‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 6 sur 213 · LA FRANCE A LA FIN DE · texte numérisé non relu

LA FRANCE A LA FIN DE

faire remettre en liberté*.... » Il y avait donc des Français pour lesquels les lois, la justice existaient, et d'autres Français pour lesquels il n'y avait ni lois ni justice, et comme le gouvernement décidait souverainement dans queUe catégorie chacun serait placé, le décret du 3 mars 1810 tourmentait, comme une menace perpétuelle, ceux-là mêmes qu'il n'atteignait pas. Chacun sentait que sa liberté, son honneur, sa vie étaient à la merci d'une dénonciation, d'une colère ou d'un soupçon '.

La gloire et les succès obtenus au début n'étaient plus une compensation suffisante pour ce régime intérieur. L'étendue toujours croissante de la France avait affaibli le sentiment de la nationalité. Ce n'était plus pour les limites naturelles du sol français que l'on combattait, mais pour les limites indéterminées d'un empire napoléonien, dont les entreprises et les succès de l'Empereur reculaient, chaque année, les bornes. La-France avait fini par se désintéresser de ces guerres lointaines, entreprises sans son assentiment, et pour un autre intérêt que le sien. Elle les suivait d'un œil distrait, comme on suit les affaires d'autrui, sur lesquelles on n'exerce ni initiative, ni influence, attendant des victoires, parce que le génie de Napo-

Page 1