‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 199 sur 213 · SITUATION DE L*EUROPE VERS LA FIN DE · texte numérisé non relu

SITUATION DE L*EUROPE VERS LA FIN DE

fons de M. de Mettemich donnèrent Texclusion, mais par M. de Blacas'.

Tels étaient la situation des choses et Tétat général des né- |[ociations vers la fin de 1814 et au commencement de 1815 : nous avons dû, en effet, franchir la limite du mois de décembre, pour ne pasinterromprel'exposé de ces négociations. La crainte de la guerre si récemment terminée, la nécessité de maintenir la paix si nouvellement rétablie, empêchaient les discordes qui s^étaient élevées dans le congrès d'aboutir aune rupture ouverte . Une entente forcée s'établissait avec peine, mais l'harmonie des Tolontés avait disparu ; les dissentiments, les incompatibilités d'intérêts , les ambitions déçues, les rancunes sunivaient aux questions qui les avaient fait naître , et l'alliance européenne semblait épuisée par le congrès de Vienne qu'on croyait destiné à l'étabUr dans les idées comme dans les faits. Au moment (15 février 1815) oii lord Castlereagh, rappelé à Londres par Touverturc du parlement, quitta Vienne pour se rendre à son poste ministériel, en se fiiisant remplacer au congrès par lord Wellington, alors ambassadeur à Paris, M. Pozzo di Borgo définissait ainsi l'état du congrès : « Cela finit bien, nous n'avons perdu que les illusions du sentiment, nous en sommes maintenant à un mariiïge de raison sans amour et sans divorce possible. » Il n'y avait donc plus de conflit à craindre; mais, comme il arrive dans l'ordre physique, le bruit des discordes

I . Ce Tait demeure pour nous hors de doute depuis que nous avons dt-pouillé las volumineux dossiers des Papiers polUiquet de M. de Blacas. Non-seulement les documents que nous avons cité? établissent ce Tait, mais les correspondances de M. de Blacas lui donnent un caractère d'évidence. Ainsi, le prince de Castelcirala lui écrivait, après la chute de Murât, le 1 1 juin 181 5 : « Je comprends la Joie que vous fait éprouver le rétablissement de mon maître. L'homme qui seul, lorsque tout le monde l'abandonnait, a su, par la fermeté de sa conduite et l'halilleté de ses négociations , préparer ce rétablissement d*une manière immanquable, ne pouvait qu'éprouver une grande joie en le voyant s'accomplir au moment où le bras puissant de son maître était paralysé. S. M. Sicilienne n'oubliera Jamais ce qu'elle vous doit, m

du congrès survivait en Europe aux chocs d'intérêts quiravaiol fait naître. On croyait à une dissolution prochaine desconftrenées, les rumeurs de guerre continuaient à se répandre.

Tous ces travaux du congrès s'étaient accomplis au milîei des plaisirs, des fôtes et des bîils. Jamais la capitale de TA»triche n'avait été aussi brillante et aussi animée. Lapluparlès monarques de TKurope , tous les princes de TAllemagne, ki plénipotentiaires des grands et des petits États s'y trouvaiert, on Ta vu, réunis. M. de Talleyrand portait avec aisance, ■ milieu des féeries des cuui-s , ce sceptre de roi de la confB^ sation. qu'aux jours d'une ancienne intimité Napoléon lui Ml reconnu. 11 était assisté par sa nièce d'alliance, madame h duchesse de Dino, issue de la grande famille des ducs de Covlandc, alors dans tout Téclat de sa beauté et déjà dans tari Téclat de son esprit, capable de s'élever à rintelligenceda grandes affaires comme de descendre aux détails d'une flit Une douce familiarité avait relâché les lois sévères de Fèliqiiette. Les salons de Vienne, souvent signalés par les voyageurs comme impénétrables, laissaient tomber leurs orgoe^ leuses bîirrièrus. Partout les étrangei^s trouvaient la prévenance, le bon goût et les grâces affables d'une hospitalité bienveiUiflie jus(]u*à la recherche, et magniiiquc jusqu'à la prodigalité. Oi s'amusait autour des grandes affaires, et la vie s'écoulait rapide au milieu des émotions, des nouvelles que chaque jour bink naître, et des distractions charmmites d'une société él^aola, spii'ituelle et polie. Les salons répétaient les bons mots di prince (le Ligne qui, continuant les traditions légères ie l'esprit (lu dix-huitième siècle, disait pour caractériser la viiacité des plaisirs et la lenteur des aflaires : « Le congrès dauM, mais il ne marche pas. » Les souverains eux-mêmes donnaiol l'exemple du rehlchement de l'étiquette ; souvent ils passaiol kau's soirées chez une dame Israélite, madame Amstein, renommée par sa charité pour les infortunes de tous les cultes

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