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ulements '. Le parti militaire pensa que l'on n'avait pas obtenu du Roi des garanties suffisantes, et le? miliciens, pins ardents parce qu'ils étaient plus compromis que les autres, déclarèrent que si ces garanties ne leur étaient pas données, ils s'opposeraient au départ de Kerdinand. Comme on ne déféra pas à leur désir, ils dépavèrent les rues, construisirent des barricades, et préparèrent tout pour une résistance désespérée. La révolution, qui avait commencé par une révolte militaire, menaçait d'expirer dans le sang et l'anarchie. Ferdinand céda encore une fois, et prit les engagements les plus explicites envers ces hommes furieux qui, avec cette contradiction, qui est le propre de la passion politique, mesuraient les promesses qu'ils exigeaient de lui à la défiance qu'il leur inspirait, sans s'apercevoir que ces engagements, contractés sous la pression de la violence, qui n'avaient d'autre sanction qu'une parole sur laquelle ils ue comptiient pas, étaient une garantie illusoire. Par ime proclamation royale, le roi d'Espagne promit donc, « de sa libre volonté et sous la foi de sa ptirole royale : » 1° un oubli général complet et absolu du passé ; 2° des institutions garantissant la silreté personnelle, la prapriété et la siVeté civile des Espagnols ; 3° la reconnaissance de toutes les dettes et obligations contractées sous te gouvernement constitutionnel; 4° le maintien de tous les grades, titres, emplois civils et militaires ; S° la faculté à tous les miliciens de retourner librement dans leurs foyers, sans y être exposés à aucunes poursuites. Alors les miliciens cessèrent de s'opposer au départ de Ferdinand.
■t Le 1" octobre 1823, dit Chateaubriand dans le Congrès
1. Diamne premlùrc ilé|ii?i:Iic léli^grapliliiuo ilu IS jultt, le [luci]'An|;ijiil(!infl JiMlt lu présld<?nt du constll : u Le Roi me mande qu'il cet libri: ol qu'il te reniln, quaudji: louUrai. au pori Sslnle-Marie. J'espère qu'il ;eern demnlu. n Daiu une leronile d£ptctie datée du 39, il dtult : n l.u n^gacistloii! sont rompuei, les IidiIIIIIiSb recomnieiLceronl demain à la pololo du jour, d
566 i SUCCÈS E!^ ESrAGXË. — ÉLECTIONS GÉNÉllALES.
de Vérone, Ferdinand, accompagné de la Reine, des princes et deâ princesses de sa famille, nrit à la voile ses prames dorées, au bruit des salves d'artillerie de la place et de toute la cAte ; au milieu des nuages de fumée, on eût dit un vainqueur qui sort triomphant d'une grande bataille. Le ciel était mfagnifique. A onze heures et demie, Ferdinand aborda le port de Sainte-Marie; il y fut reçu par monseigneur le duc d'Angoulême. Le petit-ftls de Louis XIV mit un genou en terre et présenta son épée à l'autre petit-fils du grand roi; beau spectacle à l'extrémité de TEin^ope, au boru^de cette mer, la couche du soleil : Solisqrte cubilia Codes! »
Beau spectacle, il est vrai, splendidement décrit par cette phime de poëte, demeurée an senice du politique qui avait en sa part dans ce grand événement. Mais il y eut quelque chose au-dessus de toute cette pompe, c'est le cri du cœur qui échappa à la fille de Louis XVI, quand elle apprit la délivrance de Ferdinand * ; sa pensée se reporta sur le Temple et elle dit: « Il est donc possible de sauver un roi malheureux ! »
JOIE Al X TlILERIES ET PARMI LES ROYALISTES DE FRANCE. — DERN'IERS ACTES Dl D\ C. D'ANOOLLÊHE Élf ESPAC^iiR. — SES PRÉVISIONS SUR L'AVEXIR DE CE PAYS. — SA CORRES- PONDANCE AVEC M. DE VILLKLE.
11 y eut une explosion de joie aux Tuileries, parmi les membres du ministère et chez tous les rovalistes de France,
ié La duchesse d'AngouK^me était rcMéa h Uorùenux pendant la première partie de la campagne pour être plus prèd des nouvelles d'Espagne, et anssi peut^lre pour exercer une action sur le Midi où elle était très-popnfaire, dans le eas où on mouvement rtWolntionnaire tenté de ce c6lé-cl des Pjrrénées coïnciderait avec la guerre qui arail Heu de Tantrc côté.
TU'.HMEÎlS M\\:> M me r» ANCÎOILKMK KN ESPAGNE. oGT
lorsqu'on apprit que cette grande entreprise, sur laquelle l'Europe entière avait les yeux, que TAncleterre aurait voulu empêcher, et au sujet de laquelle les ennemis de la maison de Bourbon avaient fait les plus sinistres pronostics, était aiTÎvée à un heureux dénoùment. Le 3 octobi'e, en effet, surlendemain de l'arrivée de Ferdinand au l'ort-Sainte-Marie, Cadix avait ouvert ses portes à Tarmée française. Le canon des Invalides annonça, le 8 octobre, cette heureuse nouvelle à Paris. Le soir, il y eut des illuminations générales, et le Roi décida, par une ordonnance du 9 octobre, que Tare de triomphe de l'Étoile serait terminé pour pei'pétuer le souvenir du courage et de la discipline de l'armée française en Espagne*. Une autre ordonnance élevait le général Molitor à la dignité de maréchal. Les généraux Guilleminot, Bordessoulle, Bourck, baron de Damas, étaient nommés paire de France. Le maréchal Moncey recevait la grande croix de Saint-Louis et le maréchal de Lauriston, le cordon bleu. L'amiral Duperré, sur la demande du duc d'Angouléme, obtemiit le grade de vice amiral.
Ce qui ravissait les esprits élevés et les cœurs bien placés, c'était la situation que ce succès rendait à la France eu Europe, et en France au gouvernement royal. C'était là le véritable profit de la campagne. M. le duc d'Angouléme l'avait écrit depuis plusieurs semaines au président du conseil, et M. de Villèle, comme M. de Chateaubriand, partageait complétemeiit cet avis. M. de Chateaubriand célébrait, avec son grand style, la France reprenant son rang et reconquérant son action en Europe ^. M. de Villèle jouissait plus modestement de ce succès, mais il eu jouissait aussi vivement.
l. Pendant tonte la campagne, pat nn seul soldai n'avait <5(é puni comme maraudear. Ce fait remarquable est consigné sur le carnet do M. de Villèle.
7. V Celte brèche et les cent coups de canon qui annoncèrent la délivrance do Ferdinand pensèrent nous Tuirc trouver mal de joie ; non certes que nous alla-