‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 194 sur 213 · SAXE ET POLOGNE : NOTE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

SAXE ET POLOGNE : NOTE FRANÇAISE

tivement aux territoires et aux populations que ce projet offrait à la Prusse, il proposait de former au roi Frédéric- Auguste, dontrexistence en Saxe présenterait de notables inconvénients, un établissement sur un autre point , soit en lui attribuant les Légations en Italie , soit en lui abandonnant Munster avec Paderborn et Corvey, ou en lui assignant une possession beaucoup plus considérable sur la rive gauche du Rhin.

Cette offre de la Prusse acheva d'aliéner au cabinet de Berlin la sympathie de T Angleterre. Lord Liverpool écrivait à lord Castlereagh : a La proposition de la Prusse d'indenmiser le roi de Saxe en lui donnant le pays, ou une partie du pays entre le Rhin et la Meuse , m'a rendu plus opposé que je ne Tétais auparavant au projet de réunir l'ensemble de la Saxe à la Finisse . Le roi de Saxe, dans cette hj'pothèse, serait probablement la créature de la France, et disposé par suite à seconder les vues du gouvernement français sur les Pays-Bas plutôt qu'à y résister * .

Presqu'en même temps le prince de Talleyrand , entrant à son tour en lice, adressait une note remarquable dans laqueUe il se ralliait complètement à la note autrichienne du 40 décembre 1814. a Le roi Louis XVIIl, était-il dit dans la note française datée du 19 décembre, n'avait plus qu'un vœu à former, c'est que l'œuvre de la Restauration s'accomplit pour toute TEurope comme pour la France, que partout et pour jamais l'esprit de révolution cessât, que tout droit légitime fût respecté, et que les territoires vacants fussent distribués selon les principes de l'équilibre politique. La disposition qu'on a voulu faire du royaume de Saxe, pernicieuse comme exemple, le serait encore par son influence sur l'équilibre général de l'Europe, 1** en créant contre la Bohême une force d'agression très-grande , et en menaçant ainsi la sûreté de l'Autriche en-

] . Letters and dispatches of lord Castlereagh, Uilrd scrie. (Vol. H, page 239.)

tière, 2'' en créant au sein du corps germanique et pour un de ses membres une force d'agression hors de proportion aveek force de résistance de tous les autres. L'opinion de la Frmot est qu'une partie seulement delà Saxe doit éti'e cédée, la noie autrichienne du 10 décembre a indiqué la juste mesuiede cette cession. »

Les positions se dessinaient d'une manière nette et piédie. L'Angleterre, r Autriche et la France arrivaient, par des molik différents, à une entente menaçante pour la Prusse etlaRufâe.

Pour prévenir les suites de cette entente , le comte de Resselrode communiqua, le 31 décembre 1814, aux pléoipolatiaires de l'Autriche , de la Grande-Bretagne et de la FnoK, quatorze articles contenant quelques idées fondamentales p^ près à fixer les rapports entre les diverses puissances. Citail un dernier effort pour empêcher une rupture. La Russie sentait à rétrocéder à l'Autriche le rayon de Podgoze, la (les salines de Wieliezka et du district de Tamopol que cdM avait perdus par la paix de Schœnbrunn. Elle traçait entre k Prusse et la Russie la ligne de démarcation comme elleTaéli dans 1(^ traité définitif, sauf Thom et Cracovie érigées ea iîIb libres. Le reste du duché de Varsovie demeurait à la Rusée. La libellé du cours de la Yistule était convenue. AlexanÉe demandait à ses idliés des institutions provinciales pour Isi Polonais, leurs sujets. Les parties contractantes se garsnlKsaient réciproquement leurs possessions polonaises; la Ssv demeurait cédée à la Puusse, mais avec la condition que DksIi ne serait pas fortifiée. On formerait sur la rive gauche èi Rhin un l^'tat séparé d'une population de sept cent mille imKf qui comprendrait ie duché de Luxembourg , les villes ée Trêves, etc., etc., pour être donné au roi de Saxe. Loxesibuuigr et Mayence seraient places de la Confédération.

Ce projet russe, qui avait presque la forme d*un ultimatUB, loin d«' calmer les dissentiments, île Ut que les accroître. Le

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