‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 34 sur 213 · DÉPART DE MARIE-LOUISE POUR BLOIS · texte numérisé non relu

DÉPART DE MARIE-LOUISE POUR BLOIS

s'y soumireut après une légère résistance. L'Empereur avait tellement façonné toutes les volontés à l'obéissance, qu'absent conune présent, il faisait sa destinée. Le départ de l' Impératrice et du roi de Rome semblait donc résolu.

On rapporte cependant que , le conseil une fois séparé , Joseph et Cambacérès hésitèrent de nouveau et voulurent remettre à Marie-Louise la souveraine appréciation de sa destinée et de la conduite à suivre . Celle-ci leur renvoya l'initiative et la responsabiUté. Elle déclara qu'après la lettre de l'Empereur et lî! déclaration du conïscil de régence , elle ne se déciderait à rester que sur un avis formel écrit et signé par Joseph et Cambacérès. Ceux-ci reculèrent , k leur tour, devant cette responsabilité à prendre , en face des hasards de la guerre et de la colère de l'Empereur. C'est tout le mouvement de cette histoire : les hommes déUbéraient et les événements marchaient. Un se borna à convenir que Joseph Bonaparte parcourrait le lendemain les avant-postes, et que l'Impératrice ne partirait qu'après avoir reçu un message de lui.

La nuit du 28 au 29 mars s'écoula en préparatifs. Les piissants attardés pouvaient , en travei'sant nuitamment la place du Carrousel , apercevoir les lumières qui courment dans les vastes salles, indice de ces mouvements inaccoutumés qui présagent un départ. Le matin , les préparatifs contiiuiaient avec celte précipitation troublée qui retarde ce qu'elle veut hAter : on voyait, à travers les fenêtres grandes ouvertes , les bougies oubliées achevant de s'éteindre sur les flambeaux au souflle du matin ; les dmnes de l'Impératrice couraient, elïiu'ées, d'une pièce à l'autre ; des domestiques allaient et venaient , soucieux et ahuris, achevant de tout disposer ; quelques vieux serxiteurs pleuraient. Scènes de confusion qui n'avaient rien de nouveau pour ce vieux palais , témoin de tant de caUistrophes histonques et de tant d'adieux !

Le 29 mîu*s, à huit heures du matin , les voitures de voyage

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venaient r^e ranger devant le pavillon de Flore: le départ de rimpératrice devait avoir lieu à neuf heures. Le duc de Fdtre hn envoyait message sur message pour l'inviter à se hâter; si elle tardait encore, ajoutait-il . les chemins ne seraient plus libres. Elle attendait toujours l'avis que Joseph lui avait pnHnis de hn adresser. Le temps s'écoulait dans cette attente fiévreuse. AuooB a^isn'anivait. L'Impératrice, dévorée par l'inquiétude^ démettrait pleine d'incertitudes et de perplexités, hésitant à partir, appréhendant de rester. Enfin . à dix heures, un dernier mesr sage du duc de Feltre \int l'avertir que, si elle tardait encore, tout départ devenait impossible, exposée qu'elle serait à tomber, ensortant de Paris, dans un parti de Cosaques. Cette crainte fit pencher la balance. L'Impératrice, ayant encore vainement attendu pendant ime demi-heure l'avis promis par Jos^h^ déclara qu'elle était prête à partir. Il était dix heui'es et demie du matin quand elle descendit les escaliers des Tuilerie». On raconte qu'il fallut emporter de force le petit roi de Rome, qui remplissait de ses cris le palais qu'il quittait pour jamais. L'Impératrice prit place avec lui dans un carrosse entouré d'un nombreux détachement de la cavalerie de la garde impériale. Alors le convoi de l'Empire se mit en marche. H ae composiiit d'une iile immense d'é(]uipages où les membres du f^(juvt»riiement impérial et les nombreux serviteurs de cette rour fu^itivi; s'étaient placés; des fourgons, pesanuneot cliarp's, \t;naieiit à la suite. Des spectateurs froids et silen* ci«Mix foniiîiiiînt la haie et regardaient l'Empire passer. Le collège suivit le (juai d(»s Tuileries, le quai de Chaillot, et sorti! dr Paris parla barrière de Passy, pour aller prendre h route de Hlois.

hans vr. moment même, les débris des colonnes des du» <le Tivvise et di» llagus*», rabattues sur Paris par le hasard de bf^nierre, arrivaiiMil, en battant en retraite depuis la Fère- Chanq>enoise , t»t passaient le pont de (Iharenton. Dans tme

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