‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 109 sur 213 · I . Kll • a 61»' l'aile par M. cJo TorqiifîviUe · texte numérisé non relu

I . Kll • a 61»' l'aile par M. cJo TorqiifîviUe

DIFFICt'LTÉS DE KA SITUATION. 341

»saire , les autres comme un relâchement du despotisme inérable qui pesait sur tous, mais ils n'entendaient rien sacrir de leur situation, et très-peu de leurs idées. Il fallait tenir npte aussi de trois courants intellectuels qui allaient être orisés par la liberté des institutions. L'un était représenté r l'école catholique et monarchique groupée autour de elques esprits d'élite , Chateaubriand, Bonald , Frayssinous, «ph de Maistre , qui avaient donné , au commencement du -neuvième siècle, le signal d'une grande réaction religieuse )olitique contre les idées du dix-huitième. Le second était résenté par un groupe déjeunes esprits lettrés etaffriandés liberté qui , s'élevant à l'ombre de l'Université , autour de 'haire de Royer-Collard , se rattachait par lui Madame de 61, Benjamin Constant, et par [trois jeunes professeurs, I. Guizot, Yillemain, Cousin, qui commençaient à rallier iHir d'eux une jeunesse d'élite à l'école des rationalistes rtlualistes de 1789 , qui avait tenté l'accord des institutions iementaires avec la monarchie. Le troisième courant, issu

dix-huitième siècle , et maîtrisé un moment par la forte in de Napoléon , qui avait obligé le torrent de couler entre IX rives , reprenait son cours, avec cette impatience de tout m religieux et politique qui avait caractérisé ce mouvement

son origine *. Enfin, en dehors des partis, il y avait le gros la nation , qui , désintéressé des crimes de la révolution , U{uels l'immense majorité du pays n'avait pas pris paît, i fautes de l'Empire , dont elle avait souffert, demandait du os, et tenait instinctivement à la paix, au règne de lois litables et modérées , à des garanties d'une liberté réglée, : progrès réalisés au profit de l'égalité civile, de la libre en-

, Dans VHiMoire de la litténtiure sous la Hestuuiatioii , j'ai (raté le tableau plet de ces trois mouvcnienls. (Voir le chapitre intitulé Tableau du monde tectuel au début de la Restauration, tome !«', de la page l7 3 ;\ la page 253.)

34f CHARTE DE 1814.

trée de< carriêrt:^ , au milieu de ces pertuiiMitioiiâ révdutioa- Didres pendant lesquelles le travail des destinées natioBÉi n'avait pas cessé de marcher.

Le pèle-méle des intérêts et des opinions trouvait son fssfnt sinH dans le spectacle singulier qu'offrait le château du Téleries dans les premiers jours du mois de mai 1814. Oij voviiit les maréchaux et les généraux de TEmpire mâés A grands sei£rneui*s d'autrefois et aux chefe militaires des aiakl condéeunes, revenus de Témigi'ation; les évéques di^milMl uaiivs ou destitués à la suite du concordat de 1802» et ii évêques nouveaux; les députations de Bordeaux oméeiè bniss;u1s, les officiers de la garde nationale de Paris, lesop tailles de paroisse de la Vendée portant le large chapoii La Kochejaquelein ; les anciens constituants et quelques WÊlt bres des iissemblées révolutionnaires, les femmes de h M inipénide et les femmes du faubourg Saint-<jermaia, mftifP qui devait amener (l'inévitid)les heurts par la rivalité des irf^ rets et le contraste des habitudes de la société d*autrefoillÉ celles do la société nouvelle, et qui faisait pressentir une diflicultés de la situation. Le Roi à son retour allait aiâri compter avec des ser>ices d'origine diverse. Il devait naître à la fois les ser>ices rendus dans sa personne au monarchique, ce grand intérêt national, et les services aux autres intérêts du pays pendant son absence. Il était cile, quoi qu'on fît, de ne point pai*altre ingrat et de ne faire de mécontents. Parmi les tmciens serviteurs de la narchie, les moins modérés devaient avoir une tendance i lonti\ire à regarder comme dérobé à leurs droits tout serait donné à ceux qui avaient pris part au gouvernemflnlik l'administration, à la guerre, pendant les vingt-cinq dermM années; les nouveaux serviteurs que les circonstances êtÊt liaient à la royauté devaient avoir une tendance analogue à considérer comme dérobée à leurs titres acquis la part Cûlià

LOUIS XTIII AUX TUILERIES. 3tS

urs rivaux. Ce qui compliquait encore cette situation déjà si ftcile, c*est que la France perdait quarante-trois départements

ifertu des traités qui la réduisaient à son ancien territoire. 8 fonctionnaires en disponibilité par le retour de T Allemagne ,

la Belgique , de la Hollande et de l'Italie à leurs anciens sourains , assiégeaient le gouvernement en faisant valoir leurs res. Si Ton ajoute à cela cette espèce de fièvre de places qui itant, comme à toutes les époques où le gouvernement iMge, une société où tes carrières publiques ofBrent tant d*atdt aux ambitions et aux intérêts , faisait accourir à Paris du M des provinces une foule de solliciteurs, quelques-uns avec IB droits , tous avec des prétentions , plusieurs avec des maèfes et des costumes qui prêtaient au ridicule, on aura Tîdée une situation difficile et semée d'obstacles de plus d*un genre.

D convient de poser les personnages sur cette scène pleine ^iRieils avant d'exposer le rôle qu'ils y jouèrent.

leRoi et la famille royale s'étaient établis dans les Tuileries, ■Mire changeant qui avait vu passer tant de fortunes diverses. L db Blacas s'appliquait à faire régner dans le palais Tordre ' Fftîquette qu'il avait établis dans l'exil. Louis XTIII menait Ile vie réglée dont toutes les heures avaient leur emploi fixé teie manière invariable. Il se levait de bonne heure, assistait Il messe tous les jours, lisait les journaux, recevait la famille ^fffk dans son cabinet et passait avec elle dans la salle où le |eaner était servi, mangeait très-sobrement, travaillait avec !9 ministres, et sortait en carrosse dans Taprès-midi quand le mps le permettait. Après la messe, il paraissait au balcon, et, ins ces premiers temps , il était toujottrs salué par les acclaations de la foule, ou bien se montrait, assis dans un fauteuil, tt troupes qui défilaient la parade dans le Carrousel. Il y ait des jours pour les réceptions particulières, soit pour ceux li avaient obtenu des audiences, soit pour les hommes et les mmes qui avaient les honneurs du Louvre : ces distinctions

aviiieiit ivpuiu. 11 y a^ait aussi des réceptions pour les dlIKrents i'ui*ps qui apportaient des adresses. Les adresses étaiot innombrable:^ ; non-seulement les corps constitués, mais les villes, les conununes, emoyjûent présenter auRoireipresân de leur dévouement.

L\\térïeur physique du Koi, sou embonpoint énonne, sa iutirniités. ajoutaient aux difticultés de sa position politique,a prêtant à des cH»niparaisons qui n'étaient point à son avantip^ o\ qui prévenaient contre ce monarque impotent ceui ^ avaient Ciuinu la redoutiible activité de Napoléon, ^omblalikl ces dieux homériques travei'sant le monde en quatre eDJ» bées. Mais si la pei'spectiveétiiit contre Louis XVIII, il reprai ses avauta^res avec ceux qui rapprochaient. Ilavaitdauskctf' >ei*satiun particulière, comme dans ses réponses aux adrM et ses discoui*s publics, Toppoilunité des idées, la connaisse parfaite des sentiments, la propriété des termes, la dignité^ Sieste et du rej;ard , la majesté du maintien , jointes à un i^ i^ane qui doimait un nouveau prix à ses paroles. Les senriM mêmes de Napoléon n'étaient pas les derniers à conveiiir,^ Ta dit, qu*ils avaient vu se révéler dans le monarque iniM et valet udiuiiire, la première fois qu'il les avait admis ensafi^ sence , un prestige dont Napoléon lui-même ne leur avaitfV donné Tidée. 11 excellait dims les convei*sations où les choM se disent à demi mot ; dans ces escrimes de la parole oùÂl n'est exprimé et où tout se comprend, où il y a des feintes, èi surprises, des coups prompts et décisifs, de secrètes embû^ il l'emporta souvent sur M. de Talleynuid, qui s'en vengciA en l'appelant a le roi nichard ou le roi des niches. » Quand 1 avait vu pour la premièn^ fois M. de TiUleyrand à Compiègoei le 2 avril, il Tavait fait descendre d'un mot de la positÎQl qu'il voulait prendre à celle qu'il devait occuper : a Monsieur k prince de Bénévent, lui a\ ait-il dit au moment où il entra dans U' salon, je suis bien aise de >ous n*voir. 11 s'est passé bien de

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