DÉCHÉANCE DE NAPOLÉON
Le 31 mars, à sept heures du matin, la députation municipale de Paris fut introduite auprès de l'empereur Alexandre : parmi ses membres figurait un parent de Malesherbes, Christian de Lamoignon. L'empereur Alexandre accueillit les mandataires de Paris avec beaucoup de bienveillance , et leur dit qu'il les attendait la veille au soir. Ils répondirent qu'ils avaient appris trop tard la signature de la capitulation militîiire pour se présenter plus tôt. Alors l'empereur leur adressa ces paroles qui confirmaient et développaient celles du prince de Schwarzenberg :
c< Votre empereur, qui était mon allié, est venu dans le cœur de mes États y apporter des maux dont les traces dureront longtemps ; une juste défense m'a amené jusqu'ici. Je suis loin de vouloir rendre à la France les maux que j'en ai reçus. Je suis juste, et je sais que ce n'est pas le tort des Français. Les Français sont mes amis, et je veux leur prouver que je viens leur rendre le bien pour le mal. Napoléon est mon seul ennemi. Je promets une protection spéciale à la ville de Paris; je protégerai, je conserverai tous les établissements publics; je n'y ferai séjourner que des troupes d'élite; je conserverai votre garde nationale , qui est composée de l'élite de vos citovens. C'est h vous d'assurer votre bonheur avenir; il faut vous donner un gouvernement qui vous procure le repos et qui le procure à l'Europe. C'est à vous d'émettre
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votre vœu ; vous me trouverez toujours prêt à seconder vos efforts, w
Ainsi pai'la Alexandre , et toutes ses actions devaient confirmer la sincérité de ses paroles. Les puissances européennes n'avaient point de sympathies, elles n'avaient que des intérêts , ou plutôt , comme on Ta vu . elles avaient un intérêt qui dominait tous les autres : elles avaient besoin d'une paix solidement garantie ; elles nous offraient et nous demandaient le repos.
Tout se préparait ainsi au quartier général des coalisés puur l'entrée des armées étrangères à Paris. Le 31 mars, à huit heures du matin, M. Pasquier rentrait dans la capitale avec rinvitation de continuer ses fonctions. Ce qu'il avait vu t.'t ce qu'il avait entendu ne lui avait laissé aucun doute sur la chute irrévocable de TEmpire , sur la nécessité du rétablis^ sèment des Bourbons, et il disait à un des ser\'iteurs les plus dévoués de Napoléon , qui était allé le voir à son retour du quartier génénd : <( Le règne de Napoléon est lini. Ma famiDe a toujours été attachée à la famille des Bourbons; j'ai serti TEmpenHu* avec fidélité , je ne suis pour rien dims les événemrnls qui Tout précipité du trùne, et je retourne à l'ancienne dynastie * . »
Dans la matinée du 31 mars, l'attitude générale de Pari» était celle de l'attente et d'une curiosité mêlée d'inquiétude. \){* boime heure, les rues aboutissant aux boulevards, que (levaient suivit» les coalisés, se rempUrent d'une foule compact(î, avide d'assister à un spectacle si nouveau. Il y avait sur la plupart des visages de l'étonnement sans colèi'e. Tous les srntimcnts semblaient se perdre dans un seul sentiment, le bonheur de voir la paix rétablie. Au milieu de cette foule nu \it se dessiner, \ei*s dix heures du matin, quelques cou-