NÉCESSITÉ DE L'INTERVENTION
dans la situatiem critique d'où elle était sortie avec tant de peine, au prix d'un siècle et demi de luttes et de sacrifices, et par l'ascendant des plus grands génies qui aient dirigé nos affaires. Proposer une pareille ligne de conduite, c'était proposer l'abaissement et la diminution de la France, et l'appui intéressé que le cabinet anglais prétait à la révolution espagnole aurait dû ouvrir à cet égard tous les yeux.
Puisqu'il était également impossible d'exiger que la Restauration introduisit la révolution en France, et qu'elle souffrit que les Pyrénées, abaissées entre les deux peuples, se relevassent entre deux principes contraires , il ne restait qu'une politique à adopter, politique inévitable, nécessaire, impérieusement tracée par l'intérêt du pays : c'était de s'opposer par tous les moyens, par les influences diplomatiques si elles suffisaient, et, dans le cas contraire, par les armes, à ce que l'Espagne continuât à subir le joug d'une faction et un principe qui la séparaient de la France, livraient la Péninsule à la Grande-Bretagne, et mettaient la frontière de l'Angleterre sur les Pyrénées, dans un temps où la frontière de la Prusse avwt franchi le Rhin.
Ces considérations avaient une importance tellement capitale qu'elles dominaient toutes les autres. Sans doute il était de la sagesse du gouvernement français de faire tous ses efforts pour ménager un [denoûment qui , en donnant des garanties à tous les intérêts légitimes et en s'éloignant de la politique à outnmce des partis extrêmes, mtt un terme à la crise dans laquelle se débattait l'Espagne, et prévint, par sa modération même, les réactions dans l'avenir. Mais si le gouvernement français ne trouvait pas dans les partis qui s'entrechoquaient en Espagne les éléments de cette solution si désirable ; si le parti constitutionnel, en prolongeant la lutte et en refusant de prêter les mains à une transaction alors qu'elle était encore possible, laissait arriver les choses à l'extrême ; si Ferdinand
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