DKBATS FINANCIERS I M. DE VILLÈLE
toutes les harangues d'une opposition systématique. 11 s'attacha donc uniquement à démontrer ce qu'il y avait de complètement inexact et de peu équitable dans l'appréciation de son administration et dans l'exposé que M. de la Bourdonnaye venmt de faire :
« Je monte uniquement à cette trilmne, dit-il, pour rectifier des faits qui pourraient avoir des conséquences fâcheuses sur notre crédit et la situation générale de notre pays. Nous nous sommes expliques catégoriquement, lorsqu'arrivant à l'année 1823, et prévpyaut qu'il pourrait y avoir un surcroit de dépenses pour cette année, nous avons demandé un crédit supplémentaire de 100 millions. Nous avons fait deux parts : Tune des dépenses ordinaires , l'autre des dépenses extraordinaires. Nous avons dit, et c'est la réponse la plus positive que nous puissions faire aux allégations que vous venez d'entendre : les dépenses ordinaires de l'État doivent être couvertes avec le produit des impôts, et c'est au crédit que vous devez demander les moyens de satisfaire aux dépenses extraordinaires.
« Une grande partie du discours du préopinant est consacré à représenter le trésor royal et les finances dans un tel état, qu'il serait impossible de pourvoir aux besoins du service.
a C'est un des princii)aux motifs qui m'ont fait monter à la tribune. Il importe que la chambre d'une part et le public de l'autre connaissent en réalité la vraie position du gouvernement sous le rapport des finances.
« Le trésor a avancé sur les rentes que vous avez créées et qui s'élèvent, comme l'a dit le préopinant, à 23 millions, le payement de deux cinquièmes de reconnaissances de liquidation et des premières dépenses extraordinaires de l'armée. Le préopinant a oublié dans son éuumération qu'une partie de ces 23 millions de rentes était destinée à couvrir des dettes qui heureusement ne sont pas encore échues, et qui ne doivent échoir que les années suivantes. Le trésor avait à payer cette année 70 millions de reconnaissances de liquidation qui viennent d'cchoir le 22 mars dernier. Il avait en même temps à faire le service du semestre de la rente. Sur ces payements il ne reste à acquitter aujourd'hui, sur les reconnaissances de liquidation, que 10 millions 500,000 fr. ; sur le semestre de la rente, que 27 miUions 500,000 fr. Le trésor a demandé à la Banque 100 millions, qu'elle a prêtés au taux le plus modeste. Le ministre n'a encore eu besoin que de è>0 millions p<>ur faire les payements dont je viens de parler. Il lui reste encore un crédit de 50 millions ouvert à la Banque , et il n'a, comme
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je l'ai dit, que 38 millions à paver pour couvrir son service. Le tn*-S4.»r avait à faire face à d'autres dépenses : ce sont les dêpen>es extraordinaires pour lesquelles nous avons demandé un crédit de 100 millions. Il ne faut pas croire que le ministère ait pensé qu'il suffisait de faire successivement les fonds nécessaires pour des dépenses aussi urgentes que celles de la guerre; il a préparé des sommes proportionnées aux besoins extraordinaires qui devaient se présenter. Ainsi, apK'S avoir contracté avec la Banque un emprunt de 1 00 millions, il a traité avec d'autres l»anquiers pour une somme de 40 millions, ce qui fait UO millions. Ce dernier traité a été fait à des conditions telles que les lions de la caisse de service n'ont été donnés qu'à 5 p. 100 d'intérêt, et qu'il est accordé une commission de 3 huitièmes à la personne chargée de la négociation de ces bons. Le trésor a renoncé à émettre d'autres bons tant que durerait le marché ; ce qui prouve que le trésor n'a pas d'autre négociation à faire.
« La situation se trouve ainsi établie : sur les iOO millions empniotés à la Banque, il reste 12 millions de disponibles, puisque siu* les 50 millions qu'elle nous doit encore, presque 38 millions sont nécessaires pour terminer les services prévus par cet emprunt. Le trésor a on caisse aujourd'hui 16 millions à Paris; les caisses établies sur laUgne des Pyrénées avaient le 24 mars, dernier jour dont nous ayons reçu des nouvelles de Bordeaux, le 22 mars de Bayonne, le 21 de Toulouse, le 20 de Perpignan, 20 millions 500,000 francs.
(( Je vous demande, messieurs, si les allégations qui ont été faites sous le rapport du danger de la situation de nos finances et du dénûment pré'tendu dans lequel notre armée des Pyrénées serait laissée, ptwent C'tie combattues d'une manière plus positive que je viens de le faire. Je ne me suis j)roposé que ce but en montant à cette tiibune, parce que c'était le seul vraiment utile.
La campagne de la contre-opposition de droite n'était pas terminée. JVIM. de Bouvillo et Hyde de Neuville, qui avaient aussi leur rôle dans cette guerre, prirent la parole,. le 2 anil 1823, pour combattre Tadrainistration financière de M. à' Villcle, et M. Hyde de Neuville en particulier se plaignit — reproche banal qui n'était accompagne d'aucune preuve — de Texagération d'un budget de 900 millions , dont « le Royaume des fleurs de lis, dit-il, n'avait pas besoin pour être un grand et puissant État. » Le lendemain, 3 avril, M. de Lalot prenait à son tour la parole pour faire la revue, non