SAXE ET POLOGNE : TRANSACTION
sance consentait pour la première fois à ne pas posséder la Saxe entière; comme complément, on lui assigna la moitié à peu près de la Saxe, notamment la totalité de la basse Lusace, et la plus grande partie de la haute. Enfin les pays situés à Fouest du Wéser, et qu'elle proposait, de concert avec la Russie, d'assigner comme compensation au roi de Saxe, lui furent attribués à elle-même sous le nom de grand-duché du Bas-Rhin, selon la pensée favorite de rAngle\erre, qui voulait étabUr un voisinage sur le Rhin entre la Prusse et la France, pour créer entre ces deux États une hostiUté. Ces arrangements, discutés pendant tout le mois de février, ne devaient aboutir à un traité définitif qu'au mois de mai suivant, par suite de la résistance du roi de Saxe, qui, affranchi de l'état de demi-captivité où il était retenuàFriederichfeldet invité, le 22 février, à se rapprocher de Vienne, arriva à Prcsbourg le 4 mars, et opposa longtemps d'inllexibles refus aux sacrifices qu'on lui demandait. Tandis que cette négociation marchait péniblement en laissant dans les esprits des rancunes profondes et des germes de discordes, on élaborait la nouvelle organisation de l'Allemagne. La France se trouvmt exclue de toute influence sur cette organisation, et M. de Talleyrand ne sut ou ne put pas profiter des rapports intimes qu'il avait noués avec l'Autriche, pour exercer du moins une action indirecte sur les travaux du congrès relativement à cette question si importante, en se faisant l'appui et l'interprète des puissances secondaires. M. de Mettcrnich joua dans le congrès, vis-à-vis des Étiits secondaires de l'Allemagne, le rôle prépondérant que M. de Talleyrand aMiit joué à l'époque des gi'ands succès de Napoléon. Son plan était de diviser l'Allemagne en cercles, dont les chefs ^craient réunis dans une diète fédérale, avec un conseil directeur formé de cinq membres, et dans lequel l'Autriche et la Prusse avaient chacune deux voix, la Bavière, le Wurtemberg et le Hanovre, chacun une; ces trois dernières puissances de-
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valent comme les Jeux premières avoir le droit de guerre el de paix. Au-dessous de ce conseil fédéral venait se placer un conseil de princes vX de villes, investis de la puissance législatÎTe, mais dépourvus du droit de faire la guerre et de conclure des» alliances sans Tautorisation de la confédération. C/était placer la puissance directrice dans un conseil de sept, où rAutriche et la Prusse unies faisaient seules la majorité, et la présidence <le ce conseil, attribuée à rAutriche, faisait d'elle la tête du (îorps germanique.
En Italie, les points arrêtés furent Tagrandissenaent de rAutriche dans les plaines qui s^étendent entre les rives droites du Po et les bouches duCattaro, l'annexion de Venise aux fttats autrichiens, de la république de fiênes au Piémont, mesures que lie Justifiait pas le droit, mais qu'expliquait Tintérêt et que consonunait la force. Une des idées fixes du cougiô devienne fut d'élever des barrières contre la France. Il est rare que les préoccupations du passé ne pèsent pas plus sw Tesprit des honnnes que les préoccupations de ravenir; et le* hommes d'État, comme les autres hommes, n'échappent guère à cette illusion d'optique qui nous fait chercher des digues aux torrents écoulés. La reconstmction et ragrandissement des deux grandes monarchies de l'Allemagne , réreclîon du royaunn^ des Pays-Bas, ragrandissement du roi de Sardaigne m Italie, sous le nom de roi de Piémont, Porganisitiou plus forte des cantons suisses, trouvaient leure niotife ou plutôt leurs prétextes dans cette sollicitude; car les intérMs politiques des puissances s'exerçaient à l'abri de ces considérations, et ceux qui avaient tant récriminé contre Fabusque Napoléon avait fait de la victuire et de la force en abusaient à leur t(>!u\
Dans les États où la liberté de la presse permettait à r<çîniou de se produire, comme en Angleterre et'en France, de se prononçait contre ce qu'elle savait déjà, et plus eneoit
ORGANISATION DB L* ALLEMAGNE ET DE l'ITALIE. 699
contre ce qu*elle soupçonnait des actes du congrès. L'idéal que le peuple s'était fait de cette grande assemblée se trouvait trompé. Cette espèce de partage des âmes réglé au gré des intérêts des grandes puissances, sans que les convenances des populations fussent consultées , ces violations de nationalité, faites malgré les réclamations des peuples, et souvent malgré des promesses antérieures; Venise, Gênes, Parme, une partie de la Saxe, enlevés à leurs souverains naturels, la Pologne encore une fois démembrée, ces amalgames qui rapprochaient dans un ensemble disparate des nationalités hétérogènes et des cultes ennemis , toutes ces mesures décréditaient le congrès dans Topinion générale.
Rien n'était encore définitivement réglé pourNaples; mais on avait jeté sur cette question les bases d'une entente entre la France , F Autriche et l'Angleterre , et c'était, à proprement parler, la part du cabinet des Tuileries dans le traité de la triple alliance. Cette négociation, dont les historiens n'ont pas jusqu'ici pénétré le secret, ne fut point suivie à Vienne, mais à Paris, par suite d'une méfiance profonde de M. de Metternich contre M. de Talleyrand, toutes les fois qu'il s'agissait des affaires d'Italie *. Une lettre de M. de Metternich accréditant M. de Bombelles à Paris, h la date du 13 janvier 1815, pour suivre une négociation à ce sujet, éUiit adrcj^sée au comte de Biacas; elle était ainsi conçue : « Je charge M. de Bombelles de s'expliquer avec une entière confiance avec vous, monsieur le comte, au sujet des différentes communications dont il s'est trouvé chargé de
1 . J'ai nous les yeux une lettre autographe du duc de Wellington datée de la fin du mois de décembre 1814, et adressée au comte de Biacas, dans laquelle il parte de cette méfiance et de cette répugnance de M. de Metternich h traiter les affaires d'Italie avec le prince de Talle>rand. Lo duc de Wellington ajoute que M. de Metternich lui a montré les lettres par lesquelles il accrédite M. de Bombelles pour traiter cette afTaire à Paris; il fera, quant à lui, tous ses efTorts pour dissiper les pr<''vcnlionA de M. de Metternich sur M. do Talleyrand. (Documents inédits communiqués par M. le duc de Biacas.)
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Totre part. La marche des événements aura prouvé auRd que ' les principes de Tempereur, mon maître, sont irrévocaUes. Rien ne le fera départir de la ligne qu*il suit, et sur laquelle il sera heureux de rencontrer le Koi. Si nous différons sur pinsieurs pcânts dans notre attitude, le but auquel viseront efforts sera le même. » M. de Bombelles entrant en avec M. de Blacas, chargé pîir Louis XVIII de s'entendre anoe lui sur les bases de la convention à intervenir, lui écrivait, après ime conférence, le 2 février 1813 : « Votre Excellenee m'a fait riioiineur de me dire que le Roi voyait avec un pnh fond regret K' trùue de Naples occupé par Murât; qu'il cropit que si TEurupe euticre prononciiit sa 'déchéance, il serât abandonné par les Italiens ; que le cabinet des Tuileries état dans la ferme intention de n'avoir ni ce&se ni repos, tant qal ne parviendrait pas à lever un obstacle qu*il regardait commi impossible à concilier avec le repos de la France et de FEsp rope. Vous avez ajouté que le Roi, animé du désir d'évito*, autant que possible, toute complication, ferait pour le moment paiTcnir à ses plénipotentiaires les ordres sollicités par iboo entremise, à condition qu'une convention secrète serait passét entre Sa Majesté et l'empereur d'Autriche, et que cette coavention aurait son effet six mois après la fin du congrès. «
Ce n'était pas entre la France et l'Autriche seulement qai cette conventicai devait être signée. L'Angleterre, le troisîiini membre de la triple alliance, allait y adhérer un peu plus tard. Pour déterminer celte adhésion , le cabinet des Tuileries produisit, sur la demande du duc de Wellington, après a?oir dépouillé les archi\es les plus récentes de TEmpire, des pièces'
1. Ces \i\vvvti étaionl au nombre de ncur. W y avait troi« minules de «lictéos par roiiiijoreur NapoU^oii el adredi^pii, le» deux première* à Muni, Il (roidicnK* à >a (>uur Kli«a; des Icttroa de Fouchi^, du duc de Feltre el d*l beauiiariiaU à Napoléon. {LittrcA du prince de Ca«tck*icala au coûte «le — Documenta inédits couiniuni(|ué«i par le duc de Blacas.) ,