‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 112 sur 213 · COMPOSITION DU MINISTÈRE · texte numérisé non relu

COMPOSITION DU MINISTÈRE

e victime du despotisme, a Ce fut sous le coup de cotte gsioD, rendue plus vive encore par la réaction générale linion contrôle gouvernement impérial, que Louis XVllI au comte Dupont, le 13 mai 1814, ses titres, grades jorat, en le maintenant au ministère de la guerre. Le li avait dit, le jour même de son entrée : «'Général, je is votre gloire et vos malheurs. » C'était le devoir du î rendre justice au général Dupont; mais il n'était pas [ue de placer au ministère de la guerre un homme dont ition devant T opinion, devait rester douteuse jusqu'à w e enquête équitable et publique eût dissipé les nuages ! gouvernement impérial avait accumulés sur l'affain» de

a marine , les ministères de M. de Sartines et du marée Castries, qui avait dirigé avec succès la guen^e d'Amé- , avaient accrédité l'opinion qu'il était mieux de ne pas cou- I département à des officiers généraux de mer. On y plaça on Malouet; il avait rempli les fonctions les plus hautes kninistration maritime, entre autres celles de gouverneur fenne, et sous l'Empire, il avait dirigé, comme commisgénéral de la marine, des travaux importants à Anvers; 16 politique , il était membre de la fraction modérée de mblée constituante, et il avait été appelé au conseil intima uisXVI.

ministère de la maison du Roi fut l'objet d'une négo- Q épineuse. Plusieui*s personnes, entre autres M. de les, s'étaient entremises pour le faire accepter à M. de Bla- [ui, hors le ministère, devenait un obstacle^ et, introduit son sein, lui prêtait une force, à cause de la faveur il jouissait auprès du Roi, faveur personnelle qui avait a d'être justifiée par une fonction publique. Un motif lier fit, au dire du baron de Vitrolles, hésiter longtemps i Blacîis : il croyait déroger à la dignité de ses fonctions

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de grand niaitre du la gni*de-robe en acceptant un nnmsiire, et il demandait qiron lui troiivAt, dans Thistoire de la monrchie, un précédent qui autorisât son acceptation. L*eiGeiii|k du prince de Coudé qui, revêtu de la charge de grand oulln de la maison du Roi, avait accepté les fonctions de chef Ai conseil pendant la minorité de Louis XV, et rinterventa toute-puissantt' de Louis XVIH déterminèrent racceptatM de M. de lilacaif.

On compléta ces nominations par celle de M. Beugoel, connue directeur j^éuéral de la police du royaume, en joigOMl à cette direction la préfecture de police de Paris, et la compondance avec les préfets et les sous-préfets, devenus ses agfili dans les dépailements pour tout ce qui concernait la pofiet M. Keugnot eut en outre les mêmes honneurs auprès de h personne du Roi et dans ses palais, que les ministres enren^ cice. Il y avait là une compensation et une consolation poorlT pertr du ministère de Tintérieur, qu'il avait espéré consent. Sauf le no[iK (}u'on n*avait pas voulu maintenir parce qà TEmpire Tavait rendu odieux, c'était Tancien ministère de k poliee générale. M. Ferrand fut nommé directeur général M™ postes; M. Rérenger, directeur des contributions indirectalL

Dans tous ces arrangements, le nom de M. de VitnAl n*jvait pas été pronoiioé. Il s'était donné heau(5oup de moi* Nenniit pour faire maintenir le ministère de la secrétaiiM d'Ktat, v\ il avait plusieurs fois poiié cette question détail L(»uis XVIII. Mais il axait trois advei*saires puissants : Tun^^ elaré, M. de Moiitesquiuu ; les deux auti^es cachés, MM. Talleyrand et de Rlacas, ([ui s'étaient coalisés contre lui. Al^ pi»int de vue théorirjue, M. de Vitrolles avait raison. Lasecif' tairerie d'Ktat était h» c(»mplément et le lien des divers mÎBh ^t« re>; le ministre >eerétaire d'Ktat gardant eu dépôt les noM el les minutes du Roi, le texte des décisions du conseil, poiT les lui re|H*é>enler en toute occasion, lui rappelant, quand il J

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vait lieu, les dispositions générales, les principes consacrés

ir les actes publics, pour qu'il pût y ramener sans cesse les

Ble8 particulier de son gouvernement et de ses ministres : il

avait là une condition précieuse d'unité et d'homogénéité

Mr le gouvernement. Mais pour que la secrétairerie d'Ktat

It exister, il fallait de deux choses l'une : ou que le souve-

bh vit tout et ftt tout par lui-même comme Napoléon, dont

* duc de Bassano n'était que l'œil et la main ; ou que le mi-

iitre d'État, revêtu de la confiance absolue du monarque, fût

(I premier ministre dirigeantsouverainementl'administration.

i Tune ni l'autre de ces hypothèses ne se trouvait réalisée. L«*

M ae pouvait remplir le premier de ces rôles; M. de VitroUes,

Nrveau dans les affaires, et encore sans notoriété politique,

était pas amvé à la hauteur du second. Les trois hommes

li avaient les prétentions les plus motivées à la direction des

ioâres, iM. de Talleyrand par sa grande position pei*sonnelIe,

hbé de Montesquiou par l'estime que le Roi faisait de sa ca-

cité, M. de Blacas par sa faveur, s'entendirent pour détruiiv, I du moins pour amoindrir une position qui les offusquait. » de Vitrolles ne fut pas appelé avec les autres ministres poui* prestation du serment. Son premier mouvement fut d'en- >yer sa démission. Monsieur qui, averti à temps, avait refusé assister à la séance du conseil où les ministres prêtèrent seront, pour ne pas autoriser par sa présence .l'affront fiût h un mune qu'il aimait, insista pour le faire rester, en lui reprétDtant les services qu'il pouvait rendre. MM. de Blacas et ambray s'entremirent. Le Roi eut pour M. de Vitrolles quelœs-unes de ces prévenances caressantes qui avouent les torts B cherchant à les réparer. M. de Vitrolles resta, mais amoindri ar cette résignation politique ; il restii dans une position indéîse, équivoque, qui devait devenir plus d'une fois un embaras pour le Roi, pour le ministère, pour lui-même. Louis XVIif avait changé peu de chose au personnel du gou-

vemeinent en nommant le nouveau ministère, qui c fonction le 13 mai. Sauf deux noms , celui de M. de I celui de M. Dambray, c'était le cabinet intérimaire d accepté par le comte d' Ailois , qui avait lui-même à | hérité du personnel du gouvernement provisoire. Dam nistère hétérogène, une large part était faite aux hoan avaient représenté, dans ou hors le gouvernement, lesc nuances d'opinion réunies pour dominer la transi l'empire à la monarchie. M. de Talleyrand, Tabbé del quiou, le baion Louis, le général Dupont, le comte Be le baron Malouet, avaient cett<^ commune origine. M. ( leyrand, appelé à Vieiuie pour représenter la France a grès qui allait s'ouvrir dans cette ville, devait laisser I l'intérim des affaires étrangères à M. de Jaucourt, membre du gouvernement provisoire.

M. de Talleyrand, on l'a vu, n'était ni un homme di cipes, ni un homme de passion ; c'était un homme d*iDl de calcul pei^sonnel. Presque aussi indifférent au bot moyens, il était décidé d'avance à tourner sa vofle duc soufflait le vent. Excluant, ce qui l'excluait, d'un égols gace et arisé, expert aux jeux gUssants de la diplomatie, aux intrigues de cour, suppléant à la grandeur desidte sentiments par la grandeur des manières, il savait h de la politique etpouviiit briller dans une crise et jouer dans le congrès, sans être un véritable homme d'Étal. ! rite du caractère, la fécundité des conceptions, la proni de résolution, l'habitude du travail et celle de traiterpu ment les affiiires publiques, lui manquaient. Il n'excd dans le huis-clos de la causerie politique, et tour à to nuant, dédaigneux, relevant la souplesse d'un caractJ à tout par un tour indépendant d'esprit et de convers avait la souveraine habileté de se faire passer pour h force de savoii -faire , de savoir-vivre et de savoii^dir

GOrP D*QBIL SUR L^INTERIELR DU CONSEIL. 365

tdolent, léger, sceptique, homme de plaisir, peu capable de mue, il suivait le courant en avant Tair de le dominer. > M. de Montesquiou, homme d'ancien régime et ancien conlîtuant, avait des précédents et des sentiments royalistes, des Détentions de cour, qui n'excluaient pas les prétentions Uttéires, et des souvenirs constitutionnels , avec plus de méUihysique politique dans la tête que d'expérience pratique du ►uvemement ; un esprit de salon , plutùt qu'une intelligence ftflEedres ; une élocution facile, parfois élégante , mais banale, i n'avait ni la précision, ni l'élévation de l'éloquence de la btine. Dé>oué à la royauté, résigné à la Constitution, qu'il Jurdait comme nécessaire , mais qu'il entendait commuter de manière à l'amoindrir dans l'application; caant une hauteur naturelle, souvent voisine de l'imperfcence aristocratique, derrière une certaine bonhomie àv bières , il étiiit léger, inconséquent , impétueux , impa- Ut, distrait, aimable comme on l'était à la fin du dix-huitième K!le, mais peu capable d'attention, de suite et de fermeté, et Us les vues et dans Vaction; disposé à trop accorder quand avait trop refusé ; désireux de plaire et aussi prompt à se déiger qu'à s'engager. Il manquait donc totalement des qua- 6» de l'homme de direction. Ses relations les plus étroites ^ent d'abord avec M. Royer-Collard , conscience hoiuiête et "oite, esprit transcendant mais dogmatique, absolu; qui éleit la politique jusqu'à la philosophie, et avait de la peine à îscendre de ces hauteurs métaphysiques jusqu'à la pratique !s affaires, et aux réalités morales et poUtiques de son temps ' ; isuite, avec M. Guizot, qui, déjà professeur au (loUége dv rance quoique bien jeune alors d'années, préludait à sa car-

1 . Voir «lan:» VHhloirt de ia littérature pendant ta Hestanrntion , l'action phl- M>phique exerm* par M. Rojer-CoUard ù la tin de TEuipire, tome !*■*, pi ISA. mièrc «'(Htlon.

hdiiiiiir. i>>ii (liiiir (11- plus i^raiulrs iiiaisniis dr la Pi'n\ ;i\ail nicdiv critr li.iiilc iiiiiK' (jui Tavait t'ait r<-iiiart]ii M. d'Avaray dans les^ preinieis temps de l'éinigratiuii ; • tout courageusement havresac et fusil, et marchant site sèment dans la foule, froid, fier et à part de toute intimi Personne ne pouvait lui infuser de rélévation dans les i inents, un dévouement profond poiu* le Roi, une intdS( cultivée, un courage naturel et le désir de bien faire. 1 était complètement étranger aux formes de radministan Arrivé la veille de Texil, il ne connaissait ni les hommes (•host»s. Aussi évitait-il les conversations sur les aflEdres, occupé (le la formation de la cour que de rétablissemei la monarchie. En outre, il joignait à une hauteur qui loi naturelle la confiance de sa faveur, qui était absolue.

Le grand chancelier, M. Dambray, était un ancien me du parlement, tout pénéti*é des maximes de la monarchie I raise; âme honnête et pleine de droiture, cœur dévoaé royauté, magistrat éminent, mais connaissant peu la Rn étranger aux affaires, en dehoi's de la poUtique*

irétaient là les quatre hommes les plus importants da iiistère, les seuls en position d*y prendre la haute autres ne pouviiient y aspû'er.

COUP d'€E1L sur L'iiNTÉRlEUR DU CONSEIL. 367

«mon par sou expérience, au niveau de celte tâche. Ni la confiance ni la volonté ne lui manquaient pour la remplir, mais il était trop nouveau dans les affaires pour être suivi ; et, plutôt souiffert qu'accepté, ce n'était pas lui qui pouvait conduire. D'ailleurs, la faveur de Monsieur lui nuisait auprès du Roi, qni le regardait comme un esprit et un caractère d'aventure. Le baron Louis marchait à la suite de M. de Talleyrand. Il avait en finances des connaissances pratiques, mais il mettait les questions d'argent au-dessus de toutes les questions, et il ' iotroduisait trop souvent dans les iifl'aires rinflexibiUté d'un esprit infatué de sa supériorité, l'effervescence de ses opinions, •" singulier mélange d'un ruyaUsme de circonstance , de tradi- ^^ lions révolutionnaires et de haine pour les royalistes, et la -r brusquerie tyrannique d'un caractère emporté, intraitable et ^ fâcheux*. L'homme et le politique gâtaient souvent chez lui 1 le financier.

^ Le comte Beugnot se trouvait lui-même souveniinement dé- ^ placé à la poUce, à la tête dt; laquelle il aiuait vouhi mettre

I. Le (lui* de Itaguâe, qui u\ail dciiianilé une euiilérencc au gou\enieiiient provUoire (lour rentrelenir de rinconvéuienl qu'il \ avait à laisser se dissoudre les troupes qui a\aienl reconnu le gouvernement proxisoire, cl dont on pouvait avoir besoin contre l'étranger, raconte ainsi la discussion qu'il eut avec le Iftaron Louis : « Un liomuie habillé de noir, de mauvaise figure, que je ne eon- Babwais pas, me dit : — Monsieur le maréchal , nous manquons d'argent pour paieries troupes, ainsi nous en axons ]»lus qu'il ne nous en faut. — Monsieur, répondis-je, ce qui me prouve que loin d'en avoir trop nous n'en avons pas assez, c*e^ que l'ennemi est entré dans la capitale.— Mon interlocuteur m'interrompit avec humeur. — Noua avons trop de troupes, réi»éta-t-il, ])uisque nous n'avons pas d'argent. D'ailleurs elles nous sont fort inutiles. Le ministre de la guerre Doui rendra compte de l'état des choses, et nous proposera ce qu'il convient de faire. — Cet homme si noir et si grossier était le baron Louis. Quand je vis percer ridée de se mettre sans garantie à la disposition des étrangers. Je m'indignai et lui dis: — Les sentiments que \ous montrez sont ceux d'un iiiau\al.s lYançais. La uianière dont vous les exprimez me blesse et m'ofTense, et si \ous continuez, je vous ferai sauter par la lenètre,— 11 se mit à trembler de colère, sa mâchoire m fureur était si agitée qu'il ne pou\ait pUis parler et (^u'on ne |)ouvait plus Tenlcndre. • {Mémoires du duc dt- UiKjuse, tome Vil, page 8.)

'■ ■ . ■'• • r -iir !•> <|Ur-tiMii^ <1,» tilitiir*' il

l»Mii;ipait».' pi»ur 'Jiiiaiii^t'r W royauiiir «K* Wt-stphalie, e tard à Oiisseldorf. puis eiitiii pi*éfet de Lille, avec des poi extraordinaires. c*étîiit uu administrateur habile, fécoi i*essoiiroes et eu aperçus, mais plus apte encore à dificut ailairrs qu'à les ti^rininer. U avait riuconvénient d*étre Iq tn»uvait plus faoilomeiit un hou mot qu'une solution. Co les hununos (pii savent beaucoup et n*ont p^is de principe rrtrs . il ditutait de tuut le munde et un peu de lui-mèmi voIi»Hté. e'est-à-dirt' la priMuière condition du gouvemen — rinlellii:enr«* n\'st ijuc la seconde, — lui manquait.

On a >u ruriirinc du ^énérid Dupont. La longue diu militaire qui pesiiit sur lui depuis Baylen rendit contre 1 calnhinir et les préventions faciles, dès qu'il ne fut plui leutlu par cet intérêt qui s'attache au malheur. Franchei rallié aux lk»urbons, il était trop nouveau dans la polil piiur y exercer une action. Le baron Malouet, adminisbn habile, était déjà atteint de la maladie qui devait, avant i de Tannée, le conduire au tombeau, et qui paralysait déj moyens et son activité.

Fiirmé d'honnnes d'origines si diverses, peu sympathi

COUP d'€eil sur l'intérieur du conseil. 369

tions communes ou dans la haute impulsion et la haute surveillance du Roi. Ces dernières Ressources lui manquèrent.

Dès les premiers moments, le conseil des ministres se réunit

larement, et, quand il se réunissait, c'était plutôt pour se livrer

à des conversations générales que pour traiter à fond les

1^ ^dhires. A la première séance, Tantipathie profonde de Tabbé

^ '4e Montesquiou contre le baron de Yitrolles avait éclaté. Il

t'était écrié, devant le Roi lui-même, qu'il se trouvait empêché

•ie parler lorsqu'il y avait au conseil une personne autorisée à

.frendre des notes sur la discussion des affaires et les opinions

! Je chacun de ses membres sous prétexte de dresser des procès-

lerbaux. Rien au monde, avait-il ajouté, ne pouvait gêner au-

it la liberté des déUbérations et compromettre les secrets

*État. Le baron de Vitrolles avait vivementrépondu en expo-

it l'utiUté de la secrétairerie d'État pour l'ordre , la régula-

Lié, la suite et l'esprit de tradition et d'ensemble des affaires,

le Roi l'avait assez fiivorablement écouté. L'abbé de Montes-

[iiiou reprenait la parole avec sa pétulance accoutumée , en

dtant son antagoniste de vizir, lorsque le duc de Beny, qui

jistait au conseil, et qui avait remarqué l'approbation silen-

nxse du Roi pendant que M. de Vitrolles parlait, mit fin au

it en disant qu'il était inouï qu'on renouvelât une pareille

^ussion quand le Roi avait prononcé. Cette querelle d'inté-

5ur devint le sujet de l'attention de la famille royale dans les

fenversations intimes de Taprès-dîner et des préoccupations la cour. Le baron de Yitrolles avait promis au Roi de lui mmettre, avant la fin de la journée, un mémoire. Le Roi, l'avoir entendu, lui ordonna, sans entrer dans aucune îussion, de rester à son poste. La question personnelle se cuvait résolue, mais non la question poUtique. M. de Vitrolles iJhhMiserva quelques fonctions de l'ancienne secrétairerie d*État ^pMtl'entrée journalière du cabinet du Roi. Il assistait au conseil, il la plume pour la rédaction des procès-verbaux , corres-

Htftt. de la RetUur. I. 24

des susdits commandants ou intendants postériairemenl dite époque, sont déclarées nulles et de nul effet. »

f/était là un assez beau langage dans la bouche d*im r reparaissait, seiil et sans soldats, dans sa capitale occup cent mille étrangers et son royaume envahi par qualr mille soldats. Louis XYIIl était le Roi, il protestait au m \\ force du droit contre le droit de la force, et il lui suffit X? nommer pour faire cesser le régime d'ai*bitraire et di quête qui pesait sur la France.

La composition du ministère coûta quelque peine Tobjet de négociations assez laborieuses, qui n*aboutîvei résultat que le 13 mai. Pour les affaires étrangères, iin pc»int de doute ; le prince de Talleyrand était trop nati ment indiqué pour rencontrer des concurrents. Le titra fcmctions de chancelier de France ne parurent pouiroi conférés qu'à M. Dambray, gendre du dernier chaiH M. de Bareutiii , ou à M. de Gi'osbois, ancien premier pré du parlement de Besançon. Le désir de perpétuer les foo dans les familles, qui était systématique chez Louis XVl pencher la balance en faveur du premier. Pour les fini trois hommes paraissaient en ligne : M. Bérenger, qui é lumière du conseil d'État dans ces matières, M. Mollien, de mini>tre du Trésor, et le baron Louis. Le premier parai canu'tère trop difficile; le second, engagé trop étroiteni trop récemment avec TEmpire ; le troisième, déjà eu poM du pttrtefruille et ({ui avait rendu des senices politiques! les derniers événem<^nts, prévalut.

Il f:ill:nt nikiirvnir AT Hp \frnitp<mnnii* SI Mvnît ^t^ bt Jfl

COMPOSITION DU MINÏ8TÈRK. 359

plutôt on le désira autour de lui. Homme de théo:ie et non d'application , il joignait au défaut d'expérience administrative un défaut d'aptitude aux fonctions qu'on lui attribuait, quoiqu'il eût d'ailleurs à un assez haut degré l'esprit de cour et le don de reparties. Cette nomination amena un froissement entre Ini et M. Beugnot, qui exerçait les fonctions de ministre de rîntérieur d'une manière intérimaire, et les propos imprudents de salon , une des plaies de ces premiers temps de la Restauration, envenimèrent encore leurs ressentiments mutuels*.

On avait songé au duc de Raguse pour In gueiTe; M. de Talleyrand le fit exclure, et le général Dupont conserva le portefeuille. Cet officier général, que tant de grandes actions militaires avaient illustré avant la catastrophe de Baylen, était demeuré, depuis cette malheureuse affaire, dans une postiion douteuse devant l'opinion. Le glorieux soldat de Pozzolo, d*Albeck , de Diernstein , de Flalle, de Braunsberg, de Friedhnd '^, flétri dans Tordre du jour du 5 septembre 1808, avant toute information, car Napoléon, enivré alors de ses prospérités, n'admettait pas que ses aigles pussent tftre malheureuses, aurait été condamné sans être jugé, condamné non par la haute cour, à qui revenait légalement cette affaire , mais par une

'. Le comle fieugnol parle ainsi tie la nominal ion de M. de Monlesquioii

^^■fi* ses Mémoires : « Madame de Simiane était une de ces intimités intre les-

^■^Iles Viihhé de Mon(o:*quiou {lartaf^e sa \\c dt-puis cinquante ans ( elle était si

^ aWcpj. {] loge chez elle à Paris, cl c'est là que tout.'s les douairières du hon

Tieux temps \iennent adorer l'oracle. On y parlait de la prochaine organisation

^ cabinet, et quelqu'un \oulut bien prononcer mon nom pour le ministère de

■•!ot^|.i(.j,r. La marquise s'en scandalisa, et sur ce que la mcnie personne insistait

, ^ Vantant ma capacité, madame de Simiane reprit : — Il ne s'agit pas de cela :

*«taît bon du tenq)S de lîonaparte ; aujourd'hui il faut mettre dans les minls-

^Pe© des «r-ns de qualité qui ont à burs ordres de bons travailleurs qui font le»

^^'^^res , ce «pi'on appelle des ùouleitr.— On me (It craindre que l'abbé de Mon-

^•^Uiou ne s'emparât du ministère de l'intérieur et ne \ouhit me garder corn m«;

"'«^M.r. I.e lendemain, j'appris q«ie ma crainte était réalisée en partie seulement

** ^Ue j'étais nommé (lincteur ijénérul de la volicedn royaume, •

^. On trou\e dans VHiuoircde ^' M. Thlers, le récit des fait»

^**ii»es du général Dupont.

commission d'enqiu' te instituée d'office par TEmpereiir. Soi procès, suspendu pendant quatre ans, avait été instruit en I SU, en dehors de toutes les gai*anties qui sont la dette de la jw^ tice, le droit des accusés \ Privé de ses grades, desestilni, j condamné par un simple décret impérial à un emprisoi ment illimité, il avait en vain demandé des juges, et féré de prison d'État en prison d'État ^, il était encore souh sur>eillance de la police à Dreux, lorsqu'à la fin du moiiA mars 1814, le gouvemement provisoire, dans lequel figni un de ses juges, M. de Talleyi*and, l'appela pour lui coÉfcr le portefeuiUe de la gueiTe. i^ Un voile épais, dit le gteM Foy ^, comTit les événements désastreux de Baylen; ]!■*• transpira que ce qu'il était impossible de soustraire à la site publique. On sut que les officiers généraux qui avuent part à ces événements étaient arrêtés, enveloppés dans le soi1. La pitié s'attacha à unhommeestimé, que Ton conâdM

1. Canibacérèi), princo, arehicliaiicelier de r Empire, diMÎt dam à rEnipereur, qui en aecopla les conclusions : n On ne peut pas porter devant la liautc cour: elle ii'Oijit pas encore constituée; la rétroaction n*crt la justice de V. M. On ne peut la {torter devant les tribunaux onlln^baa« qu'un grand orPicicrde TKaipire c^t impliqué. C'est devant une qndte que cela doit être ]iorté ; les accusés y comparaîtront parce qu'il ne s*a<;it point déjugeaient à rendre, mais d'aria "à énietlrB4T«& pour qu'elle prononce sur le sort des inculpés. •

2. l)epuiH 180K, (époque de son n>tour d'Espagne, le général Dupont, au Tort Lanialgue (trois moi!i\ i\ l'AMtavc de Paris (neuf mois), puU Bk surveillance d'un gendarme et de la {K>Iice dans une maison de santé de lam^^ ('licliy pour a'v rétablir, eunuile aux Tliermes chez son beau-père la gon, directeur des eauv el ron-l»; jeti^ de nouveau, après deux ans d*i oubli, dans la prison de l'Abbave pour y subir de seconds InterrogaloiKS daiit cette fois la couuuiii!>lon d'enquête, comme ceux de 1808 de%'alcnt la haute cour imi>ériale, alors désignt^e et constituée pour Juger TallUre de et enfin, après avoir ^té dépouilItUletout, transféré au fort de Joux sur la de l>ance et de Suisse ^(fualorze mois , puis à la citadelle de Doullensci (neuf mois} était, après ces cinti ans el demi de capti\iléetdeperaécullonia unr foii» en sur\eillancc ù !)reu\ depuis inn» mois, le 30 mars 181t. (Ralt muniquée (tar Madame la comtesse Du|K)nt.)

;i. Histoire de la fjiurrt lic lu PétiinsnU'f par le général Koy.

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