DÉCHÉANCE DE NAPOLÉON PROCLAMÉE PAR LE SÉNAT
eur, moins que personne , n*avait le droit de s*en montrer pris* N'avait-il pas façonné le Sénat à Tobéissance passive, le l'avait-il pas habitué à enregistrer sans examen tous ses rets? Le Sénat enregistrait maintenant contre lui les décrets la fortune. Les gouvernements absolus ne doivent point deader le courage et Ténergie à ceux auxquels ils les ont ôtés. i esclaves font partie du butin de la victoire, il n'y a que les es Mbres et les cœurs fiers qui se défendent et se dévouent, le Sénat impérial fit quelque chose de phis : il avait con- ^ sous Napoléon des habitudes obséquieuses qui avaient oin de se satisfaire; il était d'usage que, lorsqu'un décret K>rtant avait été adopté, le Sénat le portât en coips au mat- ; le maître de la situation, c'était l'empereur Alexandre; le lat impérial voulut lui porter l'acte de déchéance de Napoa. C'était pousser bien loin le culte de la force ! Quoique le oin universel de paix , qui dominait toute l'Europe , eût lissé, il faut le reconnaître, les barrières des nationalités re les peuples rapprochés par leurs longues et communes [flfirances , et presque ôté l'insolence à la victoire et la ran- 16 aux revers, cette démarche aurait été évitée par une emblée plus soigneuse de sa dignité. Du reste, l'empereur landre reçut le Sénat avec une courtoisie facile à la vic- •e et qui, d'ailleurs, était dans le caractère de ce prince, iessieurs , dit-il , je suis charmé de me trouver au milieu vous. Ce n'est ni l'ambition ni l'amour des conquêtes qui f ont conduit. Mes armées ne sont entrées en France que ir repousser un injuste agresseur. Je suis l'ami du peuple nçais ; ce que vous venez de faire redouble encore ce senleot. » Puis il ajouta , en faisant allusion à quelques mots président sur la constitution que le Sénat préparait : 1 est juste, il est sage de donner à la France des instituis fortes , libérales , et qui soient en rapport avec les luires nouvelles. »
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Dans la bouche d'Alexandre , ces paroles u*avaient rk d'h^-pocrite. O^ioique monarque absolu, il avait été élevé daa le> idées nouvelles. Il aimait et il estimait les Français, d il se cuusidérait un peu a Paris, lui, Tautocrate du Nori, comme un barbare à Athènfs. Les sénateurs répondirent pv des acclamations à ces paroles de courtoisie , auxquelles ni autre maître ne les avait pas habitués. Un d^utre eux apil parlé des nombivux prisonniers de guerre i*etcDus en Russie, Alexandre répondit aussitM : « Le gouvernement provisoiR m'a demandé leur liberté, je l'accorde au Séoat d'après kl ^ésolution^ qu'il vient de prendre. » Ces paroles, qui id^ vaient 1 importance du Sénat, furent accueillies avec unen» velle faveur, et It* lendemain , à rouvertui*e de la séance, k Sénat C()n>ipnait dans son prucès-verbal la promesse deToh pereur Alexandre.
La séancf du 3 avril avait pour objet d'entendre et dedk* rnter, s'il y avait lieu, le projet de rapport préparé pirk| sénateur Lambretchs pour motiver la déchéance. L'autsV de ce projet s'était peu inquiété de savoir si les coups qil portait à Napoléon ne rejailliraient pas sur la majorité èk\ Sénat, Ciimplaisante approbatrice de tousses actes. Membreà la minorité républicain!» de cette assemblée, il avait rédSgl l'acte d'accusation d(» l'Empiie. La nécessité des cii-coustaiM ne laissait point de place à la discussion, chacun sentait qii fallait agir vite et éiiergiquemeiit. Les considénmts dudécnl furent votés sans discussion, comme l'avait été le décret ;ra(!li| de déchéance se trouva donc ainsi conçu :
• Le Sénat conservateur, coiisidOrant que, dans une mouarchic stitutionnelle, le monarque n'existe qu'en vertu de lu constitution ooéi| |»acte sdcial ;
.1 Que Napoléon Tk)naparte, pendant quelque temps d'un gouTci terme et prudent, avait donné à la nation des sujets de compter pourrai venir sur des actes de sagesse et de justice; mais qu'ensuite il a ai