‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 110 sur 213 · LOUIS XVIII AUX TUILERIES · texte numérisé non relu

LOUIS XVIII AUX TUILERIES

Mes depuis que nous nous sommes quittés. Vous le voyez, 118 avons été les plus habiles. Si c'était vous, vous me diriez : ieyans-nous et causons ; et moi je vous dis : Asseyez-vous causons' . )>

Cet esprit vif et subtil servait à Louis XVIII à soitir, par des pédients pleins de malice, des embarras où le jetaient souit ses infirmités corporelles. Il avait dit aux maréchaux, en recevant à Compiègne, que, tout goutteux qu'il était, on le Pttit, si l'intérêt de la France l'exigeait, marcher à leur tête, eiques-uns d'entre eux eurent la malheureuse idée de le préside tenir cette espèce d'engagement en se montrant à cheval, fftt-ce que pour quelques moments et dans un local bien posé. Le Roi répondit qu'il y consentirait volontiers, mais ^il serait prudent de le flanquer à droite et à gauche de cavale robustes et hardis pour le soutenir, et il ajouta que cet Aoeur inquiétant appartenait de droit aux maréchaux , et filetait trop juste pour les en priver, tout en plaignant sin- Mment celui à qui écherrait le soin de le soutenir. Le Roi rittait déUcieusement de l'embarras où il avait mis les maréiux par cette insinuation, qui les avait singuUèrement refroi- ^ sur leur idée. C'étaient là ses victoires, n aimait les lettres eu homme de talent, et les protégeait en t. La question d'argent ne l'arrêtait jamais. A peine était-il îvé que M. de VitroUes, averti par M. Bai'bier, le savant riiothécaire du conseil d'État, vint l'avertir que le recueil feieux des ordonnances du conseil du Roi, rassemblées par homme qui avait dépensé près de 30,000 Uvres de rentes à mposer cette collection, était sur le point d'être vendu par sa ive à l'un des souverains étrangers. Il fallait 200,000 francs nptant pour empêcher le marché de se conclure. M. de roUes hésitait en demandant une aussi grosse somme à un

. Mémoires inédits de M. Bcugnot.

aux >tMivictioiis rt aux a\ances cl»/ .Napoléon, revint charmi la r«''<'rpti(>ii qu»' lui avait t'aitr Loui< XVIII. Mais ce pr était surtout admirable dans ses rapports avec les souver étrangers. Ce monarque impotent, désarmé « sut mk dans sa capitale enTahie, sut ia^oser teHemert à r«i|f Alexandre, le chef de la coalition eurepénne^ qoadl vint 46UX fois aux Tuileries sans oser loi tanfldort^fM dans la Chambre des pairs pour le due 'de Ticeimi 1ê'% avait pronûs de faire cette démarche en sa faveur» ilÉ casion duquel M. de Talleyrand, le czar le aaMtÉÉl essuyé un premier refus. Le sentiment que Louis Xtt|j de la prééminence de Tauguste maison de Fnom MmI les autres maisons souveraines de FEurope lui doOllli ses rapports avec les rois coalisés, une véritable giMM relevait et consolait la dignité nationale afBigée p«rBOiil| militaires. A ceux qui lui faisaioit quelquefcris wkêêÊêA étaient vainqueurs, il faisait sentir qu*il était Patné^Bi royales. Ainsi, donnant à dîner à Tempereor de RiMi|)i pereur d'Autriche et au roi de Prusse, il passa li^ pour se mettre à table. Dans une autre dreonsUitoil^ sur son balcon avec les* souverains étrangers' poomlMl ses troupes, il avait fidt placer un fauteuil^pour lui «triMNl

LA FAMILLR ROIALE : LK COMTE D* ARTOIS. 347

fonsieur, comte d'Artois, était établi au pa>iilon Marsan. Udt naturellement passé sur le second plan du tableau des le retour du Roi ; cependant il conser\ ait une influence n considérable, à cause de son titre de commandant gé- |lde toutes les gardes nationales du royaume. C'était autour se réunissaient les hommes les plus enti*eprenants royaliste, les cœurs chauds, mais avec eux aussi irits hardis ou hasardeux, ceux qui avaient joué le i^le plus ardent dans les premières journées de la Heslition. A mesure que la politique du gouvernement de lis XYIII se dessinait, on devait voir, nous ne dirons ( lliostilité, mais la distinction des deux tendances s'acim plus fortement. 11 y avait eu de tout temps, même bt 1789, entre le Roi et le comte d* Artois une rivalité na- Bfle. Placé entre Louis XYI qui avait sur lui l'avantage de liissance, et le comte d'Artois qui avait celui des dons exté- , le comte de Provence avait toujours considéré ses deux avec une ceitaine jalousie qui n'excluait pas l'amitié, IHlipie le sentiment de la supériorité intellectuelle aiguisait a Conmient voulez-vous que le Roi pardonne à son marcher? » disait M. de Sémonville en 1814, avec l^rituelle méchanceté.

lie comte d'Artois, aimable, avenant, actif, était surtout entté des comtes de Maillé, de Rivière, de Fitz-James, de Iges, Jules et Armand de Polignac, Sosthènes de La RochelOMild. Il gardait, depuis sa lieutenance générale ^ des intelenees dans les départements, et un bureau de renseignements feotresol du pavillon Marsan , à la tête duquel se trouvaient delaMaisonfort et un homme de courage et d'esprit, M. Per- T de Monciel, qui avait été, en 1792, ministre de l'intérieur QS Louis XVI. M. de Monciel appartenait alors à la nuance des nstitutionnels qui suivaient le drapeau de Lameth. Ce bureau sit celui que M. de Yitrolles avait établi aux Tuileries le jour

iX&ftTT I« 1814.

> .-rd*^ Ôt M.'irsïk kl ^. et qui, lorsiiiie ce prince frit j^ zicrfé eu ri-'j^r:' o K continiié à CÛTe mw mteè

>^*>:*r ...îi-îiea=^ & i>!vr ^ co OIS de la pdîoe Tir: !.& •Ju'AL^ril^r^:>r^ImIie b itsetlesnimeuisconfoseièj : rMbqi^ ;-v^:r. r^ rivets mérités, ks innombrables meosoip] j^ ôrn .-=<vi^ . ii^ r: jr^ âiinnes dont on dsàége les z>ra'.5 Luiifé%3tii*^. M. dr TiUeyruid, qui se moquait i*r cr^r p.:i->r. piU^ Zclre que bieu informée, et sojelil :i>mii>rr dôn? le^ fir^^ Ac^ agents de police en rt i».\is tird drï intrÙTÀDts. l'appelait plaisammes tunou de l>Dtre:s«M » . Monsieur laissait aller cette actioi £ulîriv. bieauooup par bciutê, pour ne pas désoUigv penk*uuc^ devounc^ qui n'avaient pas trouvé d^autre de k'ur zèle, et un pru au^si par ce besoin de continoerii informe qui est naturel à tous ceux qui ont touché m venitrmeut. Ceb dura pendant plusieurs mois, jusqu*i meut où le petit bureau, comme on rappelait, après ai dupe de fausses couspiratiuos^ devint, malgré rhonnèUtffej >LM. de Moucit-1 et de la Maisoufort, dupe de pi d*afi;ûres. Alors le Roi indigné le renversa, au grand (le Munsieur, que cette action irrégulière avait plus que ser\i. La pivtention de ce bureau tant qu^il vécut, eti poir de M. le cumte dWrtois lui-même, avaient été d'être seignês par des agents plus exacts, plus sûrs, plus fidto< lie rêtaiifut ceu\ de la police générale. 11 y avait donc, les premiers mois de la Restauration, une espèce de police au pavillon Marsan , et , sinon un gouvernement i moins une direction morale à pai1 '. En outre, le comtefJ

I. M. ileugnot, en m qualité de directeur général, all« \oir M. dt l't lui tu ob«ener qu'il v a\ail dan« cette concurrence de police le irereux «ujet de division entre le Roi et son frère. « Monciel, co&tlBMl.1 V'MOt dan« ses Mémoirti^ (liait alors le chef des conseils intimet de lloHAlVik| ministre du cabinet \ert. 11 tenait à sa place, et me répondit que sa polke,l^l

LE DUC ET LA DUCHESSE D'aNGOULÊME. 349

lYait accès dans le conseil par le baron de VitroUes, qui demeuré secrétaire d'État.

. le duc d'Angouléme s'effaçait modestement devant le son oncle et le comte d'Artois son père. Ce prince honet consciencieux avait des qualités de cœur et d'esprit réelles, mais avec une timidité de caractère et un extérieur lurvu de grâce qui nuisaient à ses paroles et à ses actes. Il pait une influence spéciale sur les départements du Midi , lesquels il était entré en France, et c'était par lui que les (mations de ces départements arrivaient au gouvernement, me c'était lui que le gouvernement chargeait des mesures croyait nécessaire de prendre à leur égard. ftdame la duchesse d' Angouléme, dont l'esprit était ferme, iractère fort, le cœur plein de bonté, partageait cette misafec le prince. La vue de la fille de Louis XYI excitait \ tous les lieux où elle paraissait un vif attendrissement, malheurs de sa race et ses propres malheurs avaient gravé um front un sceau de majesté doul ^ureuse. Les adversaires louveau gouvernement lui reprochaient un abord sévère iste. Que veut-on? la douleur est moins aimable que la ité, et il était difficile à la fille de Louis XVI et de Marie-

lire à la mienne , lui serait fort utile. 11 avait pour agents des hommes itf , des amateurs qui communiquaient avec lui, et ne consentiraient pas h uolquer avec moi sans une répugnance qu'aisément on devine. Sa police m foyer de royalisme qui éclairait aux Tuileries, mais qui serait étouffé au Im Théatins. Au reste, il n'y avait rien dans sa mission qui ressemblât à itorité. C'était pour la police publique quMl travaillait, et il serait Adèle à nvoyer tous les renseignements qui pouvaient m'ètre utiles. Comme je nv. isrien près de Monciel, j'allai directement à Monsieur. Le prince se montra irs le même pour moi, toujours affable, toujours bon comme aux premier» de mes rapports avec lui , mais je vis bien qu'on faisait effort dans son

pour me nuire : il me reprocha dr m'êtrc uial entouré , de n'avoir dan» ureanx et pour agents que des bonapartistes. J'étais , et il en était per-

un honnête homme et fort dévoué, mais si je me laissais aveugler, le mal It malgré moi, et je ne pouvais me plaindre de ce qu'on v regardait de pluM 6té, et enfin que deux yeux valaient mieux qu'un. »

en toute hâte à la nouvelle de la merveilleuse restninli

la maison de Bourbon. Louis XYIII, fidèle à la biema

qu'il lui avait témoignée dans Texil quand ce prince, 80O p était venu rétracter les erreurs politiques de sa jeunei reçut avec faveur et lui promit de lui restituer ses Uei vendus. Depuis sa réconciliation avec le chef de la I royale et son mariage avec la fille atnée du roi de Ifaf duc d'Orléans s'était exclusivement occupé de Tadmiiiii) des biens qu'il avait reçus en Sicile. Dans une occadoo ment , il avait paru vouloir sortir de cette inaction pol C'étiiit à l'époque où les certes espagnoles acceptèrent i ment leur grande lutte contre Napoléon. Il fut queiii mettre le duc d'Orléans à la tête d'une armée e^agn avait accepté le commandement offert par les cortès, et avait rédigé une proclamation contre Napoléon, quandh vais vouloir des Anglais empêcha son débarquement € pagne et fit manquer cette combinaison. Malgré sa técm tion avec le chef de la maison de Bourbon, le duc d*Q arrivait avec des souvenirs et des relations qui le déâf au\ hommes qui ne trouvaient pas que Louis XYIil eAl résolument embrassé les théories de 1789. On citait M mot (le l'empereur Alexandi*e qui, blessé de la fierté da I peu satisfîût de ses rapports avec les Bourbons de la iff atnéts avait dit à M. de Lafayette, dans les salons de M d(^ Staël : a Les Bourbons sont incorrigés et incorrigU 11 y a que le duc d'Orléans qui ait des idées libérales; pM autres, n'en espérez jamais rien. Je pars bien affligé'» bruits mis en circulation commençaient à faire tourner v duc d'Orléans les yeux de ceux que la Restauration ne ni sait pas. Cependant le chef de la branche cadette montni ses relations avec le Roi une grande recherche de rfii|

1, Mémoir^t de La Fayette, tome VI, page 311.

Page 1