‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 174 sur 213 · LE MARÉCHAL SOULT MINISTRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL SOULT MINISTRE DE LA GUERRE

le général indiquât lui-même la position qui lui serait agréable, et le comte Dupont, pressé par M. de Blacas, ayant indiqué le gouvernement de la vingt-deuxième division militaire , vacant en ce moment, il lui fut immédiatement accordé par des lettres patentes conçues dans les termes les plus honorables pour hiî. Louis XVIII y ajouta le cordon de commandeur de Tordi'e de Saint-Louis.

Le successeur donné au général Dupont était le duc de Dabnatie. La capacité du maréchal Soult n'était douteuse pour personne. Il avait un titre aux sympathies de Tarmée : c'était lui qui avait tiré à la bataille de Toulouse les derniers coups de canon de la campagne. D'un autre côté, il avait mis beaucoup d'empressement à se rapprocher du gouvernement royal. Avant môme l'arrivée du Roi en France, il avait offert ses services pour dominer le mauvais vouloir du Sénat, qui voulait obliger Louis XVIII à accepter la Constitution sénatoriale *. Nommé, au mois d'octobre, commandant de la treizième division militaire et gouverneur de Bretagne, il avait formé presque aussitôt la Société bretonne pour élever un monument à la mémoire du connétable DuguescUn. Un mois à peu près plus tard (7 novembre), il demandait et obtenait l'autorisation d'ouvrir une souscription dont les fonds devaient être consacrés à élever un monument pyramidal sur la presqu'île de Ouiberon , et une chapelle funéraire dans la Chartreuse, près d'Auray, sur ce champ jadis ensanglanté où tombèrent et où furent ensevelies les victimes de cette lamentable journée, et que la piété publique avait depuis longtemps consacré sous le nom de champ des Martyrs. Ces manifestations un peu bruvantes d'un zèle nouveau avaient concilié au maréchal Soult la confiance de plusieurs personnages vivant dans Tinti-

I. NoiiB trouvons ce fait mentionné dans Ic« notes manuscriled de M. de Vlllèle.

Uitt. de II Rrtttur. 1. 3&

mité des princes, et, peu à peu, les préventions qui existaient contre lui en raison de ses proclamations contre le duc d'Angoidème, pendant les derniers épisodes delà guerre d'Espagne, s'étaient dissipées. Le comte de Bruges surtout, qui jouiâfiiit d'un grand crédit auprès du comte d'Artois , contribua i l'avènement du maréchal Soult. Un des premiers actes do duc de Dalniatie fut de nommer le comte de Bruges d'aboid président du comité de la guerre, ensuite gi'and chancdiff de la Légion d'honneur. Sans doute cette non)ination était en • elle-même beaucoup plus convenable que celle de M, de Pridl, faite par le gouvernement provisoire ; cependant les ofBrieis se virent, avec un mécontentement marqué, soumis, pourltf décorations, aux décisions d'un militaire émigré, qui d'toé pas combattu dans leurs rangs.

On prolita du mouvement qui se &ûsait dans le minisIèR pour combler le vide que M. de Malouet y avait laissé en mouiani. (> fut M. Beugnot qui prit la marine. M. BeugnoC se trouvait lui-mrme déplacé à la police, qu'il aurait préfM \oir confier à .M. Pasquier, préfet de police au moment de h rhute de l'Knipire, et il n'avait accepté cette situation qm romnie un pis-aller. 11 était bien moins propre encore à h marintN ministère d'autant plus important à cette époque qv la >urviillance de Tîle d'Klbe y était attachée, et, il reconndl, dit-on, lui-même son insuflisance la première fois quilrecri i-es bureaux, en leur adressant un de ces mots spirituels qv ' f(»nt tout passer m France, mais qui n'obvient à rien. « Het sirurs, dit-il, je vous \ois avec le plus grand plaisir. ChnoB de vous connaît lu travail de sa division; tant mieux, carpov moi je n'en sais pas le premier mot. » Cette légèreté de parokl ne se démentit pas dans l'action. M. Ferrand, lors de son p«- ^aiie à la marine, avait orj^aniï^é la suneillauce autour de File crKlbe, et, comme on pouvait l'attendre d'un homme si étr» iiov M la niîilière, il Taxait mal organisée. M. Beugnot, qv

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