SITUATION DE L*EUROPE VERS LA PIN DE
Ht le salon était un des plus attrayants de Vienne par les es grâces et les agréments de Tesprit de celle qui en t les honneurs. Mais de tous les salons, celui de M. de yrand restait le premier. Ce rayon d'aristocratie qui lui ;t de son origine, ces grandes manières qu'il avait contes dans toutes ses fortunes, son esprit réel et la renommée m esprit qui était encore au-dessus, le rôle prépondérant avait joué dans les transactions diplomatiques de TEmla modération et la facilité de son caractère qui, adount les rigueurs de son maître, n'avaient jamais refusé lénagements possibles aux vaincus de la veille devenus les jueurs du jour; tout, jusqu'aux gi'âces de son jeune et mant auxiliaire, la duchesse de Dino, qui, élevée sérieumt et nourrie de fortes lectures comme les femmes du l, avait, sous un vernis de grâces, la solidité, la fermeté, eur et l'énergie de volonté qui manquaient à son oncle, tout ribuait à lui assurer une prééminence personnelle, flat- B pour lui-même, utile à son gouvernement. Ses lettres le congrès, sur ses négociations, ses intrigues et ses vicisies, ses plaisirs et ses fêtes, sans en excepter les mascas, interessaient nécessairement Louis XVIII. Cependant le passé maître en ce genre, ne perdait pas l'occasion d'une ramme contre son ambassadeur, et celui-ci ayant décrit 5 une lettre tous les costumes portés dans un grand bal de estissement, le Roi lit observer malignement que M. de Taland avait omis d'indiquer le sien, et que si l'on en jugeait la multiplicité des rôles qu'il avait joués il devait en avoir échange dans sa garde-robe.
outes les péripéties du congrès de Vienne avaient été avilent suivies par les gouvernements et par les peuples qui en ndaient leur destinée, et par ceux-là mêmes qui, désintéés dans les solutions, voyaient dans ces péripéties celles 1 drame émouvant. En Allemagne, en Angleterre, en
606 SESSION DE 4814. — congrès de vienne.
France, les publicistes s^étaient ardemment jetés dans la pol^ mique pour faire peser sur les faits Taction des idées. La nationalité polonaise et la légitimité saxonne avaient surtout exdié on France de \ives sympathies. Le dernier peuple et le denûer roi alliés de la France dans sa lutte inégale contre rEurope coalisée se recommandaient naturellement à Tintérét d v pciîple généreux, qui n'a jamais argué de ses propres ioEiR>tunes pour demeurer indifférent aux infortunes de ses anû. Parmi les spectateurs lointains qui suivaient du regard la vicissitudes du congrès de Vienne, il y en avait un qui, plaeé sur son rocher comme sur un obser\'atoire, et en rdatifli à la fois avec Tltalie, la FYance et TAUemagne par des comiMnicatiuns secrètes, sentait diminuer ses ennuis et grandir m espérances à mesure que les bruits des mésintelligences eut* péeunes, grossis par la voix de la Renommée, arrivaient à M oreille, toujours ouverte pour les recevoir : c^était Tempeiar Napoléon.