‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 180 sur 213 · SITUATION A LA HN DE DÉCEMBRE 1844. S · texte numérisé non relu

SITUATION A LA HN DE DÉCEMBRE 1844. S

outre, en composant une table de trente-quatre femmes titrées, on exposa le Roi à l'inconvénient d'avoir à décider dans quelle proportion la nouvelle noblesse qui, d'après la Charte, conservait ses titres, et Tancienne noblesse qui reprenait les siens, fourniraient les élues du banquet municipal, et dans quel rang elles s'assoiraient. Ce fut l'objet d'une lutte très-animée entre les deux noblesses, et la nouvelle se trouva profondément humiliée de la préférence et de la préséance que le Roi donna dans cette occasion aux anciennes familles, qui obtinrent vingtsix places sur trente-quatre *. Ces misères, dans les époques où il y a lutte entre les classes, deviennent des affaires d'État. La fête de l'Hôtel de ville avec son banquet suivi d'un bal fut magnifique. Le poëte Millevoye , qui allait bientôt mourir, avait composé, pour être chantée devant le Roi, une cantate à laquelle Chérubini prêta d'harmonieux accords, et dans laquelle il célébrait le retour des lis , « ces fleurs du trône et de la France, rapportées des cieux par l'ange de l'espérance. » Madame de Chabrol, à la tête de douze dames représentant les douze arrondissements , adressa à madiune la duchesse d'An-

taire général de la préfecture; Madame la duchesse d'Angoulèmo fut servie par madame de Chabrol* Monsieur, par MM. de Burogne, doyen des maires, et Lebeau, président du conseil général du département; Monseigneur le duc d'Angoulème, par M. Bellart, membre du conseil général, etM. Morcau, maire; M. le duc de Bcrry, par M. de Montaman, membre et secrétaire du conseil général, et par M. Rousseau , maire.

1 . Citons comme une curiosité historique la liste de ces dames, telle qu*elle fut publiée au Moniteur : Ducliesse de Fleury, duchesse de Duras, comtesse de Blaca5, martiuise dWvaray, marquise de Boisgelin, comtesse d'Escars, marquise de Brézé, duchesse de Serent, comtesse de Damas, madame de Choisy, duchesse de la Vauguyon, princesse de Beaufrcmont, comtesse de Narbonne, vicomtesse de Narbunne , duchesse de Maillé, comtesse de Durfort , comtesse de Damas, comtesse de Nansonty, marquise de l^grange, marquise de Larochejaquefein, duchesse deCoigny, duchesse de Moue hy, duchesse de Rohan, princcdâe de Solre , princesse de Wagram, comtesse de Boumon ville , madame Ferrand, comtesse Maison, maréchale Suchet duchesse d'Albuféra, maréchale Oudlnot duchesse de Rcggio, princesse do Laval, duchesse d*Harcourt, marqaUe de Tourzcl , baronne de Muntboissier.

goulémc de touchantos paroles, parmi lesquelles il y en eut ijin allèrent au cœur de la fille de Louis XYl : « Notre mémoire mm rappelle encore, lui dît-elle, les larmes que nous Tersions dni notre enfance, au récit de votre noble constance et de vos loop malheurs. Nous pouvons le dire avec fierté, c'est dans le cqbv (les femmes que s'est conservé le plus vif et le plus pur, ceCei sacré de Tamour de nos rois. » Néanmoins , malgré les ^iki- (leurs de cette soirée , la fête de Tllôtel de \îlle, qui semhUl devoir exercer une influence favorable sur les esprits , déni le signal d'un conilit et d'une scission dont les conséqueneei mondes furent beaucoup plus graves que la question ne Tétât en elle-mi)me.

Les femmes surtout, qui sont implacables quand leur amoiD^ propre est en jeu , aggravèrent ces luttes intestines par eei paroles piquantes dont elles ont le secret. Quand les e^rib .-ont une ibis prévenus , tout est pris en mauvaise part. CtA ainsi que la duchesse d' Angoul(}me ayant voulu traiter madame la maréchale Ney, lille d'une ancienne femme de chambre de lii lleiiie ' qu'elle avait connue et aimée pendant son enfimee, avec une familiarité bienveillante''' à laquelle la haute situatkA des princes donne du prix , on couclut de ce qu'elle Tavail appelée par son nom de baptême , qu'elle lui refusait son tîtic (le princesse de la Moskowa. Les honunes de TEmpire, qâ avaient longtemps dominé dans la société comme Hans la fonctions publiques , se montraient plus ardemment jalon que les hounues d^uitrefois de cette supériorité de conventiaB

1 . MaduuR' Augiiié, (]iii, l'ullc de douleur, t'était Jetécparane eroUéeenappitliant rcAiM'iilioii do Murii'-Aiitoiuutte.

2. ('('tl(> ruiuiliurit<W'(ail .oi liii'iiune di^linclion, que luadame la iDan|iil« éi Laru('iirju«]iirli*iii. dans m*» Mrmuircs, pajîc G3, raconte a^ec n'mnnaiiMnrf ifM Iursi|ne lu Ilcinc lu revit uprès non mariage avin; M. de LieaGure, elle loi 4R: « Viftiirint', muis nnu> r>'st>'z. » La jeune iuarqui:ic de Lescure, flile du marfrii de l)llnni^^a^, et dunt la mère était lille du duc de Civrac, ap|>arlenait à uM 4i preniièri's tumillcs du ro>ttumo.

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