‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 31 sur 213 · I. Manuscrit <ie 1814, page 2 OC · texte numérisé non relu

I. Manuscrit <ie 1814, page 2 OC

Ha. de U Rettaar. I. j

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<i*»fjri'<r r-'-pPud-'int Y^ r*>n pîvmirr plin. Malsrré ?a joDCtiou 4\»-r- !.-• <1kij\ marrchauï. il tr»«m*: b di*pn>pi>rlion de ses f';r'»-r .j^-': f»ll»-r d«rj Autrichien:? trop srande pour les attaqij**!- d*- fn»rit ••ri yK plaçant ^-uîrr eux et Paris. U a tourné trop «ouf-t ••Il rihitt.ait d^- li F»-!v-Ch.imp«^ni:»ise sur Plancy; il i\\vz\v\ I*- tiiiir du comp.iï p«>ur ivpUcer s<:»n année sur les d^Tri»'r^- df- <-iinHiriiî. S'il V. faut, il irajusqu'à Bar-sur-Aube. Mîui'f'iivn- -ayante ïiii point d*f vue militaire peut-^tre, téméiJtin- an point d^- vue politique. Ottr fois, ce n'est plus seuleiiprut devant un»- des deux armées ennemies qu'il laisse le rluMiiiii ou\*'rt, cVst devant l^s d»-ux années. Or on ne peut pas >»'panM'. -urtout dans cet instant, la guerre de la politique, ♦•t Nîipoléon n'«'st pa< seulement un général, c'est un chef de j:ou\»'nienn*nt. L^'S alarmes de Paris n'ont pas cessé de retentir à -''S umlh'S. Il connaît les dispositions de cette ville, r»-ntrr de luxr, d'affaires, d'intrigues, et siège d'immenses iiitéivt-, son épouvante toutes les fois que les coalisés ont fait un pas pour siî rapprocher de ses murs. Ou'îirrivera-t-il si les «•oalisés, au li«Mi de le suivre dans son mouvement vers Bar- >nr-Auln*, marchent par la route qu'il laisse ouverte vers Paris en poussant doant eux des corps trop faibles pour les arrêter? Il n'y a là rirn d'impossible, rien d'improbable rnéMM'. Il a été déjà ohli<:é de se retirer devant Blûcher qui lui présentait la hataillr, il va se retins devant Schwarzenberg. r.r^ rfti'aitrs forrécsarhévrntde détruire son prestige et enhardi-»srnt srs ad\rr>ain*s : n» (jn'ils n'auraient pas osé au temps d«' **<•* surrrs, ils pru\ent Tosrr fil présence de ses revers.

Napoléon doit prendre d'autant plus en considération cette rlianer rfdoutahie, (pir 1rs <*()nférences de ChAtillon viennent d'étrr loinpufs. N'est-il pas à prévoir <ju'îi Paris les hommes |ui ilésin-nt passionnéuM-nt la paix, p«»rdant l'espoir de la faire 11- son consrntnnrnt, son^'en»nt à la faire en se séparant de lui? I.r due de Vici'nee, ehosi» facili» à concevoir, n'a pu,

d'après ses instructions, accepter l'ultimatum des coalisés, et le contre-projet qu'il présente, dans la séance du 15 mars, ne peut être accepté par eux. Dans ce contre-projet, Tempereur Napoléon renonce, il est vrai , à tous droits de souveraineté et de possession sur les provinces illyriennes et sur les territoires formant les départements français au delà des Alpes, rile d'Elbe exceptée , et les départements français au delà du Rhin. » Mais il dispose « de la couronne d'Italie en faveur de son héritier désigné, le prince Eugène Napoléon et ses descendants. » 11 veut annexer à ce royaume d'Italie les îles Ioniennes. Il excepte des restitutions faites au pape le duché de Bénévent ; il conser\'e à sa sœur, la princesse Élisa, Lucques et Piombino; à Berthier, la principauté de Neuchâtel; au fils de Louis Bonaparte, le grand-duché de Berg. Il stipule des indemnités aux rois et aux princes dépossédés, et, chose grave, il se réser\'e d'être partie active au congrès, et de discuter la distribution des territoires auxquels U renonce. Enfin il ne parle point de la Belgique et d'Anvers, qu'il compte par conséquent conserver.

Le 18 mars, les plénipotentiaires des cours alliées ont déclaré, au nom et par l'ordre de leurs souverains, que, d'après le contre-projet, u la France garderait une force territoriale infiniment plus grande que ne le comporte l'équilibre de l'Europe ; qu'elle conserverait des positions offensives et des points d'attaque au moyen desquels son gouvernement a effectué tant de bouleversements. Les cessions qu'elle ferait fie seraient qu'apparentes. Les principes annoncés à la face de l'Europe par le souverain actuel de la France, et l'expérience de plusieurs années ont prouvé que les États intermédiaires sous la domination des membres de la famille régnante en France ne sont indépendants que de nom. En déviant de l'esprit qui a dicté les bases du traité du 17 février, les puissances n'eussent rien fait pour le salut de l'Europe. L'Europe et la France

68 CHUTE DE l'empire.

même deviendraient bientôt victimes de nouveaux déchirements; l'Europe ne ferait pas la paix, mais elle désarmerai. » En conséquence, les plénipotentiaires des puissances coalisées sont chargés de déclarer que, ^ fidèles à leurs principes et en conformité avec leurs déclarations antérieures , les puissances aUiées regardent les négociations entamées à ChAtiUon comme terminées par le gouvernement fraui^^iis. Ils ont ordre d'ajouter à cette déclaration celle que les puissances alUées, indissolublement unies pour le grand but qu'avec l'aide de Dieu elles espèrent atteindre, ne font piis la guerre h la France; qu^elles regardent les justes dimensions de cet empire comme une des premières conditions de l'équilibre politique, mais qu'elles ne poseront pas les armes avant que leurs principes aient été reconnus et admis par son gouvernement ^ »

A la suite de cette rupture, le prince de Metternich, qui n'a cessé d'entretenir avec le duc de Yicence des relations amicales et conlidentielles, lui écrit de Troyes, à la date du 18 mars : u Je. ne crois pas que la déclaration qui vous a été faite* pniss(î vous surprrndn^ quand, après six semaines de réunion, le pnnnier contre-projet présenté par la France dîffèrr totalement de l'esprit qui îi dicté le projet des puissiuices. Kllrs n'ont pu entrevoir dans re fait qu'une recherche, de la part (\v votre (labinet, de traîner 1rs négociations en longueur. \ous ne poserons pas les armes sans avoir atteint le seul fruit de la guerre quc^ nous croyions digne de notre jmibitîon, la certitude' de jouir, pendant des années, d'un repos qui ne vous est pas moins nécessaire qu'à nous. »

Le prince de Metternich écrit encore au duc de Yicence, le même jour : a Les affainîs tournent bien mal, monsieiw le duc. Le jour (»ii l'on sera tout à fait décidé pour la paix, avec les sacrifices indispensables, venez pour la faire, mais non

I . ProliM'oIr d.»K (•oiirr!viiiM»*ili^ ('liàllIloiï-siir-SoliiP, séance du 1 8 mars I8H.

pour être Tinterprète de projets inadmissibles. Les questions sont trop fortement placées pour qu'il soit possible de conti-nuer à écrire des romans, sans de grands dangers pour l'empereur Napoléon. Que risquent les alliés? En dernier résultat, après de grands revers, on peut être forcé de quitter le territoire de la vieille France. Tju'aura gagné l'empereur Napoléon? Les peuples de la Belgique font d'énormes efforts dans le moment actuel. On va placer toute la rive gauche du Rhin sous les armes. La Savoie, ménagée jusqu'à cette heure pour la laisser à toute disposition, va être soulevée, et il y aura des attaques très-personnelles contre l'empereur Napoléon, qu'on n'est plus maître d'arrêter... Je vous ai voué, mon cher duc, la confiance la plus entière : pour mettre un terme aux dangers qui menacent la France, il dépend encore de votre maître de faire la paix. Le fait ne dépendra plus peut-être de lui sous peu. Le trftne de Louis XIV, avec les ajoutés de Louis XV, offre d'assez belles chances, pour ne pas être joué sur une carte. Je ferai tout ce que je pourrai pour retenir lord Castlereagh quelques jours. Ce ministre parti, on ne fera phis la paix*. »

Ces documents intimes achèvent d'éclairer la situation et de mettre en lumière la faute commise par Napoléon. Le duc de Vicence ne le rejoint, il est vrai, que le 23 mars à Saint- Dizier, où l'a conduit le mouvement commencé le 20; mais la rupture des conférences de Châtillon lui est connue; le duc de Vicence ne lui a pas dissimulé les dispositions des coalisés; celles de ses serviteurs les plus dévoués h Paris, celles de Paris même lui ont été révélées par les dépêches qui n'ont cessé de se succéder. Son conseil privé, consulté sur l'ultimatum enropéen du 17 février, a déclaré à l'unanimité, moins une voix, qu'il fallait l'accepter; enfin il connaît les événements

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