‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 94 sur 122 · DE MADRID A CADIX · texte numérisé non relu

DE MADRID A CADIX

pas *. C'étaient donc nous et nous seuls qui déterminions le triomphe des royalistes espagnols. Cette considération, sans cesse présente à l'esprit du duc d'Angoulême, inquiétait cette âme honnête et empoisonnait la satisfaction que lui donnaient nos succès:

« Là où sont nos troupes, écrivait-il dans la note ù la(|uelle j'ai déjà fait un emprunt, nous maintenons, quoique avec difficulté, la paix. Là où nous ne sommes pas, on se massacre, on brûle, on vole. Aussi me demande-t-on partout des garnisons françaises. 11 faudrait cinq cent mille hommes, jr ne puis. Les corps espagnols, se disant royalistes, pillent et redoutent tout ordre régulier. Les gardes espagnoles, tant bien que mal réorganisées, ne valent pas mieux. »

Sans doute les chefs des royalistes espagnols pouvaient dire et disaient, en effet, qu'ils ne faisaient qu'user de représailles; c'était vrai. Mais le duc d'Angoulême, qui délivrait la population des excès des révolutionnaires par le succès de nos armes, s'indignait à la pensée de voir ce succès frayer la voie aux excès des royalistes. Ses représentations à la régence étaient incessantes ; ses protestations , de plus en plus sévères, revenaient chaque jour. Il demandait à son gouvernement des instructions qui le missent à même de réprimer les violences qui le désolaient. Malheureusement il y avait dans l'expédition que nous avions dû entreprendre, on l'a vu, des nécessités presque contradictoires. 11 fallait à la fois maintenir notre droit d'initiative et de direction , et conserver nos bons rapports avec les gouvernements européens qui faisaient échec

1. Leduc d'Ângoulôme en rainait la remarque dans une noie adressée à •on gouYemement : a Le 1*' août, écrivail-il, nos troupes auront occupé toute TËspigne, sauf quelques places. Le gouvernement des certes aura été détroit partout. Il l'est par la population dès que nos troupes arrif ent, presque nulle part sans cela. Le moindre détachement constitutionnel contient les plus fortes populations. »

E&trait d'une note contenue dans les papiers de M. de VUlèie. {Voctimcnti imWiê.)

Hitt. de la Rcstaur.^T. VI. 85

546 SUCCÈS EN LSl'AGNE. — ÉLECTIONS GÉNÉRALES.

à l'Angleterre; réduire les constitutionnels par la force, et les protéger de notre mieux contre les réactions ; servir les intérêts des royalistes espagnols , respecter les droits de leur indépendance nationale, et ne pas asservir la régence, tout en nous opposant aux folies et aux excès de Tesprit de parti. Comment tracer une ligne de conduite toujours applicable au milieu de circonstances compliquées par une variété infinie d'incidents, et où il fallait mesurer le moyen à Tobstacle de chaque jour? Le gouvernement français laissait donc un pouvoir à peu près discrétionnaire au duc d'Angoulême, en lui marquant plutôt les buts divers et multiples à atteindre que les moyens à employer pour y parvenir.

Au moment où le duc d'Angoulême partait pour se rendre devant Cadix , il consigna dans une note adressée au Roi et écrite à Mançanarès, à la date du 3 août 1823, les réflexions que lui inspirait l'état de l'Espagne, ses embarras dans le présent, ses tristesses prophétiques pour l'avenir de ce pays. Cette note, d'un intérêt historique, doit être citée :

« Plus j'oxamino TEspagnc, disait le prince, plus je vois Timpossibilit<^ (l'y faire le bien. Quoi que nous fassions, quelques conseils qurnous (lonuioiis à Ferdinand, l'absolutisme prévaudra. Les partis sont trop achariKs et trop haineux pour qu'il en soit autrement. Le Roi a pour lui lo olerg*' et le bas peuple; tout ce qui est seigneur, propriétaire et bour«,'eois est contre lui et s'en défie, à peu d'exceptions prê>. Nous resterions dix ans en Espagne, (jue les partis se massacreraient comme ils le feraient aujourd'hui s'ils le pouvaient. Cette campagne n'aura q\w. cela d'avantageux pour nous d'avoir assuré au Roi une bonne armée et d'avoir rendu à la France la considération qu'elle doit avoir en Europe. Tout le reste est inconvénient. Si je n'ai pu empêcher la régence de faire toutes les sottises imaginables, quelle plus graude influence pourrais-je avoir sur le Roi? Tenez pour a^rtain qu'il n'y a rien de bon à fa in; ici, quo ce pays-ci se déchirera pendant bien dt*s années, mais, je crois, sans aucun danger pour nous, »

Le prince qui écrivait ces lignes, le 3 août 1823, ne se faisait pas illusion, on le voit, sur le résultat de sa campagne

l'K MADllin A CADI.N. — (>UIK)NNA>(.r: DAMUJAIl. 547

quant à l'Espagne; mais il i-e consolait par la pensée du service rendu à la France. La disposition d'esprit où il était en sortant de Madrid explique un acte très-controversé à cette époque, et qui devint, en Espagne comme en France, le sujet d'une ardente polémique, sous le nom A' Ordonnance générale du 8 aoiU^ ou à' Ordonnance d'Andujar.

Dès que le duc d'Angouléme eut quitté Madrid, il y eut une recrudescence de .violence parmi les juntes royalistes qui gouvernaient les provinces sous la direction plus ou moins suivie de la régence de Madrid. Les dernières capitulations signées avec les généraux Morillo et Ballesteros avaient ramené dans leurs foyers un grand nombre de miliciens couverts par les termes de ces capitulations; à Burgos, à Saragosse, dans la Navarre, les chefs militaires et les juntes avaient donné des ordres en désaccord avec les termes des capitulations à l'égard des miliciens poursuivis, obligés, sous peine de confiscation, « d'abjurer leurs erreurs, de prêter serment à lîi religion et au Roi. » Des amendes avaient été prononcées contre quiconque <c avait fait un don pour l'habillement des miliciens , avait exercé des fonctions rétribuées ou même avait chanté la Tragala. » La régence de Madrid, entraînée dans ce mouvement qui inaugurait une réaction contre le passé, publiait un décret pour déclarer « déchu et privé de toute solde, de toute décoration, de toute pension, tout Espagnol, employé ou non employé du gouvernement, qui avait servi dans la milice volontaire ou appartenu aux sociétés secrètes. »

l^videmment de pareils actes sortaient des attributions de la régence de Madrid et des autorités espagnoles placées sous sa direction. Elle avait été établie comme une commission de gouvernement pour le présent, en attendant l'avenir, et non comme un comité réactionnaire contre le passé. Des conflits inévitables éclataient. A Burgos notamment le com-

mandant dos troupes françaises , prolecteur obligé des miliciens couverts par la capitulation, fit élargir les détenus qui n'avaient pas été arrêtés en vertu d'ordres émanés des tribunaux*. M. Saez, ministre, écrivit, au nom de la régence, à M. de Talaru, notre ambassadeur, pour réclamer a une prompte réparation. » Dans le moment même, le gouvernement français exprimait son vif mécontentement du langage acerbe et des mesures violentes de la régence de Madrid, et, chose qui n'arrivait pas toujours, le corps diplomatique se ralliait au même sentiment. Dans sa correspondance avec le marquis de Talaru, qui avait transmis au cabinet français la plainte de la régence, M. de Chateaubriand disait: «Vous avez entendu les cris des royalistes espagnols, mais vous n'avez pas vu, comme nous, les réponses de tous les gouverneurs de places qui disaient tous qu'ils se rendraient, mais qu'ils ne le feront pas, parce qu'en posant les armes ils seraient emprisonnés et massacrés par les ordres de la régence. »

11 est facile de le comprendre, si ces plaintes inquiétaient et irritaient notre cabinet, elles produisaient une irritation bien plus vive encore chez le duc d'Angoulêmc, lorsqu'au milieu de Faction décisive où il entrait contre Cadix, il recevait de tout côté les rapports indignés de ses lieutenants, et les réclamations des Espagnols constitutionnels invoquant les capitulations qui auraient dû les couvrir. 11 avait été obligé, au moment de

t. J'emprunte ces détails à une lettre adressée par M. de Cliateaiihrland au comte de la Ferronays, à la date du 23 août 1823 : « On avait fait à Durgos, et dans phisieurs autres villes d*Bspugne, des arrestations nombreuses. Lei moindres inconvénients de ces arrestations étaient de susciter des cnDemis sans cesse renaissants à nos armes ; car les soldats miliciens qui rcntrairnt chei eux en vertu de capitulations miiitaircj , signées avec nos généraux, étant incarcérés en rentrant^dans leurs foyers, reprenaient les armes cl allaient grossir les garnisons des places ou former des guérillas. »

On trouvera celte dépî^clie intéressante publiée in extcmo dans le second volume du Congrès de Vérone, p. 15.

DE MADRID A CADIX. — OHDOnNAIICE D'aIjDUIAR. 519

son dépiiit de Madrid, d'opposer un vélo absolu à la prétention qu'avait manifestée la régence, par la bouche du duc ilo l'Infaotado, de le suivre à son quartier général devant Cadix. Le prince ne voulait pas se donner des surveillants incommodes, des opposants inexorables à toute transaction qu'il pourrait tenter ; enfin il ne lui convenait pas de rapprocher de l'oreille de Ferdinand, le jour où celui-ci serait libre, et avant qu'on pi'lt lui faire entendre la parole de la France, des hommes sur la sagesse et la modération desquels il avait des raisons de ne pas compter. Ce fut dans ces dispositions qu'il arriva à Andujar, ville située sur le Guadalquivir, dans la capitainerie générale d'Andalousie, et qu'assailli par les plaintes toujours incessantes qui lui venaient de ttnit cMè, il rendit ad iralo la célèbre ordonnance datée de cette ville '. Voici ce document :

« Nous, Louifr-Antoiiiu d'Artois, fils de Fiaitcc, cutnmaaduiit en chef l'arniùt' des PjK'nées,

• C'insidi'rrant que l'occupation de l'Espagne par l'année Trani^ai»;, 80US DOS ordres, nous met dans l'indispensable obligation de pourvoir à la tranquillité de ce rovauine et à la sûreté de nos trou[ics,'

< ATons ordonné el ordonnons ce qui suit :

• Article 1". — [^s autorités espagnoles ne pourront rairc aucune aireatatiun sans l'autorisation du commandant de nos troupes, dans l'arrondissement duquel elles se trouveront.

Art. 2. — Les commandants en chef des corps de notre arnu-e feront élargir tous ceux qui ont été arrêtés arbitrairement et pour àca motifs politiques, notamment les miliciens rculrant cliez cu^. - a Sont toutefois exceptés ceux qui depuis leur rentrée dans leurs foyers ont donné de justes motifs de plaintes.

« Art. 3. — Le» commandants en chef des corps sont autorisés à faire arrêter ceux qui contreviendraient au présent ordre.

t. Le iirince JcrIvilld'Andujsr à M. do VillËle : • L» plslnlfs ttue je rrce- Tii« ds loDt rltti sur les irreilalions nrUlIraire* dce luIorO^ localci avouées oa lolér^ei par la régence, m'unl iiiU dam Is néce'silé <1d renilri3 l'orUonnanec qi» 1. Join. W. . (I).nm,™, nK.liu.)

K>0 M»:r.i:< i:n e.-i'agne. — i:i.ixtions (.LNtUALF.s.

(( Art. 4. — T(nis 1rs j«mriiaux rt journalistes sirut i«liii>'S 5*>u>U surveillance dos commandants de nos troupes.

« Art. î). — La pn'sente orddiinancc sera imprimée et afficha juirtAïut.

a Fait À notre quartier général d'Andujar, le s août 18^3.

« Louis- AxToiXE.

« Par Son Altesse Ho^alc le prince, général en chef :

« Le rmtjor général,

« Comte GufLLEMixoT. »

Certes la pensée qui avait dicté l'ordonnance d'Andujar était aussi élevée qulionorable. Empêcher qu'on ajoutât aux difficultés déjà si grandes de notre entreprise des difticiiltés nf>uvelles on soulevant contre nous des haines, en condamnant nos adversaires à une résistance désespérée, c'était notitî droit; maintenir Tiiivic^labilité de notre signature au bas des capitulations que nous avions signées, protéger ceux qui avaient eu foi dans notre parole, c'était notre devoir. Mais, dans la position où nous étions, la politique nous prescrivait do parler le moins possible et d'agir, car nos paroles livraient le secret d'une situation fikheuse, irritaient nos auxiliaires, rt réjouissaient nos ennemis. L'action exercée par le duc d'Angoulénii» élait honorable et nécessaire, et la proclamation qu'il avait lancée ét;ût impolilique. Elle dénonçait le mai sans le guérir, quand il aurait fallu plutAt le guérir que le dénoncer'.

1. M. 4lo Clialeauhriand expriiiio dius le Congrès de Véronr cette opÎDion qui scrn, noii8 W. croutiiji, cdl*^ il» la poslériliî : « L'urilonnance, phiîotopliif|upinrn( parlant, dit-il, Tut une mesure inflniment honorable ; poliliquciuenl parinni, une Tante dangereuse. On porta le décret d'Andujar aux nues : le* e.-pril.s ri^vassiors y lrou\airnl leur philanthropie elle* progrès du «ièclc ; la rnniMuJ!», plus madn^, y voyaient notre ruine : delà, loute l'admiration. Notre devoir t^ait sans douto d'empi^chcr les n^actions, d'ouvrir sans hruil les portes des prison» aux lioniuies dt^lenus pour opinions politiques mais Taire de cette mesure humaine un onlre oslensilde, diVIarer aux Reaies que Ton fa\ori««il les Lihernhx, r'étail annor contre nous le clorgi^, les moines, la populaHon cnliirc, celle |)OpuIalion qui nous ou\rail les portes, qui Olail à notre invasion

DE MADUID A CAJ^IX. — Ul;i»ONNANCI£ d'aNDI JAU. 551

La publication de celte ordonuauce fut le signal d'un soulèvement général d'opinion parmi les royidistes espagnols. Lii régence prit l'initiative et porta ses doléances et ses protesta* tions devant les ministres étrangers, en se plaignant, dans une note, de cet acte attentatoire, selon elle,, à la souveraineté de Ferdinand , et qui annidait virtuellement 1 autorité dont elle était elle-même investie. Les ambassadeurs d'Autriche et de Russie firent une démarche auprès du duc de^ Keggio, qui commandait à Madrid, pour obtenir que la publication de l'ordonnance fût suspendue ^ Mais, après avoir été au moment d'approuver la protestation de la régence, ils comprirent et lui tirent comprendre qu'il était impossible de rompre avec le neveu de Louis XVIII, généralissime de l'ai^mée française, qui les avait délivrés et allait délivrer le Roi. On prit alors un terme moyen. La régence s'appropria, dans un décret à la date du 1 6 août, les mesures prescrites par le duc d'Angoul<^me ; elle rappela à cet effet et remit en vigueur un ancien décret de Ferdinand contre les arrestations et les détentions arbitraires, et le Journal des Débats put alors publier un article, reproduit le lendemain dans le Moniteur^ pour célébrer le merveilleux accord qui régnait entre les vues du prince et celles de la régence. Cet accord ne s'était pas établi sans peine, et dans plusieurs villes espagnoles, et notamment à Burgog et à Vittoria, il y eut des manifestations publiques contre l'ordonnance d'Andujar; les volontaires de l'armée de

ses périls, qui nous faisait marcher sur un soi brûlant l'arme au braR, là où Bonaparte n'avait pu pénétrer avec son nom, trois cents millions et trois cent mille iKMnmes. • (Tome I*', page 388.)

I. « MM. Bulg.iri et Urnnettf, qui sont bien jeunes pour la besogne dont ils 0ont cliargés, écrit M. dts Cliateaubriand au comte de la Ferrona^'s, s'emportèrent d*atH>rd , mais ils revinrenC ensuite à un sentiment plus juste de la ftitiiation des cliose.^. M. Royei fut constamment bien, et aperçut dès le premier moment l'inconvénient immense qu'il y aurait à montrer la moindre division entre les représentants de l'alliance. » {Congrès de Vimne^ tome 11, page 151.)

,ï >'hT i::- ^.-:'i' . -?-r •. rrir-e: unr adiv??-!: dans laque^-Ji • r..-.^i-'-i" 1 .■:: l:*^^:- f : & ^-i-ùt d'atVDîat. en ajou- \ïz,' : « .'-•-. - 1--"}.!!-'-. ?<. .: : . -"ir-rr d-r?- oad.v»ivs de ?ês on- :ll> :. ■ : :-r it -.-^r- 'iTi^r i.^r k dr^honririir et de^ubi^ ,T . .-• 1- - '"'\L---.: ! a L\ rriTTS.x- ivait fait imprimer oefte zi:-^rr .i—z TtLz^: i . ii'pu; dr S'i^a m^O':»ntf nîement ef ir T-- : tLi:t^. -.' -l r.i'^'Sriu braadoD de discorde allaii r::- .t r i.L.r '■- r.:-.::.i: rr.i:? :e duo de Reîrsiula fitsaiîir'j S:z-i:ii^z:iz t; -;l .i>:.i:: 1:-. pul«;'iCa:iMn. l't^ji uipre5;?e,tn Fz-zl:-. •; l'.zL: r. : - L.u^el îd-: lient comme s^ur un»r pn'i.-. Lrrr ;. -.:-•. X i- j -i ::? e\îl:-.:eaî rorduiinixice d'Andujar. iii; dr ?*"L fiîre -Jir \:Tne coLîre lr> r>yiliït-r? espagnoUri MiiTre '.: :r^e:i:v îr Mvirld. et aooab-iieaî l»r dued'Anffuu- Irice i - Jr? :»:::-?. qui de^eniieut un eml•aml^ puur le jvJ\r:L-. ::.:.:. L-? ; ;imau\ de dn.-it*', sauf le? Z>f &i/s. qni ?"e2:r;\'.-:/. d- •:•/•:: un*: enviir d'optique en Innsformanlcn •rEtei/.r :■: - 1! -.Me : : :: »^l^?.ot:«:•n int«='r\enue^ biànviieut. dure mmi'-r'.- pji? ou rrj*:ns\i\e. la mesure. Le Drapeau khnc, •1 in- .-r .n tîiivijv po'.êailqur. allait jusqu'à dir»- que cet 3c!e " li»; t»-:,"] i* i ri» n ni-.in^ qu'à aîi»}ni-r un pt.iiple idu]àln'«le S'iïi l'.'i, *]•: r^-'U • u!te et dr ?a patrie, n rt il ratî.iqu:iil comm'* une trt!i* ifîi'.'n iv.r U ? h-.'mmes de la rê^ulutiMn t-î avn'l'* (jrin«'i{j'r • ••iiî*iîuîi"nn».'îs.

L»; ::"ii\.rn»'m-nt Ir.ui'.MJs, ^an^ lil.uU'.T la direction d'* id^i-s du tliir d'An.Mult'mr, tnvisaî:ea rorduunanci; ciinim»' lin <nilM:r:is, tl l- prt*?ident du consiil lui aJrissi iinimdiat»-ni»iit un»* Irtlre poiu' le idàmer « de ct-itr infratlit'ii « .-»•- in-tiiption^ il à s»'S propres rnsra.ffenu-nls rn\er> I'-* K-pauiMilr ri** iii; pas s»* mO-ltT des alfaiivs dv l»ur pays. " L* n'-;:iii('f .i\ait fait !•.• premier pas en n-ndant 1»' dtiivl i]»" nnif'ttait m \ii:urur les dispo?itii>us d'une nrdunniuo»' d'' l'Vrdinand mntn- 1« s drti-ntiuns et les arrestatiMî!> arliitraii»?- Lr ^'niiMnn im-nt français prescrivit au duc d'AnjjuiiK'ïïH' de

I»E MAlti.in A l..\l»I\. — flllniNNAN"!: I» AM». JAil. 5-j3

ne pas repoiissfr cette avance, et de faire à sini tour un pa^i sur ce terrain en ordonnant au général (luilleniinut d écrire aux coomiandaiits militaires une letti*e conciliante. 11 v était dit « que le duc d'Angouléme, tout en désirant faiiv cesser toutes les mesures arbitraires, et en prescrivant par Tordre du 8 août des mesures destinées à assurer raccomplissement des promesses du prince envers ceux qui se séparaient des rangs de Tennemi, i*econnaissait Futilité d'assurer les pouvoirs des ' autorités espagnoles, tant municipales que judiciaires, pour réprimer les délits de ceux qui, à l'avenir, seraient coupables de désordre et de désobéissance aux lois. »

Ce fut ainsi qu'on rétablit, au moins ostensiblement, entre le pouvoir civil espagnol et le quartier général de Tarmée française, un accord nécessaire pour arriver au dénomment de la campagne ' .

Mais, au fond, le dissi'ntiment n'en demeura pas moins pi*ofond, la correspondance du duc d'Angoulème en fait foi. Il écrivait à la date du 27 août 1823, et quand son quartier général était déjà à Santa- Maria, en annonçant la tin de non* .recevoir qu'il avait opposée aux membres de la régence qui voulaient le suivre jusque devant Cadix :

« Il est pi)$sil)lc qui^ j'aie eu tort do reiuiro rorilonnanco ciu 8 août ; je l'ai cni nr'C«\ssaire. Tout le monde pinit so tromper, je ne me crois pas plus infaillilde qu'un autre, mais je puis vous certifier qu'il n'existe pas une position plus difficile que la mienne. La rêjrence, soutenue par la Russie, se croit trî'S-forte et indépendante de la France; mais

1. M. de Chaleaubriand éi-rivait, le 3t août, au f^tSnéral Giiillcininot : m Adoucissez, aulanl que vous le pourrci, rcxéculioii de ronloiinanoe d'Andujar; nous ne pouvons rien faire sans notre uiiion aver la population royaliste, toule Tlolento qu'elle est ; c'est un mal qu'il faut supporter. • (Contjrts tlf IVroiie, t. Il, p. 14 I.) Le général Guillcincnot répondait, à la dalo du 1 1 srp'.embro : m Vos désiis ont été prévenus; deu.\ circulaires aux généraux ont modiflé l'ordonnance d'Andnjar. La circonspection Irès-recominandéc dans l'application achèvera d'en atténuer l'efTet. Mais, au nom de Dieu, faites que la régence ail nne conduite à la fois plus sage et plus Tenne. » (Id., p. IG'2.)

554 SICCÈ> EN ESPAGNC. — ÉLIXTIONS GENERALES.

Olaiit en lIspuî^Mie avec l'anuôe franraise, je saurai' toujours s<iuteuir la dij^uité du Uoi et celle de mon pa}s. Malgré ce que je leur ai rcprësenti' à mon départ de Madrid *, le duc de l'Infantado et M. Sai'^ sont partis pour l'Andalousie. J'ai envoyé un de mes aides de camp àSérille pour les engager très-poliment à retourner à Madrid. Comme je crains les intrigues de ces messieurs , et que mon quartier général attire nécessairement hoancoup de monde, je ne laisse pas arriver ici les Espagnols étrangers à la ville. Le but de ces messieurs, en arriTant ici, est de s'emparer du Roi aussit«H qu'il sera libre pour loi persuader de rétablir l'absolutisme, ce qui ne sera pas diflicilc. »

LE DUC D'ANCOrLÊME DEVANT 0.\DIX. •— LETTRE A FEHOINAXI. SOMMATION AIX RÉ VOL l TIONN A 1RES. ^ DERNIERS EFFORTS 01 LANC.LKTKKUK. — SIÉf.E DE CADIX. — PRISE DT TROCADÉRO. — DÉLIVRANCE DE FERDINAND. — FIN DE LA GUERRE.

Le 16 août 1823, le duc d'Angoulême se trouvait deifanl Cadix, et les dernières opérations de la campagne allaient s'ouvrir. 11 fallait, dans lapré>îsion d'un prochain dénoùment, i^tre fixé d'avance sur l'attitude que prendrait la France à Té^'ard de Ferdinand et de l'Espagne ; on délibéra donc en conseil sur un projet de lettre que le duc d'Angoulème adresserait à l^Y'rdinand.

Les constitutionnels avaient laissé passer l'heure où ib pouvaient traiter en stipulant des conditions et des garanties. Ce qu'on leur aurait accordé quand leurs forces étaient entières , ils ne pouvaient espérer l'obtenir, on ne pouvait le leur accorder, maintenant que, de proche en proche, il avaient vu leiu^s généraux vaincus, obligés de capituler, et qu'il ne leur restait plus qu'un faible corps

I. Dès celle époque, on Ta vu, la rt^^nee voulait suivre le prince dcmat

Ca-IU.

LK Dl'O 1) ANGOlLtilI-: DEVANT CADIX. o5t)

de troupes, de sept ou huit mille hommes, enfermés dans la place forte qui servait de prison à Ferdinand, et un seul point dans la Péninsule, Cadix. Ils avaient voulu jouer leur partie, ils Tavaient perdue '. La lettre dont la rédaction avait été arrêtée en conseil, et que le duc d'Angoulême dut envoyer à Ferdinand par un aide de camp, se ressentait de cette situaiiou. Le duc d'Angouléme disait seulement que a le Aoi son oncle avait pensé et pensait encore que Ferdinand, rendu à la liberté et usant de clémence, trouverait bon d'accorder une amnistie nécessaire après tant de troubles, et de donner à ses peuples, par la convocation des ancieimes cortès du royaume, des garanties d'ordre, de justice et de bonne administration. » 11 y avait loin de là, il est vrai, à cette insinuation qu'avait faite le discours de la couronne sur la possibilité de transférer les institutions de la France en Espagne ; mais si les idées avaient marché, elles n'avaient fait que suivre les événements, et il y avait loin aussi de la situation où se trouvait l'Espagne au moment du discours d'ouverture, en janvier 1823, à celle où elle se trouvait à la tin du mois d août de la même année. Les constitutionnels, qui avaient augmenté leurs torts, avaient vu diminuer leurs forces ; les royalistes, au lieu d'être vaincus et dispersés, étaient partout organisés, la répulsion du gros de la nation pourKintroduction de formes de gouvernement exotiques, avait éclaté avec beaucoup d'ensemble. Dans de telles circonstances, le gouvernement français, qui se serait jeté dans d'inextricables embarras s'il avait essayé de gouverner l'Espagne au rebours de ses idées, ne crut piis

1. Dès le 4 aoAl, M. de Chateaubriand, qui tcuait tout nos ambassadeurs près lc4 grandes cours au courant du progrt*s de nos troupes et des résolutions du conseil, écrivait:! M. de la Ferrooavs, notre amba-^sadeur à &iiiit-Péler8bourg, à la date da 4 aobt 1823 : « Nous n^avons pas pris les armes contre les cortès pour traiter ar«c elles. Jamais nous ne les reconnaîtrons désormais comme corps politique. Tonl ce que les individus voudront pour nous livrer le Roi, nous rnccordirom, »

S56 SUCCÈS EN ESPAGNE. — ÉLECTIOSS GÉHÊRALES.

pouvoir faire autre choseqH'expriiDerpiibliquemenlsonavissi la conduite que Ferdinand VU avait à tenir. Il lui donna donc deux exeellentsconseils: l'octroi d'uni! amnislienécessaireaprès tant de troubles, le retour au\ anciennes cortés qui étaient, en Espagne, la forme nalionale de contrôle des actes du gouvernement. M. de Villèle qui, dés le commencement de celle entreprise, avait prév:u que ce serait dans le succég suilout qu'on rencontrerait les principales difficultés, ne se faisait pas plus d'illusiou que te duc d'Angoulôme sur le fond qu'il y avait à faire dans l'avenir de l'Espagne. Mais il disait qu'il appartenait à la France d'émettre publiquement sa pensée, et qu'en indiquant ainsi d'avance ce qui était sage, « elle préparait l'excuse des iuconvéuienls et peut-être des malheurs qui résulteraient pour l'Espagne de la mauvaise voie dans laquelle il la voyait près de retomber. i> Quand on va au fond des choses, on est obligé de reconnaître que la France ne pouvait hasarder un pas au delà sans entrer dans la voie où avait échoué Napoléon. Elle avait pu détruire en Espagne une force qui lui était hostile et un état de choses révolutionnaire, plein de menaces pour sa propre sécurité, mais il ne dépendait pas d'elle de changer ni l'Espagne ni Ferdinand. On voil cette conviction venir s'affirmer dans les dépèches de M. 'de Chateaubriand comme dans celles de M. de Villèle; le premier écrivait, le S septembre 1823, au général Guilleminot :

u riacL-s entre ileus partis violents qui ue respirent que la Tendance, nous ne pouvons ni changer leurs passions ni éclairer leur c-sphL.... Dt'livrotis le Itui cl quiltuTis à jamais cette Espagne où nons aurons retrouvé notre indL-peniJancc cumitic nation, notre gloire commis guerriers, et notre séeuritiî comme société [lolitique '. »

Le colonel de la IHtte, l'un des aides de camp du prince, porta sa lettre, le n aoAl, à Cadi\, où il fut reçu en parlemen-

Page 1