‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 167 sur 213 · LA CENSURE .* LES JOURNAUX · texte numérisé non relu

LA CENSURE .* LES JOURNAUX

passions et les fautes de ses amis. La presse, dans l'indépendance de laquelle elle avait prévu un péril et qu'elle avait irritée par la loi de censure, n'était pas contenue par cette institution qu'on avait réclamée comme nécessaire, et dont on négligeait de se servir parce qu'elle était odieuse, comme si elle avait été superflue. Le ministère avait institué à grand bruit un conseil de censure dans lequel figuraient des hommes éminents comme furisconsultes ou comme écrivains, pour recommander l'institution par le nom de ceux qui l'exerçaient*. Mais l'exercice j^tique de la censure était abandonné, sous les auspices de ce conseil imposant, à des commis en sous-ordre qui pousrërent l'indulgence et la facilité aussi loin qu'elles pouvaient aller. On avait ainsi l'odieux de l'institution "sans en avoir les avantages politiques ; et l'on apprenait par un exemple de plus que, pour les gouvernements, toute force qu'ils réclament, MUS savoir ou pouvoir s'en ser\ir, devient un fardeau.

Un des inconvénients de la censure était de rendre le gouiremement indirectement responsable de tout ce que publiaient les journaux dont les rédacteurs, dévoués par sentiment à la Monarchie, la servaient moins qu'ils ne l'aimaient, en se jetant dans des récriminations propres à diviser les esprits, et en fournissant par leurs attaques contre des intérêts reconnus par la Charte un prétexte aux défiances et aux soupçons. Les principaux organes du parti royaliste proprement dit étaient k Journal des Débats^ la Gazette de France^ la Quotidienne; et après ces feuilles, le Journal Royal et quelques autres jour-

1 . Ce conâeil de censure était ainsi composé : MM. Auger, de Barentin, Bertmtéïf Campenon » Clavier, Dampmartin , DelacroixFrain ville , Delassalle , Delenxe, Delvincouri, Desrenaudes, Frayssinous, Guizot, Charles Lacre telle , Le Graverend, Lemonley, Quatremère de Quincy, Silveslre de Sacy, Vandebourg. Il y avait en outre des censeurs honoraires, c'étaient MM. Suard, Bossu, Har douin, Bosquillon, Cadet de Vaux, Mauduit, Raup de Baptestin, de Moulières, Mentelle, Robin Pellenc, Johanneau , Sauvo, Salgu-s , d'Avrigny, Tabaraud, Malherbe, Demanne, Cohen.

nau\ moins importants. L^influence du Journal des /Mifft était prépondérante. Les frères Berlin, dépouillés de leur propriété par le gouvernement impérial, l'avaient reconquise k lendemain de sa chute et donnaient à la rédaction une imprision vivement royaliste. Us mêlaient à ce sentiment un pM avoué pour les institutions nouvelles, et particulièrement pov la liberté de la presse, qui faisait leur puissance. BI. Unsuà Tavait défendue, dans les colonnes de ce journal, avec tikoft et chaleur à Tépoque de la présentation de la loi. Larenomnée Uttéraire du Joinmal des Débats, déjà établie par quatorxeM de succès et par la biîllante collaboration de Geoffiroy, Fddi, Hoffmann, Dussault, Mîdte-Brun, Fiévée, s'augmentait encoe par Tappui constant que lui prétait la plume puissante A ' M. de Chateaubriand.

La Gazette de France^ le doyen des journaux, était dénMk au gouvernement de la Restauration, comme elle avait été di- \uuée à tous les gouvernements depuis 1789. Elle était pour avoir des relations avec le ministère, ce qui donnail importance fâcheuse aux articles qu'elle publiait souvent dm le sens du préambule de la loi de la presse, par M. de Montaiquiou, et de Texposé des motifs de la loi de restitution desbieM . non vendus, par M. Ferrand. La Quotidienne^ plus libre dw ses allures, était plus vive encore. Dirigée par M. Micbani, dont le caractère était doux et aimable, mais l'esprit piquanld agressif, ell«» s'occupait, comme c'est le propre de presfK tous les journaux, plutôt à satisfaire les passions de aesbe- l leurs qu'à les calmer; c'est à ce prix qu'est le succès danik ; presse, et c'est par là que, dans les temps de révolution, dk nuit plus qu'elle ne sert. La Quotidienne s'adressait surtoirt au sentiment royalistts en consacrant de fréquents articles ai anniversaires An deuil malheureusement trop nombreux dw l'histoire de la Révohition française; mais il y avait aussi dw sa rédaction une grande part donnée à des récriminalioii

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