‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 136 sur 213 · DISCUSSION DE LA CHARTE : DERNIÈRES SÉANCES · texte numérisé non relu

DISCUSSION DE LA CHARTE : DERNIÈRES SÉANCES

les corps assez consistants pour recevoir le serment royal, piand on songeait que le premier allait disparaître , et que le leeond avait été élu sous le gouvernement précédent? N'était-il p^ plus convenable d'envoyer la Cliai*te à Tacceptation des Hfiemblées de canton? M. Ferrand insistait tellement sur la lécessité de s'adresser ainsi dii*ectement à la nation, au lieu le s'adresser à deux assemblées placées dans une situation nssi équivoque, que le Roi ne voulut rien décider et demanda m nouveau rapport à M. Beugnot.

Les difiicultés semblaient se multiplier dans ces derniers OMOments, parce qu'elles apparaissaient toutes à la fois. De pielle époque le Roi daterait-il le conmiencement de son règne? lus la déclaration de Saint-Ouen, on avait éludé la difficulté Q datant simplement cet acte du 2 mai 1814. Mais il n'y avait ilis moyeu de reculer ; il fallait donner à la Charte une date Biyale. QueUe serait cette date?

M. Beugnot rappelait les principes constitutifs de la monarïlie : Le mort saisit le vif; le Roi est mort^ vive le Roi I II Héguait aussi des exemples. Charles VU n'avait-il pas daté son ^Qe du jour de la mort de Charles VI, en dépit du traité de ^yes et de l'assentiment que les grands corps de l'État , la ^îtale et la majorité des provinces y avaient donné? Henri IV tesi n'avait-il pas daté sou règne du jour de la mort de Henri 111, ^oîque la reconnaissance de sa souveraineté, abstraction faite ^ la fureur des partis, fût encore une question, et même une «Gestion légale?

Exemples peu concluants, il faut le dire, pour le cas qu'il

^^issait de régler. Charles Vil et Henri IV, en effet, n'avaient

te quitté la France, ils y avaient toujours eu mi drapeau levé,

te provinces soumises ; de fait comme de droit, ils y avaient

gué à partir de la mort de leurs prédécesseurs. La situation

• Louis XVllI, absent depuis 1789, et qui depuis quatorze ans

^vait pas eu d'autorité sur un pouce du territoire français.

était loin d'être la même. En vain M. Beugnot alléguaitHl qv si le Roi n'appliquait pas dans toute sa rigueur la logique à principe monarchique, il reconnaissait le principe réTolotioinaire de la souveraineté du peuple : Jes faits ne détndsal pas les principes , mais aussi les principes ne sauraient e» pécher les faits d'avoir existé. Il y avait un inconvéfliirt grave et réel dans le prétendu avantage que M. Beapi voyait h admettre que le Roi avait régné dès le monMOl é s'était ouvert son droit au trône , parce qu^étant censé nv été toujours présent, disait-il, et avoir ratifié ce quis'ciri fait pendant son absence, il imprimerait par cette fi( une sanction toute monarchique aux actes émanés d*i rites différentes. Cette fiction étrange ne tendait à rien qu'à faire ratifier tous les actes sanglants ou odieux des fà dernières années, depuis les déportations du Directoin'| le meurtre du duc d'Enghien, jusqu'à la captivité du Iftj Pie VI!.

Les commissaires ne purent se mettre d^accord. Il fiil*j venu qu'on en référerait au Roi. M. Beugnot se mit au pour rédiger le préambule de la Charte, sans savoir elle serait datée et dans quelle forme elle serait puUiée. temps manquait pour mûrir les résolutions, et Ton plutrt qu'on ne marchait. M. Beugnot, se défiant de ses: pour écrire le préambule de la Chaile, s'était adressé à !•< Funtanes, regardé comme le plus brillant écrivain du Mais ce morceau, trop littéraire et trop oratoire, n avait la gra\e simplicité nécessaire pour senir de préambukki acte politique. 11 fallut recommencer à nouveau, et les premières heures de la nuit à ce travail ; c'était le lei mrmeque la Charte devait être proclamée. Toute cette < ratiun avait été conduite avec une précipitation fâcheuse, dt peu comme au hasard. Non-seuh^nent la loi fondamentaki rtr dixutét' cil cinq séances, mais, quoique la délibcratiol^]

DISCUSSION DE LA CHARTE '. PRéAMBULE. 433

levé de graves difficultés, il n'y avait eu pour les résoudre une réunion particulière des commissaires royaux chez le ncelier. On n'avait tenu aucun procès-verbal des confères ou des résolutions. C'était le chancelier ou Tabbé de itesquiou qui allait parler au Roi de ce qui s'était passé s la commission, et ils rapportaient de vive voix les décisions Louis XVllI. Quelques réclamations s'étant élevées sur ce ie de procéder * , le chancelier avait répondu que Ton était ) pressé d'arriver pour agir autrement.

iC ministère n'avait eu qu'une notion indirecte et incomte de la nouvelle Constitution. Dans le conseil du 25 mai, loi en avait parlé par transition , en disant que le projet t soumis à la commission^ mais que son travail n'était pas ore assez avancé pour qu'on pût en rendre compte au con- TLe 27 mai, le chancelier lui donna une première lecture ^t instrument public dans l'état où il se trouvait. Pendant «mps lii commission continuait son travail à la hâte, afin Tiver au but le jour indiquée

ie 4 juin, vers dix heures du matin, le comte Beugnot, rant dans le cabinet du Roi, lui présentait trois copies de Ihai'te, et en tenait une quatrième à la main ; il lui deman- - la permission d'en commencer la lecture. Les ministres ent présents , ils venaient recevoir communication du disrs royal. Le Roi jeta un c'oup d'œil sur la pendule, et dit : fous n'en avons guère le temps. — Me sera-t-il permis dtî € observer au Roi, reprit M. Beugnot, que le préambule» la Charte est nouveau et a besoin d'être soumis à son appro-

• « Je disaié à M. le ciiaiirelier qu'on n'en avait pas usé de la sorte s^oiis U XI V, lors des conrérences pour les ordonnances, durant lcs(|ueiles on I tenu registre de tout, h un mot près, et tout ri^glé, Ju8(|u'à la place que |ue coniuiissaire occupait autour de la table. M. le chancelier eue n'pondait oars que nous étions trop pressés, et que ce qui importait c'était de Unir . • (Mémoins du comte iJeugnot.)

Ilitt de la Re»taur. I. 21

43 i CHARTE DE 18U.

bation ? — Oui, ni;ûs nous avons confiance, et je sais que \ùm f'tes pa^^é maître en ce point. » M. Beugnot , s'inclinaiit m signe respectueux de reconnaissance , se borna à demaniv si le Roi avait décidé de quelle année de son règne h Chah semit datée, et ù qui elle sentit adressée après qu'eHe anl été publiée dans la forme qui allait être suivie. Le Roi répoall qu'on aurait le temps de s'en occuper après, maisqu^ft^ drait bientôt songer à son départ pour rassemblée. Pea à temps aprt'S, le cortège doré qui devait accompagner k Iri envahit le cabinet ; les affaires cédèrent le pas aux cérémooiH^ qui n'avaient guère été moins prises au dépounu; car M. à Ureux-Brézé , en fouillant les archives de Taneienne mom chie, u\ avait rien trouvé qui ejit trait à la publication Swê Charte coustitutiunneUe.

On n'avait pas été sans inquiétude pour cette journée, tf h police avait même eu Téveil au sujet d*une conspinte, furaiée, disait-on, pour faire sauter le cortège royal, au ment où il passerait sur le quai d'Orsay en se rendant au Bourbon. Connue il arrive souvent dans les circonstaiiMil ce genre, un fait naturel et inoffensif avait donné lieu à sinistres commentaires. C'étidt à cet endroit du quai d"' que Tadministration russe, prête à partir, faisait le c ment de ses poudres; cette opération, conunencée daMk; journée du 3 juin, devait se prolonger pendant celle dii La police française obtint, après beaucoup de démarches, fi^ pour prévenir tout accident, le chargement des poudres mÉ suspendu depuis dix heures du matin jusqu'à deux de Taprès-midi, c'est-à-dire pendant la durée de la rovale.

La salle du Palaîs-Uourbon offrait, dans la matinée duljoilb un beau et solennel spectacle. Sauf l'empereur de Ri renipereur d'Autriche et le roi de Prusse, partis la si 1 1 l;i Neille par lui sentiment de convenance, le pi*eniier d

SÉAiNCE SOLENNELLE DU 4 JUIN 1814. 435

rnier pour Londres, le second pour Vienne, afin de laisser roi de France maître unique dans sa capitale, tous les inces de TEurope, on peut le dire, étaient assis dans les trimes. L'élite de la France et des nations accourue à Paris (upUssait le reste de ce vaste amphithéâtre ; car, après cette igue guerre, il y avait , parmi tous les étrangers, admiraxrs des Français quand ils ne sont pas leurs ennemis, une if inextinguible de voir cette belle capitale fermée depuis it d'années devant eux. Aux jours les plus victorieux de Impire, Paris n'avait pas vu un concours aussi brillant. Un toe avait été dressé pour le Roi sur l'estrade où siège ordiirement le président. Les grands officiers de la couronne vaient se placer sur les degrés. Deux des pairs ecclésias- [ues, $i\ pairs laïques, le ministre secrétaire d'État, les inisti'es d'État , les maréchaux , une députation des grands rdons de la Légion d'honneur, devaient prendre place r des bancs placés en gradins sous le trône. Des sièges dent préparés à droite et à gauche du trône pour les inces de la famille royale et les princes du sang ; un pUant >ur le chanceUer; en face du ti'ône, des banquettes pour ( sénateurs qui allaient prendre le titre de pairs, et pour I députés. Les ministres avaient des places réservées au Dire des deux Chambres. La garde nationale faisait le serce ; depuis la veille, il n'y avait plus un seul soldat étranger Paris *.

Le Roi avait envoyé des lettres closes ^ aux sénateurs et aux ^putés convoqués pour la séance solennelle, et il avait pro-

I • Dès le 2 juin les postes de Tintérieur ftirenl remis par les troupes étran- !|Bià la garde nationale. La dernière colonne des troupes alliées sortit de Paris a Juin.

{. Les lettres eloseb étaient signées par le Hoi, écrites sur du papier simple \ en quatre et fermées par une bande de papier passée dans deux Occlleci , et it les deux tK)tils tétaient noués par le sceau rova).

*-' > •'* T i" c-T'hi' r^ !• .-i: ^peîvr SUT h liste des se-

1:- > ^-^ rt'i. ^j'i-r Lr: t^hirvï. Lr Corps législatif nerah

>.-i.Lr r- .^ :i--ij:.rr r^ r-'r. \^Aé la mort de Louis X?I:

' --s-i yr 1 -' -- i.hf irrrr-: & s^ faire justice à lui-mte

• r- 'T .---:.■. Ilh* j^ >-!.*:. on axait dû faire des âtaih

- -- }:- 1 -.::r->-i- L.-uif XVni . apparaissant aïK

- L :--.i ::.- - :'=:^ îu >ri.i: et du Corps législatif, dékn

:. :--".:T i-'rl' . -rVii: âu fcnd le seul pouvoir nfint, rt

- -."^-r:-!::-*- - -r^rr il: sur ks hùmmes comme sur kl r:--:^:*: -. !. :'^- ir ::ir- en principe* qu^aucun desrip- A"^ -r»; S-:.-.' Le rerii: idmis dans la Chambre des pan;

:' -. i ;-:> ex'flufion celle des sénateurs qui, plus : :..t::: 1:-- :v.v >urî C'>ilr£iies au regime impérial, riî- Ti'rr vviat:- îi Re^iiuration une hostilité persistante; •■-u\ d'- -•^îii*>-iir- «^ui, au nombre de vingt-4rois, appalh T: i'i' • 'i*-- v-TTi'.'ires conquis qui ne faisaient plus partiel Il FiMii'»-. 1^ liriiT crss»^ d'être Français, se trouvèrent natadk l*'in*;iit»'Iin]iiiês. Teiutes ces éliminations réunies s^élevnoll cinquante-huit.

Louiï X VIII arriva à deux heures et demie ; il était accoHfft^ ^\\t: (If.'r^ princes de sa maison, sauf Monsieur, comte d^Aririk n^té pour cau^e de santé à Saint-Cloud, et de ses gniil orticif-rs. Il fut accueilli par des acclamations unanimes etMt un<* tMTiotion facile à comprendre. C'était un nouveau (|ui s'oiivniit. Quel serait le sort de cette Constitution mul^urc ii\rr une solennité européenne, de cette n allianrt; roiiclue entre la France et la maison de Bourixm rKurojH' pourtrinoin?Le Roi prit place sur son trône. D sa droite lr duc dV\np)ulrme, à sa gauche le duc de Beiffi^j duc d'OrIrans venait après le duc d'Angoulême, les princes de la maison de Cundé après le duc de Berry. Leiv remplit son rôle avec une dignité remarquable. Il avait o posé lui-même son discours, qu'il débita à merveille fi

SÉANCE DU i Jt'IN : DISCOURS DU HOl. 437

accentuée et sonore, ai^ec un geste juste et mesuré, et K)8e toute royale :

essieurs, dit-il, lorsque pour la première fois je viens dans cette item*en?ironDer des grands corps de TËtat, des représentants d*une qui ne cesse de me prodiguer les plus touchantes marques de son ', je me félicite d'être devenu le fidèle dispensateur des bienfaits divine Providence daigne accorder à mon peuple. ai fait avec TÀutriche, la Russie, TÂngleterre et la Prusse nne puix aquelle sont compris leurs alliés , c'est-à-dire tous les princes de âtieuté. La guerre était universelle, la réconciliation Test pareille-

e rang que la France a toujours occupé parmi les nations n'a été §ré à aucune autre et lui demeure sans partage. Tout ce que les autats acquièrent de sécurité accroît également la sienne, et par conit ajoute à sa puissance véritable. Ce qu'elle ne conserve pas de ses êtes ne doit donc pas être regardé comme retranché de sa force >

a gloire des armées françaises n'a reçu aucune atteinte ; les monude leur valeur subsistent, et les chefs-d'œuvre des arts nous apparut désormais par des droits plus stables et plus sacrés que ceux rictoire.

es routes du commerce vont être libres. Le marché de la France ne lias seul ouvert aux productions de son sol et de son industrie.

dont l'habitude lui a fait un besoin ou qui sont nécessaires aux Quelle exerce lui seront fournies par les possessions qu'elle recouvre, e sera plus réduite à s'en priver ou à ne les obtenir qu'à des cons mineuses. Nos manufactures vont refleurir, nos villes maritimes «naître, et tout nous promet qu'un long calme au dehors et une féliirable au dedans seront les heureux fruits de la paix. fn souvenir douloureux vient toutefois troubler ma joie. J'étais né ,

flattais de rester toute ma vie le plus fidèle sujet du meilleur des et j'occupe aujourd'hui sa place! Mais du moins il n'est pas mort iOtier, il revit dans ce testament qu'il destinait à l'instruction de iste et malheureux enfant auquel je devais succéder ! C'est les yeux sur cet immortel ouvrage , c'est pénétré des sentiments qui le die- , c'est guidé par l'expérience et secondé par les conseils de plusieurs e vous que j'ai rédigé la Charte constitutionnelle dont vous allez ire la lecture , et qui assoit sur des bases solides la prospérité de

fon chancelier va vous faire connaître, avec plus de détails, mes ions paternelles. »

438 CHAKTii; DE f8f4.

L'effet de ce discours fut .grand. La partie difficile, ceDe ({ui concernait la restitution de nos conquêtes , arnt été touchée avec une délicatesse exquise. La gloire de nos ar* mées avait trouvé un juste et consolant témoignage, h» avantages du nouveau gouvernement , la paix , ce besoin di monde, le commerce renaissant avec le rétablissement du relations internationales, la prospérité et le bien-être qoifli sont la suite, et tous les bienfaits d'un régime réglé parlai lois, avaient été annoncés avec la Charte rattachée d*uoeminii're touchante^ au testament de Louis XVL Après M d'années d'interruption, on avait reconnu Taccent d'un ni de France».

L'impression durait encore quand le chanceUer jA h parole, selon raiiticn usage, pour développer ce que le 11 n'avait fait qu'indiquer. On éprouvait les inconvénients dek précipitation avec laquelle les actes préliminaires de la CMl avaient dil Hw rédigés, et du défaut de concert qui avait i^j dans tous ces travaux. Le Roi, le chancelier, M. avaii^nt travaillé, on l'a vu, sans s'ôti*e concertés ; à peinek^ chancdicr avait-il eu le temps de donner une lecture de son travail dans le conseil. Il en résultait que chacun donné à ses paroles une empreinte fortement individuelle. 1 rlianceli<M*, homme d'une probité antique, mais peu lafoBlfc| aux nouvelles idées, et qui aurait voulu qUe le Roi se coi de pronuilguer « ime ordoimance de réformation, » abondé dans ses opinions personnelles, et avait aième à la Charte ce nom qui lui conven?dt peu. Toute la peflflhi son discours était de montrer réunis en principe, damb^j mains du Roi, les pouvoirs que le Roi venait de partage < fait avec les Cliambres. Cette satisfaction purement théorie] qu'il donnait à ses idées. propres fomnissidt aux esprits! fiants un prétexte de soupçonner une arrière-pensée éloigner des idées de cet homme d'une probité rigide, ^]

lANce DU 4 iVM : Discauns du chancelier. Mt une fois donnée, croyait qu'elle devait être maindiscours de M. Darabray :

nez d'entendre les paroles touchantes et les intentions pater- Majesté. G*est à ses ministres à vous faire les communications qui en sont la suite.

agnifîque et touchant spectacle que celui d*un roi qui , pour nos respects , n'avait besoin que de ses yertus ; qui dt^ploie (posant de la royauté pour apporter à son peuple, épuisé par is de malheurs, le bienfait si désiré d*iine paix honorable, et )ins précieux d'une ordonnance de réformation , par laquelle I les partis comme il maintient tous les droits. 5Coulé bien des années depuis que la Providence divine aponarque au trône de ses pères. A Tépoque de son avènement, arée par de fausses théories, divisée par l'esprit d'intrigue,

de vaines apparences de liberté, était deyenue la proie de lions comme le théâtre de tous les excès, et se trouvait livrée ribles convulsions de l'anarchie. Elle a successivement essayé |[Outernements jusqu'à ce que le poids des maux qui Taccaafin ramenée au gouvernement paternel qui, pendant quatorze

fait sa gloire et son bonheur.

le de Dieu a renversé ce colosse formidable de puissance qui iurope entière ; mais sous les débris d'un édifice gigantesque, promptement détruit qu'élevé, la France a retrouvé du moins ts inébranlables de son antique monarchie, r cette base sacrée qu'il faut élever aujourd'hui un édifice le temps et la main des hommes ne purssent plus détruire, {ui en devient plus que jamais la pierre fondamentale ; c'est

que tous les Français doivent se rallier. Et quel ror mérita : leur obéissance et leur fidélité! Rappelé dans ses États par mimes de ses peuples, il les a conquis sans armée, les a souir; il a réuni tous les esprits en gafgnafnt tous les cofeurs. ne possession de tous les droits héréditaires sut ce beau le veut exercer l'autorité qu'il tient de Dieu et de ses pères lui-même les bornes de sou pouvoir, lui l'idée que la souveraineté doive être dégagée des contreres qui , sous des dénominations différentes , ont constam- [ans notre Constitution. Il y substitue lui-même un établisseoir tellement combiné , qu'il offre autant de garanties pour

de sauvegarde pour la royauté. Il ne veut être que le chef

hamtz de 1814.

«ïipr^me xe '.a znniie âimiile lioat il est le père. CeitliihaêM|iiiiri ::nni>r iix Jn3i*a.5 :::ie Charte CGDStitntîoniielle appropriée à 1m :e<:r? xmT.^ i ffiir; ':esoi=5, et a la situation respective dci'kaM

< ''-fi:-':>:<:s.i5zi^ï : r^chan: aTec lequel le Roi a été rera dumcitM^

irr ress^rre^:- 5^011-jxite ce tocs les corps ciTils et iiûlitaiici,vlci^

Ti.::.':i 5^ Ui.'fâv de cette T^iritc si douce poar son cœur, qnektal

:d '. ai*:rar':h:<:.:e par sc a ornent et regardait le poaToirdehCNH

."irr.-* in z^-i'..-: :::■■■ Uire nêiressaire à son bonbenr.

t Sià y i;«r<:r =•: crk.**. donc point qu'il puisse rester avcai pMk : rmoe eu'rf e^.e e; 50q peuple: inséparablement unis pir la ta ii p. ;5 t^rtire ar :r. ^ne ccn^ance mui.ielle doit cimenter lesnol^ Eteu'.^.

i I. Êiu: 1 \i TrLL*:rc un pouToir royal protectenr, sans pouvoir ie^ o'"^res5:f : ù Lu: au Rvi des su.ets aimants et fidèles, toajovif B>itf •ejrrj\ detir.: \a l:î. L*au:orité doit aToir assea de force poardéjsMrWj !r< piirtis. cou: p ri xer toutes les factions, imposer à tous les eoMMi^' ir. n^oeut «oq T>:pos et sou bonheur.

« La nat:on peut en mt^me temps désirer une garantie contre IHil>j :.%'nres d*abu« dont elle Tient d'éprouTer les excès.

« La situation momeutanêe du royaume, après tant d*annéeid'tfffc| oxige entiu quelques précautions, peut-être même qnclqnei pour apaiser tontes les haines . prévenir toutes les réictioni, tontes les fortunes . amener en un mot tous les Français à naoïHi^j reux du passé et à une réconciliation générale.

« Tel est. Messieurs, l'esprit rrairoent paternel dans lequel iM^I di^ôe celte grande Charte que le Roi m'ordonne de mettre soul*^] do Fanrien S-nat et du dernier Corps législatif.

« Si le premier de ces corps a pour ainsi dire cessé d'exiileri puissance qui l'avait établi , si le second ne peut aToir sans l'i du Roi que des pouvoirs incertains et déjà expirés pour plosiffii' séries, leurs membres n'en sont pas moins Télile des nolJ* royaume. Aussi le Roi les a-t-il consultés en choisissant diBl W^ It'S membres que leur conGance avait plus d'une fois signalés i publique. Il en a pour ainsi dire agrandi son conseil, cl il doit** sa;:es observations plusieurs additions utiles, plusieurs restridi**' portantes.

« C'est le travail unanime de la commission dont ils ont fiilftfli>i va rtrc mis sous vos yeux pour être ensuite porté aux deux rr«'«ca par la Constitution, et envoyé à tous les tribunanx eomaei lesmuuiri|)alités.

• Je ne doute pas, Messieurs , qu'il n'existe parmi tous an

SÉANCE DU 4 JUIN : IMPRESSIONS DES CHAMBRES. i44

lexecoRoaissancequi, da sein de la capitale, se propagera bientôt IX extrémités du royaume. »

ques oreilles trouvèrent ces paroles malsonnantes après du Roi. Cette insistance à rappeler que les deux corps lesquels on lisait la Charte constitutionnelle n'avaient es pouvoirs éteints blessa plusieurs des auditeiu'S. incelier allait au delà de la réalité des choses , en prét la Charte comme une pure concession octroyée par XVIII dans la plénitude de sa puissance. La transaction 'abord par le comte d'Artois , ensuite par le Roi luiavec le Sénat, si elle n'avait pas été publiquement avouée, onnue de plusieurs, évidente pour tous. Ce pouvoir , dont on se montrait si jaloux dans la théorie, avait dans la pratique. On n'en sauvait les appai*ences qu'en , concéder par le Roi, au nom d'un pouvoir constituant avait jamais appartenu aux rois de France, dans un pays tué pardes lois anciennes, les droits essentiels à une nation îe et éclairée, aussi bien que les concessions que le Sénat ial , appuyé par l'empereur Alexandre , avait demandées, discours avait en outre l'inconvénient d'insister sur ce ' avait de faux dans la situation : ce Sénat et ce Corps tif de FEmpire, qui, en un moment, allaient se trouver )rmés en une Chambre des pairs et une Chambre des is de la monarchie ; ce Corps législatif surtout qui allait lu Roi les pouvoirs que les électeurs seuls auraient pu lui r. 11 y avait là un fond d'anomalies et de contradictions, ues tout d'abord par l'instinct pubUc, et dont la malice, toujours si clairvoyante, allait profiter au détridq la royauté. On subissait déjà les inconvénients de sse position qu'on avait acceptée en restant en présence ux grands corps constitués de TEmpire déchu, au lieu de ttre en présence de la France.

MIIÎ (1 nlMLt-. •llr llH Dhll i^TllrUlH» pMl* Ll :J I' lIHl»' II)

(If- .iihliiriii- ; 1. - rM\ ,ili.-trs [»r««pi«"int lit «lit> i-» li» *t. i, rctroUNt-r la [)liipart des articles qu'ils avaient rrititjiu> di Coiistitiiiiou du Sénat, etdesplaees de sûreté doaâî'ei révolutioiiDaires, à eôté de la juste proclamation àesi uécessaires. La dissidenee, qui détail phis tatééenm profonde, s'annonçait déjà ^.

La lecture de la Charte à peine aehevée, M. Perraadlal onlonnance qui nommait les nouveaux pairs du royaiun était i)t au nombre de cent cinquante-quatre mefidMres.Le avaut d('. retourner aux Tuileries, entendit les nmnbm i Chambre des pairs qu'il venait de créer, et eeux da C U\uislatif transformé en Chambre des députés, prêter soi de fidélité au Iloi , à la Charte constitutionnelle et auxki rovaume. 11 rentra au chdteau enivré des acclamatioH le sui>ir(M)t et du succès personnel qu'il atait obtenu pu <li>eours. Les ministres, qui raccompagnèrent jusque sou eabinot, prolouirèrent ce triomphe par leurs ffiiicîW HJnnres. Louis WIIl, pailiculièrement jaloux des sued l'esprit v\ de la Immuk* j^rAce, dut sVndormir ce soir-lk lie riantes pensées.

COMPOSITION DE I.A CHAAimF. DES PAIRS. 443

rilAMBRE DES PAIRS.— LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS. ADRESSES. ^ L'OPIXIOX.

ornent est venu d'indiquer comment et sur quelles à avait fondé la pairie, dans un pays où raristocratie avait subi de si profondes atteintes avant et surtout I révolution de 1789.

3ms des anciens pairs siégeant autrefois au parlement ouvraient la liste dans Tordre de l'érection des pairies, fiençant par trois pairies ecclésiastiques qui restaient six existant autrefois: Tarchevêque de Reims, M. de l, l'évêque de Langres, M. de la Luzerne, Tétéfque •ns-sur-Marne, M. de Clermont-Tonnerre.

ente-six pairies laïques existant en 1786 se trouvaient , par les extinctions de familles, à vingt-six. Celles-ci

sur la liste après les trois pairies ecclésiastiques, leur ordre de date. Le duc d'Uzès, 1572; le duc d'El- 182; le duc de Montbazon, 1595; le duc de la Tré-

1599 ; le duc de Chevreuse, 1619 ; le duc de Brissac, ) duc de Richelieu, 1621 ; le duc de Ruhan, 1652; le Luxembourg, 1662; le duc de Grammont, le duc de ut, le duc de Saint-Aignan, le duc de Noailles, 1663 ; Aumont, 1 665 ; le duc d'Hai^court, 1 670 ; le duc de Fitz- 1710; le duc de Brancas, le duc de Valentinois, 1716; e Fleur\, 1736; le duc de Duras, 1757; le duc de la )n, 1759 ; le duc dePraslin, 1762; le duc deLaRoche- I, 1770; le duc de Clermont-Tonnerre, 1775; le duc eul et le duc de Coigny, 1787.

ait complété ces anciennes pairies en prenant dans

iU '.HAATE DC 1814.

rmci*irnn»r a<:bLr?s«: 'ioiiir duc:? héréditaires, les ducs de Cnv, d^ Br'.dir. lir Liv ù-M- .QtmijivQcy, de BeaumoDt, de L(qi^ *ir «iroy-^i'H.i^T^r. de P'.'Iiim.ic. de Léiis, de Maillé, deSoh- T'i^iDne^r. de La Furce. L^ y ajouta six ducs àbrenl',llj dii<> de Cistrie?. d»r N^j^iille:?. prince de Poix, de Doudeml^i prin^re de i^biLûi. due d»r Surent, due de.MontmoraKf;lj -il uftici^^r? s»rQèr:iux drs année? rovales, les coarta Vioriitrrjii »ri de Vaudreuil, le bailli de Crussol, le d'Harrourt. le marquis de ClennonMjallerande , le i!h. d^ Damas.

La part faite aux représentante» de Tancienne soriélél raise dans la Chambre des pairs était donc de cin( int-mbr»':- ?ur cent cinquante-quatre, et encore parmi le8| de cette catégorie il y en avait plusieurs qui apparteaaiall opinions qui dominaient depuis la Révolution.

Quatorze maréchaux de TEmpire, le prince de Wi duc de Tarante, le prince de la Moskowa, le duc d'J l(; duc de Castiglione, le comte de Gouvion-Saint*Cyr,le( llaguse, le duc de Keggio, le duc de Conégliano, le duc del \isc, 1(* duc de Dantzick, le comte de Pérignou, leducdeTi 11* comte Serrurier, représentaient les illustrations milit la nouvelle armée , et foniiaient, avec quatre-vingt-sept! brcs de Faiicien Sénat impériid, les deux tiers de la (Ihambre d(*s pairs, qui contenait ainsi en tout nnze anciens sénateurs, cai* sur les quatorze maréchaux 1| avait quatn; revêtus de ce titre. La part faite aux hommeii (le la Urvolution et de TEmpire dans la Chambre des pailla d(»nc (le crut un membres sur cent cinquante-quatn» avaient une uiajtirité des deux tiei*s. Tous ces pairs uonuués à \'u\ malgré la faculté que Louis XYIII s*étaili \('r par la T.harte de nommer des pairs héréditaires.

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