Ei5W5 DE 1823. — GrEBRE d'espacée
d'autoriser en app^irence les prêteDlîonè des royalties esj smols, qui aviiiem déji voulu substituer leur direction ^ nAtre : miis II fallait d'abord pourvoir à une nécessité de pi mier ordre, celle de rassurer l'Espagne, de satisTaire les su reptibîlilrs de cette nation si jalouse de son indépendance. L reste notait qu'une question de conduite. Nous étions ayeris. avant nn^mn l'ouverture de la campagne, que nous aurioib affaire àdes anviliiiiresdifficilr'S et incommodes: c*étaitassexdek savoir sans le dire a Ja France, à l'Europe et surtout à rEspsgw. Lorsque dms la séance du 10 avril 1823, le général Digeon, ministre par intérim de la guerre, monta à la tribune de h chambre des députés pour lire les dépêches où Ton anootçait l'épisode du 6 avril, c'est-à-dire le coup de canon tift contre le drapeau tricolore par le général Valin, et le lewtmnin 7 avril, la Bidassoa passée par Tannée française et k duc d'Anpouléme entré le jour même à Irun, au bniil (te cloches et des vivats de la population, de longues accIamatioB» s'élevèrent. La droite seide continuait à siéger, la ffauche n'avait pas reparu dans la salle depuis Tincident de M. Manoei' Les royalistes de toutes nuances se réjouissîdent d'une pKîfff commencée sous ces heureux auspices, de ce nuage noir qtti roritniait les deraières espérances des ennemis de la dy^I»ti»? crevé par les boulets des artilleurs du général Valin. I^ membres de l'extrême droite qui, depuis la retraite de l» gaurhr;, s'étaient constitués en contre-opposition, au no^lb^' de quinze environ, sous la direction de MM. de la Boiirdoo* nayc et de Lalot, tant il est vrai que la présence de la p^^^ était nécessaire h l'union de la droite, avertis du péril con»mun dont elle était menacée, affectaient de triompher plu:* h^ (\\w tout le monde des dernières nouvelles. Quant à eiii, ^ avaient toujours voulu la guenv, ils y avaient poussé kttn^ trre (jui sans eux ne l'aurait point faite, c'était leur thème à*tous les jours.
DRUNIhUS DKHATS : LA CONTiŒ-OlTOSITloN DL IHil»ITL:. 471)
Du moins aiiraieiit-il dû comprendre que, puisque la guenv se faisait, il fallait uniquement songer à la bien fixire, au Heu d'élever des discussions stériles entre les belliqueux de la veille et ceux du lendemain, et surtout d'attaquer d'une manière violente le ministère qui portait le drapeau de la France dans un moment critique et au milieu de difficultés qui n'étaient pas toutes connues, mais qu'il était facile de soupçonner.
Malheureusement, je Tai dit, l'esprit d'opposition étak entré dans un grand nombre d'esprits de la droite, avec ses emportements, ses exigences, ses dénigrements pessimistes, pendant les longues campagnes parlementaires contre M. Decazes et le duc de Richelieu, et n'en était plus sorti ; le gouvernement représentatif, qui met le pouvoir au concours, avait ajouté aux divergences des esprits ses tentations naturelles ' . Il faut tenir compte aussi de cet enivrement des succès de tribune, si nouveaux pour cette génération, succès que Ton rencontre plutôt dans la passion oratoire que dans la mesure politique. On songeait à paraître, à briller, à arriver bien plus qu'à ser\'ir, et à force de regarder au-dessus de sa tête cette citadelle du pouvoir dont on voulait forcer l'entrée, on oubliait ce qui se passait à ses pieds. Quand, à Tépoque où nous sommes, on lit ces violents débats sur lesquels le temps a passé, et qui produisent aujourd'hui l'effet de couches de laves refroidies, il est impossible de ne pas porter ce jugement sur des hommes qui, à la veille de la session, négociaient encore avec le ministère, auquel ils auraient accordé leur concours s'il avait accueilli leurs prétentions. C'est là, je le sais, une des misères de ce noble gouvernement
1. Dans la séance du 31 mars, où M. de VaublaDC indista stir les prospérilés agricoles et commerciales de tout genre dont jouirait la France • si elle était gimfemée par des hommes d'État instruits dans l'art de goaverner, et aynnt de grandes \ues et des desseins élevés, » la chambre, qui vit que M. de VAiblanc se reconnaissait dans ce portrait, salua cette confldencc naïve d'un long éclat de rire.
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qu'on appelle le gouvernement représentatif : les ambitions, les vanités, les intérêts personnels, s'y embusquent derrière des idées, ou môme des semblants d'idées. Que celui qui a réellement des idées politiques plus larges, plus pratiques, plus utiles à son pays que celles des gens qui le gouvernent ait l'ambition d'appliquer ses idées, il n'y a là qu'une légitime ambition; mais que ceux dont la politique est toute négative, qui, incapal)les d'agir, se posent en critiques impitoyables de toute action et se mettent en travers du gouvernement sans savoir gouverner, c'est là une ambition stérile et malfaisante.
Ce fut surtout à propos des lois financières que le débat s'engagea entre la contre-opposition, siégeant à l'extrême droite, et le ministère. 51. de Vaublanc, soutenu par M. de Lalot, avait ouvert la lutte en proposant la formation d'un comité d'enquête, chargé de réunir les éléments nécessaires pour que la chambre pùl se faire une idée exacte de Tétat de l'industrie, du commerce et de l'agriculture en France, sans être obligée de se fier aux documents fournis parle ministère. M. de Villèle fit rejeter la proposition par cette simple observation de bon sens : Si le comité dont il s'agissait se renfermait dans le cadre qu'on lui traçait, il serait inutile, car il n'apporterait pas à la chambre une seule lumière qu'elle ne trouvât dans les documents fournis par Tadrainistration ; s'il en sortait, il deviendrait dangereux, parce qu'il empiéterait sur le pouvoir de l'administration.
Dans la séance du 31 mars, à propos de la discussion générale du budget, M. de la Bourdonnaye demanda la parole, et, annonçant qu'il ne venait point débattre des chiffres, mais attaquer l'ensemble des actes du gouvernement, il prononça contre le ministère, et en particulier contre le président du conseil, une furieuse philippique. Selon lui, le budget présenté par M. de Yillèle, ce financier si positif et si exact,
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comme le reconnaissaient ses adversaires marnes, était un budget fictif qui ne méritait pas l'honneur d'une séiieiise controverse, car, présenté en temps de guerre, il ne prévoyait pas tous les besoins du service de la paix. Puis il continuait ainsi :
■ Tandis que vous rassemblez sur les Pjrûnées une arcniJe d'opération nombreuse, pour impaser aux cortôs el leur dicter U paii, vous ne prépare» £k rintérieur ni une armée de réserve pour la soutunir, ni les députa sufnsants pour la tenir au complet, et vous laisserez finir la tession sans nous demander les hommes et l'argent nécessaires poor pousser vivement la guerre, y obtenir des succts el ks rendre durables. »
Les griefs politiques de l'urateur n'avaient rien do nouveau. Il reprochait à M. de Vîlléle d'avoir cherché à amener ime transaction entre Ferdinand el les cortés, de ne pas avoir puni ceui qui provoquaient la désobéissance de l'armée, de ne pas avoir arrêté les progrès des irociétés secrètes. Plusieurs foifi cetl« philippique, aussi vide et aussi injuste dans le fond qu'inconvenante par la forme, avait provoqué les mtirraures de la majorité. M. de la liourdonuaye, sortant de ces généralités banales, arriva à des faits plus précis et plus récents; il fil trois reproches à M. de VUlêle i il l'accusa d'avoir désorganisé la régence d'L'rgel , on a vu quelles étaient les aspi- 'ratioDS de celte régence et sa prétention de faire de la France UQ instrument ; d'avoir entouré le duc d'Angouléme c d'une commission diplomalique et législative, dont ou pouvait pré- "Voirla marche tortueuse et la politique conciliante; » d'avoir, à dessein, fait des préparatifs insuffisants, parce qu'au fond il ne voulait pas la guerre ' ; et, comme la difficulté des subsistances, qui se manifestait en ce moment à la frontière, avait
1. ■ [.H* prépara tir» ajipnrenlK I mciurci réelles pour 1r liait. •
482 SKSSTON DE J823. — GlERRE d'eSPAGNE.
transpiré, il prétendit que, par la faute du ministère, notre cavalerie manquait de fourrages et que les besoins les plus pressants se faisaient sentir. Les murmures de la droite et du centre couvrirent ici la voix de l'orateur ; on lui criait de tout côté : «Ce n'est pas vrai! » et M. Forbin des Issarts, un des députés les plus ardents de Textréme droite, ajoutait : a Quand cela serait vrai, faudrait-il le dire à la tribune?» Mais M. de la Bourdonnaye n'en continua pas moins ses attaques. II fal* lait bien amener cette apostrophe adressée à M. de Villèle :
« Vivant au jour le jour, comme vos devanciers, sans pussiun poiir le bien, sans horreur pour les traîtres, calme par indifTérence et modéré par faiblesse,- qu'avez-vous fait de grand pour la France qui mettait en vous son espoir? Avez-vous enchainé la révolution? L'tfezvous seulement attaquée corps à corps? Ne l'avcz-vous pas plutôt défendue contre nous par votre faiblesse et peut-être par vos insinuations ? N'est-ce pas à vous que les doctrines les plus effroyables devront de retentir encore à cette tribune et de profaner cette enceinte? »
Cette dernière accusation était uu témoignage rendu à M. de YiUèle, qui, sans vouloir intervenir publiquemeut aa débat soulevé pour l'exclusion de M. Manuel, avait fait comprendre à ses amis ce qu'il y avait d*exorbitant à casser l'élection d'un député , et avait suggéré Tidée de remplacer par une peine disciplinaire, portant Tcxclusion temporaire, cette exclusion absolue dont M. Royer-Collard avait démontré Ténormité. M. de la Bourdonnaye termina en amionçant qu'il refusait des subsides à un ministère qui, par sa faiblesse et ses temporisations, préparait, dismt-il, une guerre interminable dont les chances seraient funestes pour la France et inquiétantes pour l'Europe.
La chambre refusa d'instinct Timpression de ce discours. 11 n'enirait pas dans Tesprit de M. de Villèle de répondre aax violences par la violence. Rien n'excitait autant ses dédains que ces banalités injurieuses, vains oripeaux qui traînent dans