‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 140 sur 213 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

SESSION DE 1814. - CONGRÈS DE VIENNli

tVIERS ESSAIS DE GOUVERNEMENT. — ORDONNANCES SUR LA i&iftRATION DU DIMANCHE. -^ GRADEE. ^ DÉCORATIONS. — BSSION DE 18 14. — PREMIERS DEBATS LOI SUR LA PRBSSI.

•a paix était conclue, la Charte promulguée; les armées Dgères évacuaient le temtoire national : il fallait goûter. Tâche difficile et ardue! Qui gouvernerait? Le Roi? nnaissait peu le pays, et les infirmités prématurées dont il accablé, en lui laissant toute la vivacité de son esprit, lui tni fait perdre cette activité et cette puissance d'applicanécessaires aux devoirs du gouvernement. Le ministère? était point homogène, on Ta vu, il manquait d'autorité sde, et bien qu'il comptât dans son sein des esprits distin- , il ne contenait pas un seul homme de direction politique. Chambres? La Chambre des pairs, formée de semteurs Empire choisis parmi les hommes de la Révolution, et mmes de l'ancienne cour, quelques-uns revenus réceml de rémigration , presque tous étrangers aux affaires, ait ni unité, ni initiative, ni autorité morale, et ne poudonner l'impulsion. La Chambre des députés aspirait à

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prendre cette position , mais eUe était pleine d^inexpéneoee, et elle appartenait, par la date de son âection, à un moimment d'opinion qui devait créer des embarras. Céiail une ('hambre longtemps comprimée et humiliée par la tontopuissance impériale, qui aspirait à se relever de cette humblion en attirant à elle Tinitiative, et qui devait par conséquol rechercher les occasions déjouer un rôle. Quoiqu'elle e&tdei sympathies sincères pour la Restauration, elle était en gnaàe partie animée d'un esprit instinctif d'opposition contre les aciei du gouverDrment, comme si elle eût voulu racheter sa loqpe docilité par un esprit d'indépendance qui allait jusqu'à susceptibilité ombrageuse. Ceux qui ont étudié les réactions de la nature humaine ne s'étonneront pas de disposition. La nuance dominante de cette Chambre appol^ nait aux opinions formalistes de la Constituante; elle avait kv défiance contre tout ce qui vient du pouvoir, leur conlbMl absolue dans certaines théories, leur foi présomptueuses elles-m^mes.

Tels étaient les moyens de gouvernement avec lesqnchki] Royauté allait aborder une situation pleine de difficultés, ctf la Charte, destinée à pacifier les discordes et les luttes, les mi laissées subsister dans toute leur violence. Les questionsqa*A iivait fermées restaient ouvertes pour beaucoup d'esprits, é les partis ne s'étaient point fait entre eux les concesâM qu'elle avait faites à la paix publique. La tribune, la presN, ces deux grands moyens d'action dans les gouvememok libres, quand ils sont organisés et qu'ils reposent sur le m^ poct de tous pour des institutions de pouvoir et de libflrtf également incontestées, allaient donc devenir des arèneiHJ combats et des leviers de destruction. 11 y avait dans la pcpi* j lation un sentiment génénU qui pouvait être facilement eipkMf par les partis contraires, c'était une surprise chagrine deiriF les hommes de Tancienne noblesse, exclus des a£Eaires, poorh

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lupart, depuis vingt-cinq ans, y rentrer tout à coup, et recomnencer à jouer un r61e qui pouvait devenir le premier. Les nomireux employés du gouvernement impérial et les militaires reseataient surtout vivement cette crainte. Les imprudences , les fféientions hautaines de quelques hommes sans expérience, omme il y en a dans tous les partis, trop prompts à oublier pie le retour de la monarchie n*était point dû à leurs efforts lersonnels, mais à des circonstances publiques qui laissaient cmt le mérite de la Restauration à Futilité nationale duprinipe monarchique, aggravaient ces difficultés K

n.était impossible qu'un gouvernement si nouveau, présidé ar un Roi vieilli dans Texil et empêché par sa santé ; servi tr des ministres étrangers les uns aux autres, sans expérience e la haute poUtique, quelques-uns initiés aux affaires, mais |»nme des instruments capables de recevoir la direction sans (Nivoir la donner, les autres sans expérience, sans pratique adlinistrative, tous sans Uen commun d'opinions, sans système ; ^uyé sur des Chambres sans racines dans le pays, toutes deux sues du régime précédent, Tune fatiguée et honteuse de sa ngue obéissance, Tautre apportant des habitudes et un esprit opposition qui n'avait pas eu le temps de se satisfaire, ne com- It pas de fautes. Il était à craindre que ces fautes qu'il aurait ihi tolérer, d'abord parce qu'elles étaient inévitables, ensuite iTce qu'elles tenaient à la situation générale du pays, à Fin-

I . Ce sentiment était si vif que dans les localités où la Restauration fut reçue « le plus d'acclamations, à Toulouse, par exemple, il n'avait pas été possible, u le mois de mii 1 8 1 1 , de faire accepter par tous les officiers de la garde ionale la cocarde blanclic , que l'on considérait comme la cocarde de la noise , parce qu'elle l'avait prise la première. M. Jules de Polignac , envoyé ime commissaire du Roi dans le Midi, ayant voulu remplacer à Toulouse les riers qui n'avaient point accepté la cocarde blanclie, ne put faire recevoir les iveaux officiers nommés par lui. On alla à la revuj passée par le duc d'An- Kme avec les dcu\ cocardes et les deux drapeaux , et l'entliousiasme et les lamations pour le prince furent unanimes sous le drapeau tricolore comme I le drapeau blanc. (Notes mantucrites de M. de Villèle.)

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expérience de tous les pouvoirs politiques , àrinc^tudeèi idées, à la division des opinions, ne fussent exploitées k«* trance par les passions contraires, et que, pour des incon^ nients de détails, pour des abus transitoires, on oubliât les» vices inestimables et permanents que la Royauté tradltioBiel rendait à la France, en la mettant en paix avec le monde, i en jetant les bases d*un gouvernement honnête, modéré, r^ lier, voulant et cherchant le bien, et capable de suppoiferb voisinage de la liberté politique.

Ceux des ministres dont Forigine remontait à rEmpireoil la Révolution cédèrent presque tous à un entraînement fab à comprendre. Ce n'était point leur notoriété dans les blées politiques qui les avait désignés au choix du Roi, 1 1 n'avaient donc de ce côté aucune force ; ils ne poesédaieill] non plus la confiance royale : le Roi, les trouvant à leur pod|j les y avait laissés, plutôt qu'il ne les y avait placés. Ih éthi rhaicnt à donner des gages, comme on disait dans la hiigaefc| temps, et travaillaient à se rendre agréables. Us étaient i disposés à aller, dans leurs démarches et dans leurs au delà de ce que conseillait la raison ou de ce que la prudence. Ils faisaient en effet, pour conquérir une larité de cour et de salon, des sacrifices analogues à ceoxi a faits dans d'autres circonstances pour conquérir la rite delà rue. Le 7 juin 1814, le comte Beugnot, diredciri la police générale, publia une chxulaire sur l'obsenialioK dimanche. 11 annonçait, dans l'exposé des motifs, <|tf' police doit ctre morale et religieuse , et il en faisait une annexe de TÉglise. Puis, aiTivant à l'observation dimanche, il disait :

(( Considérant que l'observation des jours consacrés solennités religieuses est une loi commune à tous les policés; que l'observation du dimanche s'est maintenue' une pieuse sévérité dans toute la chrétienté, et qu'il Jti

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