NAPOLÉON A SAINT-DIZIER
sur Sainl-Dizier; c'est dans cette ville que le duc de Viceuce rejoignit Napoléon. Le retour du plénipotentiaire de Châtillon produisit une impression pénible sur les états-majors généraux. On s'éloignait de Paris à regret, (dl y a autour de Napoléon lui-même, dit un confident intime de l'Empereur', trop de personnes qui s'éloignent de Paris avec regret. On s'inquiète tout haut, on commence à se plaindre ; dans la salle qui touche à celle où Napoléon s'est enfermé, on entend des chefs de l'armée tenir des propos décourageants; les jeunes officiers font groupe autour d'eux. On veut secouer l'habitude de la confiance ; on cherche à entrevoir la possibiUté d'une révolution. Tout le monde parle, et d'abord on se demande : Où ▼a-t-on, que deviendrons-nous? Et s'il tombe, tomberons-nous avec hii? »
Telles étaient donc, le 23 mars, d'après un témoignage plutôt suspect d'optimisme que de pessimisme, les dispositions qui se manifestaient publiquement dans l'armée que Napoléon commandait en personne. Sa chute était dès lors une éventualité prévue, agitée. Il y avait, parmi les chefs qui Fentouraient, des hommes qui parlaient publiquement de se séparer de sa fortune gUssant sur la pente : on entrevoyait la possibilité d'une révolution. Si tels étaient les propos du bivac impérial, que ne disait-on point ailleurs? A quoi n'était-on pas d'avance résigné, préparé?
Cependant Napoléon, qui commençait à être inquiet des mouvements de la grande armée des coalisés, avait envoyé du côté de la Lorraine le duc de Reggio, qui s'établit à Bar-sur- Omain, et du côté de Langres le général Pire; il espérait ainsi couper les lignes d'opération des aUiés, intercepter leurs parcs, leurs bagages, et surtout surprendre leurs courriers, de manière à se procurer des nouvelles. 11 avait fait prendre position
f . Le baron Fain , dang le Mamucrii de 1814, page 214.
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au gros de sou armée sur la route qui relie Saint-Dizier à Bai'-sur-Aube. Le 24 mars, le quartier impérial était à Doulevant, tandis que les ailes s'éteudaieut sur Saint-Dizier et sur Bar-sur-Aube. Évidemment l'Empereur hésitait à marquer plus profondément son mouvement sur la Lorraine, et il regardait avec anxiété Paris, d'où il attendait des nouvelles. Soit qu'il eût encore, soit qu'il voulût entretenir chez les autres dei espérances qu'il n'avait plus, il autorisa le duc de Yicence à écrire au prince de Metternich pour ouvrir des négociations. On pouvait conclure, des lettres du duc de Yicence, que cette fois il se présentait avec des pouvoirs pour souscrire les concessions exigées'. Napoléon passa la journée du 25 mars toot entière à Doulevant; miiis le 26 au matin, une vive attaque, dirigée coutn? notre iU'rière-garde , le rappela vers Saint- Dizier, que ses troupes venaient d'être obligées d'évacuer. Le retour offensif de l'Empereur rétablit le combat; l'ennemi, mis en désordre, fut contraint à son tour de nous abandonnor Saint-Dizier, où l'Empereur passa la nuit du 26 au 27 mars. Là, il apprit que ce n'était pas l'armée du prince de Schwir* zenberg qu'il venait de combattre, mîiis un corps détaché de l'armée de Blttcher, huit mille cavaliers conunandés par le génénd Winzengerode. Ses idées se troublèrent. Comment, après s'être retiré devant l'armée de Schwiu^enberg, était41 poui-suivi pîu* un coi-ps détaché de l'armée de Blûcher? S Schwai-zenherg n'était pas derrière lui, où était-il donc? Dans Sun incertitude pleine d'anxiété, il fit pousser une forte reconnaissance sur Vitry, et là la vérité lui appanit dans tout son jour, vérité menaçante!
I . u J'arrl\o cotte nuit wîulnneul \ni:6 de rEmi)<»reur. Sa Majesté m'a Mir-lerhaïup donné nos derniers ordres |K)ur lu conolusion «le la |»aix. Elle in*a r^^ on mOuJC leuii»s tous lesponuiirs mVessaires pour la néf^^cier et la signer. J'attends aux avant-|»osles la réiK)nso de Votre Kveellenoo. d DépOche de Taulateoourt te 25 mars.