‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 195 sur 213 · SAXE ET POLOGNE : TRAITE SECRET DU 6 JANVIER · texte numérisé non relu

SAXE ET POLOGNE : TRAITE SECRET DU 6 JANVIER

bniit des discordes du congrès se répandait au dehors, et il n*était question dans toute l'Europe que de la rupture des Conférences. La guerre, si récemment éteinte, allait de nouveau se rallumer. Ces bruits n'étaient pas sans fondement. L'entente de l'Angleterre, de l'Autriche et de la France avait abouti à un traité d'alliance offensive et défensive, qui fut signé le 6 janvier 1815. Dans ce traité, les puissances contractantes s'engageaient à agir de concert pour effectuer les arrangements pris dans le traité de Paris, et à se regarder toutes trois comme soUdaires si les possessions de l'une d'elles venaient à être attaquées. Si l'une des trois se voyait menacée, les deux autres interviendraient d'abord amicalement ; si cette intervention amicale restait insuffisante, l'apport militaire de chacun des coalisés serait de cent cinquante mille hommes. La paix ne serait conclue que d'un commun accord. Les trois puissances s'engageaient à regarder le traité de Paris comme ayant force pour régler l'étendue de leurs possessions respectives. Elles se résonaient la faculté d'inviter d'autres États h s'unir à elles, et s'engageaient mutueUement à repousser toute agression contre le tenitoire des souverains de Hanovre et des Pavs-Bas. Ce traité devait être ratifié dans le délai de six semaines. Deux articles supplémentaires portaient ce qui suit: « Les souverains de Bavière, de Wurtemberg et des Pays-Bas seront invités à accéder au traité ci-dessus; les conventions de ce jour ne devront rtre communiquées par aucune des puissances signataires sîms le consentement de toutes les autres. » Le traité clandestin du 6 janvier 1815 établissiiit une alliance séparée dans la grande alliance. Ce concert de l'Autricho, de T Angleterre et de la France pour dominer les résolutic^ns du congrès par le poids de leur vote si les questions se résolvaient pacifiquement, par le poids de leurs armes si les autrrs puissances ne voulaient point céder, était un acte d'hostilité contre la llussie et la Prusse. La France y trouvait

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594 SESSION DE 1814. — gongaès db vieihie. '

un avantage moral, le maintien du roi de Saxe sur son trAoe, et un espoir, celui du renversement du trône de Mural. Mais les bénéiiees les plus importants de ce traité revenaient à Tâutriche. En effet, elle acquérait le concours de F Angleterre etde la France pour organiser rÂllcmagne selon ses intérêts. Elk y diminuait Tmlluence de la Prusse; en remontant vers le noid, elle enlevait une piutie de la Pologne à la Russie, et elle amoiii- (hissait ainsi les deux puissances qui étaient ses adversûvs naturels. Au moment où la France assurait à F Autriche, a cas de guerre, le secours d'une armée de cent cinquante milk iiommcs pour faire prévaloir cette combinaison, et lui msÛBtenir la possession des immenses territoires que le traité et Vienne lui Uvrait,lecal3inel des Tuileries s'obligeait, de coneot avec TAngieterre, à souscrii*e la promesse de reganler le tnilé (le Paris , qui avait nuuené notre temtoire jusqu'aux limils (le Tancienne France, comme réglant définitivement Félah (lue de nos possessions, et à défendre le royaume des Pqslias, érigé contre nous. C'était promettre beaucoup, risqiHr beaucoup, pour obtenir peu. En outre, nous perdions DObe position naturelle de médiateurs, et nous nous trouvions «gagés dans une alliance intime avec les deux puissances qé ont toujours eu le plus d'objections contre nos accroissemeiilli engagés non pas pour un objet défini et déterminé, mm d'une manière générale, contre la puissance avec laquek il nous est le plus facile de nous entendre, parce que lesden IHats Sont trop éloignés pour avoir des querelles de voisiii^Bi que leurs hitéréts sont distincts sans être contraires, compter que , presque partout , presque toujours, ils ont mêmes ennemis.

Tel était le traité du 6 janvier, agréé par Louis XYIII dm la pensée honorable de hâter le moment où la France enn^ rait une action eu Europe, d'émanciper sa diplomatie, dii maintenir sur le tnme le roi de Saxe, ra"**'^*! aDié éfM

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