SESSION Di: 1823. — glt.uui: d'esi'agxe
les finances de la France; dans le second, nos auxiliaires espagnols soulèveraient, par leurs exactions et leurs pilleries, un mécontentement qui pourrait tourner contre notre expédition. C'est ainsi qu'à mesure qu'on avançait, de nouveaux problèmes se levaient.
Dans ses lettres des 17, 4 8 et 20 avril, le président du conseil répondait à la plupart de ces questions. Il avertissait le prince qu'aux i 0 millions qu'il mettait mensuellement à sa disposition, à Bayonne et à Perpignan, pour les dépenses de l'armée française, il ajouterait 2 millions pour les subsides à fournir à l'armée de la Foi ; seulement il était inutile que la junte connût le chiffre de la somme allouée, ce qui pourrait exciter les convoitises. En outre la justice et la nature de notre gouvernement exigeaient que la subvention faite aux royalistes espagnols prît la forme d'une avance faite par le gouvernement français au gouvernement espagnol.
Dans sa lettre du 20 avril. M., de Villèle s'exprimait ainsi, en montrant que le sens politique dominait chez lui les considérations d'économie, qui, tout importantes qu'elles fussent, ne devaient venir dans cette affaire qu'en seconde ligne :
« Nous sommes aux anges de la belle conduite de notn» armée et des dispositions satisfaisantes dans lesquelles vous trouvez la population espagnole. La noble mission de notre armée va ainsi être accomplie, et cela servira de réponse à la mauvaise disposition de l'Angleterre et à la méfiance des puissances continentales. Il faut conserver jusqu'au bout ces deux avantages. Je sens combien il importf que notre armée pave tout et puisse toujours tout payer. Aussi je prends toutes mes mesures pour que Votre Altesse Royale ait sans cess«* à sa disposition toutes les sommes dont elle a besoin. Je sais plus qu'un autre que le succès, c'est-à-dire notre existence elle-même, tient en grande partie à cette dépense, à l'ordre qu'elle garantit dans l'armée, Il l'appiit dont elle doit être pour la population, et, tout grognon que doive être un ministre des finances à pareille fête. Votre Altesse Rotale peut être certaine que, sauf les abus qui partout sont un mal, loin de me plaindre des dépenses utiles que vous ordonnerez, je serais désolv
LETTRES Dl' DUC m'aNGOILÈME ET HE M. DE VILLÈLE. 509
lie voii* un résultat utile recul»? d'un jour par une dispendieuse économie. Y>
Il était impossible de parler un langage plus sensé et de tenir une plus sage conduite. Dans la même lettre, M. de Villèle annonçait au duc d'Angoulême que, lorsque le prince serait à Madrid, tous les ministres des puissances s'y rendraient. 11 ne voyait aucun mal à cela. Ce qui eût été honteux, ajoutait-il, ce qu'on eût bien voulu et ce qu'on n'a pas osé nous proposer, parce qu'on avait prévu que le Roi refuserait, c'était d'avoir des «linistres comme commissaires de la Sainte-Alliance auprès du généralissime pendant la campagne.
M. de Villèle, avec sa prudence et sa prévoyance financière accoutumées, se prononça dans sa lettre suivante (21 avril) contre l'idée d'un emprunt, que la junte songeait à conclure par l'intermédiaire de M. Tourton, associé de M. Ouvrard. Ferdinand Vil, une fois libre, ne pourrait aviser au triste état des finances espagnoles qu'en recourant au crédit, et pour obtenir ce crédit, il serait obligé de reconnaître les emprunts antérieurs faits en son nom. Or celui dont il était question serait souscrit à des conditions déplorables, et le taux servirait de précédent. En outre, le gouvernement espagnol se trouverait, sans concurrence possible, livré aux prêteurs d'aiijoiu*d'hui. Les hommes d'argent, ajoutait le ministre des iinances, ont un honneur à leur manière, qui les empêcherait de- figurer dans des opérations de ce genre avec ou môme après tels ou tels financiers. C'était ce qui avait déterminé le président du conseil à fournir aux dépenses urgentes des royalistes espagnols.
Outre ces difficultés inhérentes à l'expédition, s'ouvrait le chapitre de l'imprévu. Un incident grave vint, avant la fin du mois d'avril, compliquer la situation. On a vu que le Portugal s'était ému à la nouvelle de l'intervention française , et qu'il avait mis l'Angleterre en demeure de protéger le régime consti-
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luiionDcl établi daos la monarchie portugaise. Le cabioel df Londres, tout en déclinant une intervention dans les affaires intérieures du Portugal, s'était engagé à le protéger contre toute attaque venue du dehors. Or on apprit tout à coup que le comte d'Amaranthe, qui avait levé le drapeau contre la forme nouvelle de gouvernement. établi en Portugal, venait d'effectuer sa retraite devant les forces constitutionnelles envoyées de Lisbonne contre lui, et qu'arrivé sur le territoire espagnol, à la tête de 800 chevaux et de 2,000 hommes d mfanteric, il proposait ses senices à la junte et au duc dJAogoulOme. Le président du conseil transmit aussitôt au duc d'Ângouléme les instructions du gouvernement (24 avril i 823], au sujet de cette nouvelle complication :
« Le «l.iriijror de fournir un sujet de rupture à l'Angletem», lui écri- >it-il, est de beaucoup supérieur à Tutilité dont nous pourrait ètrecf petit corps de Portu^^ais. Votre Altesse Royale doit éviter toute relation directe avec Svlveira, et lui faii'c donner l'avis indirect de se maiattînir dans son pays et d'y profiter de l'eflet moral de notre expédition. S'il persiste h combattre en Espaf^ne les ennemis que Votrt? Altesse Royale va y chtTcher, on ne peut l'en empêcher, mais on ne doit co»certer aucune «opération avec lui. »
(!e fut la ligne qu'adopta le duc d'Angoulême, et il répondit dans ce sens à la junte, qui le pressait d'entrer en pourparlers avec le comte d'Amarantlie. Ce n'était pas le seul souci qu^'lle lui donna. Elle voulait se faire reconnaître par les puissances éti'angères, et le gouvernement français vit, dans l'insistance qu'elle montrait à ce sujet, l'indice d'une partie liée avec M. de Metteriiich, qui avait d'abord mis en avant la régence du roi de Naples, puis qui suscitait celle du prince de Lucques, pour substituer, sous le masque de cette ingérence italienne, Tiniluence de l'Autriche à celle de la France, a Nous sommes, depuis six mois, en butte à toutes les diCBcultés, écrivait à ce sujet le président du conseil au duc d'AngouIéme :
LE DUC D'aNGOI'LÊMî: marche SL'Il MADRID. oll
Dieu aidant, nous les surmonterons. » >l. de Yillèle faisait savoir au prince, par la même lettre, que M. Ramon d'Alvarado, émissaire secret de Ferdinand VII, s'était présenté au Roi avec un pouvoir signé du prince, qui l'accréditait et demandait créance pour ce qu'il dirait de sa part. C^r Ferdinand faisait savoir à Louis XYIII qu'il était certain d être bientôt conduit à Cadix pai* les constitutionnels ; mais ils seraient obligés de le remettre aux mains du duc d'Angoulôme, si celui-ci, après avoir établi un gouvernement provisoire à Madrid, se portait rapidement sur Séville et sur Cadix avec une partie de son armée, pendant que les forces navales menaçaient cette ville du côté de la mer. Les deux étapes de la campagne étaient clairement indiquées : de Rayonne à Madrid, de Madrid à Cadix. Le roi Ferdinand faisait parvenir cet avis de Séville, où il était arrivé dès le J 0 avril avec la famille royale, entraînée comme lui par les constitutionnels, dans leur retraite, qui pouvait passer pour une fuite.
Le duc d'Angoulôme, séjournant encore à Vittoria, répondait au président du conseil, à la date du 24 avril, en le tenant au courant des opérations militaires, des contrariétés qu'il éprouvait de la part de la junte, de ses espérances, de ses idées sur l'Espagne, et de ses projets :
« Si rien iic dérange mes projets, disait-il, je com|)tc être vers Je 25 mai à Madrid. J'ai dit à M. de Mailignac de prévenir la Junte du mauvais effet de sa proclamation et de rengainer à en donner une autre pour inviter tous ceux qui sont partis à retourner chez eux sans inquiétude. J'espère l'obtenir en ne fournissant de l'arçent qu'à cette condition. Ih^puis que je suis en Espagne, il y a bien eu quelques menaces, mais, jusqu'à présent, je ne sache pas qu'il y ait eu une seuh^ vengeance d'exercée. Après avoir consulté mes généraux de génie et d'artillerie, je me décide à ne pas faire les sièges de Saint-Sébastien et de Pampelune. Ces deux places tomberont d'elles-mêmes devant les événements, et ce sera une grande économie de tem{)s et d'argent Je me contenterai de les bloquer
« Si j'avais occasion d'écrire au Roi d'Espagne, Je le ferais d'une
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manière fernic sur ces deux points : i" donner une amnistie g*;n»'*ralo ; 2"* accorder à son peuple, n'importe à quel titre, des institutions avant pour hase une représentation nationale et une autorité suffisante laissée au souverain. »
Deux jours plus tard, le duc d'Angoulême, toujours à Vîttoria, avertissait le président du conseil qu'il venait de prescrire au préfet des Basses-Pyrénées, M. DessoUes, de séparer les membres de l'ancienne régence, qui renouaient contre la France des intrigues dont il avait saisi les fils '. M. de Villèle , dans sa réponse du 28 avril , approuvait tout ce qu'avait fait le prince. Il pensait, comme lui, que, pour atteindre rapidement le but de l'expédition, il fallait, de deux choses l'une : ou le soulèvement de la population , ou la défection des chefs militaires du parti constitutionnel. Le premier moyen entraînait de graves inconvénients, la réaction peut-être et des massacres; et d'ailleurs, disait M. de Villèle, il semblait que l'Kspagne préférât le rôle de spectatrice satisfaite à celui d'actrice intervenant activement dans le drame*. Quant au second moyen, il était douteux qu'on réussît auprès de Mina; il y avait plus d'espoir du côté de l'Abisbal. C'était cet espoir motivé qui pouvait seul faire renoncer à l'avantage moral qu'on obtiendrait en France et en Kurope si l'on entrait dix jours plus tôt à Madrid.
Dès le 2{ avril, les autorités constitutionnelles de Saragosse, inquiètes des dispositions de la population, appelèrent les Français, reçus en Ubéraleurs par l'immense majorité, eu protecteurs par les constitutionnels effrayés de l'exaspération
1. M. de Villèle écrivail h ce sujcl à M. do Martignac : • Il est déplorable de voir les prétentions et les intérêts personnels mettre obstacle à une entreprise semblable, mais les hommes sont hommes; notre condition est de faire leur bien en dépit d'eux-mêmes. • [Correspondance inédite.) '
2. Il disait dans une autre lettre : • Ce pavs semble atteint de la pangrènf ; partout où Ton peut appliquer la pierre infernale, la vie reparait. Mais tous ne pouvei toucher tous les points avec vos cent mille hommes. »
LE DUC DANGOrLÈMi: MAllCIIt: SUR MADIUD. 513
opulaire. L'armée française occupait uq tiers de TEspagne, ; pas un acte de représailles n'avait été commis ^ Le prince, ui avait été obligé de maintenir quelques jours son quartier énéral à Vittoria, en attendant que les corps du maréchal oncey et du général Molitor fussent en position de refouler iina et Ballesteros dans les provinces du Nord-Est, put connuer son mouvement en avant. Le 4 mai, il était à Miranda, ont la population courut à plusieurs lieues de distance au- Bvant de l'armée française qu'elle salua de ses acclamations, e 7 mai, il porta son quartier général à Briviesca, sur l'Oca, ans la direction et un peu en avant de Burgos. Les commuications de l'armée française étaient assurées. Le général ourk, demeuré dans les environs de Burgos avec une divion, couvrait notre flanc droit contre toute attaque qui pouiit venir du royaume de Léon ; Santona était bloqué par un îgiment français et plusieurs bataillons espagnols ; le huitième Drps occupait Bilbao, et, chargé du blocus de Pampelune t de Saint-Sébastien, il assurait les communications entre urgos et la frontière de France. Le duc d'Angouléme gardait Qcore 25,000 hommes disponibles, avec lesquels il marcha sur [adrid sans rencontrer d'obstacle. Le 12 mars, il étaità Buros; le 16 mai, à Aranda. A mesure qu'il avançait, les forces es cortès battaient en retraite ou se repliaient sur les proinces méridionales. Le 16 mai, il y eut, comme l'avait préMi l. de Villèle, une tentative de transaction faite par le général 6 i'Abisbal, qui commandait à Madrid. Ce jour-là, en effet, îs papiers publics de cette ville publièrent une lettre du dmte de I'Abisbal au comte de Montijo, et une proclamation ans laquelle il disait qu'un seul moyen de salut restait pour
1 . M. de Martignac, en constatant cet heureax réiultat obtenu , laissait happer un cri d*admiration. « Pour Juger combien cette modération est onnante, disait-ii, ii faudrait voir de près Tétat d'exaspération où le despoioie barbare des réTolutionnaires a Jeté ies habitants. »
Biftt. de la R«staur. — T. VI. 33
51 i M:s.-in.N m: I8:2J. — giekul D't:srAtiM:.
l'Espagne : mettre le Roi en liberté, faire de concert avec lui les changemeuts nécessaires à la constitution, renvoyer les ministres, convoquer de nouvelles cortès , décréter une amnistie générale. L'Abisbal annonçait, en terminant, qu*il adressait copie de sa lettre aux généraux Ballesteros, Morillo et Mina, pour les engager h agir de concert avec lui. On apprit plus tard que les deux premiers et plusieurs autres généraux constitutionnels avaient adhéré d'avance à ce mouvement. L'Angleterre, comme rétablit une communication faite par sir (lliarles Stuart au cabinet des Tuileries, se prêtait à cette transaction. Une lettre de M. de Villéle, datée du 25 mai 1823, doit être citée, parce quelle éclaire d'une vive lumière le jeu des intérrts politiques, les tendances des divers cabinets, iei: intentions et les vues du gouvernement français. Voici cettf lettre, adressée au duc d'AngouIéme :
« Nou£ n'avons pas niai d'aflaires ici. Nos bous alliés coutinouUuii voient avec joio la facilite du succès de notre armée sur les révoluliunnaircs, parce qu'ils craignent et haïssent les révolutions, mais il* jalousent la position dans laquelle ces succès vont placer la Franre. Ils vont peut-(Hre jusqu'à redoutiT la force que votre mais<»n va puiser dans ci'tte canipa<:ne. IN'ut-étre a-tH.»n aussi dans certains cal>iuets uw telle crainte des formes représ<'ntatives, qu'on ne voudrait point se fier à nous du r.'talilissement de l'ordn» en Espaprne, de crainte d'y voir fonder quelque chose qui y rcsseinhlàt
« D'un autre côté, sir Charles Stuart vient de nous confier que n)D fr«mvern('nient pourrait bien abandonner les c*brtès dont la causi* rtt l»erdue, mais qu'il ne comprendrait pas comment son cabinet |H#urrait intervenir dans tmt cela, sans obtenir de nous des garanties pour k* personnes eonq>r(tfuis(;s par la révolution et des institutions propres à rassun'r contre le retour de l'alisolutisnit» à Madrid. Le conseil s'ist «lécidé il profiter dt? cette espèce d'ouverture de TAn^leterre et de votn* entn!M; à Madrid |>our sonder les amliassadeurs de Hussie, de Pruss** i'i d'Autriche, afin do savoir s'ils seraient di.s|)osés à traiter a>ec non* et sir Charles Stuart des meilleurs im^yens politiques pour consolid»*r en Espajrntî Tordnî et la paix que Voti'e Altesse Royale est au moment d'y rétablir. Si ces ouvertures sont accueillies, notre intcution est de rlierclirr à faire adopter par les autres gouvernements ces trois iMiiut^ :
MAUOIII:: ^Ki MADRID. 515
ot'ssiitiim tics hostilités aussitôt apn-s la dr'livraiico de Ferdinand; secours et protection acconlés à son ^'ou>ernement pourvu qu'il con- ><întt; à une amnistie convenalile et à rOtaldissenient de j^'aranties siifTisant(\s à la sécurité de ses peuples. 11 sera difficile sans doute d'amener promptement les ambassadeurs à se réunir, plus difficile de les amener à s'entendre sur certains points de la conclusion ; mais comme il faudra toujours linir par s'expliquer sur ces objets délicats, comme il importe de ne pas réduire au désespoir les ^^'-néraux constitutionnels par un n-fus trop tranchant de bonnes propositions, et (ju'il est surtout IHiIitiquc de ne pas refuser tout concours de i'Anjrleterre à la délivrance de Ferdinand, nous allons entrer dans cette voir. Voti*e Altesse Hovalr nous aidera à y marcher par ses succès. »
C'est ainsi que le gouvernement français cherchait à éviter une sohition trop absolue et trop exclusive, qui, par cela même qu'elle heurterait heaucoup d'intérêts et de sentiments, aurait peu de chance de durée. Il aurait voulu amener une transaction, et il avait l'oreille ouverte à toutes les propositions de nature à conduire à ce but. Cependant M. de Villèlq, avec son sens pratique, avait peu d'espérance de voir les choses aboutir à cette issue, au milieu des passions déchaînées qui se heurtaient en Espagne et des intrigues intéressées qui se croisaient en Europe. Le 6 mai, en rendant compte au duc d'Angoulémc d'une première ouverture de sir Charles Stuart, qui proposait de faire conduire le Roi à Badajos, sur la frontière hispano-portugaise, ou à Gibraltar, d'où il traiterait avec la France, le président du conseil ajoutait : « Nous lui avons proposé de faire embarquer Ferdinand VII sur le Centaure, à Cadii, a6n de l'amener h Paris, où, d'accord avec les ambassadeurs de toutes les puissances, on réglerait les affaires. Vaines paroles. Ce n'est pas ainsi que les choses finissent*. »
I . M. de ViUèl« en doniuU lui-même les motifs dani une remarquable lettre éerila an due d'Aagoulème, le 2 1 mai, le jour même où un courrier de M. Rolhieliild avait appoHé à Paria la prodamalion du général l'Abiabal, « IMm Tenille inipirer Votre Altease Royale dam les ciroonttaiicea délleatea et dédiifes où elle ta se trourer ! diMlt*il. Lei évégemenU vont se précipiter
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Ce n'était pas ainsi quelles devaient finir en effet. On le vit bien par le peu de succès qu'obtint la démarche de TAbisbal. Elle ne contenta personne, ni les roy^ilistes espagnols, qui voulaient le Roi netto^ ni les révolutionnaires qui voulaient un Roi à leur merci . Le général de l'armée du centre désolé de son échec, chercha à retirer sa première lettre en l'expliquant. Il n'y réussit pas.
Après avoir traité de la reddition de Madrid, il fut obUgé de quitter clandestinement son armée avec un sauf-conduit français, et ce ne fut qu'avec peine qu'il parvint à notre frontière, après avoir failli être fusillé par des guérillas constitutionnelles. La transaction avait échoué. Le duc d'Angouléme, comme l'indiquent les lignes précédentes, avait continué sa marche en avant, précédé par une colonne espagnole de douze à quinze cents hommes que commandait Bessières, im des chefs de l'armée delà Foi. Celui-ci, ayant tenté d'entrer de \i\e force dans Madrid, le 20 mai, aux cris de : Vive le Roi absolu ! Meure la Constitution ! fut repoussé avec perte par le général Zuy as. Le même jour, deux officiers français, s'étant présentés en parlementaires, furent reçus aux cris de : Vive le Roi ! Vivent les Français ! On commença à traiter de la reddition de Madrid. Il fut convenu que, pour éviter tout désordre, les postes constitutionnels seraient remplacés par des postes français, et que la retraite des premiers serait protégée. Le 23 mai, le général Latour-Foissac, à la tête d'une avant-garde , prenait possession de la ville ; le lendemain, 24 mai, le duc d'Angoulême y faisait son entrée solennelle à
autour d'elle. La facilité même de l'opération militaire ?a rendre notre situation politique plus difflcile. Je Tois d'ici les exigences et la déraison de ceui qui auront vaincu par nous. La Jalousie des autres goaternements s'armera de ces difflcullés pour diminuer ou compromettre les résultats que noos aToos obtenus. L'obstination de nos ennemis en complétant leur perte va rendre encore plus ditTicile la solidité de ce qu'il faut établir en 6tant un contre-poids ntile à la construction, b {Correspondance inédite,)
l'armée française entre a M.IDRin. 517
la tète de tout son corps d'armée, au milieu des acclamations unanimes des populations : car, si les royalistes saluaient en lui un libérateur, les constitutionnels le recevaient comme un protecteur contre les persécutés de la \eille, qui pouvaient devenir les persécuteurs du lendemain.
Le premier acte de la campagne avait réussi, on était à Madrid. Mais, ainsi que M. de Villèle n'avait cessé de l'annoncer au duc d'Angoulême pendant tout le mois d'avril, de nouvelles difficultés l'y attendaient, et c'était là que les grandes affaires allaient commencer.