‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 143 sur 213 · OPPOSITION DANS LA CHAMBRE DES DÉPUTES · texte numérisé non relu

OPPOSITION DANS LA CHAMBRE DES DÉPUTES

touchantes et de légitimes, cai* ni les malheurs, ni les souf- Erances, ni les sacrifices n'avaient manqué dans ces années de résolution, mais il y en avait aussi beaucoup que ne justifiait iucun titre ; il s'en renconti*ait même d'extravagantes et de ridicules. M. de YitroUes eut l'idée, pour amuser le Roi, que k multiplicité de ces placets ennuyait, d'écrire, dans le Journal des Débats^ quelques lettres ' où les prétentions des pétitionnaires étaient mises en lumière et tournées en ridicule. Le Roi, qui avait le goût d'écrire, prit plaisir à cette polémique et fournit des matériaux ; on employa M. de Jouy, qui bt mandé dans le cabinet de M. de YitroUes, à polir les phrases Bt à couvrir l'irresponsabilité royale de sa signature, dans cette petite guerre de malices et d'épigrammes qui avait plus rimportance et entraîna plus d'inconvénients qu'on n'avait pu le supposer. Ge n'était pas le métier du Roi et de ses ministres le jeter la dérision sur le parti royaliste en signalant les présentions de quelques-uns de ses membres, prétentions que l'es- ^t de parti devait attribuer bientôt à l'opinion royaliste tout uiitière. On résiste aux prétentions de ses amis, on tâche le les guérir de leurs ridicules , mais on ne les divulgue las, car bientôt vos adversaires s'en font une arme contre rous.

L'opposition se montra de bonne heure dans les Chambres it dans la presse. La Chambre des députés prit, dès le mois le juin 1814, une attitude de surveillance inquiète et jalouse, iou contre le Roi, qu'on affectait de laisser au-dessus des débats, couronné de respect et d'hommages , mais contre son ;ouvernement. Il semble cependant que sur le seuil de la carière dans laquelle on allait entrer, quelques esprits prévoyants valent été frappés des écueils contre lesquels on pouvait se

]. Vuir dans le Journal det Vébutt du 29 mai et du 4 juin ISM , Uttrt* 'Hue cousine de province à un cousin dt Paris,

464 SESSION DE 4814. — CONGRiS DB TismiB.

briser. Un des membres de la Chambre disait, le 7 juin 1814, à roccasioQ de la nomination d'une commission chargée pv la Chambre de lui présenter un projet dérèglement: «Sk confiance de la nation n'était pas justifiée', si vous n^imp»miez pas à vos discussions le caractère majestueux et soknd qui leur appartient, vous la verriez se demander avec inqHétude de quel avantage sont pour elle ses droits. Le repa^ quel qu'en fût le prix , lui paraîtrait préférable à cette Mgante turbulence. Enfants de l'opinion publique, ne fbitHi point celle qui nous porta dans son sein à regretter de avoir donné le jour. » Ce fut là une de ces traces qui s'ouvrent un moment sur l'avenir pour se fermer aufloML La Chambre applaudit avec distraction à ces paroles, et, pi^ sant outre, elle entra dans le monde si nouveau de la Iflartf qui s'ouvrait devant elle.

Les premières séances avaient été consacrées à lédigvli règlement et à fixer la situation des députés que les nomcfel frontières données à la France semblaient avoir. laissée enn» pens. Cette question, à la fois difiicile et pénible, fut judideM* ment résolue. On forma quatre catégories : la première, ûBtt posée de ceux qui, nés dans l'ancienne France, avaient éli nommés députés par des départements dont la totalité était dl^ traite du territoire par le traité du 30 mai, cessa de siéger dmh Chambre; la seconde, formée des députés nés dans T France, nommés par des départements qui n*avaient qu'en partie d'appartenir à la France, continua à siéger; la IM^ sième, formée des députés nés dans des départements dMllÉi partie appartenait encore à la France, mais nés dans la partief^ cessait de lui appartenir, dut se retirer, tandis que la quatriW catégorie , formée de ceux qui , dans les départements démembrés, étaient nés dans la partie demeurée firançai8e,e ser>'a ses fonctions. Les deux principes qui avaient dominé diverses solutions étaient ceux-ci : il n'y a nna de

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