le général Kguia, de l'autre, voulaient organiser des juntes rivales. M. de MaUignac et M. de Caux, nommés commissaires civils auprès du duc d'Angouléme, s'étaieut en vain interposés pour amener un rapprochement entre les deux fractions opposées. Le marquis de Malaflorida avait adressé au duc d'Angouléme une lettre pleine de jactance castillane ei daos laquelle il protestait contre le refus que faisait le priuce do reconnaître la régence d'Urgel. L'archevêque de Tarragone avait repoussé les ouvertures que lui avait faites , le 12 mars, le général Éguia, en lui écrivant pour l'engager à faire partie d'un conseil de gouvernement avec l'év/lque d'Urgel, don Antonio Calderon, don .lean-HaptîsIe d'FliTo l'I
CREATION DUKE HOtîVELLK JlNTi;. ^73
don Pierri; finmarest, suppléant du baron d lù'oliis. L'urchc-véque de Tarragone décliaa celle proposition, en atléguanl l'exislence de la régence dT'rgel, el il fil phis tard une véponse analogue au duc d'Angoul^me , en motivant de la manière la plus offensante ' son refus, auquel s'associèrent les évéques de Valence, d'Urgel et de l'ampelune. Les Espagnols ont été de tout temps les gens les plus diTficiies du monde à senir, parce qu'ils veulent Ctre servis à leur manière et sentendent rarement entre eui eur lu manit're dont ils veulent être servis. Au fait , In régence d'Urgel ne représentait guère ■que les pouvoirs qu'elle s'était donnés elle-mi'me, elle avait joué sa partie et elle l'avait perdue. Le gouvernement français, au moment de jouer la sienne , désirait qu'il y eût un centre d'aclion espagnole, parce que cela favorisait son entreprise en lui donnant un appui moral qui éloignait toute idée de conqui^te et en lui apporl;mt un appoint militaire; mai)^ il était n'solu à consener la direction complète de l'en (reprise, condition essentielle du succès et droit inhérent à la responsnbilité qu'il assumait envers la France.
II passa donc outre, et le duc d'Angoulème constitua une junte suprême composée du général Rguia, président, du baron d'iïroles, qu'on nomma quoiqu'il fût absent, do don Gomez Calderon et de don J.-U. de Erro, qu'on avait vu pendant quelque temps à Paris, et avec lesquels on espérait pouyoir s'entendre, (tu avait choisi comme président le général -l'Igilia, parce qu'il exerçait un certain ascendant sur les chefs de guérillas °, dont il était bien difficile de diriger les mouve-
1. •■ U nnuvclle junte, dJuEl'il, UoU (^Irc repiouMée avec Indignallon par loni 1m JDjaut Etiiagnoli qui rEgardeiil comme une rékeilion loutuiultremenl eontri! un goiivertii-inenl recDunu et comiDi! un parjure loulo viDialIoii d'un wnBcnl. Il eat doni: A erainilrB que li^ dSiiips |irln(?rpïB qui leur Iniplrenl tanl U'IiariFur vonlre ta rtyoUe de Vite de Uon ne le» parlEnl jgileuienl b hHr rin*urr«llon «uidtée conira la régence. >
3. ^olu fmpranloiu ce détail k uns kilr^ du j.-i'nl'ral Guillrminol.