Cité dans les documents du Manutcrit de 1814, page
7G CHITE DE l'empire.
du 12 mars, à Bordeaux. Malgi-é les lumières qui jaillissent de ions côtés de la situatiou. il s'éloigne de Paris, au moment où la rupture des conférences de Châtillon fait disparaître la dernière chance de paix qui soutenait les espérances du pays, et il laisse le chemin de cette capitale, où tout le monde, même ses parti^rans dévoués, aspirait à la paix^ ouvert aux coalisés qui ne cessent de répéter qu'ils viennent l'apporter, et qu'ils ne font pas la guerre à la France. Depuis le commencement de la campagne, toutes les fois que la route de cette ville ne leur a pas été feruiét^ ils y ont marche , et tout son plan est fondé sur Tespoir que les deux ai'niées européennes, dont chacune est trop forte pour qu'il puisse Tattaquer de front, abandonneront un chemin resté ouvert et meuant au cœur delà France, pour le suivre dans son mouvement vei-s la frontière !
C'était trop présumer de l'ancien prestige de son nom, et de la terreur que son génie militaire inspirait à ses adversaires. La raison veut que, dans les choses humaines, on calcule sur le probable, et non sur le possible. Or le calcul des probabilités le plus simple indiquait que les coalisés marchaient sur Paris, dont la route restait ouverte, et que la prise de Paris entraînerait la chute de Napoléon. Les lieutenants de l'Empereur étaient frappés de ce péril, que seul il ne voulait pjis voir*.
1. « I/Kinpcreur me dit qu'il \ouiait, aprèj a\oir coniballu Tarmée auUichli^nnG , pn'ndrc prcM|uc toutes les garniM)!» avec lui , et manœuvrer fur le» derrières de l'ennemi. Pendant ce temps, il me laisserait en avant de Paris et me rhargerait de la dérense i}e la capitale. Je lui représi>ntai que le rdle contraire me [>araiMiait plus cnn\enable. I^ défense de Paris exigeait le concoure des i>ou\oirH civils, dont lui seul |K)uvail faire usage. Sa présence à Paria et son action iminéfliate sur celte ville valaient une armée, tandis que moi Je n'jr compU'rais que par le nombre de mes soldats. Il devait donc prendre pour la! dans ce moment le n'ile déO^nsif et me laisser le rôle offensif. Il me disait qu'il voulait aller lul-mi^me h Verdun et à Metz, mais qu'il manœuvrerait de manière tt Atre plus près de Paris que reniicmi, ce qui, dans la condition donnée, paraissait diflicile. • {Mimoirci du duc dv liutjHW, tome VI, page 220.;