‹ Histoire de la restauration (volume 3)Chapitre 98 sur 122 · THIOMPHE DE LA DROITE DANS LES ÉLECTIONS · texte numérisé non relu

THIOMPHE DE LA DROITE DANS LES ÉLECTIONS

infiueiice dans la portiou révolu lionnaire et conspiratrice de la gauche, n'aimait pas M. Manuel, avec lequel il s'était trouva en compétition d'influence et de direction ; il ne fit aucun effort pour le soutenir. Ce fut ainsi que la gauche se présenta au scrutin en vaincue, EUe excluait de ses propres mains le candidat le plus antipathique à la droite et an gouvernement, donnant ainsi la mesure de sa faiblesse dont elle avait le sentiment, et indiquait h tous ce qu'elle avait perdu sous le coup des derniers événements. On a souvent parlé de l'ingratitude des princes; les partis politiques ne sont pas moins ingrats : ils quittent qui les gène après les avoir servis et suivent qui les sert. Manuel, ainsi abandonné pendant sa vie, retrouvera, quelques années après, la gauche groupée autour de son cercueil, quand elle pourra faire de ce cercueil uh drapeau d'opposition.

Le résnltat de la bataille électorale engagée dans les collèges des arrondissements ne fut pas un moment douteux. Presque partout les candidats du gouvernement prévalurent, et un grand nombre des membres les plus influents de l'ancienne gauche et de Kancien centre gauche ne furent pas réélus. A Meaux, à Bernay et à Pont-Audemer, à Brest, h Barle-Duc, à Poitiers, à Moulins, à Nancy, à Lonp-le-Saulnicr, & Beaune, à Vesoul, àBéfort, à Altkirch, au Puy, à Sain I- Hippolyte, MM. le général La Fayette, Dupont (de l'Eure), Kéralry, Etienne, te général Demarçay, de Tracy, le baron Louis, Jobez, Chauvelin, de Grammont, Yoyer d'Argenson, Kœchlin, Georges de La Fayette, de Saint-Aulaire échouèrent. Paris, sur lequel la gauche avait fondé beaucoup d'espérances, nomma trois de ses candidats seulement, MM. Casimir Périer, Benjamin Constant et le général Foy, contre cinq candidats du gouvernement, MM. Héricart de Thury, de Lapanouse, Cochin, Leroy et Sanlot-Baguenaiill. Les deux cent ■ cinquante-huit élections de collèges d'arrondissement se trou-

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LA r.iiAMERF i»i: I8:i4. (il 7

Les collèges de département irajoutèrent que deux députés, M. Kœchlin et M. de Turkheim, élus à Colmar et à Strasbourg, aux dix-sept députés de gauche, envoyés par les collèges d'an'ondissement. Ainsi , sur les H 0 députés que comptait la gauche dans l'ancienne Chambre, 4 9 seulement urent réélus, et 91 restèrent sur le carreau. La défaite de la gauche dépassait ses craintes, comme la victoire de la droite dépassait ses espérances. Cependant il importe de faire remarquer que ces 49 députés de gauche composaient un admirable personnel de tribune : c'étaient le général Foy, avec son éloquence qui savait remuer la fibre militaire et patriotique, sa passion qui devenait contagieuse, et cet accent de probité qui donne de l'autorité à l'orateur ; Casimir Périer, avec sa parole impétueuse et hardie qui s'imposait, et ses connaissances profondes en finances; Benjamin Constant, cet orateur toujours prêt, avec les détours captieux d'une dialectique qui enlaçait ses adversaires dans des nœuds savamment ourdis, la merveilleuse souplesse d'une intelligence qui s'appliquait à tout, et les ressources d'une expérience politique éclairée par les révolutions qu'elle avait traversées; Royer-CoUard, enfin, dont l'autorité morale, la vieille fidélité aux Bourbons, exerçaient une action même sur ses adversaires, et dont l'éloquence magistrale semblait buriner des sentences et des arrêts. Encore pourrait-on nommer M. de Girardin, vaillant et spirituel escarmouchcur de tribune, habile à charger en flanc ses adversaires; M. Humann, qui avait sa valeur dans les questions industrielles, financières et économiques.

Ajoutez à cela que les revers rapprochent les hommes qui sentent, après une défaite, le besoin de s'appuyer les uns sur les autres; tandis que souvent la victoire divise, parce que les vainqueurs s'en disputent les fruits. La droite avait une immense majorité, sans doute; mais cette majorité était loin d'être homogène. Elle comptait dans ses rangs un assez grand

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nombre de membres venus de rancien centre droit, soixantecinq emiron, que les violences de la gauche, pendant les dernières années, avaient rejetés dans le côté droit, La droite pure, celle qui avait constamment appuyé le ministère était beaucoup plus nombreuse; on pouvait l'évaluer à uue force de 250 voix; mais cette droite même coûteuait des nuances. Une de ces nuances appartenait aux opinions ardemment religieuses, et elle aspirait h obtenir d'amples satisractîons pour le catholicisme et pour l'Église; MM. de Ronald, de laMennaîs avaient exercé par leurs écrits une puissante iniluence sur un grandnombre d'hommes de leur génération, qui croyaient aver raison que la religion est la base de toute chose ; ils oubliaient seulement que ce n'est point par des lois impératives qu'on la fait entrer dans les esprits et dans les cœurs, mais par les esprits el les cœurs qu'on peut la faire entrer dans les lois. Pai' contre, une autre nuance de la droite, quoique aussi dévouée à ta monarchie et aussi disposée à soutenu" le ministère, avait hérité des méfiances de la société française de l'ancien régime, contre ce qu'on appelait les empiétements du clergé Mien r^ sultail que le ministère ne pourrait satisfaire la première nuanre sans mécontenter la seconde, à laquelle se rallierait certainement dans cette occasion l'ancien centre droit. Enlîn la coutreopposîtion de droite avait conservé sa place à la chambre. !/ ministère, qui avait combattu trop vivement les candîdatum de MM, de Lalot et de la Bourdonnaye, car, ayant dans la question un intérêt personnel, il aurait dû se contenter de ne

I. s J'bI ententlii louvcnl raronlrr, (lav MM. de GeiioiiJ« el de Lourdourii. une unei?(lole qu'ils letiai^nl de H. itc VllIËIr, cl qui vient i i'apiiul de erU' remarque ; « Il y atsEl dans la droite, deinnt H, de Villèle. det memhretqDl «liieiil renua nom dire, à Corbière el i mol, bu début de li «eiiloii : • A'm< tonloni faire tout ce qui cil utile au Irâne ; mail quand il i agira <1n cllt^'' c'eit ttutrr eboir. Quand dm diieulere une loi de ce genre, averlliiei-noia f" qut nom ntioni canirr. ■ — Plut d'une fols, ijoulill en worlsnl H. " Villèle, il m'eal arrivé de poiiusr du coude le bru iIb Corblè», en lui dinnl ' ■ N'eRl-cu pu le tnomi^nt d'averllr nos amis F •

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