‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 90 sur 122 · arnct (l«i M. «le Villèlr · texte numérisé non relu

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2. Je reitriMliiU les termes int^un*A J'iino IcUrc écrite par l3 duc d'AnjErou'''''' à M. tle Vilk^jc.

MISSION HL M. r)E JMNYILLE AL" ^LJI:T 1H:S MAlaillLS (HVHAUn. 527

uuénnix, et saus s^'étouiier que le prince et rintendaut n'eussent pas cru devoir, au milieu d'une campagne et avec une armée disséminée sur titnt de points, tenter une réorganisation des services, il blâma des stipulations additionnelles qui, loin de restreindre les marches, les étendaient et les prolongeaient. Plus on allait, plus la lutte, d'abord sourde, des bureaux de la guerre contre Télat-major général s'accentuait. Les bureaux qui se sentaient en faute animaient le ministre contre Tétat-major général, qui excitait à son tour le prince contre le ministre et le ministère. Pendant toute» la phase qui suivît l'entrée de l'armée française à Madrid , les pL'iintes du duc d'Angouléme contre le maréchal de Hellune deviennent de plus en plus vives. Il demande sans cesse que le gouvernement mette un terme à l'opposition constante qu'il rencontre dans le ministre de la guerre ; plusieiu's fois il en appelle au Roi lui-même, et menace de quitter le comma[>dement si l'on ne fait pas droit à ses réclamations. Les préventions qui existaient déjà chez le prince, au début de la campagne, deviennent une véritable antipathie. On peut déjà prévoir que si le duc d'Angouléme revient vainqueur à Paris, après une heureuse campagne, le duc de Bellune, mal servi pir ses bureaux qui ont ajouté aux fautes commises au début

f . On Tit sur le cafnrt : « Rcçala prétendue rectiflcalion dn traité Ouvrard n faite par M. de Jonville, qui, loin de nous être Tavorable, aggrave noire position. Le traité des vivres-viandes avait vie sou.^cril à un taux très-onércu\ avec un pr(lc-nom de M. Ouvrard; M. de JonvilTe le comprend dans le traité général de celui-ci. On peut «^expliquer que monseigneur et M. d€ Jonville n'aient pas cru prudent, avec une armée disséminée sur tous les points de l*Kspagne, de clianger subitement et partout lu système et les employés du sorvicc général des livres, surtout po«ir le livrer, avec le sort de l'armée, à une adml* nistralion aussi incapable que parait l'être celle de la guerre. Mais il est difficile de s'expliquer comment M. de Jonville, qui passe pour un administrateur intelligent et probe, peut avoir empiré la situation an Heu de l'améliorer en ajoutant à la durée de la jcampagne le temps de roccupatiou qui la suivrait, quand il s'agit d'un traité aussi onéreux que celui signé avec M. Ouvrard à Bajonne. » (Carnet do M. de Yitlèlc à la date du 0 aoilt 18^3 )

528 srcCEs en espagne. — élections générale^.

les torts qu'ils se sont donnés en entravant, par des difticuUi*ï continuelles, Texécution des traités qu'ils ont rendus nécessaires, deviendra un ministre impossible en face du prince à qui son succès même aura donné un ascendant naturel sur les affaires militaires.

I^endant que Ton poussait les opérations dans la Catalogue, afin d'avoir raison de Mina et des forces des généraux constitutionnels qui avaient pris Toffensive contre nos troupes, réduites vers la fin de mars à la défensive dans cette province, et que Ton préparait une expédition contre Cadix qu'une flotte sortie de nos ports aUait bloquer, il . de Villèle accomplissait une opération financière aussi sage que hardie. Il profita de notre entrée à iladrid et du succès de la première partie de la campagne, pour livrer à la concurrence l'adjudication d'un emprunt de vingt-trois millions de rentes, il voyait à cela un double avantage. D'abord, quoiqu'il n'eût qu'à se louer de la manière dont M. Rothschild avait fait le service des fonds, il trouvait le moment bien choisi pour affranchir les finances de TKtat du concours jusque-là obligé que leur avait prétt'^ cette grande maison de banque. Il préparait en outre ainsi les voies à Ferdinand qui, rendu à la liberté, serait certainement obligé de recourir au crédit, et qui trouverait le terrain déblavé d'une formidable concurrence. Une ordonnance du Roi, datée du 4 juin 1823, autorisa dans le même temps le ministre des finances à procéder, selon les conditions imposées par la loi, à la vente des vingt-trois millions cent quatorze mille cinq cent seize francs de rentes 5 p. 100, émis pour la consolidation de divers engagements du Trésor spécifiés dans les lois de créations de ces rentes, adjudication fixée au 10 juillet suivant. Il suffit de cette nouvelle insérée au Moniteur^ pour faire monter les fonds à 89 fr. 13 cent. La veille du jour de l'adjudication, M. der Villèle reçut deux visites : celle de M. Laffitte, qui venait demander quelques

EMPRUNT DE YINGT-TIUIIS MILLluNS 1)K RENTES. 521)

rfiiï^figiiements pour la (Nnnpainiic (rcmpnnil qui ïi'<Hait l'urmée autour de lui, et Oflle cbs fr^^e^ K(»lh<('hiliL Ces derniers lui dirent, avec une franchise qui devient une haute habileté dans les grandes affaires, que la présence simultanée, à Paris, de tous les représentants de leur maison, disait assez qu'ils étaient résolus à prendre l'emprunt, et ils discutèrent devant lui le taux auquel il pouvait avoir l'espoir de le placer, sans essayer de le faire sortir d'un silence qui était pour lui un devoir *.

« Le leniicmain 10 juillet, continue M. «le Villèle, au carnet duquel nous empruntons textuellement ces tlélails, averti que dans une circonstance semblable, sous le ministrn^ du duc de Riithelieu, on avait prétendu que le secret du maximum avait ét<' violé par des membres mêmes du Conseil, j'avais fait ouvrir une porte de mon cabinet jusquelà condamnée donnant, sans avoir à traverser rassemblée , sur le bureau même où nous devions procéder à l'ouverture des soumissions et à Fadjudication. Je ne mis la fixation du minimum en délibération qu'un moment avant l'heure fixée pour l'entrée dans la salle. Je proposai le taux de 89, qui fut adopté comme le plus favorable qu'on put espérer. Je refusai à M. de Chateaubriand de sonner un huissier pour faire remettre un billet écrit sur la cheminé<^, et nous passâmes dans la salle d'adjudication. »

Ces scrupuleuses précautions d'un ministre qui, non content d'être par sa probité au-dessus du soupçon, voulait

I . Voici comment M. de Villèle raconte ceUe scène dans ion carnet : « Les

frères Rothschild se sont conduits avec le plus grand abandon, et ont semblé

£tre Tenus pour me faire connaître leur ferme vulonté d'obtenir l'emprunt

plutôt que pour deviner ou influencer mes idées sur le taux du minimum. Us

m'ont dit, sans hésiter, que leur présence simultanée ù Paris était la preuve de

lear résolution de prendre l'emprunt, lis ont débattu devant moi le taux auquel

Je pouvais espérer le négocier, me laissant garder ainsi que Je le devais, dans

ce curieux débat, le plus profond silence, et ne faisant rien pour m'indulre À

le rompre. Le plus Jeune ayant argué du taux de la Dourse du Jour, celui de

I^ndres, l'atné et le plus habile de la famille, l'interrompit par ces paroles

profondes : a Que nous importe le cours d'aujourd'hui ? Est-ce que ce ne sera

pas le taux auquel nous porterons nos oiïrcs qui fera le cours de demain. »

{Carnet de M. de ViUèle. — Documents inédits.)

Hist. de la Rettaur. — T. VI. U

rendre le soupçon impossible, furent cour-onaées d'ua plein succès. Quatre compagnies s'étaient présentées à Tadjudication, trois françaises et celle de MM. RoUischild. Leg soumissions des compagnies françaises ne dépassèrent pas k taux de 87,75; la maison Rothschild offrit 89,35, presque 2 fr. de plus que les autres compagnies, et Temprunt lui fui adjugé. L'événement justifia Tintelligente hardiesse de cette maison ; à la Bourse du 15 juin, le S p. 100 était coté à 91 Xr. 15 c. Ainsi se vérifia l'observation d'une sagacité prophétique de l'aîné des Rothschild : « Qu'importe le cours d'aujourd'hui? C'est nous qui ferons celui de demain. »

C'était pour le gouvernement royal un résultat importaot que d'avoir conclu à un taux avantageux, malgré la guerre, une opération financière de plus de 400 millions, en débarrassant la France d'une dette exigible qui paraissait exorbitante dans ce temps. L'imminence de cet emprunt, tant qu'il n'était pas réalisé, pesait sur la rente et en paralysait l'essor. Dans les prévisions de M. de Villèle, cette opération financière «c rattachait à une autre que, dès lors, il préparait : c'était la réduction de l'intérêt de la rente qu'on ne pourrait accomplir que lorsque l'élévation de la rente au pair permettrait d'offirir aux rentiers Toption entre la réduction de l'intérêt et le remboursement du capital. La guerre d'Espagne, qui avait un moment ébranlé le crédit, le raffermissait et le mettait dans des conditions meilleures par suite des succès toujours croissants de nos armes.

La lettre qu'avait écrite le général l'Abisbal, de concert au fond avec les généraux Ballesteros et Morillo, et la nécessité où il s'était trouvé de quitter son armée et son commandement en fugitif, et de chercher un asile en France, était un tndtde lumière jeté sur la situation. Il y avait, au début delà guerre^ deux solutions possibles en Espagne. Si, parmi les conslitationnels qui avaient encore la personne du Roi entre leurs

INCONVÉNIENTS FT NÉCESSITÉ DE L'INTERVENTION. o'U

main», les plus modérés Tayaient emporté et avaient transigé avec la France, en stipulant des garanties raisonnables pour la liberté politique et une amnistie pour les personnes compromises, on serait arrivé à la conclusion la plus désirable et la meilleure. Mais il est rare que, dans les révolutions qui s'appuient surtout sur les passions, Tascendant ne demeure pas aux plus violents. Ce fut ce qui arriva. L'Abisbal échoua; les exaltés ^entraînèrent Ferdinand à Cadix après avoir proclamé sa déchéance . Les généraux Ballesteros et Morillo qui, s'ils avaient pu combiner leur action avec celle de TAbisbal et engager dans leur mouvement l'ensemble du parti constitutionnel, auraient été parfaitement posés pour intervenir à la transaction et demander à la France, à laquelle ,ils eussent apporté un dénoûment plus prompt, moins sanglant et moins coûteux, des conditions équitables Jurent réduits à ne traiter qiie pour eux-mêmes. La carte qui était nécessaire à la France pour jouer la partie de la manière la plus sage, et la plus utile à la fois à l'Espagne et à la grande expédition que nous avions entreprise, manqua au jeu. Il ne resta plus que l'autre solution, la solution par la force des armes. La défaite du parti constitutionnel, dès lors éliminé de la scène, ne devait laisser que le parti du Roi netlo^ du Roi absolu, parti dont les passions, par vne espèce d'équilibre moral, croissaient en même temps que celles du parti rival, et Ferdinand VII naturellement exaspéré contre ceux qui avaient prolongé jusqu'au dernier moment sa captivité et ses humiliations.

C'était le véritable écueil de l'intervention en Espagne. Si le parti constitutionnel ne se décidait pas à temps à transiger, il arriverait infailliblement que, contre notre gré, malgré tous oos efforts, par la fatalité logique de la situation, notre expédition aboutirait à substituer l'arbitraire du parti de l'absolutisme royal à l'arbitraire du parti de l'absolutisme révolutiênnaire. C'était là le résultat de l'état intérieur de l'Espagne

SUCCÈS EN ESPAGNE. — ÉLECTIONS tiÉ!<ÉBALES.

!<iir lequel nous u'avioas aucune priée, et ceux qui ont atcusi le gouvemeoieat royal de ne pas nvoir résolu ce prublènie n'ont pas assez remarqué qu'il était de sa nature insoluble, parce qu'il tenait aux passions qui ont empêché depuis l'Espagne d'arriver à un étal stable et régulier.

Comme on pourra demander poui-quoi, uouobstant cettichance fâcheuse que nous devions rencontrer et que nous pouvions prévoir, le gouvernement royal persista à intenenir, je poserai, avant d'entrer dans le récit de la seconde partie de la lutte, quelques axiomes politiques qui dominent toulc la question, et qui établissent que, malgré les inconvénients possibles de notre expédition, malgré même notre impuissance à résoudre tous les problèmes prévus, le gouvernement royal exerçait un droit politique et rempUssait uu devoir national eo intervenant.

Quel que soit le gouvernement qui régisse la France, l'intérêt vital de notre pays exige que l'œuvre de Henri IV, Richelieu, Mazarin, Louis XIV soit maintenue, c'est-à-dire que nous ayons de l'autre côté des Pyrénées un peuple ami et im gouvernement allié. La raison en est simple : si uotre alliance avec l'Espagne cesse d'exister, on si elle est équivoque et précaire, nous avons cent mille hommes de moins à porter sur le Rhin en temps de guerre, et, daus les transacdoiis diplomatiques, nous avons de moins la force morale que donne à un peuple une frontière assurée par une alliance inébranlable et la faculté de concentrer son atleulion sur un seul point. Nous sommes sûrs eu outre de rencontrer l'Angleterre derrière les Pyrénées, dès que l'Espagne cesse de nous être sympathique; car, pour ce dernier pays, il n'y a qive deux alliances possibles, celle de l'Angleterre et celle df la France ' .

1, C'eat ne que Burhe exposait dis 1702 : • L'Eapiifoe, dlsail-ll, D'etl fv uns pulMniice nu) se Boullenno par c11e-nii>ine ; il fïiul qu'elle a'appafe sur VÀa-

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